Le père Gogniat avait la bosse du commerce et de l’industrie, il nous vendait des encres de toutes les couleurs : rouge, violette, verte, jaune, dorée. Il était notre fournisseur attitré de fil pour la fabrication des filets faisant ainsi une désastreuse concurrence au boutiquier. Il nous vendait des billes, des biscaïens et des boulets, des peaux d’anguilles coupées en lanières pour les fouets.

Un jour, la fantaisie le prit de fabriquer des échasses qu’il nous céda à des prix rémunérateurs. Il y en avait pour toutes les tailles, pour toutes les audaces, depuis celle qui rase presque le sol à la grande échasse du pâtre des Landes. Et pendant un ou deux mois, l’étranger qui venait à Saint-Rémy eut le curieux spectacle d’une cinquantaine de gamins perchés sur des échasses, se promenant avec la lenteur et la majesté des ibis ou des grues. Il put voir aussi des courses de vitesse entre échassiers, qui eussent mérité les honneurs du cinéma. Quelques entorses jointes à la lassitude et au besoin de changement amenèrent la disparition d’un sport aussi inélégant que dangereux.

SOUVENIRS DE ST REMY HTE SAONE. (E. BERGERET), n°60 1913, pp. 7-8

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