L’institut des sœurs marianistes 1898 – 1920

Thèse de Soeur Maria-Lucia UBBIALI, F.M.I. – Année 1971 – 1972
Traduction en français : Soeur Marie-Blanche DULON

Introduction

Ce travail de recherche sur la période de la sécularisation en France est né de mon désir de savoir, par moi-même, comment notre Institut avait pu survivre à un temps si troublé, comme je l’avais entendu raconter par des sœurs et surtout par Mère M. du St Sacrement Descaves (9ème Supérieure Générale). C’est d’elle que m’est venu l’intérêt pour le problème de la sécularisation. Elle était une de ces rares personnes encore vivantes qui avaient vu vivre les sœurs “sécularisées”, à Sucy-en-Brie, d’abord comme pensionnaire de l’Institution du Petit-Val et, plus tard, comme religieuse marianiste. De cette époque, elle avait recueilli de nombreux témoignages.

C’est donc tout naturellement vers elle que je me suis tournée pour avoir des éclaircissements sur bien des points. Mes fréquents entretiens avec elle m’ont permis de résoudre divers problèmes, en particulier celui de la correspondance qui, à cette époque, était volontairement camouflée et, par conséquent, pas toujours aisée à comprendre.

Il ne m’a pas toujours été facile de me détacher de ma sincère passion pour l’Institut et de faire place à l’esprit critique. [1]

Si j’ai noté dans la Congrégation un vrai courage pour faire face à cette situation, j’ai surtout trouvé une confiance illimitée dans la Divine Providence. Cependant, à côté de cela, j’ai aussi constaté les limites et les erreurs qui sont le propre de la nature humaine.

J’ai souvent été tentée de faire des parallèles avec le temps présent. A l’époque de la sécularisation, il était important pour les religieux d’être profondément convaincus de leur propre choix basé sur la foi pour pouvoir affronter avec courage une vie pleine de risques et agir en conséquence. Ces risques, provenant de l’extérieur, étaient plus faciles à individualiser et les problèmes à résoudre. De nos jours, avec le nouveau phénomène de la “sécularisation” dans lequel Dieu est le grand absent, les principes de foi sont encore plus nécessaires parce que ce phénomène envahit le champ de l’intelligence et de la volonté.

La sécularisation actuelle est basée sur ces principes : Dieu ne doit être vu ni cherché hors du monde mais dans le monde, dans les hommes. Se consacrer à Dieu dans un climat de sécularisation revient à se consacrer au monde. Cela tend à priver de sens la vie religieuse, à créer un climat défavorable pour celle-ci, à mettre en crise la compréhension et l’observance des vœux. Il en résulte un abandon de la vie consacrée et une grande purification et, comme autrefois, une forte diminution des religieux/ses en même temps qu’un renouveau intérieur pour ceux qui ont résisté.

Afin de comprendre les événements, les réactions et les décisions de l’Institut dans la période de la promulgation et de l’application des lois anticléricales, j’ai cru opportun de présenter d’abord les motifs qui ont amené le gouvernement français à des mesures aussi drastiques.

J’ai aussi cherché à présenter les lois de la période 1901 – 1903 dans leur développement et leur répercussion sur la France. Dans mes recherches je me suis servie des études faites par A. Rivet [2] et P. Nourrisson [3] qui donnent un cadre assez complet de la législation française sur les Instituts religieux.

J’ai ensuite expliqué les diverses situations dans lesquelles se sont trouvés les Instituts religieux selon qu’ils étaient autorisés ou non par le gouvernement, leurs réactions et l’attitude répressive de celui-ci.

Comme le but de mes recherches était d’étudier la situation de l’Institut des Filles de Marie Immaculée, j’ai encore consulté d’autres sources et plus particulièrement les travaux de A. Dansette [4], de Daniel Rops [5] et de E. Lecanuet [6]. De ces trois auteurs, c’est à mon avis, E.Lecanuet qui a traité le problème le plus à fond.

Pour les Chapitres traitant de la Congrégation, la plus grande partie de ma documentation provient des archives des Filles de Marie Immaculée à Rome, de celles de la Société de Marie à Rome, des Archives du Tiers Ordre d’Auch avant sa fusion avec la Congrégation en 1921. Les lettres autographes de Mère Stanislas Pernier, 5ème supérieure générale, du Père Simler, supérieur général de la SM, m’ont été de grande utilité pour éclairer les origines du problème.

De même, la nombreuse correspondance de Mère M. Mechtilde Pouilh-Mauriez (7ème supérieure générale). Celle-ci, comme j’aurai l’occasion de le démontrer, jouera un rôle très important pendant la période 1898 -1920. D’une grande richesse sont aussi les procès-verbaux des réunions de l’Administration Générale qui ont confirmé les notices des Annales des différentes maisons de la Congrégation conservées à Rome dans les Archives FMI.

Le cahier le plus intéressant des Annales est le numéro XV, 1901-1914 où sont transcrits les documents envoyés par le gouvernement à la Congrégation et d’importantes lettres d’affaires.

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