On lui avait donné le choix des appareils : « Je veux quelque chose qui soit à la fois petit, pratique et bon ». Le Kodak devait réaliser ce programme et Kastener s’exécuta en faisant adapter à l’appareil un objectif supérieur de Zeiss.

Sous les prétextes les plus variés, on vit alors M. Mistler faire le voyage de Vésoul, d’où il revenait avec de superbes agrandissements dus à l’obligeance de M. René Bideaux, pharmacien et artiste qui avait mis à sa disposition le matériel de la société photographique de Vésoul.

Le Kodak tenait ses promesses et commençait bientôt à faire parler de lui. Tout le monde voulait avoir des « instantanés », tout le monde voulait voir le fameux Kodak.

M. Mistler était dans le ravissement, il était sur toute les langues,  il avait crée du bruit… ! Il se mit à donner des leçons dans sa chambre noire bientôt transformée en salon de réception. On y était plus tranquille que dans sa classe et les initiés devaient promettre le secret. Il ne fallait pas éveiller les susceptibilités du Patron, dont la bonté, par un de ses retours de flamme commun aux pacifiques, eût tôt fait de briser son idole dans uns de ces emballements subits qui lui était familiers.

Le secret fut relativement bien gardé. Jean Mistler joignait à tant d’autres l’art d’enchaîner les langues et de museler les complices. Question d’audace et de prix, deux choses qui le connaissaient…

Ses affaires devenaient tout à fait prospères. Saint pauvreté que devenais-tu dans tout cela ? L’ère des difficultés commençait avec le succès. Les jalousies s’exaltaient dans l’ombre. On chercha même à « faire donner » le Patron, mais celui-ci fit sa petite enquête discrète et avec ce tréfonds d’indulgence dont il était pétri, le père Hoog refusa d’admettre les exagérations et de sévir. Il préféra fermer les yeux et même à l’occasion canaliser les talents de son subordonné. Ce fut l’apogée du père Mistler, quelque chose comme son grand siècle, mais un siècle de quelques mois, bref comme le bonheur est fragile comme lui.

Grandeur et décadence

Le  père Hoog disparut, remplacé par le père Kempf qui entendait gouverner avec des méthodes plus autoritaires et tout faire plier à sa loi.

Je ne blesserai personne en disant que le père Mistler était d’un caractère entier et pas toujours commode. Il ne pouvait sympathiser avec M. Kempf  qui lui préférait la souplesse ondoyante des soumis. Les jaloux virent le parti à tirer de ces oppositions de caractère et se permirent de déboulonner l’Eminence blonde qu’était le père Mistler au Gouvernement de la maison, pour y substituer leur petite personne.

A suivre_

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