Histoire de la société de Marie

La Société de Marie et le Mouvement Congrégationiste au XIXsiècle (Fondation, mission et construction de l’édifice institutionnel – 1817-1875)

Prologue

La Société de Marie (Marianistes) a été fondée à Bordeaux (France) le 2 octobre 1817 par un prêtre catholique, le P. Guillaume-Joseph Chaminade (Périgueux, 1761 – Bordeaux, 1850). Le P. Chaminade et un groupe de membres de la Congrégation mariale de Bordeaux ont ainsi jeté les bases dʼun nouvel institut religieux dédié à la Vierge Marie, avec pour objectif de soutenir la foi et de multiplier les chrétiens, afin de combattre lʼindifférence religieuse des temps modernes.

Dès sa naissance, la Société de Marie a orienté son charisme missionnaire vers lʼévangélisation des jeunes par lʼenseignement. Même si le projet dʼévangélisation du Fondateur dépasse largement les limites des seules œuvres scolaires, cʼest bien par ces dernières que les religieux marianistes se sont fait connaître.

En effet, lʼenseignement a constitué la mission prioritaire de lʼInstitut depuis les premières années de son existence jusquʼà celles qui ont suivi le concile Vatican II. Aussi lʼétude des lois scolaires et de la pédagogie occupera-t-elle une place importante dans notre Histoire de la Société de Marie. Il faut dire cependant que, dès lʼorigine, ces nouveaux religieux étaient dʼaccord pour travailler également à prêcher missions et retraites, ainsi quʼà assurer lʼétablissement et la direction dʼassociations de laïcs et de congrégations mariales.

La Société de Marie fait partie des nombreux instituts ou congrégations religieuses françaises qui ont vu le jour dans le sillage de la Révolution française de 1789, fruit de lʼaction de lʼEsprit Saint dans lʼÉglise catholique du XIXe siècle. Participant à la grande expérience évangélique de consécration et dʼaction missionnaire de lʼÉglise à lʼépoque de sa naissance, la Société de Marie présente les caractéristiques de ce que lʼon appelle le mouvement congréganiste, aussi bien pour ce qui concerne la définition de son charisme que dans la forme de vie et la mission proposées.

Il sʼagit là dʼun nouveau type de vie religieuse, qui se définit comme le rassemblement de religieux à vœux simples, sous lʼautorité directe dʼun supérieur général. Cette nouvelle forme de vie sʼest répandue dans la société libérale, en parfaite consonance avec les valeurs culturelles de la bourgeoisie, classe sociale devenue dominante à lʼépoque moderne. Cela signifie que, grâce à leurs œuvres scolaires pour enfants et adolescents, les religieux marianistes ont pris leur part du programme « éclairé » de moralisation du peuple par lʼintégration des masses paysannes et prolétariennes dans les nouvelles institutions politiques, économiques, culturelles et professionnelles de la société moderne.

La foi catholique se transmettait donc en même temps que sʼopérait le développement social et culturel des groupes humains que touchaient les religieux marianistes dans leur travail dʼenseignants. Par la profession de vœux simples, par lʼorientation apostolique clairement donnée à des œuvres au caractère laïc très marqué (écoles, hôpitaux, orphelinats, réseau de publications catholiques, etc.), les congrégations religieuses modernes ont suscité une nouvelle forme de vie consacrée, au caractère fortement missionnaire, active et efficace dans ses œuvres sociales ainsi que dans ses activités dʼévangélisation.

Lʼœuvre sociale et éducative réalisée, lʼassistance matérielle et morale apportée par les frères et les sœurs aux paysans, aux artisans ainsi quʼà la classe ouvrière des villes accréditaient lʼidée dʼune utilité sociale de la religion, du catholicisme et de la vie consacrée face à la mentalité bourgeoise. Les nouvelles congrégations répondaient ainsi au caractère catholique des œuvres, ce qui les a contraintes à se doter rapidement dʼune solide organisation intérieure afin de répondre aussi bien à lʼexpérience spirituelle ayant présidé à leur fondation quʼà lʼurgence de la tâche missionnaire à accomplir.

Le présent volume est consacré à la fondation de la Société de Marie et aux cinquante premières années de son histoire. Nous étudierons donc la nature – lʼidentité spirituelle – de cette nouvelle congrégation religieuse de lʼÉglise catholique, mais également le processus dʼinstitutionnalisation de ses formes de vie et dʼapostolat, de gouvernement, dʼadministration, de gestion, de formation initiale, de formes de piété, etc.

En somme, nous verrons tout ce qui, dans ce demi-siècle, concourt à la configuration dʼun corps social religieux, avec ses valeurs spirituelles et ses moyens institutionnels, dans une étroite union entre vie et mission. La période embrassée couvre le généralat du Fondateur, le bienheureux P. Guillaume-Joseph Chaminade (1818-1845), et ceux de ses deux premiers successeurs, le P. Georges Caillet (1845-1868) et le P. Jean Chevaux (1868-1875).

Sur le plan canonique et civil, ces années ont vu lʼapprobation  de la Société de Marie – en 1818 – comme congrégation diocésaine, par lʼévêque de Bordeaux, Mgr dʼAviau. Puis viendra le décret royal du 16 novembre 1825, lui reconnaissant la personnalité juridique devant lʼÉtat français, en tant quʼassociation pieuse se consacrant à lʼenseignement primaire ; enfin le Pape Pie XI lui accordera lʼapprobation canonique, par décret oral du 12 mai 1865. Il nʼy manquera plus que lʼapprobation de ses Constitutions par le Pape Léon XIII, en 1891, sous le généralat du P. Joseph Simler (1876-1905).

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