Le supérieur provincial des Marianistes et l’évêque de Bordeaux, le cardinal Jean-Pierre Ricard, avaient conclu une convention il y a 8 ans pour l’animation du sanctuaire Notre-Dame de Verdelais. Les Marianistes y mettent fin en décidant de quitter Verdelais. Le père Robert Witwicki, recteur de la basilique, revisite pour le Courrier de Gironde ces années passées à la tête du sanctuaire.
Courrier de Gironde : Quelles sont les lignes fortes insufflées au sanctuaire sous votre direction ?
Père Robert Witwicki : J’en retiendrai trois parties.

La toute première concerne l’animation spirituelle, la fidélité aux temps de prière : le chapelet, les offices… l’importance de la place du samedi marial dans la semaine. La basilique doit être un lieu où l’on prie.

La seconde de mes préoccupations a été de travailler au rayonnement du sanctuaire, de trouver un moyen pour inciter les pèlerins à le découvrir et à y revenir. Les messes télévisées ou radiodiffusées ont beaucoup contribué à cet objectif, de même que la publication d’un ouvrage préfacé par Mgr Jean-Pierre Ricard.
Il faut y ajouter le site internet du Sanctuaire, qui informe, met à la disposition de tous conférences, homélies, vidéos… Je me suis investi de manière active au sein de l’Association des Recteurs de Sanctuaires (ARS) de France, qui regroupe plus de 120 membres et anime les lieux de pèlerinage. Notre région va de Poitiers (86) à Bétharram (65) et d’Agen (47) à Soulac. J’ai beaucoup appris au cours des congrès annuels de l’ARS.

Mon troisième travail a été de contribuer un peu à valoriser le patrimoine. Nous avons vécu la rénovation de l’hostellerie – et pendant les travaux, qui ont duré deux ans, la communauté a dû s’exiler à Saint-Pierre-d’Aurillac -, la réfection du toit de la basilique et le renouvellement de l’installation électrique… Pour nous aussi, la remise en place du tabernacle revêtait une grande importance et d’ailleurs, « cela restera la trace des Marianistes », fait remarquer Alain Bord, l’historien du patrimoine de Verdelais. Nous avons encouragé l’animation du chemin de croix, pour qu’il reste vivant, grâce à des chemins de croix et des messes en plein air sur le site.
La mairie est bien active, dans la restauration du Calvaire comme dans l’entretien de la colline ; le lieu est aujourd’hui propre.

CdG : Ce départ doit vous laisser des regrets, l’impression d’un travail inachevé ?
Père Robert Witwicki :Le nettoyage complet de l‘intérieur la basilique est un énorme chantier, qui n’a pu se réaliser encore par manque de finances mais il faudra le faire. Mon autre regret est de laisser voir les deux dernières stations du chemin de croix, qui n’ont pu être restaurées à ce jour ; il ne faudrait pas qu’elles donnent une impression de ruine à l’ensemble ! Il y a également le grand parc, dont on ne profite pas assez ; nous avons rêvé d’y créer un chemin marial. C’est un capital en réserve, nous y avons planté des arbres, et trois arbres supplémentaires y ont été plantés le 30 août : c’est certes la plantation du souvenir, mais planter un arbre est surtout un pari sur l’avenir.

Des anciens ont la nostalgie de leur jeunesse et des pèlerinages étudiants, qui n’ont plus lieu de la même façon. Aujourd’hui, nous accueillons beaucoup de groupes de jeunes, dont le pèlerinage VTT récemment. Des écoles sont plus motivées que d’autres et je retiens la fidélité de Sainte-Marie de Langon, de Saint-Antoine du Breuil, de Grand-Lebrun ou de La Sauque. Il faut créer, encourager et donner plus de punch à des pèlerinages annuels, tels ceux des pères, des mères, des marcheurs et des choristes. Des pèlerinages existaient déjà, nous en avons lancé d’autres…
Mon souhait était de trouver une vraie complémentarité et une meilleure harmonie entre la basilique et l’hôtellerie, mais aussi de pouvoir accueillir plus facilement des jeunes et des pauvres.
Verdelais doit rester un sanctuaire, qui ne se gère pas comme une église paroissiale ; c’est pour cela que la dénomination de basilique est primordiale. Il est important aussi de favoriser le passage du culturel au cultuel ; beaucoup de visiteurs s’attardent sur l’historique de la basilique, prennent des photos, sans s’intéresser à son message, à sa grâce spirituelle.

Ma dernière réalisation avant de partir est un petit ouvrage centré sur le passé du village : Verdelais ne serait pas Verdelais sans eux. C’est une galerie de portraits de personnalités marquantes : maires, artistes, restaurateurs, recteurs, etc…

Le diocèse pourrait bénéficier plus largement de la grâce de ce lieu ; les paroisses pourraient y organiser des pèlerinages annuels pour recevoir la grâce de Marie Consolatrice. L’essentiel est de vivre dans la basilique de Verdelais une expérience spirituelle. Sur ce point, je n’ai pas été assez entendu… Puisse mon successeur avoir plus de réponses !

D’après un article tiré du journal « Sud-Gironde » du 4 septembre 2015
Propos recueillis par Alain MIOT

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