Chemins de prière avec Adèle de Batz de Trenquelléon

INTRODUCTION

Le chapitre général de la Congrégation de 1997 rappelait aux Sœurs Marianistes :

« Membres des Communautés Laïques Marianistes, laïques consacrées de l’Alliance Mariale, religieuses Filles de Marie Immaculée et religieux de la Société de Marie, nous formons une même famille qui tire son origine de l’intuition missionnaire de nos Fondateurs, le Père Chaminade et Adèle de Trenquelléon. »

et il nous engageait, nous, Sœurs Marianistes, à « faire connaître Mère Adèle, comme femme, qui écoute, qui garde dans son cœur à l’exemple de Marie, qui nous stimule ; à mettre en œuvre ce qu’elle a apporté de personnel dans la fondation de la Famille de Marie, ses intuitions, sa créativité missionnaire. »

C’est à cela que voudrait contribuer modestement « Chemins de prière avec Adèle de Batz de Trenquelléon ».

Adèle, certes nettement plus jeune que le Père Chaminade, a bénéficié de son accompagnement, de ses conseils, de son soutien. Celui-ci, de son côté, a su reconnaître dans ses aspirations les appels de l’Esprit et les seconder pour qu’elles donnent de beaux fruits.

Adèle, aujourd’hui, peut apporter à la Famille Marianiste sa jeunesse d’âme, sa fraîcheur, l’ardeur de son amour pour le Christ et sa Mère, son inventivité pour répondre aux besoins les plus concrets et les plus quotidiens des enfants, des jeunes, des pauvres, son espérance dans l’amour que Dieu porte à tout homme quel qu’il soit.

Puissent ceux qui s’engageront dans la prière avec Adèle trouver dans sa jeunesse et son enthousiasme un nouvel élan pour proposer la foi et servir ceux qui les entourent. Puissent-ils, avec elle, s’engager sur les chemins de la sainteté qui n’est qu’amour.

SIGLES

Les citations sont extraites des deux volumes de lettres d’Adèle :
Vol. I lettres 1 à 304
Vol. II lettres 305 à 737

Exemple : 227.5 = lettre 227 § 5

VIE D’ADELE de BATZ de TRENQUELLEON

Fondatrice des Filles de Marie (Sœurs Marianistes)

Adèle naît au château de Trenquelléon (Feugarolles) à peine plus d’un mois avant la Prise de la Bastille, le 10 juin 1789, dans une famille noble dont les origines, par sa mère, remontent à Saint Louis. Son père, officier, sert dans les Gardes Françaises. Fidèle au Roi, il connaît l’exil… Adèle aussi qui, en 1797, doit quitter Trenquelléon avec sa mère et son jeune frère, Charles.

L’exil

L’Espagne puis le Portugal les accueillent : rude expérience pour une enfant, mais expérience dont elle sortira mûrie, expérience qui l’ouvre aux autres, enracine en elle la prière et surtout l’amour du Christ.

En Espagne, à Saint Sébastien, le jour de l’Epiphanie 1801, elle fait sa première communion. Elle a 11 ans et demi. C’est un grand moment pour elle : une rencontre inoubliable avec Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie.

Quelques mois plus tard, avec sa famille, elle revient en France, mais à la condition que ses parents la reconduisent en Espagne pour qu’elle puisse entrer au Carmel lorsqu’elle aura l’âge.

Adèle restera marquée toute sa vie par le spectacle de désolation qu’offrent les villages qu’elle traverse : églises transformées en granges, en écuries, statues décapitées, misère des gens …

Adèle se met au travail

De retour à la maison, elle n’oublie pas l’appel de Jésus : devenir carmélite. Lorsque Monsieur Ducourneau qui se préparait à devenir prêtre au moment de la Révolution vient au château, en 1802, pour s’occuper de l’éducation de Charles, sur les conseils de sa mère, elle lui demande de lui donner un règlement de vie pour que, le moment venu, elle puisse répondre à l’appel du Seigneur.

A la suite de ce règlement qui l’invite à une demi-heure d’oraison matin et soir, à la messe quotidienne, la lecture, la prière du chapelet… Elle ajoute : « Je prends la résolution de m’appliquer principalement à la pratique de l’humilité, de la douceur, de l’obéissance, de renoncer à ma volonté propre, de m’appliquer enfin à la pratique de toutes les vertus, en particulier de celles qui sont les plus nécessaires pour mon état actuel et le Carmel. »

En 1803 elle est confirmée. Elle s’est préparée à recevoir ce sacrement en passant six semaines auprès des carmélites d’Agen qui vivent dans la clandestinité, leur ordre ayant été interdit par la Révolution. C’est de ce moment qu’elle prend l’habitude de se recueillir, à 3 heures de l’après-midi, au pied de la Croix, pour rejoindre le Christ dans l’infini de son amour pour les hommes. Elle brûle alors de partager la foi qui l’anime…

Avec Jeanne DICHE, confirmée en même temps qu’elle et un peu plus âgée, commence ce partage de foi et de vie chrétienne dont s’émerveille Monsieur Ducourneau. Il leur suggère de fonder une association de prière et de soutien pour vivre leur foi, leur amour du Christ, leur désir apostolique.

De la « Petite Société »… à la congrégation mariale

L’association baptisée “Petite Société” se constitue durant l’été 1804. Vite le nombre des membres va croître… L’association est d’abord dirigée par Jeanne mais, lorsque celle-ci épouse, en avril 1805, le Docteur Belloc, elle n’est plus aussi disponible et c’est Adèle qui en assume l’entière responsabilité.

Chaque semaine une lettre, destinée aux associées, part du château, commentant l’Evangile du dimanche, une fête, un temps liturgique, aidant à se préparer à la communion… De la sorte, les membres se sentent moins isolées.

Elles se stimulent pour vivre l’Evangile, être missionnaires dans leur milieu, auprès de leur famille, de leurs amies… ; elles font le catéchisme, subviennent aux besoins des pauvres, visitent les malades, des prisonniers… Adèle ouvre même une petite école au château de ses parents.

Le souci de l’éducation humaine et chrétienne des jeunes des campagnes l’habite. Elle lâche tout lorsqu’elle entend arriver ses petits écoliers, or ils viennent à n’importe quelle heure : habitant les hameaux voisins, ils travaillent à la ferme ou dans les pâturages et ne savent guère ce qu’est l’heure !

Durant l’été 1808, à Figeac, dans le Lot, la baronne de Trenquelléon rencontre M. Hyacinthe Lafon. Elle vient à lui parler de la « Petite Société » qu’anime sa fille. Trouvant beaucoup de ressemblances avec la Congrégation que le père Chaminade a fondée à Bordeaux, il propose de les mettre en relation.

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