Missionnaire de Marie… 200 ans après

Dans le vocabulaire marianiste, y a-t-il un terme qui se révèle plus pénétrant que le mot « mission » ?

Dans les pages qui suivent, je me propose d’examiner les connotations marianistes de cette notion et de réfléchir sur les différentes manières dont, au cours de notre histoire commune, nous avons sans cesse de nouveau été poussés à reconsidérer et à approfondir la conscience que nous avions, nous Marianistes, d’être des personnes que Chaminade appelait « missionnaires de Marie ». Je voudrais donc m’arrêter sur la riche signification du concept de « mission » dans l’histoire marianiste et sur plusieurs transformations qu’elle a subies au cours de cette histoire, jusqu’à nos jours.
Commençons donc par rappeler un certain nombre d’occasions, dans le cours de la vie du fondateur, dans lesquelles ce mot de « mission » a joué un rôle actif.

– Dans sa jeunesse, Chaminade a rejoint une petite congrégation de religieux de son diocèse connus sous le nom de « Missionnaires de Saint Charles Borromée ». Sa première formation religieuse, jusqu’à son ordination sacerdotale et même au-delà, fut marquée par la spiritualité explicitement missionnaire de cette congrégation. C’est comme membre de cette congrégation qu’il a prononcé les vœux qui ont fait de lui un religieux. Rappelons qu’il n’a jamais ressenti la nécessité de quelque autre profession religieuse.

– Cette petite congrégation disparut dans les remous de la Révolution, mais son esprit continua à guider le Fondateur au cours de ses années de ministère actif et dangereux au cœur de Bordeaux, aux périodes les plus chaudes de la Révolution.
Plus tard, exilé hors de France à cause de son inflexible détermination à exercer son ministère sacerdotal en dépit des contraintes gouvernementales, il rencontra d’autres prêtres français ou correspondit avec eux, rêvant d’une pratique missionnaire radicalement nouvelle une fois possible leur retour dans leur patrie.

– Quand il retrouva la France, encore privée de son administration ecclésiastique traditionnelle, Chaminade, au début de l’année 1801, reçut le titre de « Missionnaire Apostolique », en même temps qu’on lui demandait d’administrer le diocèse de Bazas, alors sans évêque, à quelque 60 kilomètres au sud-est de Bordeaux. Cette dernière mission ne dura guère car le diocèse de Bazas fut rapidement fusionné avec l’archidiocèse de Bordeaux par le Concordat qui restaurait l’appareil de l’Eglise d’une manière qui agréait au gouvernement de Napoléon.

– Cependant, Chaminade continua, pendant le demi-siècle qui lui restait à vivre, à revendiquer assez souvent le titre de « missionnaire apostolique », avec une certaine insistance. Il avait l’air de tenir à ce titre comme à un fondement quasi canonique de sa créativité dans son ministère.

Après la fondation de ses congrégations religieuses, de femmes puis d’hommes, Chaminade a souvent mis l’accent sur leur caractère missionnaire.

Dans les moments de tension ou de découragement, il demandait à ses disciples de se rappeler qu’ils étaient « tous missionnaires ! » (ex. : lettre 725 du 7 février 1834) ; « à chacun de nous, écrivait-il, la Très Sainte Vierge a confié un mandat pour travailler au salut de nos frères dans le monde. » (lettre 1163 du 24 août 1839).

– En 1839, Chaminade sollicita et obtint du pape Grégoire XVI le privilège suivant : que le titre de « Missionnaire apostolique » soit porté par tous ses successeurs au poste de Supérieur général de la famille religieuse qu’il fondait.

 

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