« Et le nom de la vierge était Marie.»

Si on avait demandé au P. Chaminade : « quelle facette de la personnalité de Marie préférez-vous ? » il aurait répondu comme Thérèse de Lisieux : je prends tout ! Ce n’est pas telle ou telle image de Marie qui m’intéresse que la personne de Marie tout entière, avec sa merveilleuse vocation et sa mission unique dans le projet de Dieu. La famille spirituelle qu’il donne à l’Eglise, Chaminade veut qu’elle porte le nom de Marie. Il l’aurait appelée « mariste » – mais d’autres avaient déjà pris ce nom. Elle s’appelle donc marianiste… Ca sonne moins beau mais l’essentiel y est : le nom de Marie !    

Ce choix du cœur est aussi un choix de la raison, un choix qu’on pourrait dire politique. Chaminade est un jeune chrétien fervent quand est décrétée la fin de la Société de Jésus, dont faisait partie son frère aîné, Jean-Baptiste. Fonder une Société de Marie est donc aussi une manière de faire un pied de nez aux persécuteurs de Jésuites.

Tout comme les Jésuites ont voulu s’identifier avec tous les aspects de la personne et de la mission de Jésus en portant son nom, Chaminade a choisi le nom de Marie pour la même raison. Il voulait que ses disciples voient toutes leurs activités – pas seulement la prière mais également l’activité apostolique, la vie communautaire, la pratique des vœux, les occupations quotidiennes, l’emploi personnel du temps et des énergies – comme la conséquence du don de leur vie fait à Marie, la conséquence de leur consécration à Marie, comme nous l’avons vu en décembre.

Tout au nom de Marie !

La liturgie du temps de Noël comporte une fête du nom de Jésus, et elle célèbre les noms de Jésus et de Marie par de nombreux synonymes, par des titres bibliques, théologiques et poétiques. Chaminade sait que dans la Bible le nom représente la personne elle-même, tout entière, et indique également son rôle ou sa mission. En portant le nom de Marie, il souhaite que ses disciples marianistes fondent en Marie l’entièreté de leur engagement, qu’ils soient fiers de porter ce nom et d’accomplir leur ministère évangélique en son nom. Ce n’est pas pour rien que tant d’écoles marianistes portent le nom de Marie : Collège, Ecole, Institution… Sainte-Marie, Notre-Dame, Marianum à Vienne, Etoile du Matin, Etoile de la Mer, au Japon… Même quand le fondateur sera canonisé, l’Ordre masculin qu’il a fondé s’appellera non société de Chaminade mais « Société de Marie, Marianistes ». Autrefois c’étaient les « frères de Marie », un titre si beau qu’il n’a pas été possible d’en garder l’exclusivité, car d’autres aussi veulent le porter !

Pour les Marianistes c’est autrement profond qu’arborer le nom de quelque marque commerciale : « Ce que je regarde comme le caractère propre de nos Ordres, leur écrit le P. Chaminade le 24 août 1839, et ce qui me paraît sans exemple dans les fondations connues, c’est que, c’est au son Nom de Marie et pour sa gloire que nous embrassons l’état religieux. » 

Et puis il fait voir à ses disciples toutes leurs activités, en particulier enseigner des matières profanes dans une salle de classe, comme des activités missionnaires, des manières de former le Christ en ceux qui portent son nom.

Le P. Chaminade, fait référence au nom de Marie parce qu’elle est la disciple de Jésus qui a engagé toute sa personne au service du projet de Dieu et parce qu’elle est chargée, dans l’Eglise, d’amener les baptisés, ses enfants, à un engagement semblable au sien.

Le saint nom de Jésus est fêté juste après Noël ; le saint nom de Marie est fêté juste après la fête de sa naissance, le 8 septembre, soit le 12 septembre – que Chaminade a choisi comme fête patronale pour la Société qui porte son nom. C’était encore une manière de manifester combien lui paraissait important le rôle de Marie dans la période récente de l’histoire du salut. La fixation de cette fête dans le calendrier liturgique est liée elle aussi à des faits belliqueux : le pape Innocent XI l’a fixée au 12 septembre en action de grâce à Dieu pour la victoire des forces chrétiens sur les turcs dans les environs de Vienne, le 12 septembre 1683. Les forces chrétiennes engagèrent alors la bataille au nom de Marie, convaincus qu’il s’agissait de sauver ce qu’ils considéraient comme la civilisation chrétienne, celle de son Fils. Fêter le nom de Marie c’était dès lors fêter la puissance de Marie et sa force contre les ennemis qui menacent le peuple de Dieu, une thématique chère au P. Chaminade. Il appelait ses religieux à consacrer à Marie toute leur vie et toutes leurs forces et à se  montrer fiers de porter le nom de Marie et de faire tout pour sa gloire.

Cet article est le dernier de cette série. Nous célébrons en janvier le retour au Père – et à Marie – de Guillaume-Joseph Chaminade. Puisse-t-il nous aider à nous montrer dignes de porter le nom de Marie, non comme une étiquette, mais comme le signe de notre identité chrétienne et religieuse.

 

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