Accompagnement spirituel dans la voie marianiste

Douze fiches pour cheminer une année avec Chaminade

C’est ici le lieu où l’on travaille à devenir saint, doit-on se dire devant la porte du couvent… »

Avant-propos

Ceci n’est pas un livre de spiritualité à lire d’une traite. C’est un dossier de douze fiches mensuelles pour vous accompagner tout au long d’une année liturgique chrétienne, en commençant par l’Avent, donc au mois de novembre. La liturgie elle-même communique à celles et ceux qui cheminent à son rythme une grâce particulière d’épanouissement spirituel.

En effet, l’année liturgique constitue une célébration du mystère du Christ étalée sur douze mois. On pourrait dire aussi que chaque année liturgique et une grande célébration du Credo, de la foi chrétienne.

Ces fiches ont d’abord été pensées pour des jeunes désireux de se laisser initier à la spiritualité marianiste, éventuellement en vue d’un engagement dans la Famille Marianiste, soit comme laïc dans une Fraternité (CLM), soit comme religieux ou religieuse. Ceux qui débutent dans l’accompagnement spirituel auront intérêt à se faire présenter et commenter ces fiches une à une, mois après mois, par leur accompagnateur spirituel et à faire le point avec lui à la fin du mois.

Ceux qui ont déjà une certaine pratique du cheminement spirituel et qui savent comment il faut se discipliner en ce domaine pourront en quelque sorte se faire accompagner directement par ce dossier. Ils s’astreindront durant le mois à méditer les thèmes proposés, ils s’exerceront aux efforts de vertu et se consacreront aux engagements proposés. Le dossier propose un cadre, des axes, mais ne se veut pas limitatif; s’il suscite d’autres questions, d’autres méditations, d’autres efforts, tant mieux!

Toutes les fiches comportent, en gros, les mêmes rubriques et dans un ordre semblable. Le titre rappelle un slogan significatif du Fondateur. Viennent aussitôt, dans un encadré, une ou plusieurs citations de la Règle Marianiste ou d’un autre document normatif, attestant que le slogan du titre constitue une pierre importante dans l’édifice marianiste.

Vient ensuite un regard sur le Christ, inspirateur du P. Chaminade, et dont nous voulons faire nôtres les convictions, les désirs, les projets. Chaque mois on demande une grâce, conscient qu’il faut aussi y mettre du sien.

L’enseignement du P. Chaminade et de la tradition marianiste qui fait l’objet de la fiche est généralement présenté en deux parties:   a) comprendre de quoi il s’agit,

  1. acquérir la vertu proposée, par un certain nombre d’exercices. On suggère aussi d’approfondir le thème de la fiche par l’attention à la liturgie du mois. En guise de conclusion, une piste de méditation de la doxologie.. Un document complémentaire est proposé à la lecture. Il prolonge le thème et ouvre des pistes.

Le but de la vie spirituelle, c’est de nous rendre semblables au Christ Jésus, de faire de nous d’autres Christ. Il s’agit ici de découvrir quelques composantes de la passion qui brûle le cœur de Jésus et de lui demander d’allumer en nous le feu de la même passion, du même zèle.

En même temps que Jésus se passionne pour la volonté de son Père, il se heurte à la volonté de l’Adversaire et du Monde. Il accepte cependant les coups que lui attirent ses propres choix et ses propres engagements; il accepte de payer le prix de souffrance qu’entraîne son engagement passionné pour la mission de sauveur que lui a confiée le Père.

Au début de chaque étape mensuelle, nous demanderons à Jésus d’imprimer en nous-mêmes le trait que nous contemplons en lui; nous lui dirons aussi que nous sommes d’accord de payer le prix que cela peut nous coûter, le poids de souffrance que cela peut nous causer, d’assumer le renoncement nécessaire à l’acquisition de cette qualité ou vertu.

Ce qui a passionné Jésus et ce pourquoi il a accepté de souffrir sa passion, beaucoup de ses disciples au long des siècles en ont fait également la passion de leur vie.

Parmi eux, le P. Guillaume-Joseph Chaminade (1761-1850), Fondateur, avec Mère Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828), de la Famille Marianiste et dépositaire d’un charisme original dont l’Esprit a voulu enrichir l’Église. Chaque charisme de fondation reflète quelques dimensions particulières de la personnalité et de la mission inépuisables du Christ lui-même.

Suivre le P. Chaminade, c’est donc suivre le chemin du Christ avec un des nombreux guides désignés et mandatés par l’Esprit-Saint au long des siècles. Chaminade est un guide sûr. Il a su conduire au ciel maint disciple. Plusieurs de ses fils ont été canonisés par l’Eglise et d’autres le seront.

Nous pouvons donc nous laisser passionner à notre tour par ce qui brûlait le cœur de Chaminade, aussi bien du Chaminade qui s’engageait personnellement par vœux dès l’âge de seize ans dans la vie consacrée que du prêtre Chaminade risquant sa vie dans Bordeaux en révolution, ou encore du Chaminade dirigeant de ses sages conseils les religieux de la Société de Marie qu’il avait fondée…

Un charisme n’est pas un texte, une lettre morte, mais c’est un esprit, un style de vie, un enthousiasme, un engagement…

Puissent ces modestes fiches, et les documents qui les complètent, aider celles et ceux qui le désirent et que le Seigneur y appelle, à progresser dans la voie de la sainteté chrétienne selon le charisme que le Seigneur à accordé au début du 19è siècle au P. Guillaume-Joseph Chaminade. Le même Esprit est à l’œuvre aujourd’hui…

CHAPITRE D’INTRODUCTION

Qui es-tu, Guillaume-Joseph Chaminade ?

* Je suis né à Périgueux, une petite ville du Sud-ouest de la France, non loin de Bordeaux, le 8 avril 1761. Je suis le cadet d’une famille nombreuse. Mon papa, Blaise, tient un magasin de tissu et maman s’occupe de sa nombreuse famille.

* Quand je suis né, la France était encore gouvernée par un roi – Louis XV -. Il y avait une classe de gens très riches: les seigneurs, les grands commerçants (certains faisaient le commerce des esclaves entre l’Afrique et l’Amérique!), les chefs de l’armée, et aussi certains évêques et autres personnages de l’Eglise catholique. Mais la plupart des gens du peuple, surtout des paysans, étaient pauvres et souvent même misérables. Ils étaient écrasés par les impôts, devaient servir les « grands », et n’avaient pas beaucoup de moyens pour faire face aux catastrophes naturelles: épidémies, intempéries… Quand les grands se faisaient la guerre, leurs soldats saccageaient les cultures et pillaient les villes et les villages. Toute cette injustice a conduit au bouleversement de la grande Révolution Française, en 1789.

* Ma famille est chrétienne. Maman est très fervent. J’ai trois grands-frères prêtres: un Jésuite (Jean-Baptiste), un Récollet (franciscain) et un prêtre diocésain, Louis. Maman m’a appris à beaucoup aimer la Vierge Marie et je me suis efforcé de toujours mieux connaître, aimer et servir Marie. Je voudrais que beaucoup apprennent à en faire de même… Mais moi, j’aime aussi beaucoup Joseph, son époux. Quand j’ai été confirmé, j’ai pris comme deuxième nom chrétien Joseph. Je veux servir Jésus et Marie comme Joseph, cet homme de foi, discret mais efficace… J’ai eu la chance d’avoir pour directeur de mon école mon grand-frère Jean-Baptiste. Il m’a beaucoup conseillé dans ma vie spirituelle et avec son aide j’ai pu prononcer très jeune, en privé, les vœux que font les religieux: pauvreté, chasteté et obéissance. A cette époque, j’avais choisi comme devise: Ne rien refuser à Dieu! J’ai pu étudier paisiblement la théologie, un temps à Paris, et j’ai été ordonné prêtre. Au début, papa trouvait que 4 prêtres, ça faisait beaucoup dans une même famille, mais maman l’a apaisé. J’ai commencé mon apostolat comme collaborateur de mes deux frères, à l’école St Charles de Mussidan: professeur et économe. Tout aurait pu aller très bien, mais…

* En 1789 la Révolution a éclaté, et elle allait durer plus de 10 ans! Les meneurs voulaient soumettre l’Eglise, prendre ses propriétés et ses bâtiments, transformer les prêtres en fonctionnaires, imposer leurs idées… Certains ont prêté serment à la nouvelle constitution. Ceux qui refusaient devaient choisir entre: ou être guillotinés ou se réfugier à l’étranger, ou se cacher, à leurs risques et périls. Je suis resté à Bordeaux et je me suis caché et déguisé pour pouvoir continuer mon travail de prêtre. J’ai failli plus d’une fois être pris. En 1797 on m’a découvert. Alors je suis parti, moi aussi, pour l’Espagne. Je suis arrivé à Saragosse, la plus grande ville mariale du pays, au moment où on y fêtait N.D. du Pilier (del Pilar). Je suis resté là 3 ans, à prier, réfléchir, souffrir en silence, discuter avec les autres Français pour préparer l’après-Révolution de l’Eglise en France…

* Quand nous avons pu rentrer au pays, en 1800, il y avait beaucoup à faire pour remettre l’Eglise debout. Il fallait aussi corriger certaines erreurs du passé. J’étais de ceux qui ont voulu que tous les baptisés prennent leur baptême au sérieux et deviennent des membres responsables de la mission de l’Eglise: des missionnaires! Revenu à Bordeaux, j’ai donc regroupé des laïcs, jeunes et adultes, hommes et femmes… et progressivement un mouvement d’apostolat des laïcs est né. On l’appelait alors « La Congrégation ». Nous insistions sur la formation de la foi et l’engagement apostolique, en nous consacrant à Marie Immaculée, Celle qui écrase la tête du Serpent…

Les réunions avaient 3 grands buts:

  1. formation et recyclage doctrinaux et moraux: la vérité de l’Evangile à la place des idéologies à la mode; encourager les gens à pratiquer la morale chrétienne et à quitter les lieux pervers;
  2. élaboration et évaluation de projets d’action apostolique;
  3. renforcement des liens fraternels pour faire de l’Eglise une grande famille. Le succès de la Congrégation a montré que les gens attendaient cela, que l’Esprit et Marie les y poussaient. Il y venait aussi bien des intellectuels que des ouvriers ou des commerçants, des jeunes et des adultes… Ce que nous voulions, au fond, c’est ramener la France au Christ par Marie!

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