{"id":966,"date":"2015-11-10T14:52:09","date_gmt":"2015-11-10T13:52:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=966"},"modified":"2016-02-03T16:44:22","modified_gmt":"2016-02-03T15:44:22","slug":"la-societe-de-marie-en-alsace-entre-1824-et-1870","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/la-societe-de-marie-en-alsace-entre-1824-et-1870\/","title":{"rendered":"La Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace entre 1824 et 1870"},"content":{"rendered":"<p><strong>Une congr\u00e9gation enseignante masculine\u00a0dans l\u2019Alsace fran\u00e7aise du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n<p>La Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de Bordeaux \u2013 ou les Fr\u00e8res de Marie \u2013 est fond\u00e9e en 1817 par Guillaume-Joseph Chaminade, chanoine honoraire de la cath\u00e9drale Saint-Andr\u00e9. Cette congr\u00e9gation a la particularit\u00e9 de r\u00e9unir dans une m\u00eame communaut\u00e9 des pr\u00eatres et des fr\u00e8res \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de droit.<\/p>\n<p>La fondation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie n\u2019est pas un fait isol\u00e9\u00a0: les d\u00e9buts de cette congr\u00e9gation religieuse s\u2019inscrivent dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle qui voit fleurir de nombreux instituts r\u00e9guliers. Rapidement, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie s\u2019oriente, sans toutefois se sp\u00e9cialiser, vers l\u2019enseignement.<\/p>\n<p>Aussi contribue-t-elle au d\u00e9veloppement de l\u2019instruction amorc\u00e9 au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle et prend part aux d\u00e9bats qui suivent. La congr\u00e9gation s\u2019\u00e9tend vite au-del\u00e0 du sud-ouest de la France\u00a0: en 1823, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie s\u2019implante en Franche-Comt\u00e9\u00a0; en 1824, elle entre en Alsace.<\/p>\n<p>Notre \u00e9tude se fonde sur les archives de la congr\u00e9gation et les archives d\u00e9partementales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. L\u2019\u00e9volution de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace entre 1824 et 1870 est envisag\u00e9e successivement sous trois angles\u00a0: l\u2019insertion d\u2019un institut r\u00e9gulier dans un paysage religieux donn\u00e9, l\u2019Alsace\u00a0; l\u2019int\u00e9gration d\u2019une congr\u00e9gation enseignante dans le cadre \u00e9ducatif de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX\u00e8me si\u00e8cle\u00a0; la sp\u00e9cificit\u00e9 de la congr\u00e9gation.<\/p>\n<h2 id=\"letablissement-de-la-societe-de-marie-en-alsace-les-tribulations-dune-congregation-religieuse\" >L\u2019\u00e9tablissement de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace\u00a0:\u00a0les tribulations d\u2019une congr\u00e9gation religieuse<\/h2>\n<h3 id=\"le-succes-dun-semi-echec-la-tentative-de-fusion-entre-les-freres-de-la-societe-de-marie-de-bordeaux-et-les-freres-de-la-doctrine-chretienne-de-strasbourg-1821-1826\" >Le succ\u00e8s d\u2019un semi-\u00e9chec\u00a0: la tentative de fusion entre les fr\u00e8res de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0de Bordeaux et les fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne de Strasbourg (1821-1826)<\/h3>\n<p>A l\u2019origine du d\u00e9ploiement des Fr\u00e8res de Marie en Alsace, il y a en 1821 Louis Roth\u00e9a, religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, originaire du Sundgau, envoy\u00e9 par Guillaume-Joseph Chaminade \u00e0 Ribeauvill\u00e9. L. Roth\u00e9a doit exercer les fonctions de ma\u00eetre des novices des Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne de Strasbourg fond\u00e9s peu de temps auparavant par l\u2019abb\u00e9 Ignace Mertian. Suite \u00e0 cette premi\u00e8re collaboration, des tractations (1822-1824) entre Ignace Mertian et le p\u00e8re Chaminade formulent le projet d\u2019une congr\u00e9gation nationale de \u00ab\u00a0Petits Fr\u00e8res\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais devant les exigences respectives des deux fondateurs, la tentative \u00e9choue. Les pourparlers reprennent quelques mois plus tard, mais il est question, cette fois-ci, de laisser absorber la Doctrine chr\u00e9tienne par les Fr\u00e8res de Marie. L\u2019acte de fusion est sign\u00e9 \u00e0 Strasbourg le 13\u00a0juillet 1826, en pr\u00e9sence de Mgr Tharin, \u00e9v\u00eaque de Strasbourg\u00a0: la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie h\u00e9rite de la congr\u00e9gation d\u2019Ignace Mertian quelques immeubles, en particulier le ch\u00e2teau de Saint-Hippolyte.<\/p>\n<p>Face au rejet de cette solution d\u2019int\u00e9gration par la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne, on doit convenir que cette absorption \u00e9choue partiellement. Pour la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, cet \u00e9pisode constitue n\u00e9anmoins un premier contact avec l\u2019Alsace et la confrontation de vues avec un autre institut r\u00e9gulier quasi-similaire permet de pr\u00e9ciser le caract\u00e8re propre de la congr\u00e9gation.<\/p>\n<h3 id=\"limplantation-de-la-societe-de-marie-en-alsace-1824-1840-une-terre-favorable\" >L\u2019implantation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace (1824-1840)\u00a0: une terre favorable<\/h3>\n<p>Apr\u00e8s cet \u00e9pisode, les premi\u00e8res implantations de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace ont lieu entre 1824 et 1840. Si la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, arriv\u00e9e \u00e0 Colmar en 1824, profite de la ferveur religieuse pour s\u2019implanter dans la r\u00e9gion, elle doit aussi compter avec le haut clerg\u00e9 catholique qui dirige l\u2019Eglise d\u2019Alsace, notamment l\u2019\u00e9v\u00eaque. Le Prince de Cro\u00ff, \u00e9v\u00eaque de Strasbourg de 1820 \u00e0 1823, intervient dans le rapprochement entre les Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne de Strasbourg et la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>Mgr Tharin, \u00e9v\u00eaque de Strasbourg de 1824 \u00e0 1826, se caract\u00e9rise par son ultramontanisme et son attachement aux congr\u00e9gations\u00a0: aussi se soucie-t-il de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie quand elle s\u2019implante \u00e0 Colmar en 1824. Par contre, Mgr Lepappe de Tr\u00e9vern (1826-1842), davantage gallican, se montre distant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des congr\u00e9gations religieuses. Du c\u00f4t\u00e9 des congr\u00e9gations religieuses, on observe une rupture \u00e0 partir de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: la figure de la s\u0153ur clo\u00eetr\u00e9e laisse place \u00e0 celle de la s\u0153ur hospitali\u00e8re ou de la s\u0153ur enseignante\u00a0; le visage du \u00ab\u00a0P\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e0 celui du \u00ab\u00a0fr\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si chez les hommes, les j\u00e9suites et les r\u00e9demptoristes peinent \u00e0 s\u2019installer, les moines trappistes ne sont pr\u00e9sents qu\u2019\u00e0 l\u2019Oehlenberg, en revanche l\u2019exp\u00e9rience des Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne et l\u2019arriv\u00e9e des Fr\u00e8res de Marie ouvrent de nouvelles perspectives.<\/p>\n<p>Pour autant, on ne compte en Alsace, durant cette premi\u00e8re p\u00e9riode, que 18 congr\u00e9gations religieuses, dont 6 d\u2019hommes, soit un certain retard de l\u2019Alsace par rapport aux autres dioc\u00e8ses.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re implantation des religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace est due \u00e0 la demande instante du cur\u00e9 de Colmar, l\u2019abb\u00e9 Georges Maimbourg, homme qui jouit alors en Alsace d\u2019une influence quasi-\u00e9piscopale. Les n\u00e9gociations de reprise de l\u2019\u00e9cole communale de Colmar commencent entre l\u2019abb\u00e9 Maimbourg et G.J.\u00a0Chaminade d\u00e8s 1822.<\/p>\n<p>Mais le fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie se montre plut\u00f4t r\u00e9serv\u00e9 quant \u00e0 la r\u00e9alisation imm\u00e9diate du projet, quoique d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 le concr\u00e9tiser un jour. Finalement, \u00e0 la rentr\u00e9e 1824, 7 fr\u00e8res de Marie, dont Louis Roth\u00e9a comme directeur, s\u2019installent \u00e0 Colmar pour tenir l\u2019\u00e9cole communale de gar\u00e7ons de Colmar\u00a0\u2013 parmi ces 7 fr\u00e8res, 2 assurent les fonctions de sacristain \u00e0 la coll\u00e9giale Saint-Martin\u00a0\u2013.<\/p>\n<p>Les autres fondations suivent rapidement celle de Colmar\u00a0: 1826, l\u2019\u00e9cole communale d\u2019Ammerschwihr (Haut-Rhin), r\u00e9sultat de l\u2019absorption des Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne, Saint-Hippolyte (Haut-Rhin), dont on veut faire \u00ab\u00a0une \u00e9cole normale interne d\u2019enseignement primaire\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9cole communale catholique de gar\u00e7ons de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin)\u00a0; 1827, l\u2019\u00e9cole communale de Ribeauvill\u00e9 (Haut-Rhin).<\/p>\n<p>La congr\u00e9gation continue de s\u2019\u00e9tendre avec l\u2019acquisition, en 1830, de l\u2019ancienne abbaye d\u2019Ebersmunster (Bas-Rhin)\u00a0: en 1835, Ebersmunster devient le noviciat de la congr\u00e9gation pour l\u2019Alsace. 1835, l\u2019\u00e9cole communale de Soultz\u00a0; 1836, l\u2019\u00e9cole communale de Kaysersberg (Haut-Rhin)\u00a0; 1839, l\u2019\u00e9cole communale de Wattwiller (Haut-Rhin).<\/p>\n<p>Un rapide regard sur l\u2019ensemble des neuf premi\u00e8res fondations de la congr\u00e9gation laisse appara\u00eetre deux foyers d\u2019implantation en Alsace entre 1824 et 1840\u00a0: l\u2019arrondissement de Colmar et la r\u00e9gion de Guebwiller.<\/p>\n<p>On note, aussi, que la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie est pr\u00e9sente dans des localit\u00e9s o\u00f9 le catholicisme est pr\u00e9sent majoritairement, voire en quasi-exclusivit\u00e9. Face aux demandes qui lui sont faites, le p\u00e8re Chaminade se trouve confront\u00e9 au probl\u00e8me du personnel\u00a0: en 1824, 7 fr\u00e8res arrivent en Alsace, dont 4 m\u00e9ridionaux du sud-ouest de la France\u00a0; en 1826, il y a 22 fr\u00e8res en Alsace, 29 en 1834 et 47 en 1839, dont une majorit\u00e9 originaire de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>Les premi\u00e8res ann\u00e9es de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie sont aussi marqu\u00e9es par la reconnaissance par les autorit\u00e9s civiles et l\u2019octroi d\u2019un statut civil. La Restauration se veut plus favorable que les r\u00e9gimes pr\u00e9c\u00e9dents aux congr\u00e9gations religieuses.<\/p>\n<p>Aussi le gouvernement use-t-il de dispositions l\u00e9gislatives telles que les ordonnances pour reconna\u00eetre un certain nombre de congr\u00e9gations religieuses.<\/p>\n<p>En 1825, le p\u00e8re Chaminade r\u00e9dige des statuts et mandate l\u2019abb\u00e9 Caillet pour les faire approuver \u00e0 Paris. Apr\u00e8s discussions et \u00e9changes, parfois difficiles, entre le ministre de l\u2019Instruction publique et des Cultes \u2013 Mgr Frayssinous \u2013 et les repr\u00e9sentants de la congr\u00e9gation, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie est reconnue comme \u00ab\u00a0vou\u00e9e \u00e0 l\u2019enseignement primaire\u00a0\u00bb par une ordonnance royale du 16 novembre 1825.<\/p>\n<h2 id=\"la-croissance-lessor-de-la-societe-de-marie-en-alsace-1840-1860\" >La croissance\u00a0: l\u2019essor de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace (1840-1860)<\/h2>\n<p>Les ann\u00e9es 1840-1860 marquent l\u2019essor de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace, dans un contexte politique plut\u00f4t favorable aux congr\u00e9gations. Mgr\u00a0Andr\u00e9 Raess est \u00e9v\u00eaque de Strasbourg de 1842 \u00e0 sa mort en 1887. Tr\u00e8s pr\u00e9sent dans son dioc\u00e8se, ultramontain d\u00e9clar\u00e9, le nouvel \u00e9v\u00eaque favorise les congr\u00e9gations religieuses pour servir l\u2019Alsace.<\/p>\n<p>La Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, malgr\u00e9 quelques moment de disgr\u00e2ce aupr\u00e8s du pr\u00e9lat, peut compter sur cet appui pr\u00e9cieux. Son histoire conna\u00eet alors un tournant.<\/p>\n<p>En 1845, son fondateur, G.-J. Chaminade, doit c\u00e9der le sup\u00e9riorat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Caillet. En 1849, des provinces sont \u00e9tablies\u00a0: provinces de Bordeaux, de R\u00e9almont (Tarn), de Franche-Comt\u00e9, d\u2019Alsace. Toutefois, l\u2019office provincial est tr\u00e8s d\u00e9pendant du sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Le provincial ne fait qu\u2019ex\u00e9cuter les d\u00e9cisions du premier sup\u00e9rieur\u00a0; aussi, prend-il peu d\u2019initiatives. Il y a dans le fonctionnement de la congr\u00e9gation un centralisme qui peut rappeler le jacobinisme fran\u00e7ais ou l\u2019ultramontanisme romain du XIX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Particularisme alsacien\u00a0: quoique le partage de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en provinces date de 1849, les maisons d\u2019Alsace ont eu un provincial d\u00e8s 1841 en la personne de l\u2019abb\u00e9 Jean Chevaux.<\/p>\n<p>A partir de 1849, les provinciaux d\u2019Alsace sont successivement les abb\u00e9s Fran\u00e7ois Br\u00e9mans (1849-1853), Andr\u00e9 Fridblatt (1853-1861), Beno\u00eet Meyer (1861-1862) et Georges Loetsch (1862-1878).<\/p>\n<p>Entre 1840 et 1860, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie s\u2019implante dans 21 nouvelles localit\u00e9s en plus des 9 qu\u2019elle dirige d\u00e9j\u00e0\u00a0: en 1842 \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale d\u2019Obernai (Bas-Rhin)\u00a0;<\/p>\n<ul>\n<li>en 1843 \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Bergheim (Haut-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1844 \u00e0 Strasbourg \u2013 les fr\u00e8res tiennent les classes paroissiales de l\u2019\u00e9cole Ste Madeleine\u00a0\u2013\u00a0;<\/li>\n<li>en 1845 \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale de Barthenheim (Haut-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1848 dans les \u00e9coles communales de Grendelbruch (Bas-Rhin), Kientzheim (Haut-Rhin) et Saint-Hippolyte\u00a0;<\/li>\n<li>en 1849 \u00e0 Soultzmatt et Willer-Thann (Haut-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1850 \u00e0 Ch\u00e2tenois (Bas-Rhin), Sainte-Croix-aux-Mines (Haut-Rhin) et Willerhof (Bas-Rhin)\u00a0\u2013 une exp\u00e9rience de reprise d\u2019un orphelinat qui dure \u00e0 peine un an\u00a0\u2013\u00a0;<\/li>\n<li>en 1851 \u00e0 Turckheim (Haut-Rhin)\u00a0; en 1852 \u00e0 l\u2019\u00e9cole libre de Guebwiller (Haut-Rhin), fond\u00e9e par le cur\u00e9 Braun, dans les \u00e9coles communales de Benfeld (Bas-Rhin) et d\u2019Issenheim (Haut-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1853 dans les \u00e9coles de Geispolsheim et de Soufflenheim (Bas-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1856 dans les \u00e9coles de Monswiller et de Seltz (Bas-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1858 \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale de Marckolsheim (Bas-Rhin)\u00a0;<\/li>\n<li>en 1859 \u00e0 Orbey (Haut-Rhin), sur l\u2019appel du maire Lef\u00e9bure et cela, malgr\u00e9 l\u2019opposition du ministre des Cultes, Gustave Rouland.<\/li>\n<\/ul>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 des \u00e9tablissements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, la province d\u2019Alsace compte 12 autres maisons dans les Ardennes, la Moselle, les Vosges, en Suisse et en Allemagne. Dans le Haut-Rhin, les Fr\u00e8res de Marie sont surtout pr\u00e9sents dans le secteur de Colmar et celui de Guebwiller.<\/p>\n<p>Dans le Bas-Rhin, les implantations sont plus diffuses. C\u00f4t\u00e9 personnel, en 1840, on compte 59 religieux pr\u00e9sents dans les deux d\u00e9partements alsaciens. En 1859\/1860, il y a 208 Fr\u00e8res de Marie en Alsace. Il n\u2019y a donc pas de difficult\u00e9 \u00e0 trouver du personnel pour desservir les nouveaux \u00e9tablissements.<\/p>\n<p>Il ne faut cependant pas perdre de vue que tous les \u00e9tablissements de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie n\u2019ont pas le m\u00eame effectif\u00a0: s\u2019il y a des communaut\u00e9s importantes\u00a0\u2013 Colmar, Ebersmunster, Saint-Hippolyte ou Strasbourg, avec plus de 20 religieux\u00a0\u2013, il y a des \u00e9tablissements aux effectifs plus r\u00e9duits\u00a0\u2013 Ribeauvill\u00e9, Sainte-Marie-aux-Mines et Soultz, avec 8 \u00e0 9 religieux\u00a0\u2013 et une majorit\u00e9 de petites \u00e9coles communales avec 3 \u00e0 4 fr\u00e8res. C\u2019est ce type de maisons qui pr\u00e9domine.<\/p>\n<h2 id=\"la-pleine-maturite-lete-alsacien-de-la-societe-de-marie-1860-1870\" >La pleine maturit\u00e9\u00a0: l\u2019\u00e9t\u00e9 alsacien de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (1860-1870)<\/h2>\n<p>La d\u00e9cennie 1860\/1870 correspond \u00e0 la pleine maturit\u00e9 de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace, en d\u00e9pit d\u2019un contexte politique g\u00e9n\u00e9ral moins favorable aux catholiques et aux congr\u00e9gations. Cependant, l\u2019Alsace est une p\u00e9pini\u00e8re de vocations sacerdotales et la vitalit\u00e9 de la vie r\u00e9guli\u00e8re est illustr\u00e9e par le nombre d\u2019instituts f\u00e9minins inventori\u00e9s en 1861 dans le cadre du recensement sp\u00e9cial des communaut\u00e9s religieuses\u00a0: 17 congr\u00e9gations, dont 8 enseignantes et 6 hospitali\u00e8res.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a><\/p>\n<p>Concernant les hommes, il y a 9 congr\u00e9gations masculines dont 2 enseignantes (Fr\u00e8res de la Doctrine chr\u00e9tienne et Soci\u00e9t\u00e9 de Marie). En 1861, on totalise quelques 2100 r\u00e9guliers en Alsace contre 1170 s\u00e9culiers. Les hommes sont 428 \u2013 religieux ou moines\u00a0\u2013.<\/p>\n<p>Cependant, si on ram\u00e8ne les effectifs du clerg\u00e9 r\u00e9gulier \u00e0 la population catholique de l\u2019Alsace, le rapport est plus modeste que dans le reste de la France. Quant \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, avec 132 membres selon l\u2019enqu\u00eate de 1861, elle repr\u00e9senterait 31\u00a0% du nombre des r\u00e9guliers hommes.<\/p>\n<p>Les congr\u00e9gations suscitent des jugements ambivalents aupr\u00e8s des fonctionnaires, repr\u00e9sentants du pouvoir civil. Pour la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, un commentaire de l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie de Colmar du 3 avril 1856 est r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit qui s\u2019instaure sous le Second Empire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cet ordre souple, adroit et insinuant a su capter la confiance des familles. Il est puissamment aid\u00e9 par le clerg\u00e9 catholique. Je compterais tr\u00e8s peu sur l&#8217;esprit dont il est anim\u00e9 et consid\u00e9rerais comme f\u00e2cheux, au point de vue politique, son extension dans le d\u00e9partement. Une de ses tendances les plus marqu\u00e9es, c&#8217;est de s&#8217;affranchir du contr\u00f4le de l&#8217;autorit\u00e9 civile, \u00e0 laquelle il ne recourt que dans les cas d&#8217;une n\u00e9cessit\u00e9 absolue. Je crois qu&#8217;il faut le brider.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a><\/p>\n<p>Pour sa part la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie conna\u00eet quelques crises de croissance durant cette p\u00e9riode 1860-1870. Suite au refus de l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale de convoquer le chapitre g\u00e9n\u00e9ral de 1855, un malaise s\u2019instaure entre les religieux et les sup\u00e9rieurs g\u00e9n\u00e9raux.<\/p>\n<p>Cette crise de confiance persiste au-del\u00e0 du chapitre g\u00e9n\u00e9ral de 1858. Par ailleurs, en 1865, alors que la congr\u00e9gation sollicite son approbation d\u00e9finitive aupr\u00e8s de Rome, des \u00ab\u00a0animadversions\u00a0\u00bb du Saint-Si\u00e8ge portant sur le caract\u00e8re sacerdotal des directeurs de maisons viennent troubler les religieux\u00a0: les pr\u00e9tentions de Rome risquent de d\u00e9s\u00e9quilibrer la composition double (pr\u00eatres et fr\u00e8res) de la congr\u00e9gation.<\/p>\n<p>Finalement, apr\u00e8s un arbitrage du cardinal Mathieu, archev\u00eaque de Besan\u00e7on, un d\u00e9cret du 30 janvier 1869 fixe d\u00e9finitivement la composition propre de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie avec des pr\u00eatres et des fr\u00e8res.<\/p>\n<p>En 1869, la province d\u2019Alsace est l\u2019unit\u00e9 la plus importante des cinq provinces de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0: 40 maisons, dont 29 dans les seuls Bas-Rhin et Haut-Rhin\u00a0; 360 sujets, dont 281 dans les deux d\u00e9partements alsaciens\u00a0; 10\u00a0000 \u00e9l\u00e8ves, dont 7\u00a0436 Bas-Rhinois et Haut-Rhinois.<\/p>\n<p>Les unit\u00e9s nouvelles ou moins d\u00e9velopp\u00e9es, comme la province d\u2019Am\u00e9rique, ayant besoin d\u2019\u00eatre renforc\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide de fr\u00e8res de provinces plus importantes, l\u2019Alsace devient une \u00ab\u00a0r\u00e9serve\u00a0\u00bb de personnel pour l\u2019ensemble de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>Cela ne va pas sans provoquer le m\u00e9contentement des fr\u00e8res d\u2019Alsace et de leurs autorit\u00e9s provinciales qui estiment leur province l\u00e9s\u00e9e au regard des besoins locaux\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le syst\u00e8me de l\u2019Administration [g\u00e9n\u00e9rale] en Alsace se r\u00e9sume en deux mots\u00a0: Prendre et toujours prendre, et n\u2019accorder presque rien.<\/em> \u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/p>\n<p>Cependant, une \u00e9tude approfondie permet de v\u00e9rifier qu\u2019au vu du nombre de maisons par province, il n\u2019y a pas la volont\u00e9 de privil\u00e9gier une unit\u00e9 sur l\u2019autre. La province d\u2019Alsace a 42 maisons en 1860\u00a0; idem en 1869. Par ailleurs, entre 1860 et 1869, le nombre de Fr\u00e8res de Marie pr\u00e9sents en Alsace conna\u00eet une augmentation sup\u00e9rieure \u00e0 celle observable pour l\u2019ensemble de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0: 23\u00a0% contre 16\u00a0%.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, pour la d\u00e9cennie 1860\/1870, le bilan est mitig\u00e9\u00a0: l\u2019\u00e9volution des maisons montre une certaine stagnation. Deux nouvelles implantations seulement ont lieu\u00a0: en 1863 \u00e0 l\u2019orphelinat agricole de Kembs (Haut-Rhin)\u00a0; en 1866 \u00e0 l\u2019\u00e9cole communale de Haguenau (Bas-Rhin). Trois retraits en revanche\u00a0: \u00e0 Soultzmatt en 1867\u00a0; \u00e0 Monswiller en 1868\u00a0; et \u00e0 Kembs en 1870. Des difficult\u00e9s pour fonder de nouveaux \u00e9tablissements se font jour comme l\u2019impossibilit\u00e9 de prendre une \u00e9cole libre projet\u00e9e par le clerg\u00e9 local \u00e0 Mulhouse.<\/p>\n<p>Des situations disparates se r\u00e9v\u00e8lent dans les \u0153uvres existantes\u00a0: le succ\u00e8s \u00e0 Colmar\u00a0; les conflits \u00e0 Guebwiller.<\/p>\n<h1 id=\"la-societe-de-marie-en-alsace-la-lutte-pour-leducation-de-la-jeunesse\" >La soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace\u00a0: la lutte pour l\u2019\u00e9ducation de la jeunesse<\/h1>\n<h2 id=\"lenseignement-en-alsace-entre-1820-et-1870-la-place-pour-une-nouvelle-congregation\" >L\u2019enseignement en Alsace entre 1820 et 1870\u00a0: la place pour une nouvelle congr\u00e9gation<\/h2>\n<p>En 1821, 90\u00a0% des communes alsaciennes disposent d\u2019une \u00e9cole publique. Les fr\u00e8res s\u2019ins\u00e8rent dans ce paysage scolaire et prennent en charge des \u00e9coles communales ou \u00ab\u00a0\u00e9coles sp\u00e9ciales de gar\u00e7ons\u00a0\u00bb\u00a0; \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce r\u00e9seau d\u2019\u00e9coles communales se d\u00e9veloppe un r\u00e9seau d\u2019\u00e9tablissements libres. Quelques chiffres illustrent cette pr\u00e9sence congr\u00e9ganiste dans l\u2019enseignement alsacien.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a><\/p>\n<p>Pr\u00e9sence de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie dans le quadrillage administratif alsacien<\/p>\n<table style=\"height: 257px;\" width=\"669\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"257\">(\u00e9coles communales et \u00e9coles libres)<\/td>\n<td width=\"63\">1855<\/td>\n<td width=\"63\">1869<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"257\">Nbre de Communes en Alsace.<\/td>\n<td width=\"63\">1032<\/td>\n<td width=\"63\">1032<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"257\">Nbre de communes ayant un \u00e9tablissement des Fr\u00e8res de Marie.<\/td>\n<td width=\"63\">26<\/td>\n<td width=\"63\">29<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"257\">%<\/td>\n<td width=\"63\">2,52<\/td>\n<td width=\"63\">2,8<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Pr\u00e9sence de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie dans le maillage des \u00e9coles publiques<\/p>\n<table style=\"height: 381px;\" width=\"687\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"176\"><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">1853\/1855<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">1864\/1865<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">1869<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"176\">&nbsp;<\/p>\n<p>Ecoles communales en Alsace<\/td>\n<td width=\"45\">Bas-Rhin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1012<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>Haut-Rhin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td width=\"45\">Bas-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1106<\/td>\n<td width=\"45\">Haut-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td width=\"45\">Bas-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1415<\/td>\n<td width=\"45\">Haut-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8211;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"176\">Ecoles communales de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>6<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>16<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>10<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>17<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>10<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>16<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td rowspan=\"2\" width=\"176\">%<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"45\">0,60<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"45\"><\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"45\">0,90<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"45\"><\/td>\n<td width=\"45\">0,70<\/td>\n<td width=\"45\">&#8211;<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">~ 1,10<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Ces deux tableaux montrent que la couverture de l\u2019Alsace par la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, pourtant premi\u00e8re congr\u00e9gation enseignante masculine dans la r\u00e9gion, est limit\u00e9e.<\/p>\n<p>Instituteurs en Alsace et Fr\u00e8res de Marie enseignants (\u00e9coles publiques)<\/p>\n<table style=\"height: 604px;\" width=\"677\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"122\"><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">1854\/1855<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"108\">1866<\/td>\n<td width=\"108\">1869<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td rowspan=\"2\" width=\"122\">&nbsp;<\/p>\n<p>Instituteurs en Alsace<\/td>\n<td width=\"45\">Bas-Rhin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1334<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td width=\"45\">Haut-Rhin<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"54\">Bas-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>1474<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>(H. et F.)<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"54\">Haut-R.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/td>\n<td rowspan=\"2\" width=\"108\">&nbsp;<\/p>\n<p>1262\u00a0(hommes)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\">(hommes et femmes)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"122\">Fr\u00e8res de Marie enseignants<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>20<\/td>\n<td width=\"45\">&nbsp;<\/p>\n<p>65<\/td>\n<td width=\"54\">&nbsp;<\/p>\n<p>36<\/td>\n<td width=\"54\">&nbsp;<\/p>\n<p>77<\/td>\n<td width=\"108\">&nbsp;<\/p>\n<p>125<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"122\">%<\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"90\"><\/td>\n<td colspan=\"2\" width=\"108\"><\/td>\n<td width=\"108\">9,9\u00a0(des hommes)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves (\u00e9coles publiques)<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"149\"><\/td>\n<td width=\"54\">1856<\/td>\n<td width=\"54\">1860<\/td>\n<td width=\"54\">1866<\/td>\n<td width=\"152\">1869<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"149\">El\u00e8ves (gar\u00e7ons et filles) en Alsace<\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"54\">169\u00a0442<\/td>\n<td width=\"152\">175166<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"149\">El\u00e8ves (gar\u00e7ons) chez les Fr\u00e8res<\/td>\n<td width=\"54\">5562<\/td>\n<td width=\"54\">6123<\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"152\">6530<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"149\">%<\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"54\"><\/td>\n<td width=\"152\">3,73\u00a0soit ~ 7,26\u00a0% des gar\u00e7ons alsaciens<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"5\" width=\"463\">Par ailleurs,en 1869, 903 \u00e9l\u00e8ves sont scolaris\u00e9s dans les \u00e9tablissements libres des Fr\u00e8res de Marie\u00a0\u2013 Guebwiller\u00a0; Kembs\u00a0; Saint-Hippolyte\u00a0; Strasbourg \u2013 et il y a 97 \u00e9tudiants \u00e0 Ebersmunster.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Par contre, au regard du nombre d\u2019instituteurs et d\u2019\u00e9l\u00e8ves, les Fr\u00e8res de Marie ont une pr\u00e9sence plus marqu\u00e9e. Ceci peut s\u2019expliquer par le fait que la congr\u00e9gation est pr\u00e9sente dans des bourgs de taille moyenne ayant des \u00e9coles de trois classes minimum.<\/p>\n<h3 id=\"retour-sur-un-conflit-de-societe-le-conflit-scolaire-dans-la-premiere-moitie-du-xixeme-siecle\" >Retour sur un conflit de soci\u00e9t\u00e9\u00a0: le conflit scolaire dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle<\/h3>\n<p>Durant tout le XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, il y a le conflit entre, d\u2019une part, un catholicisme qui cherche sa place dans la France post-r\u00e9volutionnaire et, d\u2019autre part, une soci\u00e9t\u00e9 qui \u00e9volue lentement vers la s\u00e9cularisation. L\u2019antagonisme entre l\u2019Etat et l\u2019Eglise pour le contr\u00f4le de l\u2019enseignement se cristallise sur deux points. D\u2019une part, il y a le monopole de l\u2019Universit\u00e9, instrument de la main-mise de l\u2019Etat sur l\u2019enseignement, \u00e0 laquelle l\u2019Eglise reproche la la\u00efcisation du corps enseignant et l\u2019\u00e9loignement religieux des \u00e9lites sociales.<\/p>\n<p>Ne pouvant contr\u00f4ler l\u2019Universit\u00e9 et faute de pouvoir la supprimer, l\u2019Eglise catholique demande l\u2019abolition du monopole universitaire et fait campagne pour la libert\u00e9 de l\u2019enseignement. Le r\u00e9sultat conduit, en 1833, \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019enseignement primaire (loi Guizot) et, en 1850, \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019enseignement secondaire (loi Falloux).<\/p>\n<p>D\u2019autre part, se pose la question de la place et du droit \u00e0 donner aux congr\u00e9gations religieuses en mati\u00e8re d\u2019instruction\u00a0: les congr\u00e9ganistes sont-ils membres par d\u00e9l\u00e9gation d\u2019un \u00ab\u00a0service public\u00a0\u00bb, au m\u00eame titre que tous les instituteurs, ou les congr\u00e9gations tiennent-elles de leur caract\u00e8re d\u2019institutions d\u2019Eglise le droit et le devoir d\u2019enseigner\u00a0?<\/p>\n<p>Ces conflits se concr\u00e9tisent, notamment, sur deux terrains d\u2019affrontement qui deviennent successivement l\u2019objet d\u2019enjeux politiques. D\u2019une part, on s\u2019affronte sur le terrain de l\u2019\u00e9cole \u00e9l\u00e9mentaire\u00a0: les fr\u00e8res enseignants refusent l\u2019usage de la m\u00e9thode mutuelle et se d\u00e9robent \u00e0 l\u2019obligation de fournir le brevet de capacit\u00e9 pour enseigner. D\u2019autre part, les tensions portent sur l\u2019enseignement secondaire, jusqu\u2019\u00e0 ce que la loi Falloux de 1850 finisse par accorder, non sans contr\u00f4le,\u00a0la libert\u00e9 dans ce domaine.<\/p>\n<p>Les Fr\u00e8res de Marie sont impliqu\u00e9s dans la querelle scolaire. Plus que toute autre, en effet, \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9cole des fr\u00e8res\u00a0\u00bb est sous la coupe du cur\u00e9. Cela se v\u00e9rifie lors de l\u2019installation des fr\u00e8res dans une localit\u00e9\u00a0: les cur\u00e9s agissent avec \u00e9nergie pour la venue des fr\u00e8res dans l\u2019\u00e9cole communale de leur paroisse\u00a0\u2013 cf. Bergheim, 1840\u00a0; Ch\u00e2tenois, 1850\u00a0; ou encore Geispolsheim, 1853\u00a0\u2013.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les cur\u00e9s exercent sur l\u2019\u00e9cole des fr\u00e8res une autorit\u00e9 \u00e0 laquelle il est difficile d\u2019\u00e9chapper \u2013 ainsi les plaintes du cur\u00e9 d\u2019Ammerschwihr, en 1864, quand on lui retire le fr\u00e8re-directeur, t\u00e9moignent de l\u2019int\u00e9r\u00eat que porte l\u2019eccl\u00e9siastique \u00e0 \u00ab\u00a0son\u00a0\u00bb \u00e9cole\u00a0\u2013.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p>Parfois, toute la hi\u00e9rarchie catholique s\u2019engage en faveur d\u2019une \u00e9cole congr\u00e9ganiste\u00a0: \u00e0 Mulhouse, en 1865, du vicaire g\u00e9n\u00e9ral au cur\u00e9 de paroisse, tous se mobilisent pour un \u00e9tablissement libre tenu par les fr\u00e8res.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/p>\n<p>Dans ce contexte passionn\u00e9, des conflits locaux \u00e9clatent. C\u2019est le cas \u00e0 Guebwiller o\u00f9 l\u2019institution libre des fr\u00e8res, ouverte en 1852, par l\u2019abb\u00e9 Braun, cur\u00e9 de la ville, entre en tension avec le coll\u00e8ge communal cr\u00e9\u00e9 en 1862.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/p>\n<p>Les deux \u00e9tablissements dispensent un enseignement similaire proche du programme du secondaire sp\u00e9cial. Cette situation de concurrence d\u00e9bouche sur une querelle entre public et priv\u00e9\u00a0: on refuse la d\u00e9nomination de coll\u00e8ge \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement des fr\u00e8res\u00a0; le coll\u00e8ge communal n\u2019arrive pas \u00e0 gonfler ses effectifs alors que l\u2019institution concurrente congr\u00e9ganiste ne cesse de les augmenter\u2026 A Sainte-Marie-aux-Mines, d\u2019autres conflits ont lieu.<\/p>\n<p>En 1842, alors qu\u2019il s\u2019agit de monter des classes de primaire sup\u00e9rieure, le directeur de l\u2019\u00e9cole catholique tenue par les fr\u00e8res refuse de voir \u00ab\u00a0d\u00e9localiser\u00a0\u00bb une classe et un ma\u00eetre en dehors de l\u2019enceinte de son \u00e9cole.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/p>\n<p>En 1863, toujours \u00e0 Sainte-Marie-aux-Mines, l\u2019\u00e9cole des fr\u00e8res entre en conflit avec la nouvelle \u00e9cole primaire sup\u00e9rieure communale pour une question de programme concurrent jug\u00e9 d\u00e9loyal par les autorit\u00e9s administratives.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/p>\n<p>Mais, malgr\u00e9 ces heurts circonstanciels, on observe que les conclusions des rapports dress\u00e9s par les inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie, \u00e0 l\u2019occasion de la visite des \u00e9coles, demeurent neutres et impartiales. N\u00e9anmoins, l\u2019Administration prend ses distances avec les institutions propres \u00e0 la congr\u00e9gation, comme la maison de formation d\u2019Ebersmunster, dont elle refuse de contr\u00f4ler l\u2019enseignement dispens\u00e9 et de reconna\u00eetre les \u00ab\u00a0titres\u00a0\u00bb d\u00e9livr\u00e9s\u00a0: la lettre d\u2019ob\u00e9dience n\u2019a de valeur qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des \u00e9coles tenues par la congr\u00e9gation et tant que la congr\u00e9gation est autoris\u00e9e \u00e0 diriger ces \u00e9coles.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/p>\n<h3 id=\"la-societe-de-marie-en-alsace-lalignement-dans-un-contexte-institutionnel\" >La Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace\u00a0: l\u2019alignement dans un contexte institutionnel<\/h3>\n<p>Vouloir s\u2019ins\u00e9rer dans l\u2019enseignement au XIX\u00e8me si\u00e8cle, c\u2019est accepter un cadre institutionnel que pose progressivement l\u2019Etat. Ainsi, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie doit-elle composer avec celui-ci. La Restauration commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 statuer sur l\u2019enseignement primaire, mais le gouvernement doit abandonner l\u2019obligation du brevet de capacit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des congr\u00e9ganistes\u00a0: le recteur remet le brevet de capacit\u00e9 aux fr\u00e8res enseignants sur simple pr\u00e9sentation de la lettre d\u2019ob\u00e9dience d\u00e9livr\u00e9e par le sup\u00e9rieur de la congr\u00e9gation.<\/p>\n<p>La Monarchie de Juillet revient sur ce dernier point d\u00e8s 1831\u00a0: les fr\u00e8res sont soumis \u00e0 l\u2019obligation du brevet de capacit\u00e9. La loi Guizot de 1833 ajoute l\u2019obligation de fournir un certificat de moralit\u00e9. Devant la faillite persistante des comit\u00e9s de surveillance, une ordonnance de 1835 institue les inspecteurs primaires d\u00e9partementaux\u00a0: leurs rapports et comptes-rendus de tourn\u00e9es informent plus s\u00fbrement les autorit\u00e9s sur l\u2019\u00e9tat de l\u2019enseignement primaire que les d\u00e9lib\u00e9rations et propositions des comit\u00e9s locaux et sup\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>La loi Falloux ne modifie gu\u00e8re les conditions d\u2019exercice de la profession d\u2019instituteur la\u00efque, mais comme il faut d\u00e9velopper et favoriser l\u2019enseignement congr\u00e9ganiste, on fait tomber quelques clauses de la loi Guizot qui r\u00e9glementent la libert\u00e9 d\u2019enseignement des congr\u00e9ganistes\u00a0: le brevet de capacit\u00e9 peut \u00eatre remplac\u00e9 par le baccalaur\u00e9at, la qualit\u00e9 de ministre d\u2019un culte, ou par un certificat de stage.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019enseignement secondaire, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des lyc\u00e9es et coll\u00e8ges communaux, existent des \u00e9tablissements priv\u00e9s d\u2019enseignement secondaire, appel\u00e9s en 1808, selon le niveau d\u2019instruction, institutions ou pensions. Le d\u00e9cret de 1808 stipule que les chefs d\u2019institution et les ma\u00eetres de pension ne peuvent exercer sans avoir re\u00e7u du grand ma\u00eetre de l\u2019Universit\u00e9 un brevet de 10 ans renouvelable. La loi Falloux de 1850 permet \u00e0 <em>\u00ab\u00a0tout Fran\u00e7ais \u00e2g\u00e9 de vingt-cinq ans au moins\u00a0\u00bb<\/em> d\u2019ouvrir une \u00e9cole secondaire libre, \u00e0 condition, toutefois, d\u2019avoir satisfait \u00e0 quelques obligations\u00a0: d\u00e9claration pr\u00e9alable au recteur\u00a0; production d\u2019un certificat de stage\u00a0; pr\u00e9sentation de titres exig\u00e9s \u2013 baccalaur\u00e9at \u2026 \u2013.<\/p>\n<p>Les Fr\u00e8res de Marie se conforment aux dispositions de la loi et prennent les brevets n\u00e9cessaires quand ils s\u2019imposent pour enseigner dans les \u00e9coles primaires. Le pensionnat libre de Saint-Hippolyte, ouvert en 1826, ne reste pas en marge du cadre l\u00e9gal et, d\u00e8s 1845, il peut b\u00e9n\u00e9ficier de subventions de l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Le prospectus pr\u00e9sentant le \u00ab\u00a0pensionnat de St Hippolyte\u00a0\u00bb d\u00e9veloppe un programme se rapprochant de celui du secondaire. Avec la loi Falloux du 15 mars 1850, les choses pourraient s\u2019officialiser\u00a0: ainsi, l\u2019institution pourrait devenir \u00ab\u00a0pensionnat d\u2019instruction secondaire.\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a><\/p>\n<p>Cependant, en 1850, une lettre du provincial d\u2019Alsace \u00e0 l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie r\u00e9v\u00e8le que les sup\u00e9rieurs de la congr\u00e9gation, \u00e0 l\u2019instar de leurs contemporains, semblent \u00eatre plut\u00f4t perplexes quant au devenir de la nouvelle loi\u00a0: <em>\u00ab\u00a0D\u2019ailleurs beaucoup mieux vaut-il \u00eatre institu\u00e9 selon les anciennes lois, car on pense g\u00e9n\u00e9ralement que cette loi, trop lib\u00e9rale aux yeux des rouges, n\u2019est que transitoire, et aussit\u00f4t que le parti rouge aura le dessus, elle sera modifi\u00e9e. Or dans ce pays on pense certainement que les rouges finiront par triompher, et m\u00eame prochainement, tout le monde s\u2019attend \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements graves.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a><\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, les chefs de maison successifs prennent les titres n\u00e9cessaires \u2013 notamment le baccalaur\u00e9at \u2013 et fournissent \u00e0 l\u2019Administration les pi\u00e8ces r\u00e9clam\u00e9es pour justifier de leur droit \u00e0 diriger le pensionnat. Concernant le contenu de l\u2019enseignement, le pensionnat secondaire de Saint-Hippolyte ne d\u00e9livre que la formation initiale du secondaire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L&#8217;enseignement que je me propose de donner dans l&#8217;\u00e9tablissement de St Hippolyte est celui du programme pour l&#8217;enseignement secondaire. Pourtant la classe latine la plus \u00e9lev\u00e9e ne sera cette ann\u00e9e que la quatri\u00e8me.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a><\/p>\n<p>Aussi les quelques \u00e9l\u00e8ves qui d\u00e9sirent poursuivre leurs \u00e9tudes doivent rejoindre un lyc\u00e9e d\u2019Etat\u00a0: <em>\u00ab\u00a0De nos 138 \u00e9l\u00e8ves environ, 15 peut-\u00eatre entreront dans les lyc\u00e9es pour se perfectionner, continuer des \u00e9tudes.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a><\/p>\n<p>L\u2019Etat entend organiser et contr\u00f4ler l\u2019enseignement. Cela le conduit \u00e0 intervenir dans des domaines o\u00f9 les congr\u00e9gations \u00e9tablissent des structures. On peut donc dire que, sur une m\u00eame \u00e9cole, deux autorit\u00e9s s\u2019exercent\u00a0: d\u2019une part, la congr\u00e9gation\u00a0; d\u2019autre part, la Personne publique. Cette double tutelle est r\u00e9elle dans les \u00e9coles communales. Pour sa part, la congr\u00e9gation doit pourvoir aux postes de ma\u00eetres\u00a0: <em>\u00ab\u00a0D&#8217;apr\u00e8s les r\u00e8glemens (sic) \u00e9tablis et les conventions faites entre la commune de Ste Marie-aux-mines et la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, c&#8217;est \u00e0 cet institut \u00e0 remplacer, tant que la convention n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 rompue, celui des fr\u00e8res qui, pour une cause quelconque, n&#8217;est plus \u00e0 son poste\u00a0\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/p>\n<p>Lorsqu\u2019un religieux est physiquement trop faible pour assurer convenablement sa charge de ma\u00eetre, les sup\u00e9rieurs envoient un soutien ou un rempla\u00e7ant\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Ce fr\u00e8re [\u2026] avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour soulager M. Heim, dont la faible sant\u00e9 avait besoin de quelques m\u00e9nagements.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a><\/p>\n<p>On voit m\u00eame le provincial Fridblatt se rendre \u00e0 Obernai pour remplacer un fr\u00e8re instituteur malade\u00a0: <em>\u00ab\u00a0En ce moment M. Gobat est atteint d&#8217;une maladie de poitrine, et en tout cas il ne pourra pas reprendre ses fonctions avant P\u00e2ques, et c&#8217;est moi-m\u00eame qui le remplace.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a><\/p>\n<p>La congr\u00e9gation doit se conformer \u00e0 une proc\u00e9dure pointilleuse pour nommer les ma\u00eetres, car si la lettre d\u2019ob\u00e9dience conf\u00e8re, dans une certaine mesure, la capacit\u00e9 d\u2019enseigner, en revanche, le sup\u00e9rieur de la congr\u00e9gation n\u2019est pas autoris\u00e9 \u00e0 d\u00e9signer officiellement tel fr\u00e8re pour tel poste. L\u2019autorit\u00e9 administrative se r\u00e9serve, au vu de la lettre d\u2019ob\u00e9dience, le droit de produire l\u2019acte officiel de nomination de l\u2019instituteur congr\u00e9ganiste \u00e0 un poste d\u2019instituteur public.<\/p>\n<p>Mais il arrive que le sup\u00e9rieur omette de respecter la proc\u00e9dure\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Monsieur l&#8217;Inspecteur. Il r\u00e9sulte du rapport que vous m&#8217;avez adress\u00e9, le 6 octobre courant, que la Congr\u00e9gation de Marie a envoy\u00e9, sans demander l&#8217;agr\u00e9ment de l&#8217;autorit\u00e9, les Sieurs Hoffmann et Rumpler pour diriger l&#8217;\u00e9cole de Soultz.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a><\/p>\n<p>Dans la plupart des litiges, les sup\u00e9rieurs agissent de la sorte par ignorance des prescriptions l\u00e9gislatives et r\u00e9glementaires. Ces oublis ou ces ignorances sont per\u00e7us par les repr\u00e9sentants de l\u2019Etat comme des atteintes graves \u00e0 leur autorit\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0je vois de graves inconv\u00e9nients \u00e0 laisser ainsi s&#8217;installer dans les \u00e9coles des instituteurs qui n&#8217;ont aucun titre l\u00e9gal, et dont la position peut \u00eatre un grand embarras pour l&#8217;autorit\u00e9, qui n&#8217;a plus aucune action \u00e0 exercer dans les nominations qui lui sont propos\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a><\/p>\n<p>Aussi des rappels \u00e0 l\u2019ordre sont-ils faits par l\u2019administration, ce qui ne va pas sans froisser les sup\u00e9rieurs de la congr\u00e9gation\u00a0: <em>\u00ab Il me semble que, lorsqu&#8217;on a affaire \u00e0 des hommes dont l&#8217;unique ambition est de faire quelque bien, m\u00eame au prix des plus grands sacrifices, on pourrait leur t\u00e9moigner un peu plus de confiance.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/p>\n<p>Les \u00e9coles communales tenues par les fr\u00e8res font aussi l\u2019objet d\u2019inspections tant de la part des inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie que de la part des visiteurs de la congr\u00e9gation. Les inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie s\u2019attardent sur l\u2019hygi\u00e8ne et la propret\u00e9 des \u00e9coles\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La salle de classe de la division sup\u00e9rieure est humide et malsaine&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>Ils s\u2019assurent du bon fonctionnement de l\u2019enseignement et de la juste r\u00e9partition des enfants entre les salles d\u2019asile et les \u00e9coles primaires\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Comme il y a de la place \u00e0 l&#8217;asile, je serais d&#8217;avis, Monsieur l&#8217;Inspecteur, d&#8217;informer M. le Maire que les fr\u00e8res ne pourront plus recevoir d&#8217;enfants au dessous de 6 ans et l&#8217;engager \u00e0 renvoyer de l&#8217;\u00e9cole primaire les petits gar\u00e7ons de 3 \u00e0 8 ans qui ne sauraient pas encore lire et \u00e9crire.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a><\/p>\n<p>Ils veillent \u00e0 la bonne renomm\u00e9e de l\u2019\u00e9cole dans la localit\u00e9 et \u00e9valuent les capacit\u00e9s p\u00e9dagogiques des ma\u00eetres\u00a0:<em> \u00ab Les r\u00e9sultats de l\u2019enseignement laissent encore \u00e0 d\u00e9sirer\u00a0; on a surtout recommand\u00e9 aux fr\u00e8res de veiller \u00e0 ce que les enfants se servent entre eux de la langue fran\u00e7aise\u00a0; leur attention a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e sur le calcul et l\u2019enseignement du syst\u00e8me m\u00e9trique.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, le visiteur de la congr\u00e9gation\u00a0\u2013 l\u2019inspecteur provincial \u00e0 partir de 1859 \u2013, tout comme les autorit\u00e9s acad\u00e9miques, examine l\u2019ensemble de l\u2019activit\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement. Le visiteur regarde de pr\u00e8s l\u2019infrastructure, l\u2019activit\u00e9 et la gestion de l\u2019\u00e9cole\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La discipline, en g\u00e9n\u00e9ral, est bonne\u00a0; la propret\u00e9 r\u00e8gne parmi les \u00e9l\u00e8ves et ils se tiennent bien\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>\u00a0; apr\u00e8s avoir tir\u00e9 des conclusions sur la situation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9tablissement, il \u00e9value le travail du directeur\u00a0: <em>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tablissement de Guebwiller se trouve dans des conditions favorables \u00e0 tous \u00e9gards, mais il faudrait peut-\u00eatre que le chef concentr\u00e2t ses activit\u00e9s et ses ressources d\u2019une mani\u00e8re plus compl\u00e8te sur ce qui fait l\u2019essence de ses devoirs.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>\u00a0; puis, le visiteur provincial se penche sur le niveau des classes et des instituteurs.<\/p>\n<p>Toutefois, malgr\u00e9 la tutelle de l\u2019Administration publique, il arrive que les fr\u00e8res s\u2019affranchissent de l\u2019autorit\u00e9 civile. C\u2019est le cas en 1859, \u00e0 Sainte-Marie-aux-Mines, o\u00f9 les fr\u00e8res diff\u00e8rent la rentr\u00e9e scolaire en d\u00e9pit de la d\u00e9cision administrative qui fixe le jour pr\u00e9cis de reprise de l\u2019\u00e9cole. Mais ceci n\u2019est pas du go\u00fbt du maire de la ville\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cette prolongation de vacances, pour une de nos dix \u00e9coles, dont je ne reconnais pas la l\u00e9galit\u00e9, va jeter la perturbation dans toutes les autres et produira le plus mauvais effet sous maints rapports.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a><\/p>\n<p>En acceptant de se faire le partenaire de l\u2019Etat en mati\u00e8re d\u2019instruction et en se rangeant dans le cercle normatif \u00e9dict\u00e9 par la Personne publique, la congr\u00e9gation se fond dans la masse de ce grand syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation naissant. Dans ces conditions, se pose la question de conna\u00eetre en quoi les fr\u00e8res se distinguent du reste des ma\u00eetres\u00a0: quel est alors l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019avoir une \u00e9cole tenue par des congr\u00e9ganistes\u00a0?<\/p>\n<h1 id=\"la-societe-de-marie-en-alsace-une-autre-maniere-de-faire\" >La Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace\u00a0: une autre mani\u00e8re de faire<\/h1>\n<h2 id=\"eduquer-et-instruire-la-jeunesse\" >Eduquer et instruire la jeunesse<\/h2>\n<p>Ce qui doit distinguer les fondations religieuses de l\u2019abb\u00e9 Chaminade des autres ordres, c\u2019est <em>\u00ab\u00a0le z\u00e8le pour le salut des \u00e2mes\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0faire conna\u00eetre les principes de la religion et de la vertu\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Au d\u00e9but de l\u2019activit\u00e9 enseignante de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, trois m\u00e9thodes g\u00e9n\u00e9rales d\u2019enseignement sont en usage dans les \u00e9coles primaires\u00a0: la m\u00e9thode individuelle, qui consiste en ce que tous les \u00e9l\u00e8ves d\u2019une classe, un \u00e0 un, ou par groupe de deux ou trois, viennent successivement recevoir l\u2019enseignement au bureau du ma\u00eetre, pendant que les autres, \u00e0 leurs places, restent livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames\u00a0; la m\u00e9thode simultan\u00e9e, avec laquelle on enseigne simultan\u00e9ment \u00e0 tous les enfants\u00a0; la m\u00e9thode mutuelle, dont le principe est de faire instruire les \u00e9l\u00e8ves les plus faibles par les plus forts, ce qui permet de faire beaucoup avec peu. Mais, faute de bons moniteurs, l\u2019enseignement mutuel se d\u00e9grade.<\/p>\n<p>Chacune de ces m\u00e9thodes a, en effet, ses avantages et ses d\u00e9fauts p\u00e9dagogiques. Cependant, le d\u00e9saccord sur les m\u00e9thodes \u00e0 utiliser pour instruire la jeunesse ne repose pas que sur les lacunes ou les bons r\u00e9sultats de telle ou telle m\u00e9thode\u00a0: sous-jacent, il y a des arri\u00e8re-pens\u00e9es doctrinales, voire id\u00e9ologiques, qui d\u00e9pendent de la conception que l\u2019on se fait de l\u2019\u00e9ducation et du rapport d\u2019autorit\u00e9 \u00e0 avoir avec les \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Les fr\u00e8res ont davantage une vision th\u00e9ocratique de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019instruction, ils usent alors de la m\u00e9thode simultan\u00e9e. Les lib\u00e9raux pr\u00f4nent plut\u00f4t la reconnaissance du m\u00e9rite et la participation hi\u00e9rarchique au savoir, d\u2019o\u00f9 leur int\u00e9r\u00eat pour l\u2019enseignement mutuel.<\/p>\n<p>Les Fr\u00e8res de Marie optent pour une solution moyenne\u00a0: la m\u00e9thode mixte. <em>\u00ab\u00a0On s\u2019\u00e9tait propos\u00e9 de combiner la m\u00e9thode de l\u2019enseignement simultan\u00e9 avec celle de l\u2019enseignement mutuel, qui \u00e9tait alors chaleureusement pr\u00f4n\u00e9 et propag\u00e9 par le parti lib\u00e9ral, et de retenir ou de ramener [ainsi], dans les \u00e9coles chr\u00e9tiennes, les enfants qu\u2019on en d\u00e9tournait par app\u00e2t d\u2019un progr\u00e8s imaginaire.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a><\/p>\n<p>En somme, il appara\u00eet que ceux qui ont con\u00e7u la m\u00e9thode mixte veulent \u00e9viter les d\u00e9fauts de l\u2019enseignement simultan\u00e9 \u2013 principalement le co\u00fbt trop important\u00a0\u2013 et les erreurs du mode mutuel \u2013 la trop grande distance entre ma\u00eetre et \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u2013, en s\u2019assurant les avantages de chacun des deux.<\/p>\n<p>Un \u00e9quilibre soigneusement pens\u00e9 r\u00e9git le partage de l\u2019emploi des deux m\u00e9thodes initiales selon la progression des enfants, ainsi que le pr\u00e9conise la M\u00e9thode d\u2019enseignement de 1851\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Dans les classes d\u2019initiaires, o\u00f9 le nombre des enfants est consid\u00e9rable et une partie de l\u2019enseignement purement pratique, le mode mutuel est possible et en quelque sorte n\u00e9cessaire. Mais \u00e0 mesure qu\u2019on monte vers la Grande classe, le mode simultan\u00e9 prend peu \u00e0 peu le dessus et finit par \u00eatre seul employ\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a><\/p>\n<p>En mati\u00e8re d\u2019instruction, l\u2019Alsace conna\u00eet une certaine avance par rapport au reste des r\u00e9gions fran\u00e7aises. Les Fr\u00e8res de Marie doivent, donc, tenir compte des exigences de cette r\u00e9gion en mati\u00e8re d\u2019instruction quand ils \u00e9tablissent leurs \u00e9coles.<\/p>\n<p>De fait, les sup\u00e9rieurs de la congr\u00e9gation constatent bien un particularisme dans les \u00e9coles alsaciennes par rapport \u00e0 celles du reste de la France\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Il me semble que l\u2019Administration [g\u00e9n\u00e9rale] ne se rend pas bien compte de l\u2019\u00e9tat des choses en Alsace. [\u2026] Dans d\u2019autres provinces, il y a 60, 80 ou 100 \u00e9l\u00e8ves pour 3 ma\u00eetres\u00a0; en Alsace, les classes sont deux ou trois fois plus nombreuses\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a><\/p>\n<p>S\u2019il y a en effet moins de ma\u00eetres dans la province d\u2019Alsace que dans les autres provinces de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, cela s\u2019explique par le fait que la congr\u00e9gation a pris en charge un nombre d\u2019\u00e9coles communales beaucoup plus important en Alsace qu\u2019ailleurs.<\/p>\n<p>Les communes cherchant pour leurs \u00e9coles un syst\u00e8me au moindre co\u00fbt qui puisse accueillir le plus grand nombre d\u2019enfants tout en dispensant une instruction satisfaisante, il importe donc de limiter le nombre de ma\u00eetres par \u00e9cole.<\/p>\n<p>Il semble, aussi, que le nombre important d\u2019\u00e9l\u00e8ves par classe en Alsace s\u2019explique par un taux de scolarisation plus fort que dans d\u2019autres r\u00e9gions. Les chiffres confirment la remarque du provincial d\u2019Alsace.<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a><\/p>\n<table style=\"height: 242px;\" width=\"692\">\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"131\"><\/td>\n<td width=\"90\">Alsace<\/td>\n<td width=\"81\">Franche-Comt\u00e9<\/td>\n<td width=\"81\">Midi<\/td>\n<td width=\"77\">Paris<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"131\">Nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves *<\/td>\n<td width=\"90\">10\u00a0002<\/td>\n<td width=\"81\">2607<\/td>\n<td width=\"81\">5105<\/td>\n<td width=\"77\">1218<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"131\">% de ma\u00eetres par \u00e9l\u00e8ves<\/td>\n<td width=\"90\">2,63<\/td>\n<td width=\"81\">5,22<\/td>\n<td width=\"81\">4,21<\/td>\n<td width=\"77\">7<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"131\">% d\u2019\u00e9coles communales<\/td>\n<td width=\"90\">71<\/td>\n<td width=\"81\">24<\/td>\n<td width=\"81\">59<\/td>\n<td width=\"77\">0<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>* Nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves sur l\u2019ensemble de la province \u2013 \u00e9coles communales et \u00e9tablissements libres<\/p>\n<p>Un autre particularisme alsacien r\u00e9side dans le bilinguisme. Or, si celui-ci pose un probl\u00e8me id\u00e9ologique et politique pour les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, les Eglises quant \u00e0 elles s\u2019en accommodent fort bien. Aussi, pour un homme comme le p\u00e8re Chaminade, le seul souci par rapport au bilinguisme est de trouver une solution qui permette, entre l\u2019usage du fran\u00e7ais et celui de l\u2019allemand, de satisfaire au mieux les int\u00e9r\u00eats de l\u2019enfant dans l\u2019apprentissage de la lecture et de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>Les Fr\u00e8res de Marie doivent alors composer \u00e9troitement entre les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019une population bilingue et les exigences des inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie\u00a0: l\u2019autorit\u00e9 publique compte sur les Fr\u00e8res de Marie pour g\u00e9n\u00e9raliser l\u2019usage du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9cole et le diffuser dans la r\u00e9gion\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le pensionnat de Saint-Hippolyte, qui r\u00e9unit en majeure partie des enfants de la classe des cultivateurs, produira les plus heureux effets, pour la propagation de la langue fran\u00e7aise dans une contr\u00e9e o\u00f9 cette langue n\u2019est pas encore suffisamment r\u00e9pandue principalement parmi cette classe de la population\u00a0: c\u2019est un moyen de progr\u00e8s qui entre trop bien dans les vues du gouvernement, pour qu\u2019il ne m\u00e9rite pas d\u2019\u00eatre second\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a><\/p>\n<p>De fait, dans l\u2019\u00e9cole communale d\u2019une petite localit\u00e9\u00a0\u2013 Ebersmunster\u00a0\u2013 o\u00f9 l\u2019allemand est in\u00e9vitablement parl\u00e9 par les enfants, l\u2019inspecteur d\u00e9plore, en 1863, que <em>\u00ab\u00a0l\u2019enseignement du fran\u00e7ais laisse \u00e0 d\u00e9sirer\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a> et note, en 1864\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On recommande aux \u00e9l\u00e8ves de parler le fran\u00e7ais en dehors des classes.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a><\/p>\n<p>Si le fr\u00e8re voue une partie de son temps \u00e0 l\u2019enseignement profane, c\u2019est pour faire passer l\u2019enseignement de la religion. Plus encore, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la \u00ab\u00a0formation de tous les instants\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019esprit chr\u00e9tien, il y a un enseignement propre de la religion avec une formation \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9. Par ailleurs, le z\u00e8le des Fr\u00e8res de Marie s\u2019\u00e9tend parfois au-del\u00e0 de l\u2019activit\u00e9 scolaire proprement dite.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019\u00e9cole du dimanche d\u2019Ammerschwihr, en 1864\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Monsieur l&#8217;Inspecteur. D\u00e9sirant me d\u00e9vouer tout entier \u00e0 la jeunesse d&#8217;Ammerschwihr, je viens vous prier de m&#8217;accorder l&#8217;autorisation de pouvoir r\u00e9unir \u00e0 l&#8217;\u00e9cole les dimanches et les f\u00eates, les meilleurs gar\u00e7ons de ceux qui d&#8217;ann\u00e9e en ann\u00e9e auront fait leur premi\u00e8re communion. Mon dessein en ceci est d&#8217;entretenir et d&#8217;augmenter leurs petites connaissances; de pouvoir continuer leur \u00e9ducation ; de les pr\u00e9server des mauvaises compagnies ; de les former \u00e0 la lecture\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a><\/p>\n<p>Ou encore, la congr\u00e9gation mariale de Saint-Hippolyte, filiale de la congr\u00e9gation mariale de Bordeaux fond\u00e9e par G.-J. Chaminade en 1800\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La congr\u00e9gation a pour but l&#8217;accomplissement des devoirs d&#8217;\u00e9l\u00e8ve et de chr\u00e9tien par l&#8217;aide de la v\u00e9ritable d\u00e9votion \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge Marie.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a><\/p>\n<p>Les congr\u00e9ganistes \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire les \u00e9l\u00e8ves \u2013 dirigent eux-m\u00eames la congr\u00e9gation, mais non sans la pr\u00e9sence d\u2019un pr\u00eatre qui est \u00e0 la fois \u00ab\u00a0p\u00e8re spirituel\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0directeur\u00a0\u00bb de cette petite confr\u00e9rie qui est, entre autres, un moyen d\u2019\u00e9tendre les \u0153uvres de z\u00e8le par l\u2019interm\u00e9diaire des \u00e9l\u00e8ves\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Persuad\u00e9 que l&#8217;exemple ne suffit pas toujours, le Congr\u00e9ganiste se fera un devoir de charit\u00e9 d&#8217;aider ses confr\u00e8res dans le chemin de la vertu\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a><\/p>\n<h2 id=\"le-frere-enseignant-mis-a-lepreuve\" >Le fr\u00e8re enseignant mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve<\/h2>\n<p>L\u2019origine sociale et g\u00e9ographique des candidats \u00e0 la vie religieuse est difficile \u00e0 \u00e9tablir. Toutefois, une liste \u2013 non exhaustive \u2013 des novices d\u2019Ebersmunster de 1846-1847 laisse penser que les candidats sont originaires des classes moyennes, voire populaires. Par ailleurs, il semble qu\u2019au milieu des ann\u00e9es 1860-1870, le recrutement des sujets soit davantage resserr\u00e9 autour des \u00e9coles o\u00f9 la congr\u00e9gation est pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>A partir de 1835, la maison de formation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace est Ebersmunster. Dans ce lieu sont regroup\u00e9s le postulat, le noviciat puis le scolasticat. Au cours de sa formation, le jeune sujet re\u00e7oit les rudiments inh\u00e9rents \u00e0 la vie religieuse proprement dite, mais il s\u2019exerce aussi \u00e0 l\u2019\u00e9tude des mati\u00e8res profanes afin de se pr\u00e9parer \u00e0 son futur m\u00e9tier d\u2019enseignant.<\/p>\n<p>Cependant, il y a toujours des chefs de maisons pour se plaindre de la mauvaise formation des sujets qui sortent du noviciat\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Qu\u2019on forme donc ces jeunes avant de les employer\u00a0! C\u2019est \u00e0 Ebersmunster qu\u2019il faut les former\u00a0; ils ont assez de temps, qu\u2019on les fasse travailler\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/em><a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a><\/p>\n<p>Puisque le fr\u00e8re de Marie est religieux, il doit suivre la r\u00e8gle\u00a0: <em>\u00ab\u00a0le r\u00e9gime de vie que les religieux suivent, en vertu de leur profession, pour arriver plus s\u00fbrement et plus parfaitement \u00e0 la fin essentielle qu\u2019ils se proposent, savoir\u00a0: leur sanctification par l\u2019imitation de J\u00e9sus-Christ en toute chose\u00a0\u00bb.<\/em><a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a><\/p>\n<p>Le quotidien du religieux est donc v\u00e9cu dans la communaut\u00e9 avec les autres fr\u00e8res\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0On envoie rarement un religieux seul\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a><\/p>\n<p>A l\u2019int\u00e9rieur de la communaut\u00e9, la vie est solidement ordonn\u00e9e sous la conduite du \u00ab\u00a0directeur\u00a0\u00bb\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le chef d\u2019un \u00e9tablissement quelconque repr\u00e9sente le Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral dans toutes les parties ordinaires du gouvernement de la maison\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a><\/p>\n<p>Mais, il arrive que le directeur se montre exigeant \u2013 parfois trop \u2013, surtout avec les jeunes fr\u00e8res. Par ailleurs, nous observons comme un renforcement des coutumes de la congr\u00e9gation entre le temps de la fondation et la fin de notre p\u00e9riode (1870).<\/p>\n<p>Avec ce genre de vie aust\u00e8re qui ne peut convenir \u00e0 tout le monde, des fr\u00e8res quittent la congr\u00e9gation\u2026 parfois m\u00eame sous le regard s\u00e9v\u00e8re des autres religieux\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Mon cher P\u00e8re. La d\u00e9sertion de M. Colin ne m\u2019\u00e9tonne pas, je connais un peu l\u2019individu et surtout sa mauvaise t\u00eate, je le regrette quant \u00e0 son \u00e2me, mais non selon ses opinions et ses vues qui sont tout \u00e0 fait contraire \u00e0 l\u2019esprit de la Soci\u00e9t\u00e9 [de Marie]\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a><\/p>\n<p>Toutefois, un jeune sujet qui se d\u00e9gage d\u2019une congr\u00e9gation enseignante, comme la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, peut rencontrer un obstacle avec la question de la conscription. Fr\u00e8re-enseignant d\u2019une congr\u00e9gation reconnue par les autorit\u00e9s civiles, le jeune religieux est exempt de toute incorporation dans l\u2019arm\u00e9e \u00e0 cause de l\u2019engagement d\u00e9cennal qu\u2019il a souscrit dans l\u2019enseignement. Sortant de la congr\u00e9gation, il rompt ipso facto son engagement d\u00e9cennal, d\u2019o\u00f9 l\u2019urgence pour ces jeunes hommes \u00e0 retourner par un moyen ou un autre dans l\u2019enseignement.<\/p>\n<p>Dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, la qualit\u00e9 du personnel enseignant de l\u2019Alsace, comme dans l\u2019ensemble de la France, fait souvent d\u00e9faut. Il y a donc, outre des motifs religieux et id\u00e9ologiques, un int\u00e9r\u00eat certain \u00e0 faire appel aux fr\u00e8res pour remplacer un instituteur la\u00efc\u00a0: \u00e9viter la d\u00e9perdition dans des activit\u00e9s multiples\u00a0; avoir des ma\u00eetres assidus et \u00e0 la conduite irr\u00e9prochable.<\/p>\n<p>Cependant la congr\u00e9gation, tout aussi ferme qu\u2019elle soit, ne peut pr\u00e9venir tous les scandales\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Mon bien respectable Fr\u00e8re. [\u2026] Je viens m\u2019adresser \u00e0 vous, pour vous supplier de la mani\u00e8re la plus pressante d\u2019agir aupr\u00e8s de l\u2019Administration [g\u00e9n\u00e9rale] pour que Suter soit envoy\u00e9 ailleurs, avant la rentr\u00e9e qui se fera dans 8 jours. Il ne faut pas que nos \u00e9l\u00e8ves le retrouvent ici. [\u2026] Qu\u2019on songe au tort irr\u00e9parable que ferait \u00e0 la maison, et \u00e0 toute la Soci\u00e9t\u00e9 un proc\u00e8s comme celui qui s\u2019est d\u00e9nou\u00e9 en cour d\u2019assises \u00e0 Besan\u00e7on, il y a quelques ann\u00e9es (Fran\u00e7\u2026), surtout apr\u00e8s le scandaleux \u00e9clat des histoires qui ont \u00e9pouvant\u00e9 la province (Baur, Girard, Girst, Coustou, Trasfer, Colin, etc. et tout ce qui s\u2019est pass\u00e9 ici sous M. Roth\u00e9a, M. [\u2026], M. Roussel, etc\u2026).\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a><\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le bilan p\u00e9dagogique des Fr\u00e8res de Marie semble mitig\u00e9. Du c\u00f4t\u00e9 des inspecteurs d\u2019acad\u00e9mie, les cas r\u00e9pertori\u00e9s de d\u00e9ficit dans l\u2019enseignement ne manquent pas, surtout au niveau des jeunes ma\u00eetres\u00a0: \u00ab\u00a0Jeune homme peu capable et sans m\u00e9thode.\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a><\/p>\n<p>Cons\u00e9quence de l\u2019usage de la m\u00e9thode mixte, il semble qu\u2019une diff\u00e9rence notoire dans la qualit\u00e9 de l\u2019enseignement se fasse sentir entre la \u00ab\u00a0Grande classe\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0Petite classe\u00a0\u00bb\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La premi\u00e8re classe, dirig\u00e9e par le Fr\u00e8re directeur, pr\u00e9sente d\u2019assez bons r\u00e9sultats, mais la petite classe laisse beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer pour la lecture\u00a0; d\u2019ailleurs elle est compos\u00e9e d\u2019un trop grand nombre d\u2019\u00e9l\u00e8ves pour qu\u2019un seul fr\u00e8re puisse la diriger seul avec succ\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a><\/p>\n<p>Il arrive quand m\u00eame que des jeunes ma\u00eetres percent\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Bader Thi\u00e9bault. Jeune fr\u00e8re qui d\u00e9bute dans l\u2019enseignement\u00a0; sa classe n\u2019est pas mal tenue.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a><\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0vieux\u00a0\u00bb ma\u00eetres ont parfois tendance \u00e0 se reposer sur leur exp\u00e9rience d\u2019antan, avec n\u00e9anmoins quelques succ\u00e8s\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les Fr\u00e8res employ\u00e9s dans les classes fran\u00e7aises sont tous des hommes d\u2019un certain \u00e2ge\u00a0; ils ont par cons\u00e9quence l\u2019exp\u00e9rience mais il para\u00eet qu\u2019ils travaillent peu \u00e0 \u00e9tudier et pr\u00e9parer leurs le\u00e7ons. Cependant, et sauf ce d\u00e9faut, tous, except\u00e9 M. Wagner, obtiennent \u00e0 peu pr\u00e8s le r\u00e9sultat qu\u2019on peut d\u00e9sirer eu \u00e9gard au peu de temps que les enfants restent g\u00e9n\u00e9ralement dans la maison\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a><\/p>\n<p>Dans beaucoup d\u2019\u00e9tablissements, le niveau de l\u2019\u00e9cole d\u00e9pend du directeur\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Cette \u00e9cole ne va pas mal gr\u00e2ce au z\u00e8le du directeur\u00a0; sa classe est bien tenue mais les deux classes inf\u00e9rieures laissent beaucoup \u00e0 d\u00e9sirer\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a><\/p>\n<p>Au milieu de ce tableau tr\u00e8s contrast\u00e9, il arrive que l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie puisse louer et f\u00e9liciter le travail qui se fait dans une \u00e9cole\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Tr\u00e8s bonne \u00e9cole sous tous les rapports\u00a0; les ma\u00eetres ne m\u00e9ritent que des \u00e9loges et leurs \u00e9l\u00e8ves m\u2019ont compl\u00e8tement satisfait par leurs r\u00e9ponses.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a><\/p>\n<p>Les religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie n\u2019ont donc pas forc\u00e9ment plus de comp\u00e9tence que d\u2019autres ma\u00eetres. Mais en mati\u00e8re d\u2019instruction, comme en mati\u00e8re de discipline, le corps social que forme la congr\u00e9gation vient pallier les manquements de tel ou tel sujet.<\/p>\n<h2 id=\"le-regard-porte-sur-les-ecoles-de-la-societe-de-marie\" >Le regard port\u00e9 sur les \u00e9coles de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie<\/h2>\n<p>Deux t\u00e9moignages faits apr\u00e8s le d\u00e9part de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie d\u2019Alsace viennent renseigner sur l\u2019heureuse contribution de l\u2019activit\u00e9 enseignante et des succ\u00e8s de la m\u00e9thode p\u00e9dagogique des fr\u00e8res.<\/p>\n<p>Au printemps 1899, un ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019\u00e9cole communale de Colmar r\u00e9fute dans le Journal de Colmar des affirmations jug\u00e9es mensong\u00e8res et met en avant le solide bagage intellectuel et moral avec lequel les \u00e9l\u00e8ves des fr\u00e8res quittent l\u2019\u00e9cole primaire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Les enfants de 14 ans sortant de l\u2019\u00e9cole des Fr\u00e8res savaient parfaitement le fran\u00e7ais et l\u2019allemand, [\u2026] ils \u00e9taient recherch\u00e9s, d\u00e8s leur sortie, par les fabricants, les n\u00e9gociants, les bureaux d\u2019administration, les notaires, etc.\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a><\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019abb\u00e9 J. Zinger, pr\u00eatre de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, re\u00e7oit un jour de 1899 les confidences d\u2019un inspecteur allemand de l\u2019enseignement.<\/p>\n<p>Dans celles-ci, le fonctionnaire allemand rend hommage \u00e0 l\u2019activit\u00e9 des Fr\u00e8res de Marie\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Lors de nos premi\u00e8res visites dans les classes d\u2019Alsace, nous nous sommes trouv\u00e9s en pr\u00e9sence d\u2019une jeunesse \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la fran\u00e7aise, par des hommes qui, je leur dois cet hommage, \u00e9taient de rudes ma\u00eetres dans leur profession. [\u2026] On les appelait les \u2018\u00a0Fr\u00e8res de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0\u2019, ou plus commun\u00e9ment \u2018\u00a0les Fr\u00e8res.\u2019 [\u2026] Vous le dirais-je, monsieur l\u2019abb\u00e9\u00a0? Les fr\u00e8res de Marie ont emport\u00e9 avec eux le secret de leur m\u00e9thode \u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a><\/p>\n<p>La consid\u00e9ration aupr\u00e8s des habitants du pays est variable. Les fr\u00e8res ont des soutiens comme des adversaires. Deux \u00e9v\u00e9nements permettent d\u2019avoir un \u00e9clairage sur la mani\u00e8re dont les populations locales r\u00e9agissent face \u00e0 des litiges impliquant les Fr\u00e8res de Marie.<\/p>\n<p>Le premier \u00e9v\u00e9nement a lieu \u00e0 Sainte-Marie-aux-Mines en 1830\u00a0: le directeur de l\u2019\u00e9cole des fr\u00e8res, Bernard Laugeay, doit prendre la fuite, accus\u00e9 d\u2019actes immoraux aupr\u00e8s des enfants. Cela ne va pas sans provoquer un scandale dans la petite ville industrielle de la vall\u00e9e de la Li\u00e8pvre\u00a0: <em>\u00ab\u00a0A peine rentr\u00e9 chez moi, on est venu me demander si je connaissais l\u2019affaire du S. Lauger,<\/em><a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a> <em>en me disant qu\u2019elle causait le plus grand scandale en ville, qu\u2019on voulait la d\u00e9noncer \u00e0 M. le Procureur du Roi\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a><\/p>\n<p>Le second est le d\u00e9part d\u2019Alsace des fr\u00e8res, en 1874\u00a0: celui-ci suscite des mouvements de sympathie \u00e0 Colmar, Guebwiller, Ribeauvill\u00e9\u2026 La r\u00e9action des foules est alors significative\u00a0: <em>\u00ab\u00a0La communaut\u00e9 de Ribeauvill\u00e9 nous arrive toute \u00e9mue et couverte encore des fleurs et des bouquets cach\u00e9s dans les cr\u00eapes noirs que la population en pleurs faisait litt\u00e9ralement pleuvoir sur eux \u00e0 leur d\u00e9part. Des milliers de personnes les avaient acclam\u00e9s dans les rues o\u00f9 l\u2019on ne permit pas \u00e0 leur voiture de passer au trot\u2026\u00a0\u00bb<\/em><a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a><\/p>\n<p>La source d\u2019information quasi-unique en notre possession concernant le \u00ab ressenti\u00a0\u00bb des \u00e9l\u00e8ves est le t\u00e9moignage a posteriori. Nous avons ici deux documents. Le premier \u00e9mane d\u2019un Fr\u00e8re de Marie, qui fait le r\u00e9cit de quelques souvenirs d\u2019Ebersmunster\u00a0: un adolescent de 15-16 ans arrive dans ce monde qu\u2019est le noviciat dirig\u00e9 par un ma\u00eetre des novices, Fran\u00e7ois Girardet, aux mani\u00e8res aust\u00e8res.<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a><\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me r\u00e9cit provient d\u2019un eccl\u00e9siastique alsacien, Alphonse Kannengieser, qui raconte son entr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de Bartenheim tenue par les fr\u00e8res, puis son s\u00e9jour \u00e0 l\u2019Institution de Saint-Hippolyte.<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a><\/p>\n<p>Les souvenirs de l\u2019\u00e9cole primaire de Bartenheim mettent en avant un fr\u00e8re-instituteur et sa puissante ascendance, avec des cons\u00e9quences heureuses sur l\u2019apprentissage des rudiments de la lecture, de l\u2019\u00e9criture et du calcul. Quant au souvenir des quelques mois au coll\u00e8ge de Saint-Hippolyte, il fait revivre le petit monde de l\u2019institution dirig\u00e9e par les fr\u00e8res\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le directeur, M. l\u2019abb\u00e9 J. Leroy \u00e9tait la bont\u00e9 m\u00eame, d\u2019une sollicitude toute maternelle pour les \u00e9l\u00e8ves. [\u2026] Mon professeur, M. Staebler, \u00e9tait un brave homme, pas tr\u00e8s fort, mais tr\u00e8s d\u00e9vou\u00e9 aux \u00e9l\u00e8ves et tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 ses devoirs p\u00e9dagogiques. Il faisait convenablement sa classe. Je subis surtout l\u2019influence du professeur de Premi\u00e8re. M. Madru, natif de Wattwiller, un ma\u00eetre tout \u00e0 fait hors de pair\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<blockquote><p>Enseigner autrement\u00a0!<\/p><\/blockquote>\n<p>Si les Fr\u00e8res de Marie connaissent un succ\u00e8s certain, c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 quelques figures charismatiques, mais aussi du fait du d\u00e9vouement et de l\u2019abn\u00e9gation de bon nombre de religieux.<\/p>\n<p>Plus encore, les fr\u00e8res formant un corps congr\u00e9ganiste, ce dernier pallie plus facilement en maintes occasions aux lacunes et aux \u00e9checs des uns ou des autres\u00a0: la congr\u00e9gation constitue un r\u00e9seau solide d\u2019\u00e9coles et le dirige \u00e9nergiquement. Pour les communes, la congr\u00e9gation est alors un interlocuteur proche et direct, qui a une efficacit\u00e9 et une cr\u00e9dibilit\u00e9 certaines.<\/p>\n<h1 id=\"epilogue-conclusion\" >Epilogue \u2013 Conclusion<\/h1>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite de Sedan et l\u2019annexion de l\u2019Alsace par l\u2019Allemagne, le Kulturkampf touche l\u2019Alsace. En 1872, les fr\u00e8res qui ont \u00ab\u00a0opt\u00e9\u00a0\u00bb pour la France doivent quitter l\u2019Alsace avant le 1<sup>er<\/sup> octobre de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En octobre 1874, l\u2019enseignement est interdit aux congr\u00e9gations religieuses dont la maison-m\u00e8re se trouve en France. D\u00e8s lors, les derni\u00e8res \u00e9coles dirig\u00e9es par la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie lui sont enlev\u00e9es. Le 12 ao\u00fbt 1875 a lieu la derni\u00e8re distribution des prix au pensionnat de Saint-Hippolyte. A partir de cette date, seule la maison d\u2019Ebersmunster conserve <em>\u00ab\u00a0une communaut\u00e9 de\u00a0v\u00e9t\u00e9rans, dernier reste de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en Alsace.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les fr\u00e8res expuls\u00e9s de l\u2019Alsace prennent la direction de la France. Ca et l\u00e0, les fr\u00e8res renforcent des \u00e9coles d\u00e9j\u00e0 existantes. Il y a aussi de nouvelles fondations\u00a0: aux portes m\u00eames de l\u2019Alsace\u00a0\u2013 un postulat \u00e0 Bourogne et un coll\u00e8ge \u00e0 Belfort\u00a0\u2013\u00a0; en d\u2019autres endroits\u00a0\u2013 la communaut\u00e9 de Marckolsheim se transporte au complet \u00e0 Pont-l\u2019Ev\u00eaque (Calvados) pour reprendre l\u2019\u00e9cole libre\u00a0\u2013\u00a0; \u00e0 l\u2019\u00e9tranger\u00a0\u2013 Belgique, Am\u00e9rique, Espagne (1887)\u2026\u00a0\u2013.<\/p>\n<p>M\u00eame si l\u2019influence des Fr\u00e8res de Marie en Alsace doit \u00eatre relativis\u00e9e, eu \u00e9gard au nombre limit\u00e9 d\u2019\u00e9coles tenues par les fr\u00e8res par rapport \u00e0 la totalit\u00e9 des \u00e9coles d\u2019Alsace, on ne peut cependant pas totalement exclure la possibilit\u00e9 d\u2019une influence des fr\u00e8res sur les ma\u00eetres la\u00efques.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il y a lieu de se demander si les tensions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es entre l\u2019Etat et la congr\u00e9gation rel\u00e8vent uniquement d\u2019un anticl\u00e9ricalisme farouche. Il semble judicieux de distinguer les conflits suscit\u00e9s par les partisans d\u2019un Etat fort, tels les constituants de 1789-1790, de ceux suscit\u00e9s par les partisans de l\u2019hostilit\u00e9 virulente des Montagnards et des Sans-culottes de 1793-1794, reprise par les r\u00e9publicains radicaux de la III\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Dans ce contexte, l\u2019attitude majoritaire chez les politiques et les fonctionnaires rencontr\u00e9s par la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie entre 1825 et 1870, nous para\u00eet davantage motiv\u00e9e par la d\u00e9fense d\u2019une certaine id\u00e9e d\u2019un Etat absolu, plut\u00f4t que par l\u2019attaque violemment anticl\u00e9ricale de l\u2019Eglise et de ses institutions.<\/p>\n<h1 id=\"notes\" >NOTES<\/h1>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cf. Muller (Claude), \u00ab\u00a0Les Congr\u00e9gations religieuses catholiques en 1861\u00a0\u00bb dans L&#8217;Outre For\u00eat. Revue d&#8217;histoire de l&#8217;Alsace du nord n\u00b0 41, Strasbourg, 1983, p.\u00a033.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Inspection acad\u00e9mique de Colmar, 3 avril 1856. ADHR V 437.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Lettre de 1865 de G.\u00a0Loetch, provincial d\u2019Alsace, \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Jean-Baptiste Fontaine, assistant g\u00e9n\u00e9ral. AGMAR\u00a088.4.71.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> les chiffres relatifs \u00e0 la situation g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Alsace sont emprunt\u00e9s \u00e0 L&#8217;Huillier (Fernand), \u00ab\u00a0L&#8217;enseignement primaire en Alsace \u00e0 la fin du Second Empire\u00a0\u00bb dans L&#8217;Alsace, 1870-1871, Strasbourg, 1971, p. 43-56. Les donn\u00e9es concernant les Fr\u00e8res de Marie sont \u00e9tablies \u00e0 partir des Tableaux du personnel et des \u00e9tablissements de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de 1855, 1856, 1860, 1864 et 1869 \u2013 Cf. AGMAR \u2013.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cf. lettre de l\u2019abb\u00e9 Loetsch \u00e0 l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale, 25 septembre 1864. AGMAR 88.4.59.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Cf. lettre de l\u2019abb\u00e9 Loetsch au p\u00e8re Caillet, 5 avril 1865. AGMAR 88.4.97<br \/>\n<a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cf. ADHR 1 T 1323-1324.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Cf. ADHR 1 T 1545.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Cf. AGMAR 150.6.39.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Cf. lettre de l\u2019inspection d\u2019acad\u00e9mie \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Fridblatt, 15 janvier 1860. ADBR 1\u00a0TP\/PRI.2571.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Cette d\u00e9nomination appara\u00eet telle quelle dans les rapports de la pr\u00e9fecture ou de l\u2019acad\u00e9mie. V 437.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Lettre de l\u2019abb\u00e9 Fridblatt, provincial d\u2019Alsace, au sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral, 22 mai 1850. AGMAR 150.8.332-332.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Lettre de l\u2019abb\u00e9 Leroy \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie de Colmar, 18 septembre 1864. ADHR 1 T 1761.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Lettre de l\u2019abb\u00e9 Reinbolt \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie de Colmar, 5 juillet 1862. ADHR 1 T 1761.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Lettre du recteur de Strasbourg au pr\u00e9fet du Haut-Rhin, 16 avril 1830. ADHR 1 T 250.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Lettre de l\u2019abb\u00e9 Loetsch \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie \u00e0 Colmar, 14 octobre 1863. ADHR 1 T 914.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Lettre de Fridblatt au recteur de l\u2019acad\u00e9mie d\u00e9partementale du Haut-Rhin, 24 f\u00e9vrier 1854. ADHR 1 T 1761.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Lettre du pr\u00e9fet du Haut-Rhin \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie \u00e0 Colmar, 10 octobre 1863. ADHR 1 T 924.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Lettre de l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie de Colmar au pr\u00e9fet du Haut-Rhin, 28 octobre 1854. ADHR 1 T 926.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Lettre de l\u2019abb\u00e9 Loetsch \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie de Colmar, 14 octobre 1863. ADHR 1 T 926.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Ecole communale d\u2019Ebersmunster, 6 mai 1864. ADBR 1 TP\/PRI\/298.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> Ammerschwihr, 21 janvier 1862. ADHR 1 T 1158.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> Ebersmunster, 16 d\u00e9cembre 1865. ADBR 1 TP\/PRI\/298.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Inspection de Guebwiller, 29 juillet 1861. AGMAR 131.8.83.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Inspection de Guebwiller, juillet 1869. AGMAR 131.8.83.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Lettre du maire de Sainte-Marie-aux-mines \u00e0 l\u2019inspecteur d\u2019acad\u00e9mie, 5 octobre 1859. ADHR 1 T 1546.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Lettre \u00e0 Melle de Trenqu\u00e9ll\u00e9on, 3 octobre 1815. Chaminade (Guillaume-Joseph), Lettres de M. Chaminade, fondateur de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de l\u2019Institut des Filles de Marie, 5 vol., Nivelles (Belgique), t. I, p. 98.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> J.-P.-A. Lalanne dans L\u2019Esprit de notre Fondation. L\u2019Esprit de notre Fondation, 3 vol., Nivelles (Belgique), 1910-1916, t. III, p. 323.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Ibid., p. 324-325.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> G. Loetsch, provincial d\u2019Alsace, \u00e0 l\u2019Administration g\u00e9n\u00e9rale, 1865. AGMAR 88.4.71.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Chiffres \u00e9tablis \u00e0 partir du Tableau du personnel et des \u00e9tablissements de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de 1869.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Lettre du pr\u00e9fet du Haut-Rhin au recteur de l\u2019acad\u00e9mie de Strasbourg, 19 juillet 1845. ADHR 1 T 1542.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Inspection de l\u2019\u00e9cole communale d\u2019Ebersmunster, 4 mars 1863. ADBR 1 TP\/PRI\/298.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Inspection de l\u2019\u00e9cole communale d\u2019Ebersmunster, 6 mai 1864. ADBR 1 TP\/PRI\/298.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> Lettre de Joseph Radat, 1er juin 1864. ADHR 1 T 1158.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> R\u00e8glement de la congr\u00e9gation mariale de Saint-Hippolyte. AGMAR 150.7.124-137.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> Ibid.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> Bernard Gaussens, directeur de l\u2019\u00e9cole de Colmar de 1840 \u00e0 1856. Nos \u00e9coles de Colmar (1824-1874). AGMAR 123.1.1.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> Constitutions de 1839, op. cit., article 103.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> Constitutions de 1839, op. cit., article 148.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> Constitutions de 1839, op. cit., art. 509.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> Lettre de A. Molinier, directeur de l\u2019\u00e9cole de Sainte-Marie-aux-mines, \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Roussel, 22 novembre 1843. AGMAR 150.6.12.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> Lettre de G.\u00a0Loetsch, provincial d\u2019Alsace, \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Fontaine, assistant \u00e0 l\u2019administration g\u00e9n\u00e9rale de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, 11 octobre 1858. AGMAR 150.8.402-405.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> Inspecteur de l\u2019acad\u00e9mie, Saint-Hippolyte, 1864. ADHR 1 T 1542.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> Inspecteur de l\u2019acad\u00e9mie, Saint-Hippolyte, 18 janvier 1856. ADHR 1 T 1152.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> Inspecteur de l\u2019acad\u00e9mie, Ammerschwihr, 9 juillet 1860. ADHR 1158.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> Visiteur de la congr\u00e9gation, Saint-Hippolyte, inspection du 19 juillet 1869 faite. AGMAR 150.8.718-719.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> Inspecteur de l\u2019acad\u00e9mie, Ammerschwihr, 18 novembre 1869. ADHR 1 T 1158.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> Inspecteur de l\u2019acad\u00e9mie, Sainte-Marie-aux-Mines, 7 mars 1857. ADHR 1 T 1546.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> Nos \u00e9coles de Colmar (1824-1874). AGMAR 123.1.1.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> Le Messager de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, t. III, p. 262, cit\u00e9 par A. Arth. [Arth (Alo\u00efse)], Notes historiques sur l\u2019activit\u00e9 marianiste en Alsace, [1987-1995], p. 15.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> Le nom de B.\u00a0Laugeay est orthographi\u00e9 \u00ab\u00a0Lauger\u00a0\u00bb dans certains documents.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> Lettre du commissaire de police au pr\u00e9fet, 22 avril 1830. ADHR 1 T 250.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> Annales de la communaut\u00e9 de Colmar, \u00e9crites par Auguste Klein, 22 septembre 1874, cit\u00e9es par A. Arth. [Arth], op. cit., p.\u00a0124.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> AGMAR. 127.5.19.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> Kannengieser (Alphonse), Mes ma\u00eetres alsaciens. Souvenirs lointains de l\u2019\u00e9cole primaire, du coll\u00e8ge, du Grand-s\u00e9minaire, Strasbourg, 1920, p.\u00a05-7 et p.\u00a025 et 31.<\/p>\n<p>**********<\/p>\n<p>M\u00e9moire de ma\u00eetrise d\u2019histoire contemporaine\u00a0sous la direction de Catherine Maurer<br \/>\nU.F.R. de Sciences Historiques de l\u2019Universit\u00e9 Marc Bloch &#8211; Strasbourg<\/p>\n<p>M\u00e9moire consultable sur\u00a0: <a href=\"http:\/\/espiritualidad.marianistas.org\/descargas\/alsacia_marianista_Shelker.pdf\">http:\/\/espiritualidad.marianistas.org\/descargas\/alsacia_marianista_Shelker.pdf<\/a><\/p>\n<p>sujets\u00a0:\u00a0\u00a0\u00a0 Monachisme et ordres religieux, enseignement, Alsace (France), 19\u00e8me si\u00e8cle.<br \/>\nMonachisme et ordres religieux.<br \/>\n\u00c9glise catholique, \u00e9ducation, Alsace (France), 19\u00e8me si\u00e8cle.<br \/>\nEglise catholique.<br \/>\n\u00c9coles catholiques, Alsace (France).<br \/>\n\u00c9coles catholiques.<br \/>\nEnseignement primaire, Alsace (France).<br \/>\nEnseignement primaire.<br \/>\nSoci\u00e9t\u00e9 de Marie de Bordeaux.<\/p>\n","protected":false},"author":137,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[96],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-966","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-congregation-et-instituts-religieux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/966"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/137"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=966"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/966\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":973,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/966\/revisions\/973"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=966"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=966"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=966"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}