{"id":951,"date":"2015-11-10T14:13:03","date_gmt":"2015-11-10T13:13:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=951"},"modified":"2016-02-03T15:01:16","modified_gmt":"2016-02-03T14:01:16","slug":"developpement-des-filles-de-marie-au-travers-des-lettres-de-mere-adele","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/developpement-des-filles-de-marie-au-travers-des-lettres-de-mere-adele\/","title":{"rendered":"D\u00e9veloppement des filles de Marie"},"content":{"rendered":"<h2 id=\"developpement-des-filles-de-marie-au-travers-des-lettres-de-mere-adele-1816-1828\" >D\u00e9veloppement des filles de Marie au travers des lettres de m\u00e8re Ad\u00e8le (1816 \u2013 1828)<\/h2>\n<h1 id=\"batir-sur-la-croix\" >\u00ab\u00a0B\u00e2tir sur la croix\u00a0\u00bb<\/h1>\n<h3 id=\"vendredi-25-juillet-1817\" >Vendredi 25 juillet 1817<\/h3>\n<p>9 heures du soir\u00a0! Au \u00ab\u00a0petit couvent\u00a0\u00bb, \u00e0 Agen, les portes sont ferm\u00e9es. Mgr Jacoupy, l\u2019\u00e9v\u00eaque du lieu en a d\u00e9cid\u00e9 ainsi par crainte des repr\u00e9sailles possibles de la part d\u2019un gouvernement ombrageux \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la vie religieuse.<\/p>\n<p>Les portes sont ferm\u00e9es, pourtant, dans la chapelle, les s\u0153urs sont \u00e0 la joie. Que se passe-t-il\u00a0? Une \u00e0 une, neuf femmes vont passer au confessionnal, et l\u00e0, dans le secret, elles vont s\u2019engager \u00e0 jamais dans l\u2019Institut des Filles de Marie. Entre les mains du P\u00e8re Chaminade, M\u00e8re Ad\u00e8le et huit de ses compagnes vont faire les cinq v\u0153ux de pauvret\u00e9, chastet\u00e9, ob\u00e9issance, cl\u00f4ture et enseignement pour la conservation des m\u0153urs chr\u00e9tiennes et la foi catholique. Elles se trouvent ainsi unies pour toujours au \u00ab\u00a0C\u00e9leste Epoux\u00a0\u00bb, comme elles aiment \u00e0 dire. Joie tant attendue\u00a0! Joie intime au plus profond de l\u2019\u00eatre\u00a0! Joie silencieuse qui va demeurer le secret du Roi.<\/p>\n<p>Mais qui sont ces femmes\u00a0?<\/p>\n<p>Il y a, bien s\u00fbr\u00a0:\u00a0<strong>Ad\u00e8le de Batz de Trenquell\u00e9on : M\u00e8re Marie de la Conception<\/strong>\u00a0et avec elle<\/p>\n<ul style=\"list-style-type: square;\">\n<li>Cl\u00e9mentine Yannash : M\u00e8re Marie Th\u00e9r\u00e8se<\/li>\n<li>Marie-Madeleine Cornier de Labastide : M\u00e8re Saint Vincent<\/li>\n<li>Jeanne Lion : M\u00e8re Saint Esprit<\/li>\n<li>Pauline Yannash : M\u00e8re Saint Sacrement<\/li>\n<li>Agathe Dich\u00e9 : M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9 C\u0153ur<\/li>\n<li>Rosalie Lhuillier : M\u00e8re Marie Emmanuel<\/li>\n<li>Catherine Isabelle Moncet : S\u0153ur Anne<\/li>\n<li>Fran\u00e7oise Arnaudel : S\u0153ur Saint Fran\u00e7ois<\/li>\n<\/ul>\n<p>Enfin Marie Poitevin, M\u00e8re Louis de Gonzague, qui est novice et ne fait que des v\u0153ux temporaires.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, le dimanche, le P\u00e8re Chaminade rev\u00eat deux postulantes de l\u2019habit religieux. Il s\u2019agit de Rose Gatty, M\u00e8re Dosith\u00e9e, et Virginie Mar\u00e9chal, M\u00e8re Sainte Foy\u2026 Le \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb se voit r\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<h3 id=\"comment-sorganise-cette-premiere-communaute\" >Comment s\u2019organise cette premi\u00e8re communaut\u00e9<\/h3>\n<p>P\u00e9n\u00e9trons \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du couvent de l\u2019Immacul\u00e9e Conception et observons la mani\u00e8re dont vit cette nouvelle communaut\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>A 5 h, c\u2019est le lever. En silence, dans le dortoir (n\u2019avoir pas sa chambre personnelle est une fa\u00e7on de vivre la pauvret\u00e9) chacune se pr\u00e9pare, fait son lit. Suit le temps de la pri\u00e8re et de l\u2019oraison.<\/li>\n<li>A 6 h, les Pater du Scapulaire<\/li>\n<li>A 7 h, le Petit Office du Sacr\u00e9-C\u0153ur de Marie pr\u00e9c\u00e8de la Messe. (La communion est de r\u00e8gle les dimanches et jours de f\u00eate. Elle est fr\u00e9quente pour l\u2019ensemble des s\u0153urs \u2013 cf. lettre \u00e0 Emilie de Rodat\u00a0; 3.12.1819 -. C\u2019est le confesseur qui r\u00e8gle les communions pour chaque s\u0153ur.)<\/li>\n<li>Apr\u00e8s la messe, \u00a0 \u00a0d\u2019h de lecture ou d\u2019action de gr\u00e2ce pour celles qui ont communi\u00e9.<\/li>\n<li>De 9 h \u00e0 11 h 30, classes.<\/li>\n<li>\u00bc h d\u2019examen suivi du repas et de la r\u00e9cr\u00e9ation jusqu\u2019\u00e0 14 h.<\/li>\n<li>De 14 h \u00e0 17 h\u00a0: classes.<\/li>\n<li>A 17 h 30, \u00bd heure de m\u00e9ditation.<\/li>\n<li>A 18 h 45, le chapelet.<\/li>\n<li>A 19 h 30 le souper et la r\u00e9cr\u00e9ation qui s\u2019ach\u00e8ve \u00e0 21 h 15.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Enfin, pour conclure la journ\u00e9e, \u00bc h d\u2019examen (exercice auquel M\u00e8re Ad\u00e8le et le P\u00e8re Chaminade attachent une grande importance) et la pri\u00e8re du soir et le point d\u2019oraison pour le lendemain.\u00a0(cf. lettre \u00e0 Emilie de Rodat 29.9.1819)<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour le cadre de la journ\u00e9e. Mais peut-on conna\u00eetre un peu l\u2019esprit qui anime ces religieuses\u00a0?<\/p>\n<p>Elles sont venues l\u00e0 pour vivre le radicalisme de leur cons\u00e9cration au Seigneur, au Divin Epoux, comma aime \u00e0 dire M\u00e8re Ad\u00e8le et cela en union profonde avec Marie. M\u00e8re Ad\u00e8le exprime bien, me semble-t-il, cet esprit au travers de cette lettre qui se veut orientation pour vivre l\u2019Avent, mais qui d\u00e9passe ce temps liturgique. Ecoutons-la\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous allons entrer dans l&#8217;Avent. (\u2026) Je vous propose de nous tenir en esprit avec notre divine M\u00e8re, d&#8217;imiter son recueillement et l&#8217;attention qu&#8217;Elle avait de s&#8217;entretenir avec son divin Fils qu&#8217;Elle portait dans ses chastes entrailles. Faisons mieux nos pri\u00e8res, nos m\u00e9ditations, gardons mieux la pr\u00e9sence de Dieu, multiplions nos oraisons jaculatoires.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dans l&#8217;esprit de l&#8217;Eglise, faisons beaucoup d&#8217;actes de d\u00e9sir envers notre divin Lib\u00e9rateur, sentons le besoin que nous avons de Lui ; tenons-nous aussi souvent dans le sein de Marie avec le c\u00e9leste Enfant ; admirons les exemples que son amour nous prodigue, d&#8217;humilit\u00e9, d&#8217;ob\u00e9issance, de charit\u00e9, et t\u00e2chons de L&#8217;imiter en quelque chose.<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u00e9sus naissant, J\u00e9sus dans le sein de Marie est mod\u00e8le de la vie religieuse. Il y pratique l&#8217;ob\u00e9issance, la pauvret\u00e9, la chastet\u00e9, la cl\u00f4ture, l&#8217;enseignement, les cinq voeux que nous faisons. Oh ! Demandons-Lui bien la gr\u00e2ce de les accomplir fid\u00e8lement.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>(Lettre \u00e0 M\u00e9lanie Figarol 27.11.1818)<\/p>\n<p>Pratiquer l\u2019ob\u00e9issance, la pauvret\u00e9, la chastet\u00e9, la cl\u00f4ture, tout cela peut fort bien se vivre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du couvent et ne diff\u00e9rencie en rien ces religieuses des moniales\u00a0; par contre, l\u2019enseignement pour la conservation des m\u0153urs chr\u00e9tiennes et de la foi catholique, tel est bien le v\u0153u qui fait des Filles de Marie des religieuses apostoliques\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Etant si d\u00e9vou\u00e9es au salut du prochain, il est difficile d&#8217;employer beaucoup de temps \u00e0 la pri\u00e8re. (les Filles de Marie y consacrent malgr\u00e9 tout environ quatre heures et demie par jour, mais M\u00e8re Ad\u00e8le, ne l\u2019oublions pas, a d\u2019abord pens\u00e9 au Carmel) Au reste, nous avons toujours silence, hors la r\u00e9cr\u00e9ation et les instructions. Le travail manuel nous est command\u00e9 tr\u00e8s rigoureusement, et plus imp\u00e9rativement que la pri\u00e8re.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>(Lettre \u00e0 Emilie de Rodat du 29.9.1819)<\/p>\n<p>Cet esprit int\u00e9rieur favoris\u00e9 par le travail manuel et ranim\u00e9 constamment par la retraite mensuelle le deuxi\u00e8me vendredi du mois et la retraite annuelle de huit jours, actuellement pr\u00each\u00e9e par le P\u00e8re Chaminade (cf. Lettre \u00e0 C. de Lachapelle \u2013 7.5.1818), en \u00e9t\u00e9 au moment du renouvellement des v\u0153ux, est le dynamisme d\u2019o\u00f9 jaillissent les diverses activit\u00e9s apostoliques des Filles de Marie. L\u2019amour du \u00ab\u00a0C\u00e9leste Epoux\u00a0\u00bb les rend inventives et leur fait d\u00e9couvrir les multiples mani\u00e8res de r\u00e9pondre aux besoins des femmes de leur temps depuis les plus jeunes jusqu\u2019aux plus anciennes.<\/p>\n<h3 id=\"les-activites-apostoliques-des-premieres-filles-de-marie\" >Les activit\u00e9s apostoliques des premi\u00e8res Filles de Marie<\/h3>\n<p>Fond\u00e9es en vue de poursuivre l\u2019\u0153uvre de la Congr\u00e9gation, il n\u2019est pas surprenant de constater que celle-ci occupe une place privil\u00e9gi\u00e9e par mi les activit\u00e9s des Filles de Marie.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Depuis l\u2019\u00e2ge de 16 ans, \u00e9crit M\u00e8re Ad\u00e8le, le Bon Dieu m\u2019a confi\u00e9 cette mission et la Sainte Vierge a bien voulu m\u2019employer \u00e0 lui composer une famille, ainsi mon grand attrait est-il la Congr\u00e9gation.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 20.2.1821)<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi tr\u00e8s vite la Congr\u00e9gation s\u2019organise. Trois groupes se mettent en place \u00ab\u00a0elle est divis\u00e9e ici (\u00e0 Agen) en 3 fractions\u00a0: les m\u00e8res de familles appel\u00e9es \u00ab\u00a0Dames de la retraite\u00a0\u00bb, les jeunes personnes et les filles de service.\u00a0\u00bb (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 29.9.1819)<\/p>\n<p>C\u2019est M\u00e8re Ad\u00e8le qui s\u2019occupe des jeunes personnes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos r\u00e9unions sont tr\u00e8s nombreuses. Je fais des conf\u00e9rences, avec la ch\u00e8re Am\u00e9lie (qui fera partie du Tiers Ordre S\u00e9culier d\u2019Agen), \u00e0 nos jeunes personnes. Cela les int\u00e9resse (\u2026) il y a un z\u00e8le admirable pour les r\u00e9unions.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle &#8211; 6.9.1816)<\/p>\n<p>En cela, elle est aid\u00e9e par M\u00e8re Emmanuel qui devient rapidement son bras droit pour la Congr\u00e9gation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le dimanche matin, depuis 10 h 30 jusqu\u2019\u00e0 11 h, je tiens, avec Sr Emmanuel, l\u2019assembl\u00e9e des jeunes personnes Congr\u00e9ganistes re\u00e7ues, et le soir, est l\u2019assembl\u00e9e de z\u00e8le, ou g\u00e9n\u00e9rale. Nous tenons la premi\u00e8re assembl\u00e9e tr\u00e8s famili\u00e8rement et en esp\u00e8ce de conversation\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P\u00e8re Chaminade &#8211; 16.8.1817)<\/p>\n<p>M\u00e8re Marie Th\u00e9r\u00e8se, elle, s\u2019occupe d\u2019un groupe de jeunes filles qui se pr\u00e9parent \u00e0 faire partie de la Congr\u00e9gation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La s\u0153ur Th\u00e9r\u00e8se r\u00e9unit une petite fraction pr\u00e9paratoire et tous les dimanches, sous le figuier, des jeunes filles depuis 10 jusqu\u2019\u00e0 15 (\u2026). Ce sera une p\u00e9pini\u00e8re de Congr\u00e9ganistes toutes form\u00e9es. Il se fait un bien incalculable par le moyen de cette Congr\u00e9gation, jamais je ne l\u2019aurais cru\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle &#8211; 9.9.1816)<\/p>\n<p>Quelle joie lorsque le 3 octobre, M\u00e8re Ad\u00e8le peut dire \u00e0 son amie Charlotte de Lachapelle\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous avons re\u00e7u, hier, la permission de recevoir les enfants de la premi\u00e8re communion. Nous sommes toutes contentes\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle \u2013 3.10.1816)<\/p>\n<p>C\u2019est la ch\u00e8re Madame Belloc (Jeanne Dich\u00e9) qui suit plus sp\u00e9cialement les \u00ab\u00a0Dames de la retraite\u00a0\u00bb, mais pour ce faire elle reste tr\u00e8s en lien avec la communaut\u00e9, partageant sa pri\u00e8re, parfois m\u00eame la retraite.<\/p>\n<p>Avant de continuer de passer en revue les diff\u00e9rentes activit\u00e9s des s\u0153urs qui composent la communaut\u00e9, voyons ce qui se vit dans la Congr\u00e9gation et comment elle fonctionne.<br \/>\n<em>\u00ab\u00a0Le v\u00e9ritable secret de la Congr\u00e9gation est de former des \u00e2mes remplies du z\u00e8le du salut du salut du prochain et de la gloire de Dieu, qui, chacune, dans leur \u00e9tat, soit des petites missionnaires parmi leur famille, leurs amies, leurs voisines\u2026\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 20.2.18121)<\/p>\n<p>Comment sont-elles missionnaires dans leur milieu, ces Congr\u00e9ganistes\u00a0? Les id\u00e9es ne manquent pas\u00a0: enseignement du cat\u00e9chisme, accompagnement des enfants dans la foi apr\u00e8s la premi\u00e8re communion, instruction des pauvres chez eux, lectures aux malades, distractions pour les jeunes, attention aux personnes qui n\u2019ont pas fait leur premi\u00e8re communion, invitation \u00e0 vivre des sacrements, pr\u00eat de livres\u2026 (cf. Lettre \u00e0 M\u00e8re Marie-Th\u00e9r\u00e8se \u2013 22.1.1821 et Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 20.2.1821)<\/p>\n<p>Le voil\u00e0 bien, l\u2019esprit des Fondateurs, du P\u00e8re Chaminade en particulier, \u00ab\u00a0multiplier les chr\u00e9tiens\u00a0\u00bb. Et cela s\u2019op\u00e8re par les chefs que les s\u0153urs donnent aux Congr\u00e9ganistes. Ce sont eux qui permettent de multiplier l\u2019action des religieuses\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il faut t\u00e2cher d\u2019avoir de bonnes offici\u00e8res\u00a0; elles font une grande partie de notre travail et nous \u00e9vitent une grande partie du soin.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 20.2.1821)<\/p>\n<blockquote><p>Quant \u00e0 l\u2019union entre les Congr\u00e9ganistes, elle est de premi\u00e8re importance.<\/p><\/blockquote>\n<p><em>\u00ab\u00a0Elle s\u2019obtient peu \u00e0 peu \u00e0 force d\u2019y exhorter, d\u2019en faire voir la n\u00e9cessit\u00e9. Nous voyons ces jeunes personnes fort souvent. Elles viennent conter leurs petites peines\u2026 Nous sommes leurs m\u00e8res\u00a0! Nous leur t\u00e9moignons beaucoup d\u2019amiti\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 29.9.1819)<\/p>\n<p>Ainsi les Congr\u00e9ganistes trouvent-elles aupr\u00e8s des religieuses l\u2019amiti\u00e9, l\u2019affection m\u00eame, dont elles ont besoin pour vivre dans un monde o\u00f9 les valeurs de l\u2019Evangile ne sont gu\u00e8re \u00e0 l\u2019honneur. Et pour que les rencontres soient plus agr\u00e9ables, nous avons vu que les assembl\u00e9es se tiennent tr\u00e8s <em>\u00ab\u00a0famili\u00e8rement en esp\u00e8ce de conversation\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>De la sorte, en toute v\u00e9rit\u00e9, M\u00e8re Ad\u00e8le peut constater\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre principale \u0153uvre est la formation et le soutien des Congr\u00e9gations. Vous ne sauriez croire le bien que produisent ces Congr\u00e9gations\u00a0!\u00a0\u00bb <\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 21.6.1819)<\/p>\n<p>Mais revenons aux autres s\u0153urs. Que font celles qui ne travaillent pas directement \u00e0 la Congr\u00e9gation\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est la s\u0153ur Saint Vincent qui tient (les classes) suivant les ordres du P\u00e8re (Chaminade). Nous les avons commenc\u00e9 peu nombreuses et nous irons en augmentant\u2026\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle \u2013 6.12.1816)<\/p>\n<p>Il s\u2019agit l\u00e0 des classes gratuites que les Filles de Marie ont prises en charge pour les petites filles pauvres d\u2019Agen.<\/p>\n<p>Il y a encore s\u0153ur Anne, c\u2019est \u00e0 elle que revient le soin de l\u2019ouvroir. Il accueille des jeunes filles \u00e0 leur sortie de l\u2019\u00e9cole, leur procure une formation professionnelle, tout en les pr\u00e9servant de \u00ab\u00a0la contagion du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et puis il y a s\u0153ur Saint Fran\u00e7ois, cette femme qui sait rejoindre les pauvres, leur parler. Elle fait m\u00eame les instructions en patois pour se faire mieux comprendre.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La soeur saint Fran\u00e7ois r\u00e9unit quatre fois la semaine les vieilles femmes ; elle en a \u00e0 peu pr\u00e8s une vingtaine tr\u00e8s attentives, et des petites poulettes entre autres, de quinze \u00e0 vingt ans, qui ne se sont pas confess\u00e9es. Elle les cat\u00e9chise, les moralise et les envoie aux pauvres confesseurs. Le bon Dieu b\u00e9nit ses travaux.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle \u2013 3.10.1816)<\/p>\n<p>Dieu b\u00e9nit en effet ses travaux puisque, non contente de cet apostolat, elle se donne bient\u00f4t \u00e0 une nouvelle activit\u00e9 fort int\u00e9ressante aupr\u00e8s des mendiantes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tous les lundis, nous rassemblons les pauvres mendiantes qui sont si ignorantes. Une soeur (S\u0153ur Saint Fran\u00e7ois) leur fait une instruction en patois (\u2026) Nous en avons une centaine. (\u2026) Des pauvres femmes de quarante ou cinquante ans, qui n&#8217;ont pas fait encore la premi\u00e8re communion, sont touch\u00e9es, viennent se faire instruire, (\u2026) Nous en avons une vingtaine qu&#8217;on pr\u00e9pare pour les envoyer \u00e0 Monseigneur pour \u00eatre confirm\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 29.9.1819)<\/p>\n<p>Toutefois, les s\u0153urs ne prennent pas leur parti de la maladie, elles se tournent vers Celui \u00e0 qui elles se sont consacr\u00e9es, en qui elles mettent toute leur confiance\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Voici le voeu que nous f\u00eemes pour la soeur Emmanuel (c&#8217;est le nom de ma malade), de faire pendant un an, tous les mercredis, une communion et un je\u00fbne en l&#8217;honneur de saint Joseph. Ainsi, chaque mercredi, un membre de la communaut\u00e9 je\u00fbne et communie \u00e0 cette intention.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 15.11.1819)<\/p>\n<p>D\u2019autre part, il s\u2019agit de veiller sur les sant\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Prenez garde que vos sujets ne fassent trop d\u2019aust\u00e9rit\u00e9s\u00a0; ayez soin qu\u2019elles mangent leur r\u00e9fection\u00a0! (\u2026) Nous devons t\u00e2cher de conserver et m\u00e9nager nos sujets pour les faire travailler \u00e0 la gloire de Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 15.11.1819 et 3.12.1819)<\/p>\n<h3 id=\"autre-sujet-de-preoccupation-les-vocations-qui-se-rarefient\" >Autre sujet de pr\u00e9occupation\u00a0: les vocations qui se rar\u00e9fient.<\/h3>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le Bon Dieu ne veut plus que nous ayons la satisfaction depuis quelque temps de pouvoir engager aucune postulante \u00e0 l\u2019habit ou \u00e0 la profession\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P\u00e8re Chaminade \u2013 11.3.18120)<\/p>\n<p>Ce souci des vocations revient souvent dans ses lettres au long de l\u2019ann\u00e9e 1820\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Prions seulement le Ma\u00eetre de la Moisson d\u2019envoyer des ouvriers car il y en a bien peu\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 6.4.1820 et 27.4.1820)<\/p>\n<p>Elle va jusqu\u2019\u00e0 inviter Monsieur Lacaussade \u00e0 prier pour la communaut\u00e9 pour demander des vocations. (cf. Lettre \u00e0 M. Lacaussade \u2013 13.6.1820)<\/p>\n<p>A tous ces soucis s\u2019ajoute une g\u00eane p\u00e9cuniaire certaine\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Votre argent, \u00e9crit-elle au P\u00e8re Chaminade, n\u2019\u00e9tant pas arriv\u00e9 et le billet de M. Fayet \u00e9tant \u00e9chu ce 1\u00b0 janvier et l\u2019ayant r\u00e9clam\u00e9, nous venons d\u2019\u00eatre oblig\u00e9es d\u2019emprunter 2000 francs.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P\u00e8re Chaminade \u2013 31.12.1819)<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, en effet, la communaut\u00e9 envisage l\u2019achat d\u2019une propri\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0Les Augustins\u00a0\u00bb \u00e0 Agen et la fondation d\u2019une seconde maison, \u00e0 Tonneins. C\u2019est lourd\u00a0!<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On nous presse pour les paiements\u00a0: 12 000 francs vont \u00eatre exigibles, nous avons de l\u2019inqui\u00e9tude (\u2026). Au reste, je ne me plains pas\u00a0: on n\u2019embrasse pas la pauvret\u00e9 religieuse pour n\u2019en ressentir jamais les effets\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P\u00e8re Chaminade \u2013 27.4.1820)<\/p>\n<p>Pour mettre un comble \u00e0 ses \u00e9preuves de toutes sortes, une campagne de discr\u00e9dit s\u2019abat sur la jeune communaut\u00e9 et en particulier sur sa sup\u00e9rieure. Est-ce d\u00fb \u00e0 cette g\u00eane financi\u00e8re, est-ce l\u2019opposition entre catholiques et protestants (la propri\u00e9taire de la maison de Tonneins est protestante), toujours est-il qu\u2019au moment o\u00f9, \u00e0 Tonneins, on apprend pour qui Monsieur Lacaussade fait les d\u00e9marches, la propri\u00e9taire ne veut plus vendre.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur est dans la tristesse et la douleur en voyant la mauvaise tournure de l\u2019affaire de Tonneins. Je vous avoue que je n\u2019y vois qu\u2019une manigance de l\u2019enfer.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M.Lacaussade \u2013 9.7.1820)<\/p>\n<p>Les m\u00e9disances atteignent m\u00eame le fr\u00e8re d\u2019Ad\u00e8le qui se voit oblig\u00e9 de lui \u00e9crire. Elle en avertit Monsieur Lacaussade en ces termes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 mon fr\u00e8re (\u2026) de vouloir bien, dans une lettre, reconna\u00eetre qu\u2019il m\u2019est redevable de ces sommes (72 000 francs) mais une intrigue, que je ne comprends pas, ayant jet\u00e9 dans ma famille des inqui\u00e9tudes en lui disant que cette affaire de Tonneins me ruinerait, il est certain que je ne puis demander \u00e0 mon fr\u00e8re de me cautionner\u00a0: son affection pour moi l\u2019en emp\u00eacherait, pour ne pas contribuer \u00e0 mon pr\u00e9tendu d\u00e9rangement\u00a0\u00bb.<\/em> (Lettre \u00e0 M.Lacaussade \u2013 9.7.1820)<\/p>\n<p>Tous ces soucis finissent par porter atteinte \u00e0 sa propre sant\u00e9 et le P\u00e8re Chaminade l\u2019am\u00e8ne \u00e0 diminuer ses activit\u00e9s, ce qui lui co\u00fbte \u00e9norm\u00e9ment.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ob\u00e9is, mon Bon P\u00e8re, mais avec un peu de peine\u2026 On m\u2019a suspendu la r\u00e9union du dimanche matin des Congr\u00e9gations et le cat\u00e9chisme du jeudi, les lectures de table etc\u2026 J\u2019esp\u00e8re cependant que ce ne sera pas pour longtemps.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P. Chaminade \u2013 10.1.1820)<\/p>\n<p>Le repos lui permet de se remettre mais elle a une rechute et, en mai, elle doit de nouveau s\u2019arr\u00eater. Avec l\u2019\u00e9t\u00e9, sa sant\u00e9 se r\u00e9tablit et elle a l\u2019immense joie de voir le grain tomb\u00e9 en terre porter fruit.<\/p>\n<h3 id=\"notre-institut-sera-plus-solide-si-de-bon-coeur-nous-savons-le-fonder-sur-la-croix-lettre-a-mere-emilie-de-rodat-29-1-1820\" ><em>\u00ab\u00a0Notre Institut sera plus solide si, de bon c\u0153ur, nous savons le fonder sur la Croix.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 29.1.1820)<\/h3>\n<p>Ne faut-il pas le premier fruit de toutes ces \u00e9preuves dans la r\u00e9ponse accord\u00e9e par Pie VII \u00e0 la supplique que lui a pr\u00e9sent\u00e9e le P\u00e8re Chaminade, le 18 janvier 1819\u00a0? Dans cette supplique apostill\u00e9e par Mgr Jacoupy, \u00e9v\u00eaque d\u2019Agen et Mgr d\u2019Aviau, archev\u00eaque de Bordeaux, le Fondateur pr\u00e9sente les Congr\u00e9gations des deux sexes et ses deux r\u00e9centes Fondations. En r\u00e9ponse, le 25.5.1819, pour le troisi\u00e8me anniversaire de la Fondation des Filles de Marie, le Pape accorde les quatre Indulgences pl\u00e9ni\u00e8res demand\u00e9es\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>pour l\u2019\u00e9mission des v\u0153ux,<\/li>\n<li>pour le renouvellement annuel,<\/li>\n<li>\u00e0 l\u2019occasion de la pri\u00e8re des Quarante Heures,<\/li>\n<li>\u00e0 l\u2019article de la mort,<\/li>\n<\/ul>\n<p>et il b\u00e9nit les deux Instituts.<\/p>\n<p>C\u2019est de la part de l\u2019Eglise une certaine reconnaissance du bien qui se fait et un encouragement \u00e0 aller de l\u2019avant\u00a0: une source d\u2019esp\u00e9rance sur la route.<\/p>\n<p>Autre esp\u00e9rance\u00a0: le transfert des religieuses aux \u00ab\u00a0Augustins\u00a0\u00bb. Le refuge est une propri\u00e9t\u00e9 prise en location, o\u00f9 il est impossible de faire des agrandissements et entour\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s par le gourbaut, \u00e9gout \u00e0 ciel ouvert. M\u00e8re Ad\u00e8le et ses s\u0153urs aspirent \u00e0 quitter cette maison pour les <em>\u00ab\u00a0Augustins\u00a0\u00bb o\u00f9 \u00ab\u00a0il y a un tr\u00e8s beau jardin. (La maison est situ\u00e9e dans un bon air, ce que n\u2019est pas celle-ci)\u00a0\u00bb<\/em> &#8211; il s\u2019agit du Refuge \u2013 (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 29.1.1820).<\/p>\n<p>Le d\u00e9m\u00e9nagement a lieu le 6 septembre 1820, \u00e0 quatre heures et demie du matin.<\/p>\n<p>Esp\u00e9rance encore quand, le lendemain, le P\u00e8re Chaminade et M\u00e8re Ad\u00e8le, accompagn\u00e9s de six s\u0153urs qui vont former la deuxi\u00e8me Maison de l\u2019Ordre, se mettent en route pour Tonneins\u2026<\/p>\n<p>Le grain tomb\u00e9 en terre a port\u00e9 fruit.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">**********************************<\/p>\n<h1 id=\"aller-jusquau-bout-du-monde\" >\u00ab\u00a0Aller jusqu\u2019au bout du monde\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p>D\u00e8s le lendemain de la translation au couvent des \u00ab\u00a0Augustins\u00a0\u00bb, M\u00e8re Ad\u00e8le, avec six de ses s\u0153urs, prend le chemin de Tonneins. Elles sont accompagn\u00e9es du P\u00e8re Chaminade, qui, depuis plusieurs mois, a men\u00e9 les transactions pour l\u2019acquisition de la maison. Ce ne fut pas chose facile, on l\u2019a vu, mais enfin, Monsieur Faure Lacaussade a obtenu gain de cause\u00a0: les Filles de Marie vont exercer leur influence dans cette petite ville \u00e0 demi protestante.<\/p>\n<p>Mais avant d\u2019aller plus loin, demandons-nous \u00e0 quoi r\u00e9pond la fondation de cette seconde maison de l\u2019Ordre.<\/p>\n<p>C\u2019est tout simplement l\u2019\u00e9panouissement du z\u00e8le apostolique qui d\u00e9vore M\u00e8re Ad\u00e8le.<\/p>\n<h2 id=\"le-zele-apostolique-de-mere-adele\" >Le z\u00e8le apostolique de M\u00e8re Ad\u00e8le<\/h2>\n<p>Si elle fonde la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, n\u2019est-ce pas dans le but de faire conna\u00eetre et aimer le Seigneur. Son c\u0153ur n\u2019est-il pas tout \u00e0 la joie quand elle constate que la \u00ab\u00a0Petites Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb s\u2019agrandit.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je pense que vous partagez la joie que nous avons que notre Soci\u00e9t\u00e9 s\u2019augmente. Je voudrais bien que la cousine dont vous ma parliez fut en \u00e9tat d\u2019\u00eatre admise.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 A.Dich\u00e9 &#8211; 26.6.1806)<\/p>\n<p>On sait comment, petit \u00e0 petit, \u00e0 la vue des immenses besoins des campagnes de l\u2019Agenais, son z\u00e8le se fait inventif\u00a0: cat\u00e9chisme, visite des malades auxquels elle ne manque pas de parler de Dieu et de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, pr\u00e9paration aux sacrements, \u00e9cole o\u00f9 elle enseigne \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire, mais aussi \u00e0 conna\u00eetre Celui \u00e0 qui elle voue un amour passionn\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, elle ne laisse passer aucune occasion de stimuler ses associ\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Ranimons de plus en plus notre z\u00e8le puisque nous devons \u00eatre des petits ap\u00f4tres\u00a0\u00bb. (Lettre \u00e0 A. Dich\u00e9 -21.1.1813)<\/p>\n<p>Lorsque le \u00ab\u00a0Cher Projet\u00a0\u00bb prend forme, on devine la joie profonde qui l\u2019envahit. C\u2019est ainsi qu\u2019elle \u00e9crit \u00e0 Agathe Dich\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mr Laumont vous aura, j&#8217;esp\u00e8re, fait voir une belle lettre que j&#8217;ai re\u00e7ue de Mr Chaminade et qui nous marque le but de sa Congr\u00e9gation : qui est d&#8217;\u00eatre de petites Missionnaires, chacune dans notre \u00e9tat. Je vous avoue que ce terme m&#8217;exalte. Allons donc, ma ch\u00e8re amie, regardons-nous destin\u00e9es \u00e0 procurer par tous les moyens possibles, la gloire de Dieu et le salut du prochain.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 A. Dich\u00e9 \u2013 13.10.1814)<\/p>\n<p>D\u00e8s lors on imagine sans peine l\u2019\u00e9cho que trouve, chez Ad\u00e8le, ces lignes du P\u00e8re Chaminade \u00e0 Madame Belloc qui s\u2019occupe de l\u2019am\u00e9nagement du couvent d\u2019Agen, lui parlant de la mission des s\u0153urs, il lui dit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Elles seront associ\u00e9es \u00e0 l\u2019\u0153uvre de la R\u00e9demption, participantes de l\u2019esprit apostolique, br\u00fblantes du z\u00e8le des missionnaires.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre du P\u00e8re Chaminade n\u00b063 \u2013 F\u00e9vrier 1816)<\/p>\n<p>Cela retentit dans son c\u0153ur et peu apr\u00e8s, elle \u00e9crit \u00e0 Charlotte de Lachapelle ces lignes qui seront un peu comme le refrain du dynamisme apostolique qui l\u2019habitera toute sa vie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que le Seigneur soit glorifi\u00e9 dans toutes nos \u0153uvres\u00a0! Que la gloire de son Nom s\u2019\u00e9tende\u00a0! Que son aimable empire r\u00e8gne sur tous les c\u0153urs\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C.de Lachapelle \u2013 29.2.1816)<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite, elle sent que son c\u0153ur est trop petit pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019amour infini de Celui qui est tout Amour, alors elle trouve la solution\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Mon Dieu, on c\u0153ur est trop petit pour vous aimer, mais il vous fera aimer de tant de c\u0153urs que l\u2019amour de tous ces c\u0153urs suppl\u00e9era \u00e0 la faiblesse du mien.\u00a0\u00bb (Lettre \u00e0 M\u00e9lanie Figarol \u2013 4.5.1818)<\/p><\/blockquote>\n<p>Et lorsqu\u2019en avril 1820, il est question de la fondation de Tonneins, elle se r\u00e9jouit de pouvoir<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0travailler \u00e0 la gloire de notre bon Ma\u00eetre, de t\u00e2cher de Le faire conna\u00eetre et de ramener \u00e0 son bercail tant d\u2019\u00e2mes que l\u2019erreur et l\u2019ignorance en \u00e9loignent.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Faure Lacaussade \u2013 6.4.1820)<\/p>\n<p>Elle sait ranimer le z\u00e8le au c\u0153ur de ses filles. Ainsi lorsque l\u2019une d\u2019entre elles, S. St Fran\u00e7ois qui vient de participer \u00e0 la fondation de Tonneins, regrette les pauvres femmes d\u2019Agen qu\u2019elle aimait et instruisait, M\u00e8re Ad\u00e8le, avec affection, l\u2019am\u00e8ne \u00e0 voir large\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Comment va votre c\u0153ur\u00a0? Allons, du courage\u00a0! A l\u2019exemple de Xavier, br\u00fblons de z\u00e8le pour le salut des \u00e2mes\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Sr St Fran\u00e7ois \u2013 15.9.1820)<\/p>\n<p>A M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se, sup\u00e9rieure de Tonneins, elle envoie ce message enflamm\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, propageons-nous \u00e0 la plus grande gloire de Dieu. Que le Nom du Seigneur soit b\u00e9ni, depuis l&#8217;Orient jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;Occident ! Qu&#8217;il soit connu partout, aim\u00e9 par tous les coeurs, servi par toutes les cr\u00e9atures !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se \u2013 23.8.1821)<\/p>\n<p>Aucune trace d\u2019\u00e9troitesse dans sa mani\u00e8re de voir. Elle est heureuse que l\u2019Institut se d\u00e9veloppe, elle se r\u00e9jouit de ce que les s\u0153urs de la Sainte Famille, les s\u0153urs d\u2019Emilie de Rodat, \u00e9largissent leur champ d\u2019action\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J&#8217;ai vu avec consolation que vous vous \u00e9tendiez pour procurer la gloire de notre commun Ma\u00eetre. Nous prions le Seigneur de b\u00e9nir cette nouvelle ruche \u2026<\/em><\/p>\n<p><em>Oh! Ma ch\u00e8re s\u0153ur, n&#8217;ayons d&#8217;autre d\u00e9sir que celui-l\u00e0 : de nous consumer pour la gloire et l&#8217;honneur de notre Epoux! Que rien ne nous co\u00fbte pour Lui, Il a tant fait pour nous !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 7.10.1822)<\/p>\n<p>Et c\u2019est bien pourquoi le v\u0153u d\u2019enseignement lui tient \u00e0 c\u0153ur. Au sortir d\u2019une retraite annuelle, elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9 C\u0153ur\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab Nous avons renouvel\u00e9 notre voeu d&#8217;enseignement : br\u00fblons maintenant de z\u00e8le pour faire conna\u00eetre J\u00e9sus Christ. Soyons pr\u00eates \u00e0 aller partout pour Le faire aimer, \u00e0 accepter tous les emplois, \u00e0 sacrifier notre sant\u00e9, nos go\u00fbts, nos r\u00e9pugnances, notre vie m\u00eame pour accomplir cet aimable voeu. Soyons de vraies missionnaires.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 18.10.1824)<\/p>\n<p>A la m\u00eame, elle \u00e9crit quelques mois plus tard\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dans notre Institut, il faut des \u00e2mes fortes et qui n&#8217;\u00e9coutent ni la chair, ni le sang. Nous devons avoir l&#8217;esprit apostolique, faire conna\u00eetre et aimer notre c\u00e9leste Epoux. F\u00fbt-ce aux extr\u00e9mistes du monde et avec les sauvages, nous serions contentes de faire son \u0153uvre !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M du sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 21.3.1825)<\/p>\n<p>La gloire de Dieu, le salut des \u00e2mes, tel est le but qu\u2019elle poursuit et pour y parvenir, elle compte sur Marie \u00e0 qui appartient l\u2019Institut\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh ! Faites germer et cro\u00eetre cette d\u00e9votion dans les coeurs de vos novices ! Marie est notre M\u00e8re, c&#8217;est en son secours que nous esp\u00e9rons pour le succ\u00e8s des fins de l&#8217;Institut ! Nous sommes \u00e0 Elle. Il faut donc avoir pour Elle un coeur d&#8217;enfant, recourir souvent \u00e0 Elle avec la confiance qu&#8217;inspire la plus tendre des M\u00e8res. (\u2026) D&#8217;ailleurs, nous ne pouvons plaire \u00e0 notre c\u00e9leste Epoux qu&#8217;en aimant sa M\u00e8re qu&#8217;Il aime tant et qu&#8217;Il a rendue la Dispensatrice de ses gr\u00e2ces.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Louis de Gonzague \u2013 29.4.1825)<\/p>\n<p>On comprend qu\u2019anim\u00e9es par une sup\u00e9rieure si br\u00fblant d\u2019amour, les Filles de Marie se soient rapidement d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"fondations-du-vivant-de-mere-adele\" >Fondations du vivant de M\u00e8re Ad\u00e8le<\/h2>\n<h3 id=\"tonneins\" >Tonneins<\/h3>\n<p>C\u2019est Tonneins, ville situ\u00e9e sur la Garonne \u00e0 quelque 40 km d\u2019Agen, qui accueille la deuxi\u00e8me communaut\u00e9 des Filles de Marie. Voici en quels termes M\u00e8re Ad\u00e8le \u00e9crit au P\u00e8re Chaminade apr\u00e8s que celui-ci lui ait fait part du projet de fondation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quel sujet de b\u00e9nir la Providence que ce champ ouvert au z\u00e8le de l&#8217;Institut ! Je mets ce grand projet sous l&#8217;intercession particuli\u00e8re de l&#8217;ap\u00f4tre du Chablais, saint Fran\u00e7ois de Sales. (\u2026) Il me semble qu&#8217;il faut nous consumer pour parfaire cette oeuvre qui ouvre la porte de l&#8217;Eglise et du Ciel \u00e0 tant d&#8217;\u00e2mes !\u00a0\u00bb<\/em> Lettre au P\u00e8re Chaminade \u2013 6.4.1820)<\/p>\n<p>Bien de son \u00e9poque, M\u00e8re Ad\u00e8le veut travailler \u00e0 la conversion des nombreux protestants de Tonneins. Elle se tourne spontan\u00e9ment vers celui qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019ap\u00f4tre des protestants, Saint Fran\u00e7ois de Sales. Qu\u2019il accompagne de son intercession qui va exercer sa mission \u00e0 Tonneins\u00a0!<\/p>\n<p>Deux mois plus tard, elle laisse entrevoir \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade sa h\u00e2te de voir les s\u0153urs \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il me tarde voir cet \u00e9tablissement en \u00e9tat de recevoir des sujets\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. F. Lacaussade \u2013 10.6.1821)<\/p>\n<p>Quelques semaines avant la fondation, on sent sa joie transpercer \u00e0 travers les lignes qu\u2019elle adresse \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous apprendrai, ma ch\u00e8re amie, que nous sommes \u00e0 la veille de faire partir un petit essaim de notre ruche pour en aller \u00e9tablir une autre (\u2026) La maison est achet\u00e9e, les r\u00e9parations s&#8217;y font. (\u2026) C&#8217;est \u00e0 quatre lieues d&#8217;ici, dans une ville appel\u00e9e Tonneins, qui est moiti\u00e9 protestante. Il y aura un bien immense \u00e0 faire, si le Seigneur nous assiste, pour instruire le peuple, car le m\u00e9lange avec les protestants doit n\u00e9cessairement \u00e9branler leur foi.<\/em><\/p>\n<p><em>Les protestants ont des \u00e9coles pour les deux sexes, et o\u00f9 l&#8217;on instruit fort bien ; de sorte que c&#8217;\u00e9tait une tentation pour les mauvais catholiques d&#8217;y faire \u00e9lever leurs enfants. Et jugez du danger que courait leur foi ! (\u2026) Quel bonheur de travailler \u00e0 y \u00e9tablir le r\u00e8gne de J\u00e9sus Christ ! Et si on pouvait ramener quelques brebis \u00e9gar\u00e9es dans le bercail, quel bonheur !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat \u2013 3.8.1820)<\/p>\n<p>Une fois la fondation effectu\u00e9e, elle se f\u00e9licite aupr\u00e8s de M\u00e9lanie Figarol, une Congr\u00e9ganiste, de ce que<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0nos s\u0153urs de Tonneins ont un grand champ de bataille (\u2026) mais elles ont leur c\u0153ur br\u00fblant d\u2019amour pour Dieu et le d\u00e9sir de Le faire conna\u00eetre et aimer.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e9lanie Figarol \u2013 6.10.1820)<\/p>\n<p>Les s\u0153urs de Tonneins commencent \u00e0 peine leurs activit\u00e9s apostoliques que d\u00e9j\u00e0 d\u2019autres villes demandent des Filles de Marie (cf. Lettre \u00e0 M. Figarol \u2013 11.11.1820). Quelques mois plus tard, M\u00e8re Ad\u00e8le rend gr\u00e2ce au Seigneur qui prot\u00e8ge l\u2019Institut et son d\u00e9veloppement\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019\u0153uvre du Seigneur para\u00eet vouloir s\u2019\u00e9tendre\u00a0; la bont\u00e9 de Dieu prot\u00e8ge l\u2019Institut d\u2019une mani\u00e8re toute particuli\u00e8re. B\u00e9nissons sa bont\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 C. de Lachapelle \u2013 27.8.1821)<\/p>\n<p>Et \u00e0 la fin de 1821, elle confie \u00e0 M\u00e9lanie Figarol\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il para\u00eet que le bon Dieu veut la propagation de notre Institut\u00a0; en divers endroits, on demande des maisons\u2026 Mais il faut encore du temps afin d\u2019avoir des sujets assez pr\u00e9par\u00e9s<\/em> (Lettre \u00e0 M. Figarol \u2013 13.12.1821)<\/p>\n<p>Et en 1827, \u00e0 quelques mois de sa mort, c\u2019est le m\u00eame refrain\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il y a plusieurs \u00e9tablissement qui se pr\u00e9sentent, s\u2019il y avait des sujets. H\u00e2tez-vous de former des chefs, c\u2019est ce qui manque le plus.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague \u2013 16.7.1827)<\/p>\n<h3 id=\"projet-de-fondation-en-alsace\" >Projet de fondation en Alsace<\/h3>\n<p>Ces divers appels ne restent pas lettre morte. Ce serait mal conna\u00eetre M\u00e8re Ad\u00e8le que d\u2019imaginer qu\u2019elle pouvait ne pas faire tout son possible pour r\u00e9pondre \u00e0 des demandes qui permettraient \u00e0 ses S\u0153urs de faire conna\u00eetre et aimer le Seigneur.<\/p>\n<p>En juillet 1822, M\u00e8re Ad\u00e8le fait part \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat d\u2019un projet de fondation en Alsace\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0(Nos Fr\u00e8res) viennent de s\u2019\u00e9tablir en Alsace. On y demande des S\u0153urs aussi\u00a0; je ne sais si cela pourra avoir lieu. Ce sera un grand adieu pour celles que l\u2019ob\u00e9issance y enverrait. Mais le Ciel nous r\u00e9unira.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 Emilie de Rodat 3.7. 1822)<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s elle \u00e9crit encore \u00e0 la m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On parle de la fondation en Alsace\u00a0; priez le bon Dieu que nous ne fassions rien que dans son esprit.\u00a0\u00bb\u00a0<\/em>(lettre \u00e0 Emilie de Rodat 12.11.1823)<\/p>\n<p>Ces lignes sont suffisamment parlantes pour nous d\u00e9voiler la disponibilit\u00e9, la foi et le z\u00e8le de M\u00e8re Ad\u00e8le. Malgr\u00e9 ces dispositions, le projet n\u2019aboutit pas et fin 1823, on parle d\u2019une fondation plus proche.<\/p>\n<h3 id=\"condom\" >Condom<\/h3>\n<p>Il s\u2019agit de Condom, ville ou est n\u00e9e Charlotte de Lachapelle, M\u00e8re Marie de l\u2019Incarnation. C\u2019est au retour d\u2019une cure \u00e0 Bagn\u00e8res de Luchon que Charlotte de Lachapelle, a fauss\u00e9 compagnie \u00e0 celles qui l\u2019accompagnaient pour rejoindre le couvent d\u2019Agen. Ses parents, en effet, ne se sentaient pas le courage de lui donner la permission de devenir religieuse. Son p\u00e8re lui-m\u00eame lui avait sugg\u00e9r\u00e9 de prendre la fuite. C\u2019est ce qu\u2019elle avait fait. Ses parents ne voulant pas contrecarrer la vocation de leur fille mais souhaitant la voir plus proche propos\u00e8rent de financer l\u2019achat d\u2019une maison \u00e0 Condom. Le P\u00e8re Chaminade et M\u00e8re Ad\u00e8le accept\u00e8rent et le 16 juillet 1824, M\u00e8re Marie de l\u2019Incarnation et ses compagnes prenaient possession de ce qui devenait la troisi\u00e8me maison de l\u2019Ordre.<\/p>\n<p>Condom, \u00e0 35 kilom\u00e8tres au Sud-Ouest d\u2019Agen regroupe d\u00e9j\u00e0 un certain nombre de Congr\u00e9ganistes actives qui se r\u00e9jouissent de l\u2019arriv\u00e9e des S\u0153urs. Elles accueillent avec joie M\u00e8re Ad\u00e8le et P\u00e8re Chaminade venus installer la nouvelle communaut\u00e9. Elles \u00e9coutent avec attention M\u00e8re Ad\u00e8le qui les encourage \u00e0 travailler de concert avec les S\u0153urs \u00e0 la mission qui leur est confi\u00e9e. Heureuse de ces contacts avec les Congr\u00e9ganistes, dont certaines ont appartenu \u00e0 la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, M\u00e8re Ad\u00e8le regagne Agen et sa ch\u00e8re cl\u00f4ture. Dans quelques jours elle va partir ouvrir le noviciat de Bordeaux, nous y reviendrons plus loin.<\/p>\n<h3 id=\"arbois\" >Arbois<\/h3>\n<p>Tandis que l\u2019Institut se d\u00e9veloppe dans le Sud-Ouest, la \u00ab\u00a0branche masculine de l\u2019Ordre\u00a0\u00bb, tout en s\u2019implantant aussi dans le Sud-Ouest, r\u00e9pond \u00e0 des appels venus de l\u2019Est de la France. Et c\u2019est ainsi que des jeunes filles, au contact des Fr\u00e8res, d\u00e9couvrent l\u2019Institut et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 quitter la Suisse, l\u2019Alsace ou la Franche Comte pour venir se former \u00e0 la vie religieuse aupr\u00e8s des Filles de Marie. Il n\u2019\u00e9tait que juste, d\u00e8s lors que, t\u00f4t ou tard, M\u00e8re Ad\u00e8le et le P\u00e8re Chaminade envisagent quelques fondations dans cette r\u00e9gion. On l\u2019a vu, la fondation d\u2019Alsace \u00e0 Eguisheim n\u2019a pas abouti, mais voici, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1826, une nouvelle proposition\u00a0: Monsieur Bardenet, missionnaire, qui a \u00e9t\u00e9 cur\u00e9 d\u2019Arbois plusieurs ann\u00e9es, pense que l\u2019ancien couvent des Capucins conviendrait parfaitement aux activit\u00e9s des Filles de Marie. Il en parle au P\u00e8re Chaminade qui se rend sur les lieux et juge la fondation convenable, se concerte avec M\u00e8re Ad\u00e8le.<\/p>\n<p>Ensemble, ils arr\u00eatent les s\u0153urs qui partiront pour la lointaine fondation. Le moment venu, M\u00e8re Ad\u00e8le se rend \u00e0 Bordeaux, et c\u2019est de l\u00e0 que la petite colonie de neuf s\u0153urs et deux novices se met en route, le dimanche 28 octobre 1826, pour la lointaine Franche Comt\u00e9. C\u2019est un adieu \u00e9ternel que la fondatrice adresse \u00e0 ses filles. Depuis des mois, elle voit sa sant\u00e9 d\u00e9cliner, elle pressent qu\u2019elle ne se rendra jamais aussi loin. C\u2019est au Ciel que l\u2019on se retrouvera. Voici les lignes qu\u2019elle envoie \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9 C\u0153ur, la veille du d\u00e9part de la petite colonie d\u2019Arbois\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos ch\u00e8res partantes partent dimanche (\u2026) Mon c\u0153ur est d\u00e9chir\u00e9, mais on ne cesse de me dire de ne vivre que de la foi. (\u2026) Ne nous plaignons pas, nos s\u0153urs qui vont \u00e0 200 lieues font des adieux \u00e9ternels sans doute.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M. du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 27.10.1826)<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame lettre, elle demande \u00e0 ses s\u0153urs\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Chaque jour une communion, un Sub Tuum et un Ave Saint Joseph et une pri\u00e8re \u00e0 l\u2019ange gardien pour les pauvres filles qui vont voyager si loin. \u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M. du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 27.10.1826)<\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, elle s\u2019adresse \u00e0 M\u00e8re Louis de Gonzague\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Combien nos ch\u00e8res s\u0153urs d\u2019Arbois doivent-elles marcher dans le chemin royal\u00a0! Ne cessons de prier le Seigneur qu\u2019Il les y soutienne et qu\u2019Il les conduise par sa puissante protection.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague \u2013 31.10.1826)<\/p>\n<p>Certes, ce n\u2019\u00e9tait pas rien que ce voyage et il fallut trois semaines aux voyageuses pour parvenir au but. Elles arriv\u00e8rent le 18 novembre, re\u00e7urent un accueil chaleureux de la ville et se mirent imm\u00e9diatement \u00e0 l\u2019\u0153uvre, une \u0153uvre qui d\u00e9passait les pr\u00e9visions. Ecoutons ce que M\u00e8re Ad\u00e8le en dit \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9 C\u0153ur\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Enfin nos ch\u00e8res s\u0153urs sont arriv\u00e9es \u00e0 Arbois bien portantes. On leur a fait l&#8217;accueil le plus flatteur, mais elles ont trouv\u00e9 encore plus d&#8217;ouvrage qu&#8217;il n&#8217;y en avait d&#8217;annonc\u00e9. La sup\u00e9rieure est charg\u00e9e en seul du pensionnat. Priez pour elle. (\u2026) Elles sont \u00e9cras\u00e9es par le travail\u00a0: cinq classes ouvertes tout de suite sans s&#8217;\u00eatre repos\u00e9es.<\/em> (Lettres \u00e0 M. M. du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 9 et 12.12.1826)<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc les diff\u00e9rentes fondations r\u00e9alis\u00e9es du vivant de M\u00e8re Ad\u00e8le. A quelles activit\u00e9s se livrent les s\u0153urs\u00a0?<\/p>\n<h2 id=\"activites-apostoliques-des-soeurs\" >Activit\u00e9s apostoliques des s\u0153urs<\/h2>\n<p>Comme \u00e0 Agen on retrouve la Congr\u00e9gation avec ses r\u00e9unions. Les s\u0153urs sont \u00e0 peine install\u00e9es \u00e0 Tonneins que M\u00e8re Ad\u00e8le recommande\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il faudra vous faire une liste en r\u00e8gle des Offici\u00e8res, des Congr\u00e9ganistes, des inscrites etc\u2026 pour en faire faire l\u2019appel par une Offici\u00e8re le dimanche. Il me tarde d\u2019avoir des nouvelles de la r\u00e9union des Dames.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se \u2013 15.9.1820)<\/p>\n<p>Ce sont les classes gratuites avec l\u2019enseignement mais aussi les cat\u00e9chismes, la pr\u00e9paration aux sacrements.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019instruction des pauvres mendiantes, l\u2019ouvroir. M\u00e8re Ad\u00e8le suit le d\u00e9veloppement de toutes ces activit\u00e9s et donne des nouvelles de ce qui se vit \u00e0 Agen\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos classes vont bien et sont fort nombreuses ; les Congr\u00e9gations se soutiennent bien. C&#8217;est l&#8217;ouvrage de Marie. (\u2026)Tous les dimanches matins, la m\u00e8re saint Vincent a une r\u00e9union de filles et femmes de Saint Hilaire &#8211; d&#8217;une lieue et demie &#8211; qui \u00e9coutent avec avidit\u00e9 la Parole de Dieu. Elle leur fait en gascon. Nous avons aussi \u00e0 la couture plusieurs filles de la campagne qui r\u00e9ussissent bien.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 S. M. S\u00e9raphine \u2013 27.05.1825)<\/p>\n<p>Ce sont, on s\u2019en souvient, les besoins des campagnes qui ont modifi\u00e9 les projets de M\u00e8re Ad\u00e8le, la conduisant \u00e0 abandonner son id\u00e9e du Carmel pour se lancer dans l\u2019aventure d\u2019une vie religieuse apostolique. La cl\u00f4ture et l\u2019installation des premi\u00e8res communaut\u00e9s en ville ne lui font pas oublier ses chers villages. Et c\u2019est pourquoi elle attache une grande importance au Tiers Ordre s\u00e9culier. A Agen, il regroupe, autour de Madame Belloc, des Congr\u00e9ganistes ferventes \u00ab\u00a0qui veulent marcher ensemble dans la voie des vertus chr\u00e9tiennes et soutenir et accro\u00eetre la Congr\u00e9gation de leur sexe\u00a0\u00bb (cf. Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on par H. Rousseau \u2013 p 436). Les personnes qui en font partie font un noviciat puis \u00e9mettent les v\u0153ux temporaires d\u2019ob\u00e9issance, de chastet\u00e9 et de d\u00e9vouement \u00e0 l\u2019Institut de Marie. Les m\u00e8res de famille font les premiers et les derniers de ces v\u0153ux.<\/p>\n<p>D\u00e8s 1821, \u00e0 Tonneins, c\u2019est M\u00e8re Dosith\u00e9e qui en est charg\u00e9e et M\u00e8re Ad\u00e8le entretient une correspondance suivie avec cette s\u0153ur, insistant sur la mission de ces personnes qui prolongent et multiplient l\u2019action des communaut\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est une branche de l\u2019Institut que le Tiers Ordre et l\u2019Institut doit marcher sur les traces du divin Sauveur qui allait par les villes et les campagnes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se \u2013 12.10.1821)<\/p>\n<p>A toutes ces activit\u00e9s vient s\u2019en ajouter une nouvelle \u00e0 Condom\u00a0: l\u2019ouverture d\u2019un pensionnat dont M\u00e8re Emmanuelle est charg\u00e9e. De m\u00eame d\u00e8s leur arriv\u00e9e \u00e0 Arbois, les s\u0153urs accueillent des pensionnaires.<\/p>\n<p>Toutefois, ouvrir de nouvelles maisons, prendre en charge la Congr\u00e9gation, les classes, l\u2019instruction du peuple\u2026 suppose d\u2019avoir des personnes form\u00e9es et capables de r\u00e9pondre \u00e0 la mission qui leur est confi\u00e9e. C\u2019est pourquoi, tr\u00e8s t\u00f4t, on voit la jeune fondatrice se soucier de la formation des sujets. Elle y attache une grande importance, c\u2019est dans ce but qu\u2019elle souhaite ouvrir un noviciat \u00e0 Bordeaux de fa\u00e7on \u00e0 ce que les novices puissent se former \u00ab\u00a0sous les yeux du P\u00e8re Fondateur\u00a0\u00bb (Lettre \u00e0 M. Emilie de Rodat \u2013 11.5.1824).<\/p>\n<h2 id=\"pour-la-mission-une-formation-le-noviciat-de-bordeaux\" >Pour la mission, une formation\u00a0: le noviciat de Bordeaux<\/h2>\n<p>C\u2019est dans ce but que quelques jours apr\u00e8s la fondation de Condom, M\u00e8re Ad\u00e8le et le P\u00e8re Chaminade prennent la direction de Bordeaux pour y installer la nouvelle communaut\u00e9. Le 26 juillet 1824, le noviciat d\u00e9barque rue Mazarin. M\u00e8re Marie-Joseph, cousine de m\u00e8re Ad\u00e8le, est sup\u00e9rieure de la nouvelle communaut\u00e9, tandis que M\u00e8re Louis de Gonzague prend ses fonctions de ma\u00eetresse des novices.<\/p>\n<p>Que ce soit \u00e0 la ma\u00eetresse des novices, que ce soit aux novices qu\u2019elle s\u2019adresse, c\u2019est toujours la m\u00eame insistance de M\u00e8re Ad\u00e8le sur une formation solide qui tienne compte de l\u2019apostolat de l\u2019Institut. Qu\u2019on en juge\u00a0plut\u00f4t\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Sentez (\u2026) votre glorieuse destin\u00e9e : former des \u00e9pouses \u00e0 l&#8217;Agneau de Dieu, des missionnaires destin\u00e9es \u00e0 aller un jour \u00e0 la recherche des brebis du divin Pasteur. (\u2026) Fatiguons-nous, \u00e0 l&#8217;exemple de J\u00e9sus Christ \u00e0 la recherche de la Samaritaine, ne craignons pas notre peine pour une si grande \u0153uvre !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague \u2013 2.11.1824)<\/p>\n<p>Et encore\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Animez beaucoup vos novices au z\u00e8le de la gloire de Dieu ! Que cette pens\u00e9e les excite \u00e0 acqu\u00e9rir les vertus qui les rendront propres \u00e0 la procurer et \u00e0 s&#8217;adonner \u00e0 l&#8217;\u00e9tude, surtout de la religion. (\u2026) Je vous recommande d&#8217;insister sur les cat\u00e9chismes, sur les explications des v\u00e9rit\u00e9s n\u00e9cessaires au salut, sur l&#8217;explication des myst\u00e8res, des commandements, des sacrements etc&#8230;\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0 (Lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague \u2013 16.7.1827)<\/p>\n<p>Quant aux novices et professes qui se trouvent \u00e0 Bordeaux, elle leur \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vous \u00eates la p\u00e9pini\u00e8re des petites missionnaires que le divin Ma\u00eetre doit ensuite r\u00e9pandre en divers lieux pour y faire son \u0153uvre. (\u2026) Vous \u00eates destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9pandre la doctrine de J\u00e9sus Christ, associ\u00e9es aux fonctions apostoliques entrant dans le grand ouvrage de la R\u00e9demption ! Mais combien faut-il que vous travailliez \u00e0 devenir des saintes, car les ap\u00f4tres qui ont converti l&#8217;univers ont tous \u00e9t\u00e9 des saints !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Marie-Joseph \u2013 20.10.1824)<\/p>\n<p>Enfin, aux novices qui se pr\u00e9parent \u00e0 la profession, elle rappelle\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nouvel essaim d\u2019ap\u00f4tres de l\u2019agneau, allez au sortir de votre retraite, \u00e0 la conqu\u00eate des c\u0153urs pour en ravir au d\u00e9mon, au monde et les donner \u00e0 J\u00e9sus.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre aux futures professes \u2013 4.11.1825 et cf. lettre aux novices 4.3.1826)<\/p>\n<p>A travers toute cette activit\u00e9 missionnaire, on per\u00e7oit bien les dispositions fondamentales qui animent M\u00e8re Ad\u00e8le.<\/p>\n<h2 id=\"dispositions-de-mere-adele\" >Dispositions de M\u00e8re Ad\u00e8le<\/h2>\n<h3 id=\"foi-et-confiance-dans-la-priere\" >Foi et confiance dans la pri\u00e8re<\/h3>\n<p>Toutes les fondations sont accompagn\u00e9es par la pri\u00e8re des S\u0153urs\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous disons tous les jours un \u2018Veni Sancte\u2019 et une pri\u00e8re \u00e0 Saint Joseph\u2026\u00a0\u00bb<\/em> (pour Tonneins) (lettre \u00e0 M. Emilie de Rodat 24.5. 1820)<\/p>\n<p>Quand des difficult\u00e9s semblent vouloir contrecarrer l\u2019\u00e9tablissement de Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 continuer l\u2019\u0153uvre si bien commenc\u00e9, esp\u00e9rant que la Providence soutiendra mon droit. C\u2019est la gloire de Dieu que je veux chercher uniquement\u00a0: Il sera mon protecteur.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Faure Lacaussade 9.7. 1820)<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard quand il lui faut se s\u00e9parer de S\u0153ur Nativit\u00e9 qui dirigeait la Congr\u00e9gation \u00e0 Agen\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai remis la Congr\u00e9gation entre les mains de Marie (\u2026) J\u2019esp\u00e8re en Dieu et en Marie\u00a0: c\u2019est pour leur gloire.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague 5.2. 1825)<\/p>\n<p>De m\u00eame lorsqu\u2019un peu apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Arbois elle apprend que M\u00e8re Marie Joseph, atteinte de la fi\u00e8vre typho\u00efde, est \u00e0 toute extr\u00e9mit\u00e9, c\u2019est en Dieu seul qu\u2019elle cherche refuge, invitant toutes les S\u0153urs \u00e0 faire violence au Ciel. (cf. lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague 26. 12. 1826)<\/p>\n<h3 id=\"affection-pour-ses-soeurs\" >Affection pour ses S\u0153urs<\/h3>\n<p>Elle aime et compte sur le Seigneur, Marie, elle aime chacune de ses S\u0153urs avec une tendresse toute maternelle qui s\u2019int\u00e9resse aussi bien \u00e0 leur croissance spirituelle qu\u2019\u00e0 leur sant\u00e9 physique.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tout m\u2019int\u00e9resse venant de mes ch\u00e8res filles\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M.M. du Sacr\u00e9 C\u0153ur 15.5. 1825), \u00e9crit-elle \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9 C\u0153ur, son amie des premiers jours. Et elle recommanda \u00e0 S\u0153ur St. Fran\u00e7ois, \u00e9conome \u00e0 Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faites un examen particulier sur ce v\u0153u de pauvret\u00e9. Il faut le n\u00e9cessaire, mais ne rien accorder \u00e0 la sensualit\u00e9. Soignez cependant les sant\u00e9s\u00a0: du laitage sucr\u00e9 ce Car\u00eame.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 S. St Fran\u00e7ois 10. 3. 1821)<\/p>\n<p>M\u00e8re Ad\u00e8le stimule M\u00e8re Dosith\u00e9e dans son activit\u00e9 aupr\u00e8s du Tiers Ordre s\u00e9culier de Tonneins, tout en lui rappelant qu\u2019elle doit marcher par les voies de l\u2019humilit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ma ch\u00e8re Dosith\u00e9e, comme el faut que vous posiez un grand fondement d\u2019humilit\u00e9\u00a0! Car le moindre orgueil porterait un coup bien terrible en mettant obstacle aux gr\u00e2ces du bon Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Dosith\u00e9e 8.9. 1821)<\/p>\n<p>Lors de la fondation de Tonneins, elle sugg\u00e8re \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade de proposer aux s\u0153urs de M\u00e8re Louis de Gonzague, Congr\u00e9ganistes de la ville, de venir participer \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement des locaux. (cf. lettre \u00e0 M.F. Lacaussade 25.8. 1820)<\/p>\n<h3 id=\"interet-pour-les-oeuvres-de-linstitut\" >Int\u00e9r\u00eat pour les \u0153uvres de l\u2019Institut<\/h3>\n<p>Non seulement elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 chacune de ses S\u0153urs, mais encore elle voit les \u0153uvres\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pressez l\u2019ach\u00e8vement de l\u2019Ecole du peuple\u00a0: c\u2019est urgent\u00a0!\u2026 Il me tarde d\u2019avoir des nouvelles de la r\u00e9union des Dames.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se 15. 9. 1820)<\/p>\n<p>Trois semaines plus tard, elle demande \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se, \u00e0 Tonneins depuis un mois\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avez-vous commenc\u00e9 les classes\u00a0? Comment va la r\u00e9union de bienfaisance\u00a0?<\/em> (lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se 5.10.1820)<\/p>\n<p>Et M\u00e8re saint Foy a droit \u00e0 ce message\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur vous dit de bien faire aimer le bon Dieu par toutes vos \u00e9l\u00e8ves.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Ste Foy 16.11.1820)<\/p>\n<p>Le Tiers Ordre occupe une place privil\u00e9gi\u00e9e dans son c\u0153ur\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Comment va le Tiers Ordre\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Dosith\u00e9e 21.2.1821)<em> \u00ab\u00a0Je voudrais bien que le P\u00e8re Larribeau dirige\u00e2t les S\u0153urs du Tiers Ordre (\u2026) Le Tiers Ordre peut faire tant de bien s\u2019il est bien dirig\u00e9\u00a0! (\u2026) Je tiens \u00e0 ce que ce petit noyau produise un arbre pr\u00e9cieux pour \u00e9tendre son ombre sur les campagnes.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se 12.10. 1821)<\/p>\n<h3 id=\"sens-pratique\" >Sens pratique<\/h3>\n<p>Enfin ce qui est frappant c\u2019est le sens pratique dont M\u00e8re Ad\u00e8le fait preuve lors de chaque fondation. Sa correspondance nous livre davantage de d\u00e9tails lors de la fondation de Tonneins, mais ce que l\u2019on trouve \u00e0 l\u2019occasion des diverses maisons laisse bien entrevoir ce m\u00eame r\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Rien n\u2019\u00e9chappe \u00e0 son souci maternel. Voici, par exemple, ce que nous lisons sous sa plume un mois avant l\u2019installation des S\u0153urs \u00e0 Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Comme nous voulons, \u00e0 l&#8217;exemple de la fourmi, penser \u00e0 l&#8217;entretien de nos s\u0153urs pour cet hiver, je d\u00e9sirerais savoir le prix du bois \u00e0 Tonneins. (\u2026) Suivant le prix que vous nous marquerez, nous ach\u00e8terons l\u00e0-bas ou ici car, comme c&#8217;est la descente, le prix de port ne saurait \u00eatre tr\u00e8s consid\u00e9rable et nous calculerions. Nous vous demandons \u00e9galement le prix du vin, pour la m\u00eame raison.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. F. Lacaussade \u2013 10.8.1820)<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s elle adresse ces lignes \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous nous trouvons pour le moment bien embarrass\u00e9es, aussi ne pourrons-nous acheter que l\u2019indispensable n\u00e9cessaire. Nous n\u2019avons point d\u2019\u00e9chelle double ici\u00a0; nous comptons en demander une \u00e0 nos ouvriers par-dessus le march\u00e9 de nos ouvrages. Faites-en autant \u00e0 ceux de Tonneins. Nous vous enverrons (\u2026) un chauffe-lit, un r\u00e9chaud, un panier \u00e0 \u00e9gout, une paire de chenets (\u2026) Pour les carafes, nous ne nous en servons pas (\u2026) Nous enverrons pour la chapelle\u00a0: une custode, une pierre sacr\u00e9e, deux aubes, deux ornements (\u2026) Nous emballons le linge\u00a0; nous en envoyons peu, mais c\u2019est ce que nous pouvons\u00a0\u00bb<\/em> (\u2026)\u00a0(lettre \u00e0 M. F. Lacaussade 25.8.1820 et cf. 16.8.1820)<\/p>\n<p>Telle est l\u2019\u0153uvre accomplie par M\u00e8re Ad\u00e8le\u00a0: en dix ans ses religieuses sont pass\u00e9es de cinq \u00e0 cinquante. Il y a cinq communaut\u00e9s\u00a0: un vaste champ d\u2019action s\u2019ouvre devant les Filles de Marie. A elles de mettre en \u0153uvre le talent confi\u00e9 par le P\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">* * ** * ** * ** * ** * ** * ** * ** * ** * ** * *<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1 id=\"tout-pour-la-gloire-de-dieu\" >\u00ab\u00a0Tout pour la gloire de Dieu\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p>A travers la correspondance de M\u00e8re Ad\u00e8le, nous avons pu suivre le d\u00e9veloppement des Filles de Marie \u00e0 Agen et dans les communaut\u00e9s o\u00f9 elles ont essaim\u00e9 du vivant de la Fondatrice. Dans cet article nous nous proposons de voir le souci que M\u00e8re Ad\u00e8le a toujours port\u00e9 de l\u2019apostolat des campagnes et le partage spirituel qu\u2019elle a v\u00e9cu \u00e0 travers les lettres adress\u00e9es \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat, fondatrice des S\u0153urs de la Sainte Famille de Villefranche de Rouergue.<\/p>\n<h2 id=\"le-souci-des-campagnes\" >Le souci des campagnes<\/h2>\n<p>Ad\u00e8le, jeune adolescente d\u2019\u00e0 peine treize ans, avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s profond\u00e9ment marqu\u00e9e par le spectacle d\u00e9solant qu\u2019offraient les campagnes lors de son retour d\u2019exil en France. La travers\u00e9e des villages de Saint S\u00e9bastien \u00e0 Feugarolles avait laiss\u00e9 dans le c\u0153ur de la jeune fille le d\u00e9sir de rem\u00e9dier de toutes ses forces \u00e0 ce spectacle de d\u00e9solation.<\/p>\n<p>L\u2019amour rend inventif. Ad\u00e8le sut trouver des moyens vari\u00e9s pour subvenir aux mis\u00e8res mat\u00e9rielles, morales, intellectuelles et spirituelles qui l\u2019environnaient\u00a0: visite des pauvres, assistance aux d\u00e9munis, \u00e9cole \u00ab\u00a0\u00e0 toute heure\u00a0\u00bb pour les enfants des villages qui venaient au ch\u00e2teau pour apprendre \u00e0 lire, \u00e9crire\u2026 Ad\u00e8le mettait \u00e0 profit ces multiples contacts pour parler du Christ et de sa M\u00e8re. Elle enseignait les rudiments de la foi, apprenait \u00e0 prier et dans le m\u00eame temps elle engageait avec force et conviction les associ\u00e9es \u00e0 faire de m\u00eame.<\/p>\n<p>Comment d\u00e8s lors imaginer qu\u2019une fois religieuse elle ait pu oublier les besoins des campagnes\u00a0?<\/p>\n<p>Oui, mais elle et ses compagnes avaient souhait\u00e9 \u00eatre de vraies religieuses et la cl\u00f4ture les retenait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du couvent. Certes, les Sup\u00e9rieurs, pour un besoin apostolique, pouvaient en dispenser momentan\u00e9ment mais en attendant la communaut\u00e9 se trouvait \u00e0 Agen, en ville, \u00e9loign\u00e9e des villages. Ad\u00e8le n\u2019\u00e9tait pas d\u2019un temp\u00e9rament \u00e0 se tenir pour battue.<\/p>\n<p>Elle avait form\u00e9 les associ\u00e9es \u00e0 \u00eatre missionnaires l\u00e0 o\u00f9 elles vivaient\u00a0; de son c\u00f4t\u00e9, le P\u00e8re Chaminade, \u00e0 Bordeaux avait propos\u00e9 aux Congr\u00e9ganistes les plus ferventes un \u00ab\u00a0Etat\u00a0\u00bb religieux dans le monde. Pourquoi d\u00e8s lors ne pas engager des Congr\u00e9ganistes z\u00e9l\u00e9es dans un Tiers-Ordre, Madame Belloc, jeanne Dich\u00e9, co-fondatrice de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb n\u2019\u00e9tait-elle pas tout indiqu\u00e9e pour cela\u00a0? Mari\u00e9e en 1805, m\u00e8re de quatre enfants, elle avait perdu son mari en novembre 1812. Tout en s\u2019adonnant avec amour \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de ses fils elle avait alors consacr\u00e9 son temps libre aux \u0153uvres de bienfaisance et particuli\u00e8rement \u00e0 la cr\u00e9ation, \u00e0 l\u2019organisation et au d\u00e9veloppement de la Congr\u00e9gation dans maints villages, ce qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 de faire du vivant de son Mari. En outre elle se sentait appel\u00e9e \u00e0 la cons\u00e9cration religieuse et elle percevait parfaitement ce que cela repr\u00e9sentait. N\u2019\u00e9tait-ce pas \u00e0 elle que le P\u00e8re Chaminade avait confi\u00e9 le soin de ranimer le courage des futures fondatrices en f\u00e9vrier 1816, peu avant la fondation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Soutenez, animez toutes nos Enfants par l&#8217;espoir de voir prochainement leurs v\u0153ux accomplis. Ayez avec elles de fr\u00e9quents entretiens, soit de vive voix, soit par \u00e9crit. Tant\u00f4t vous leur porterez envie de pouvoir consacrer au c\u00e9leste Epoux des c\u0153urs et des corps vierges. Tant\u00f4t vous leur peindrez l&#8217;excellence de l&#8217;\u00e9tat qu&#8217;elles embrassent : elles seront associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de R\u00e9demption, participantes de l&#8217;esprit apostolique, br\u00fblantes du z\u00e8le des missionnaires. D&#8217;autres fois, vous pourrez leur parler des avantages de la vie commune et r\u00e9guli\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre du P\u00e8re Chaminade \u00e0 Madame Belloc \u2013 n\u00b063)<\/p>\n<p>En juillet 1817, elle se consacre \u00e0 Dieu dans le monde par les v\u0153ux de chastet\u00e9, pauvret\u00e9, ob\u00e9issance, promettant de travailler sous l\u2019autorit\u00e9 des sup\u00e9rieures \u00e0 la conservation des m\u0153urs chr\u00e9tiennes et de la foi catholique. (cf. en illustration le texte de sa profession).<\/p>\n<p>Et c\u2019est ainsi que, d\u00e8s 1817, Madame Belloc se retrouve responsable du Tiers-Ordre s\u00e9culier d\u2019Agen. De longue date, car elle habite Agen depuis l\u2019enfance, elle conna\u00eet les Congr\u00e9ganistes qui s\u2019engagent dans le Tiers-Ordre.<\/p>\n<p>Animatrice ardente, d\u2019heureux temp\u00e9rament, elle ne m\u00e9nage pas sa peine comme en t\u00e9moignent plusieurs lettres de M\u00e8re Ad\u00e8le\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Madame Belloc est \u00e0 Villeneuve, priez qu\u2019elle y fasse du bien\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (\u00e0 M.M. du Sacre C\u0153ur \u2013 5.2.1824)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est la ch\u00e8re s\u0153ur Clotilde qui ira accompagner s\u0153ur Nativit\u00e9, la s\u0153ur de J\u00e9sus (madame Belloc) \u00e9tant \u00e0 Villeneuve. Cette bonne s\u0153ur fait toujours notre consolation par sa ferveur et sa gaiet\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (\u00e0 M.M du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 31.1.1825)<\/p>\n<p>Lorsque la communaut\u00e9 d\u2019Agen essaime \u00e0 Tonneins, M\u00e8re Ad\u00e8le cherche imm\u00e9diatement \u00e0 instaurer le Tiers-Ordre. Le P\u00e8re Chaminade lui donne sa structure lors de la retraite qu\u2019il vient pr\u00eacher \u00e0 la communaut\u00e9 durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1821. C\u2019est s\u0153ur Dosith\u00e9e qui est charg\u00e9e du Tiers-Ordre et tout particuli\u00e8rement de la formation des jeunes Congr\u00e9ganistes qui y entrent. M\u00e8re Ad\u00e8le va suivre de pr\u00e8s cette nouvelle \u0153uvre et aider s\u0153ur Dosith\u00e9e dans sa maison. Par ses lettres nous pouvons d\u00e9couvrir ce qu\u2019est le Tiers-Ordre et quel est son but.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se de J\u00e9sus, sup\u00e9rieure de Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est une branche de l\u2019Institut (l\u2019Institut comportant les religieuses et les religieux) que le Tiers Ordre. Et l\u2019Institut doit marcher sur les traces du divin Sauveur qui allait par les villes et les campagnes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se de J\u00e9sus \u2013 12.10.1821)<\/p>\n<p>On reconna\u00eet l\u00e0 l\u2019intuition premi\u00e8re de M\u00e8re Ad\u00e8le. A l\u2019exemple du Christ, il s\u2019agit d\u2019\u00e9vang\u00e9liser villes et villages. Les s\u0153urs sont en ville, les tertiaires \u00e0 la campagne. En effet\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce sont des \u00e2mes appel\u00e9es \u00e0 faire dans le dehors ce que nous ne pouvons pas faire, vu notre cl\u00f4ture\u00a0; ce sont de vraies filles de l\u2019Institut qui nous serviront d\u2019app\u00e2t pour accrocher des \u00e2mes \u00e0 J\u00e9sus Christ et \u00e0 Marie.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 S. Dosith\u00e9e \u2013 8.9.1821)<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 cause de la mission m\u00eame du Tiers Ordre qu\u2019elle tient \u00e0 ce que ces jeunes filles aient une bonne direction. Elle souhaite les confier au P\u00e8re Larribeau\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab Je voudrais bien que le P\u00e8re Larribeau dirige\u00e2t les s\u0153urs du Tiers-Ordre ; cela me para\u00eet \u00eatre selon le bien de la chose : je connais (elle parle par exp\u00e9rience) tout le bien de sa direction.<\/em><\/p>\n<p><em>Le Tiers-Ordre peut faire tant de bien s&#8217;il est bien dirig\u00e9 !&#8230; (\u2026) Je tiens tant que ce petit noyau produise un arbre pr\u00e9cieux pour \u00e9tendre son ombre sur les campagnes ! Je le crois destin\u00e9 \u00e0 faire l&#8217;\u0153uvre de l&#8217;Institut dans les chers villages.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. Th\u00e9r\u00e8se de J\u00e9sus \u2013 12.10.1820)<\/p>\n<p>C\u2019est bien un but apostolique que les tertiaires ont \u00e0 remplir comme en t\u00e9moigne cette lettre \u00e0 S\u0153ur Dosith\u00e9e et qui s\u2019adresse au Tiers Ordre\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Repr\u00e9sentez-vous \u00eatre chez les infid\u00e8les avec les Missionnaires qui travaillent infatigablement \u00e0 gagner des c\u0153urs \u00e0 J\u00e9sus Christ, \u00e0 Le faire conna\u00eetre et \u00e0 Le faire aimer. Oh\u00a0! Quel bonheur si vous rameniez quelques protestants au giron de l\u2019Eglise\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 S. Dosith\u00e9e \u2013 2.11.1825)<\/p>\n<p>En effet, la ville de Tonneins est \u00e0 moiti\u00e9 protestante, il s\u2019agit de convertir les protestants pour les ramener \u00e0 l\u2019Eglise. Au-del\u00e0 de cet aspect, arr\u00eatons-nous \u00e0 l\u2019essentiel qui est de faire conna\u00eetre et aimer J\u00e9sus Christ. Les tertiaires,<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ce sont des vierges consacr\u00e9es \u00e0 Dieu qu\u2019il faut mener dans le sentier de la vie parfaite. (\u2026) Peuple de vierges qui, au milieu de la corruption g\u00e9n\u00e9rale, (est appel\u00e9) \u00e0 s\u2019offrir au Seigneur, dans toute sa puret\u00e9\u00a0\u00bb.<\/em> (Lettre \u00e0 S. Dosith\u00e9e \u2013 8.9.1821)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Puissent ces jeunes vierges quoiqu\u2019expos\u00e9es au milieu du monde, conserver leur c\u0153ur pur et par un miracle semblable \u00e0 celui des trois enfants dans la fournaise, ne pas br\u00fbler au milieu des flammes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M. du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 20.1.1826)<\/p>\n<p>Pour pouvoir mener une vie consacr\u00e9e en plein monde, ces jeunes filles ont besoin d\u2019une solide formation. S\u0153ur Dosith\u00e9e s\u2019en occupe \u00e0 Tonneins. A Agen, c\u2019est M\u00e8re Sainte Foy avec Madame Belloc qui, elle, rayonne aux alentours et vient r\u00e9guli\u00e8rement au couvent pour prier avec les s\u0153urs, participer \u00e0 la retraite annuelle. M\u00e8re Ad\u00e8le, pour sa part, veille avec un soin jaloux sur ce troupeau de pr\u00e9dilection qu\u2019elle sent appel\u00e9 \u00e0 accomplir \u00ab\u00a0les grandes vues du Seigneur\u00a0\u00bb. Elle en parle souvent dans sa correspondance.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Comment va le cher Tiers Ordre\u00a0? Celui d\u2019ici va doucement. Je n\u2019ai pas le temps de m\u2019en occuper comme il faudrait pour les soutenir.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 S. Dosith\u00e9e \u2013 21.2.1821)<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous faisons la retraite du Tiers Ordre, la M\u00e8re Sainte Foy et moi.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M\u00a0M du Sacr\u00e9 C\u0153ur \u2013 20.1.1826)<\/p>\n<p>Et quelque temps apr\u00e8s,<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dites \u00e0 M\u00e8re Sainte Foy que le Tiers Ordre va assez bien. Il y a de l\u2019exactitude.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 M. M. Incarnation \u2013 24.11.1826)<\/p>\n<p>Les tertiaires, de leur c\u00f4t\u00e9, sont tr\u00e8s proches des s\u0153urs, c\u2019est vraiment une m\u00eame famille, et c\u2019est ainsi qu\u2019au moment de la mort de S\u0153ur Th\u00e9r\u00e8se de Saint Augustin \u00e0 Agen, plusieurs d\u2019entre elles vont passer la nuit pour veiller le corps, les s\u0153urs, harass\u00e9es de fatigue, ne le pouvant pas.\u00a0\u00bb (cf. lettre \u00e0 M. Louis de Gonzague \u2013 5.2.1825)<\/p>\n<p>Et lorsque le bon P\u00e8re Chaminade demande un signalement des postulantes touri\u00e8res de Tonneins, M\u00e8re Ad\u00e8le invite S\u0153ur Dosith\u00e9e par les tertiaires qui auront toute possibilit\u00e9 de prendre des renseignements sur les personnes et leurs familles. (cf. lettre \u00e0 Sr Dosith\u00e9e \u2013 2.10.1823)<\/p>\n<p>Le Tiers Ordre s\u00e9culier, c\u2019est bien, et l\u2019on devine toute l\u2019esp\u00e9rance qu\u2019il repr\u00e9sente pour la fondatrice dans ces lignes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Soignez bien cette p\u00e9pini\u00e8re pr\u00e9cieuse d\u2019o\u00f9 sortiront, j\u2019esp\u00e8re, des plants pr\u00e9cieux qui porteront des fruits dans le jardin de l\u2019Eglise.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 S. Dosith\u00e9e \u2013 12.8.1822)<\/p>\n<p>Toutefois, cela ne r\u00e9pond pas pleinement \u00e0 l\u2019attente de M\u00e8re Ad\u00e8le. Ces jeunes filles restent dans leur famille, dans leur milieu. Isol\u00e9es, elles ne peuvent assurer une certaine continuit\u00e9 de la mission. M\u00e8re Ad\u00e8le voudrait faire plus. D\u00e8s la fin 1819, elle \u00e9crivait au P\u00e8re Chaminade\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Et \u00ab\u00a0l&#8217;\u0152uvre des campagnes\u00bb ? J&#8217;y tiens bien, mon bon P\u00e8re, ayant \u00e9t\u00e9 nos premiers projets ; je serais au comble de mes d\u00e9sirs de la voir r\u00e9ussir ! Oh ! Si vous connaissiez le besoin de la plupart ! (\u2026) O mon divin Ma\u00eetre, inspirez, je vous en conjure, quelques moyens pour Vous faire conna\u00eetre \u00e0 tant d&#8217;\u00e2mes qui ont co\u00fbt\u00e9 tout votre Sang.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre au P. Chaminade \u2013 16.12.1819)<\/p>\n<p>Du vivant m\u00eame de M\u00e8re Ad\u00e8le, plusieurs propositions seront faites au P\u00e8re Chaminade en vue de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une Tiers Ordre r\u00e9gulier. Celle qui retiendra le plus l\u2019attention est celle du P\u00e8re Mertian, sup\u00e9rieur des s\u0153urs de la Providence de Ribeauvill\u00e9 mais les pourparlers entre le P\u00e8re Chaminade et ce dernier n\u2019aboutirent pas. M\u00e8re Ad\u00e8le n\u2019en continua pas moins de cultiver cette branche de l\u2019Institut qu\u2019\u00e9tait le Tiers Ordre s\u00e9culier et d\u2019esp\u00e9rer voir un jour, la r\u00e9alisation du dessein de Dieu sur les campagnes. C\u2019est en 1836, huit ans apr\u00e8s sa mort, que le Tiers Ordre r\u00e9gulier vit le jour \u00e0 Auch.<\/p>\n<h2 id=\"correspondance-entre-deux-fondatrices\" >Correspondance entre deux fondatrices<\/h2>\n<p>C\u2019est en 1809, \u00e0 Figeac, chez sa grand\u2019m\u00e8re maternelle, qu\u2019Ad\u00e8le entendit parler d\u2019Emilie de Rodat, comme elle le dit elle-m\u00eame dans une lettre de 1821\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai con\u00e7u un grand d\u00e9sir de vous engager dans notre Soci\u00e9t\u00e9, mais je n\u2019en trouvais pas l\u2019occasion\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>On reconna\u00eet l\u00e0 le z\u00e8le d\u2019Ad\u00e8le qui ne manquait aucune occasion d\u2019enr\u00f4ler dans la Petite Soci\u00e9t\u00e9. Quand elle quittait Trenquell\u00e9on pour Figeac ou Condom, c\u2019\u00e9tait toujours avec l\u2019espoir de faire quelque conqu\u00eate.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 qu\u2019en 1819, devenue fondatrice, elle apprend, par sa m\u00e8re, qu\u2019Emilie, \u00e0 son tour, a contribu\u00e9 \u00e0 fonder un Etablissement. Cette fois, elle n\u2019h\u00e9site plus, elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Emilie.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Maman m&#8217;a parl\u00e9 du pieux \u00e9tablissement que vous avez fond\u00e9 \u00e0 Villefranche. J&#8217;en ai ressenti une grande joie, car tout ce qui peut procurer la gloire de Dieu pourrait-il \u00eatre \u00e9tranger \u00e0 une \u00e9pouse de J\u00e9sus Christ. (\u2026) Je d\u00e9sirerais, Madame, nous unir de pri\u00e8res, afin que ce mutuel secours nous aid\u00e2t \u00e0 obtenir de plus en plus le secours du Seigneur.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre \u00e0 Emilie de Rodat \u2013 21.6.1819)<\/p>\n<p>Et c\u2019est ainsi qu\u2019une correspondance suivie va s\u2019\u00e9tablir entre les deux fondatrices. Du 21 juin 1819 au 12 janvier 1826, nous avons 32 lettres de M\u00e8re Ad\u00e8le.<\/p>\n<p>Le but de cette correspondance est clair. Il s\u2019agit de s\u2019aider spirituellement.<\/p>\n<p>D\u00e8s sa premi\u00e8re lettre, la fondatrice des Filles de Marie engage M\u00e8re Emilie \u00e0 \u00e9tablir la Congr\u00e9gation \u00e0 Villefranche. Elle le fait avec un tel enthousiasme que, bient\u00f4t, dans cette ville, avec l\u2019aide de Monsieur Marty, sup\u00e9rieur eccl\u00e9siastique des s\u0153urs, la Congr\u00e9gation prend corps pour les jeunes filles et les jeunes gens. Je ne m\u2019arr\u00eaterai pas les nombreuses indications concernant la Congr\u00e9gation que M\u00e8re Ad\u00e8le donne dans ses lettres \u00e0 M\u00e8re Emilie, j\u2019en ai parl\u00e9 dans le premier article de cette s\u00e9rie.<\/p>\n<p>Ce qui fait l\u2019essentiel de cette correspondance peut se regrouper autour de trois grands th\u00e8mes\u00a0: la perspective d\u2019une union entre les deux fondations, le partage des peines, joies, soucis financiers\u2026, des conseils spirituels relatifs \u00e0 la vie personnelle et \u00e0 la conduite \u00e0 tenir \u00e0 l\u2019\u00e9gard des s\u0153urs.<\/p>\n<h3 id=\"un-projet-dunion\" >Un projet d\u2019union<\/h3>\n<p>Les deux fondatrices correspondent depuis moins de deux mois et d\u00e9j\u00e0 l\u2019union se profile\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Peut-\u00eatre, un jour, ne formerons-nous que le m\u00eame Institut.\u00a0\u00bb<\/em> (10.8.1819)<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, on peut lire ces lignes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai un grand d\u00e9sir que votre Institut et le n\u00f4tre ne fassent qu\u2019un\u00a0! (\u2026) L\u2019union au nom de J\u00e9sus Christ a toujours plus de force, nos sujets nous deviennent communs, les Maisons, par l\u00e0, peuvent se soutenir mutuellement. (\u2026)\u00a0\u00bb<\/em> (4.1.1820)<\/p>\n<p>Toutefois ce projet, si beau soit-il, doit correspondre aux vues de Dieu\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019abandonne ce d\u00e9sir de mon c\u0153ur \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu. Ses desseins ne sont pas toujours les n\u00f4tres\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (4.1.1820)<\/p>\n<p>Et c\u2019est l\u2019envoi d\u2019une poup\u00e9e habill\u00e9e en Fille de Marie car les s\u0153urs de Villefranche n\u2019ont pas encore rev\u00eatu l\u2019habit religieux. Le P\u00e8re Chaminade, pour les Filles de Marie, Monsieur Marty pour les s\u0153urs de Villefranche, suivent de pr\u00e8s ce projet et il est finalement d\u00e9cid\u00e9 que des Filles de Marie se rendront \u00e0 Villefranche, mais au dernier moment, Mgr Jacoupy, \u00e9v\u00eaque d\u2019Agen, refuse de donner la permission de quitter la cl\u00f4ture. C\u2019est M\u00e8re Emilie qui doit venir la premi\u00e8re. Le temps passe. Les s\u0153urs de la Sainte Famille font leurs v\u0153ux, m7re Ad\u00e8le pense devoir abandonner le projet\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai de la peine dans la pens\u00e9e que maintenant que vous avez fait vos v\u0153ux, vous avez renonc\u00e9 \u00e0 notre union que je d\u00e9sirais tant\u00a0! (\u2026) Soit faite en tout la tr\u00e8s aimable volont\u00e9 de Dieu \u00e0 jamais\u00a0\u00bb.<\/em> (22.9.1820)<\/p>\n<p>Et voici que du c\u00f4t\u00e9 de Villefranche, on reparle d\u2019union\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que votre lettre m&#8217;a fait plaisir, ma tr\u00e8s ch\u00e8re s\u0153ur. Malgr\u00e9 qu&#8217;il par\u00fbt qu&#8217;il n&#8217;y avait plus espoir de r\u00e9union, je ne pouvais y renoncer. Mon c\u0153ur et mon esprit se portent toujours \u00e0 Villefranche. Jugez combien j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 contente en voyant, par votre lettre, mon espoir se renouveler et, pr\u00e9cis\u00e9ment, je la re\u00e7ois au moment o\u00f9 nous attendons la visite de notre P\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em> (3.7.1822)<\/p>\n<p>Et \u00e0 la mi-juillet, le P\u00e8re Chaminade accueille \u00e0 Agen Monsieur Marty tandis que M\u00e8re Ad\u00e8le et ses s\u0153urs re\u00e7oivent M\u00e8re Emilie et S\u0153ur Agathe. Elles font ensemble la retraite que pr\u00eache le P\u00e8re Chaminade, retraite qui pr\u00e9pare au renouvellement des v\u0153ux. Le sup\u00e9rieur eccl\u00e9siastique de leur c\u00f4t\u00e9, les s\u0153urs du leur, \u00e9changent les points de vue. L\u2019union semble d\u00e9cid\u00e9e mais de retour \u00e0 Villefranche, M\u00e8re Emilie se heurte au refus de ses s\u0153urs. Il faut donc cette fois abandonner d\u00e9finitivement le projet\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Et l\u2019union projet\u00e9e, il faut donc y renoncer\u00a0!&#8230; Je mentirais si je disais que c\u2019est sans peine\u00a0! (\u2026) J\u2019en fais le sacrifice \u00e0 mon Dieu\u00a0; je ne veux que sa plus grande gloire\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (7.10.1822)<\/p>\n<p>Le projet d\u2019union est abandonn\u00e9, mais la correspondance entre les deux fondatrices ne va pas moins se poursuivre, plus espac\u00e9e toutefois.<\/p>\n<h3 id=\"partage-de-peines-joies\" >Partage de peines, joies\u2026<\/h3>\n<p>A Villefranche comme \u00e0 Agen, les sant\u00e9s sont \u00e9prouv\u00e9es et pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des lettres de m\u00e8re Ad\u00e8le parle des malades. Les deux fondatrices partagent mutuellement leurs pr\u00e9occupations\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je prends bien part \u00e0 la douleur qu\u2019\u00e9prouve votre c\u0153ur pour la maladie de vos ch\u00e8res filles\u00a0!&#8230; J\u2019\u00e9prouve dans ce moment, les m\u00eames sollicitudes pour une de mes filles.\u00a0\u00bb<\/em> (10.8.1819)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis encore sur la Croix\u00a0: deux autres de nos s\u0153urs sont tomb\u00e9es malades (\u2026) Et vos ch\u00e8res malades, comment vont-elles\u00a0?<\/em> (29.1.1820)<\/p>\n<p>Elle ne se contente pas de parler des malades, de part et d\u2019autre on prie pour les malades, on je\u00fbne\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos malades vont un peu mieux\u00a0; il me tarde d\u2019avoir des nouvelles des v\u00f4tres\u00a0! Une de nos s\u0153urs m\u2019a demand\u00e9 un je\u00fbne par mois pour vos malades car toutes nos s\u0153urs vous aiment bien\u00a0\u00bb.<\/em> (4.1.1820)<\/p>\n<p>Elles se font part de la mort des s\u0153urs\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il y a quelques jours que je voulais vous \u00e9crire lorsque j\u2019ai re\u00e7u votre lettre o\u00f9 vous m\u2019appreniez la mort de votre ch\u00e8re fille, qui nous a bien \u00e9difi\u00e9es\u00a0! (\u2026) J\u2019ai une de nos novices qui est tr\u00e8s malade.\u00a0\u00bb<\/em> (13.5.1822)<\/p>\n<p>Un an plus tard, c\u2019est M\u00e8re Ad\u00e8le qui fera part de la mort de M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se de J\u00e9sus (12.11.1823)<\/p>\n<p>Elles ne se limitent pas \u00e0 parler des malades des communaut\u00e9s, elles se tiennent au courant de leur propre sant\u00e9. M\u00e8re Ad\u00e8le a d\u00fb s\u2019arr\u00eater quelque temps, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ma sant\u00e9 va beaucoup mieux\u00a0; le grand repos m\u2019a fait le plus grand bien\u00a0\u00bb.<\/em> (3.8.1820)<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, c\u2019est elle qui engage M\u00e8re Emilie, malade \u00e0 son tour, \u00e0 se reposer\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai su que le Seigneur vous visitait par la croix et c\u2019est de bon c\u0153ur que j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 ce bon Ma\u00eetre de vous rendre la sant\u00e9 \u2013 si c\u2019est du moins pour sa gloire. (\u2026) M\u00e9nagez-vous, suspendez autant que possible vos travaux.\u00a0\u00bb<\/em> (13.7.1821)<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, M\u00e8re Ad\u00e8le s\u2019inqui\u00e8te de la sant\u00e9 de M\u00e8re Emilie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019op\u00e9ration qu\u2019on vous a faite, ma ch\u00e8re s\u0153ur, qu\u2019a-t-elle produit\u00a0? Etes-vous mieux\u00a0? Etes-vous plus souffrante\u00a0? Tout ce qui vous touche m\u2019int\u00e9resse\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (29.10.1821)<\/p>\n<p>En 1824, c\u2019est au tour de M\u00e8re Ad\u00e8le d\u2019\u00eatre malade et d\u2019\u00e9crire\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je ne fais rien depuis plus de deux mois (\u2026) Je suis malade. Depuis huit mois, ma sant\u00e9 s\u2019alt\u00e9rait et, ce car\u00eame, je m\u2019alitai. Je ne suis pas enti\u00e8rement remise mais je suis en convalescence.\u00a0\u00bb<\/em> (11.5.1824)<\/p>\n<p>On per\u00e7oit \u00e0 travers tout cet \u00e9change une profonde communion entre les deux familles religieuses et leurs sup\u00e9rieures respectives. Non contentes de parler des sant\u00e9s, elles partagent les soucis financiers\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le temporel m\u2019occupe aussi un peu. Nos r\u00e9parations (dans la maison des Augustins \u00e0 Agen) nous ont mises bien \u00e0 la g\u00eane et nous n\u2019avons pas tout pay\u00e9\u2026 Mais il faut bien se ressentir de la pauvret\u00e9 que nous avons embrass\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em> (9.12.1820)<\/p>\n<p>Si elles partagent leurs peines, elles savent aussi faire part de leurs joies, joie \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019anniversaire de la Fondation d\u2019Agen\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quel beau jour pour nous que celui de demain\u00a0: il y aura quatre ans que nous quitt\u00e2mes l\u2019Egypte pour venir habiter cet aimable d\u00e9sert\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (24.5.1820)<\/p>\n<p>Joie de la fondation de Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous sommes \u00e0 la veille de faire partir un petit essaim de notre ruche pour en \u00e9tablir une autre (\u2026) C\u2019est \u00e0 quatre lieues d\u2019ici, dans une ville appel\u00e9e Tonneins qui \u00e0 moiti\u00e9 protestante. Il y a aura un bien immense \u00e0 faire. (\u2026) Quel bonheur de travailler \u00e0 y \u00e9tablir le r\u00e8gne de J\u00e9sus Christ\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (3.8.1820)<\/p>\n<p>Joie aussi de constater que, du c\u00f4t\u00e9 de Villefranche, on se d\u00e9veloppe\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai vu avec consolation que vous vous \u00e9tendiez pour procurer la gloire de notre commun ma\u00eetre. Nous prions le Seigneur de b\u00e9nir cette nouvelle ruche.\u00a0\u00bb<\/em> (7.10.1822)<\/p>\n<p>Partage de leur z\u00e8le \u00e0 faire conna\u00eetre le Bien-Aim\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Que ne pouvons-nous Le faire aimer de tous les c\u0153urs\u00a0! Que ne pouvons-nous Le rendre possesseur de tous les c\u0153urs\u00a0! Oh\u00a0! Travaillons \u00e0 sa gloire, faisons-le conna\u00eetre par les jeunes enfants dont la Providence nous rend les m\u00e8res Spirituelles\u00a0! Faisons-le aimer par cette jeunesse dont Il est si jaloux des c\u0153urs\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (11.5.1824)<\/p>\n<p>On devine ais\u00e9ment quel soutien cette correspondance pleine d\u2019affection et d\u2019int\u00e9r\u00eat pouvait apporter aux deux fondatrices dont la mission n\u2019\u00e9tait certes pas tous les jours facile.<\/p>\n<h3 id=\"echange-de-conseils\" >Echange de conseils<\/h3>\n<p>C\u2019est bien dans ce domaine que les lettres que nous avons de la fondatrice des Filles de Marie nous apportent le plus de renseignements, nous laissant voir la fa\u00e7on dont elle-m\u00eame vivait sa responsabilit\u00e9, ce qui l\u2019aidait \u00e0 aller de l\u2019avant, le ressort de sa vie spirituelle. Ce qui lui tient \u00e0 c\u0153ur par-dessus tout, c\u2019est de suivre le Christ et le suivre jusqu\u2019\u00e0 la Croix\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, rappelons-nous que nous ne sommes venues en religion que pour suivre notre divin Epoux jusqu\u2019au calvaire\u00a0; que nous devons trouver notre joie dans les contradictions et les \u00e9preuves\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (29.1.1820)<\/p>\n<p>Et encore\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Portons avec un nouveau courage la croix de notre charge. C\u2019est Dieu qui nous l\u2019a impos\u00e9e, sa bont\u00e9 nous donnera la gr\u00e2ce d\u2019en faire notre profit spirituel\u00a0\u00bb.<\/em> (21.1.1821)<\/p>\n<p>La croix, elle en a fait l\u2019exp\u00e9rience, est bien le roc solide sur lequel seul on peut fonder quelque chose de durable\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre Institut sera solide si, de bon c\u0153ur, nous savons le fonder sur la Croix\u00a0\u00bb.<\/em> (29.1.1820)<\/p>\n<p>Et l\u00e0, \u00e0 la Croix, elle invite M\u00e8re Emilie \u00e0 rejoindre Marie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0 Mon c\u0153ur maternel sent bien vivement le glaive dont doit \u00eatre perc\u00e9 le v\u00f4tre ! Entrez, ma ch\u00e8re s\u0153ur, dans celui de Marie au pied de la Croix ; voyez de quelle amertume il est submerg\u00e9 et offrez vos sacrifices avec le sien. (\u2026) Courage, \u00e9pouse de J\u00e9sus crucifi\u00e9 ! Montez sur la Croix avec Lui : c&#8217;est le lit nuptial o\u00f9 nous contractons avec Lui la plus sainte alliance.\u00a0\u00bb<\/em> (15.11.1819)<\/p>\n<p>Fondatrices, elles ont l\u2019une et l\u2019autre \u00e0 suivre le Christ dans la mission qui leur est confi\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs s\u0153urs.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Soyons p\u00e9n\u00e9tr\u00e9es de la grandeur de nos obligations. Nous devons \u00eatre la lumi\u00e8re de notre communaut\u00e9 par le bon exemple ; que nos filles trouvent toujours notre c\u0153ur ouvert \u00e0 tous leurs besoins, pr\u00eat \u00e0 supporter leurs faiblesses, nous faisant tout \u00e0 toutes pour que toutes soient \u00e0 J\u00e9sus Christ.\u00a0\u00bb<\/em> (3.12.1819)<\/p>\n<p>Se faire toute \u00e0 toutes, id\u00e9e qui lui est ch\u00e8re et sur laquelle elle revient deux mois plus tard\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0A l\u2019exemple de Saint Paul, faisons-nous toute \u00e0 toutes\u00a0; c\u2019est l\u00e0 le grand devoir d\u2019une sup\u00e9rieure. Soyons faible avec les faibles, infirme avec les infirmes.\u00a0\u00bb<\/em> (29.1.1820)<\/p>\n<p>Etre \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ses s\u0153urs, disponible pour les accueillir, se faire leur servante, telle est son attitude fondamentale comme elle en t\u00e9moigne dans plusieurs de ses lettres\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne soyons plus \u00e0 nous, ch\u00e8re s\u0153ur, regardons-nous comme les servantes de nos s\u0153urs, qui doivent les servir en toute charit\u00e9 dans leurs n\u00e9cessit\u00e9s spirituelles. Rendons-leur int\u00e9rieurement une esp\u00e8ce d&#8217;ob\u00e9issance cach\u00e9e : \u00e9tant toujours pr\u00eate \u00e0 les recevoir, \u00e0 les accueillir avec un air de charit\u00e9, malgr\u00e9 nos occupations. Une sup\u00e9rieure ne doit plus \u00eatre \u00e0 elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/em> (1\u00b0.3.1820\u00b0<\/p>\n<p>A certains jours toutefois, le fardeau est lourd et elle \u00e9prouve le besoin de l\u2019\u00e9crire \u00e0 M\u00e8re Emilie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oui, ch\u00e8re s\u0153ur, abandonnons-nous avec notre pesante charge entre les bras de notre si bon Ma\u00eetre. C&#8217;est Lui qui nous a impos\u00e9 le fardeau, nous devons esp\u00e9rer de sa bont\u00e9 la force de le porter. Je vous avoue que dans certaines occasions, mon c\u0153ur se plaint de cette charge. Je suis quelquefois d\u00e9courag\u00e9e par mon peu de capacit\u00e9, et surtout mon peu de vertu.\u00a0\u00bb<\/em> (20.11.1820)<\/p>\n<p>Ce serait mal conna\u00eetre M\u00e8re Ad\u00e8le de penser qu\u2019elle se laisse abattre par un tel constat. Bien au contraire et elle invite souvent son amie \u00e0 travailler \u00e0 sa sanctification\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Travaillons \u00e0 notre sanctification, ma ch\u00e8re amie, une sup\u00e9rieure sainte fera beaucoup de choses tandis qu\u2019une imparfaite arr\u00eatera les gr\u00e2ces de Dieu, y mettra obstacle.\u00a0\u00bb<\/em> (9.12.1820\u00b0<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, ma ch\u00e8re s\u0153ur, relevons notre courage parmi tous les embarras de notre charge. Surtout ne nous oublions pas nous-m\u00eames ; travaillons \u00e0 devenir des saintes. (\u2026) Notre place, ma ch\u00e8re s\u0153ur, nous donnera mille occasions de mourir \u00e0 nous-m\u00eames et, par l\u00e0, de travailler \u00e0 devenir des saintes si nous voulons en profiter.\u00a0\u00bb<\/em> (11.12.1821)<\/p>\n<p>Esprit de foi, abandon \u00e0 Dieu, vie surnaturelle dans l\u2019amour \u00e0 l\u2019\u00e9gard de toutes ses s\u0153urs, c\u2019est ce que M\u00e8re Ad\u00e8le cherche \u00e0 vivre jour apr\u00e8s jour. Consciente de ses limites et de ses faiblesses, elle compte beaucoup sur la pri\u00e8re, la sienne, celle des autres, de M\u00e8re Emilie en particulier.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Prions les unes pour les autres afin que nous parvenions \u00e0 cette fin sublime de notre saint \u00e9tat.\u00a0\u00bb (2.9.1823\u00b0<\/p><\/blockquote>\n<p><em>\u00ab\u00a0Priez le bon Dieu pour moi car je suis bien pauvre en vertu\u00a0: un rien m\u2019impatiente, ma vivacit\u00e9 me faire faire cent fautes dans ma gouverne\u00a0! Oh mon Dieu, suppl\u00e9ez par votre gr\u00e2ce \u00e2mes d\u00e9fauts et \u00e0 mes n\u00e9gligences.\u00a0\u00bb<\/em> (13.5.1822)<\/p>\n<p>Souvent dans ses lettres, elle revient \u00e0 la charge, demandant pri\u00e8res et conseils\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je m\u2019ing\u00e8re \u00e0 vous donner des conseils, moi qui ai tant besoin qu\u2019on m\u2019en donne\u00a0! Veuillez me rendre la pareille\u00a0! J\u2019ai besoin d\u2019\u00eatre pr\u00each\u00e9e sur l\u2019article de la patience et de la mortification int\u00e9rieure.\u00a0\u00bb<\/em> (13.7.1821)<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0, en 1820, elle avait \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh ! Ma bonne s\u0153ur, veuillez bien m&#8217;aider de vos conseils pour le gouvernement des sujets ! C&#8217;est ce que je trouve de bien p\u00e9nible dans ma charge : des caract\u00e8res souvent oppos\u00e9s qu&#8217;il faut savoir contenter et accorder ; des vues toutes pour le bien, mais cependant diff\u00e9rentes. Et j&#8217;ai pourtant de saintes filles !\u00a0\u00bb<\/em> (29.1.1820)<\/p>\n<p>* * *<\/p>\n<p>On le voit, c\u2019est un \u00e9change tr\u00e8s riche qui s\u2019est op\u00e9r\u00e9 entre les deux fondatrices. En toute simplicit\u00e9, avec une confiance profonde, M\u00e8re Ad\u00e8le livre ce qui l\u2019habite\u00a0: le meilleur d\u2019elle-m\u00eame. Ces lettres nous permettent ainsi de mieux la conna\u00eetre dans la mani\u00e8re m\u00eame dont elle a per\u00e7u sa mission et cherch\u00e9 \u00e0 la vivre.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement des Filles de Marie \u00e0 Agen et dans les premi\u00e8res communaut\u00e9s, leurs activit\u00e9s apostoliques, la mission du Tiers Ordres s\u00e9culier, ce qui animait M\u00e8re Ad\u00e8le, c\u2019est tout cela que sa correspondance nous a permis de d\u00e9couvrir et de suivre pas \u00e0 pas.<\/p>\n","protected":false},"author":125,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[96],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-951","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-congregation-et-instituts-religieux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/951"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/125"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=951"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/951\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1109,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/951\/revisions\/1109"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=951"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=951"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=951"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}