Marie, mère de la jeunesse

Dès son retour d’exil, à l’automne 1800, le P. Chaminade entreprend à Bordeaux la mission qu’il a entrevue au pied de N.D. del Pilar, à Saragosse : rebâtir l’Eglise de France, ruinée par des révolutionnaires pleins de ressentiments et de rage contre elle ; ré-évangéliser ses concitoyens, en privilégiant les jeunes. Beaucoup de chrétiens de la ville se souviennent de ce jeune prêtre si courageux sous la Révolution et le rejoignent aussitôt. Plus que jamais, Chaminade vit lui-même un lien profond entre son zèle missionnaire et son amour de la Vierge Marie. Il se voudra jusqu’à sa mort, missionnaire de Marie, offrant à Marie sa personne pour qu’Elle continue à travers lui sa mission maternelle dans l’Eglise. Aux chrétiens qui viennent à lui, il propose Marie pour modèle de vie chrétienne et les pousse à se donner à Elle, pour être, à leur tour, missionnaires de Marie et donner le Christ au monde.

Comme on sait, Chaminade fonde rapidement avec les jeunes adultes un mouvement qui devient la Congrégation de la Madeleine. D’emblée, il propose aux congréganistes d’exprimer leur engagement par un acte de consécration à Marie, et de lui promettre de « l’honorer et de la faire connaître autant qu’il est en leur pouvoir comme Mère de la jeunesse ». Il élabore pour eux un Manuel du Serviteur de Marie (1804) dans lequel il explique : « le cœur de l’auguste Marie a certainement été très sensible aux noms de Mère des chrétiens et Mère des prédestinés, mais aujourd’hui c’est comme une gloire nouvelle pour elle de recevoir le titre de Mère de la jeunesse. »

Pourquoi ce nouveau titre qu’il invente ? – Parce que, dit-il, dans le monde corrompu par la décennie révolutionnaire, Marie veut donner naissance à une génération chaste, qui forme une « vertueuse famille de Marie ». Par ce nouveau titre donné à Marie, Chaminade veut aussi signifier qu’à ses yeux la jeunesse – en gros, les 16 – 25 ans – représente une catégorie distincte dans la société humaine, ayant ses propres centres d’intérêt culturels et ses propres habitudes ; et les jeunes d’alors sont marqués d’une manière particulière par la Révolution qui les a vus naître et grandir. Déployer auprès de cette jeunesse une pastorale particulière, voilà l’initiative originale de Chaminade. Et de cette culture-jeunes, il fait un point de départ pour la formation et la mission chrétiennes. Ces jeunes congréganistes, il les forme pour l’apostolat auprès de leurs contemporains.

Qui se consacre à Marie, « Mère de la jeunesse », doit s’engager dans une authentique alliance avec Marie, dont, en 1804, il détaille sept obligations : recourir à l’aide de Marie dans toutes les nécessités, temporelles et spirituelles ; prendre part aux dévotions mariales avec respect et vénération ; éviter tout ce qui pourrait desservir les intérêts de Marie ; imiter ses vertus et combattre les vices sous la conduite de Marie ; ne jamais aller au lit en état de péché mortel ; s’adonner à des prières adressées à Marie ; faire preuve de dévotion et de confiance envers St Joseph, son époux. Plus tard il explicite les vertus à cultiver : la modestie et le recueillement, la fuite des mauvaises compagnies, le zèle pour le bien à faire aux autres, l’obéissance et la docilité, travailler dur et étudier sérieusement, lire de bons livres et éviter les mauvais, s’imposer des pénitences volontaires et servir les autres, recourir fréquemment aux sacrements, et faire un choix de vie – pour le mariage, le sacerdoce, la vie religieuse – inspiré de sa consécration à Marie. C’est tout un projet de vie, sage et pratique, pour des jeunes devenant apôtres de Marie. En tissant ce lien entre Marie et la jeunesse moderne, le P. Chaminade entreprend, en 1800, un apostolat particulier auprès des jeunes adultes, que ses successeurs continuent jusqu’à nos jours.

 

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