{"id":938,"date":"2015-11-10T13:29:31","date_gmt":"2015-11-10T12:29:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=938"},"modified":"2016-02-03T16:47:02","modified_gmt":"2016-02-03T15:47:02","slug":"les-fondateurs-de-la-societe-de-marie","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/les-fondateurs-de-la-societe-de-marie\/","title":{"rendered":"Les fondateurs de la soci\u00e9t\u00e9 de Marie"},"content":{"rendered":"<p><strong>QUI \u00e9taient les premiers fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie ? Inutile d&#8217;\u00e9voquer ici le P\u00e8re G.-Joseph CHAMINADE que les lecteurs de MARIANISTES connaissent d\u00e9j\u00e0.<\/strong><\/p>\n<p>Une rapide incursion dans nos Archives permet de vous pr\u00e9senter au\u00adjourd&#8217;hui les cinq hommes qui ont d\u00e9cid\u00e9 ensemble, apr\u00e8s une retraite sp\u00e9ciale faite \u00e0 Saint-Laurent, le domaine du P. Chaminade \u00e0 Bordeaux, la fondation officielle de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie; ce fut le 2 octobre 1817.<\/p>\n<p>L&#8217;on sait que le 1&#8243; mai pr\u00e9c\u00e9dent, M. Jean Philippe Auguste LALANNE s&#8217;\u00e9tait mis totalement \u00e0 la disposition du P. Chaminade. Les deux hommes \u00e9chang\u00e8rent leurs confidences sur la vie religieuse \u00e0 cr\u00e9er en un temps o\u00f9 robes et soutanes de Religieux n&#8217;osaient gu\u00e8re se montrer si elles n&#8217;\u00e9taient pas attaqu\u00e9es ou d\u00e9cri\u00e9es.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cette entrevue, <em>\u00ab jour grandement m\u00e9morable \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>), la confidence faisait son chemin. M. LALANNE en parla \u00e0 son coll\u00e8gue et ami Jean-Baptiste COLLINEAU et CHAMINADE en fit part \u00e0 MM. Bruno DAGUZAN, Auguste PERRIERE et Dominique CLOUZET. Tels sont les cinq hommes qui vont retenir notre attention.<\/p>\n<h1 id=\"lenfant-terrible-jean-philippe-auguste-lalanne-1795-1879\" >L&#8217;enfant terrible : Jean Philippe Auguste Lalanne (1795-1879)<\/h1>\n<p>La Soci\u00e9t\u00e9 lui doit en partie son origine. N&#8217;a-t-il pas fait le 1er mai la d\u00e9marche qui a tout d\u00e9clench\u00e9 ? Ce Bordelais intelligent et toujours en recherche n&#8217;avait cependant pas pris la d\u00e9cision \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>En 1807, il avait 12 ans, l&#8217;\u00e2ge minimum requis pour se faire inscrire \u00e0 la section es jeunes de la Congr\u00e9gation mariale que le P. Chaminade avait form\u00e9e sur Bordeaux apr\u00e8s son retour d&#8217;exil, en 1800. Des \u00e9tudes brillantes au Lyc\u00e9e lui permettent de s&#8217;orienter vers la m\u00e9decine. Il pr\u00e9cise lui-m\u00eame : <em>\u00ab Chirurgien interne \u00e0 l&#8217;H\u00f4tel-Dieu de Bordeaux \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>). A 18 ans, il part pour Paris et le voil\u00e0 au Coll\u00e8ge Stanislas dont il sera plus tard le prestigieux Directeur. Les \u00e9tudes litt\u00e9raires et scientifiques qu&#8217;il y poursuit, lui donnent une large culture et il pourra annoter plus tard le bulletin per\u00adsonnel qui demandait ses comp\u00e9tences dans les diverses mati\u00e8res : <em>\u00ab Un peu de tout !\u00a0\u00bb<\/em> A Stanislas il prit aussi la d\u00e9cision de s&#8217;orienter vers l&#8217;\u00e9tat eccl\u00e9siastique et il pensait entrer dans la Compagnie de J\u00e9sus.<\/p>\n<p>A vingt ans, de retour \u00e0 Bordeaux, il se pr\u00e9sente comme un <em>\u00ab la\u00efque tr\u00e8s pieux, l&#8217;un des plus anciens Congr\u00e9ganistes et qui fut ensuite du petit nombre de disciples se\u00adcrets \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>). Il s&#8217;engage comme Pr\u00e9fet des \u00e9tudes \u00e0 l&#8217;Institution de M. ESTEBENET, futur J\u00e9suite, et commence sa carri\u00e8re d&#8217;\u00e9ducateur : premi\u00e8re orientation d\u00e9finitive, car toute sa vie il va la d\u00e9dier \u00e0 former les jeunes, malgr\u00e9 un tr\u00e8s grand attrait pour la pr\u00e9\u00addication.<\/p>\n<p>C&#8217;est aussi le moment d&#8217;une plus g\u00e9n\u00e9reuse ouverture \u00e0 Dieu et le P. Chaminade en 1818, pourra lui rendre ce t\u00e9moignage : <em>\u00ab Ce jeune homme a fait de tr\u00e8s grand: progr\u00e8s dans la vertu surtout depuis deux ans ans \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>).<\/p>\n<p>La seconde d\u00e9cision d\u00e9finitive de sa vie, il l&#8217;exprima donc ce ler mai 1817. Les cheminements secrets en furent longs et complexes. Le milieu de l&#8217;Institution Estebenet n&#8217;y est pas \u00e9tranger. Les jeunes \u00e9ducateurs qui l&#8217;animaient \u00e9taient pour la plupart en recherche de vocation et s&#8217;entendaient fort bien : deux autres : MM. COLLINEAU et PERRI\u00c8RE allaient faire partie du noyau primitif de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et deux futurs \u00e9v\u00eaques appartenaient \u00e0 ce groupe. <strong>Tous cherchaient conseil aupr\u00e8s du P. CHA INADE, mais tous ne devinrent pas pour autant Marianistes : le Fondateur respectait trop les appels individuels.<\/strong><\/p>\n<h1 id=\"la-premiere-communaute-se-constitue-1817-1818\" >La premi\u00e8re communaut\u00e9 se constitue (1817-1818)<\/h1>\n<p>Cette ouverture du 1er mai d\u00e9clenche tout un mouvement de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 parmi le meilleurs Congr\u00e9ganistes et fin septembre les cinq premiers se r\u00e9unissent pour une retraite. Elle s&#8217;acheva le 2 octobre. <em>\u00ab Ils d\u00e9clar\u00e8rent tous ce jour-l\u00e0 que leur r\u00e9solution \u00e9tait prise, et qu&#8217;ils se croyaient appel\u00e9s de Dieu, non seulement \u00e0 renoncer au monde, mais encore \u00e0 travailler de tout leur pouvoir \u00e0 procurer l&#8217;\u00e9tablissement de l&#8217;Institut projet\u00e9 \u00bb.<\/em>(<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>).<\/p>\n<p>A partir de cette date, de huit jours en huit jours, les fondateurs se rencontr\u00e8rent et de ces entrevues se d\u00e9gag\u00e8rent progressivement les points constitutifs qui sont toujours des principes premiers pour nous, Marianistes :<\/p>\n<ul>\n<li>Il s&#8217;agit de cr\u00e9er un v\u00e9ritable Ordre religieux dans toute la ferveur de l&#8217;\u00c9glise primitive.<\/li>\n<li>Ce corps religieux sera mixte, c&#8217;est-\u00e0-dire compos\u00e9 \u00e0 la fois de pr\u00eatres et de la\u00efcs tous \u00e9galement religieux.<\/li>\n<li>Les \u0153uvres principales seront l&#8217;\u00e9ducation de la classe moyenne, les missions, les retraites, les Congr\u00e9gations mariales \u00e0 cr\u00e9er.<\/li>\n<li>L&#8217;on ne fera aucune propagande autour de cette fondation.<\/li>\n<li>Surtout, cet Ordre religieux est sous la protection et comme la propri\u00e9t\u00e9 de la Sainte Vierge (<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans le groupe, seul M. LALANNE portait l&#8217;habit eccl\u00e9siastique. Il fut \u00e9tabli par M. CHAMINADE comme <em>\u00ab directeur spirituel et charg\u00e9 de r\u00e9diger les r\u00e8glements, les formules de pri\u00e8re, etc. \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>). Il s&#8217;en acquittait avec beaucoup de conscience et composa m\u00eame, cette ann\u00e9e-l\u00e0, des \u00ab Exercices Spirituels \u00bb (<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>), dont on s&#8217;inspire encore actuellement pour la formation des novices et des jeunes Religieux Marianistes.<\/p>\n<p>L&#8217;entr\u00e9e en communaut\u00e9 au \u00ab cul de sac de la rue S\u00e9gur, n\u00b0 14 \u00bb (<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>) ne se fit que progressivement. Le 24 novembre, M. CHAMINADE b\u00e9nit la maison et le lendemain M. Auguste PERRI\u00c8RE s&#8217;y installa d&#8217;abord tout seul. Les autres suivirent, d\u00e8s qu&#8217;ils purent se lib\u00e9rer. M. LALANNE y arriva le 10 mai 1818.<\/p>\n<h1 id=\"monsieur-lalanne-comme-marianiste-1818-1879\" >Monsieur Lalanne comme marianiste\u00a0(1818-1879)<\/h1>\n<p>D\u00e8s l&#8217;ouverture de la Pension Sainte-Marie (le premier Coll\u00e8ge Marianiste), en mai 1819, M. LALANNE y fut professeur. Apr\u00e8s un an pass\u00e9 au Grand S\u00e9minaire de Bordeaux, il fut ordonn\u00e9 pr\u00eatre en d\u00e9cembre 1821, puis revint \u00e0 Sainte-Marie. Le P. CHAMINADE lui demanda, en 1825, d&#8217;assurer \u00e0 la Madeleine la formation des futurs pr\u00eatres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s, son champ d&#8217;action va se d\u00e9placer. Le Fondateur partant visiter les \u0153uvres du Nord-Est de la France, emm\u00e8ne M. LALANNE. Un journal local \u00e9crit plaisamment le lendemain de ce d\u00e9part que le G\u00e9n\u00e9ral Chaminade \u00e9tait all\u00e9 en tourn\u00e9e, accompagn\u00e9 de son aide de camp (<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>). Remarque qui t\u00e9moigne de l&#8217;importance des deux hommes \u00e0 Bordeaux et de leur degr\u00e9 d&#8217;union et de collaboration.<\/p>\n<p>Il n&#8217;en sera plus ainsi d\u00e9sormais et M. LALANNE, loin de Bordeaux et du Fonda\u00adteur, prit des libert\u00e9s et fit des d\u00e9penses qui le mirent un moment (1845 &#8211; 1855) hors de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Il partit pour Paris et fut nomm\u00e9 directeur de la section eccl\u00e9siastique de l&#8217;Institut Catholique (actuellement le S\u00e9minaire des Carmes). Au nom de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, qu&#8217;il introduisit \u00e0 Paris en 1852, il assuma, en 1855 la direction de son ancien Coll\u00e8ge Stanislas qui n&#8217;avait plus que 120 \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ses dons vari\u00e9s et \u00e0 son g\u00e9nie d&#8217;\u00e9ducateur, il remonta le Coll\u00e8ge Stanislas avant de consacrer ses derni\u00e8res forces \u00e0 cr\u00e9er un autre \u00ab Stan\u00a0\u00bb \u00e0 Cannes. Enfin il fut nomm\u00e9 Inspecteur, pour la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, de l&#8217;enseignement secondaire.<\/p>\n<p>LALANNE, malgr\u00e9 de multiples malentendus qui caus\u00e8rent bien des peines au Fondateur, fut malgr\u00e9 tout profond\u00e9ment son disciple. Le P\u00e8re CHAMINADE forma en lui une foi profonde et une virile d\u00e9votion \u00e0 Marie : toute sa vie, M. LALANNE portera sur sa poitrine son acte de cons\u00e9cration \u00e0 Marie fait comme Congr\u00e9ganiste \u00e0 Bordeaux. Et ses sentiments par rapport \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 il les exprima un jour ainsi : <em>\u00ab J&#8217;ai pris naissance avec elle; mon existence dans la vie spirituelle et religieuse est attach\u00e9e \u00e0 la sienne; m&#8217;en s\u00e9parer, c&#8217;est mourir ! \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>).<\/p>\n<h1 id=\"le-disciple-malchanceux-mais-fidele-jean-baptiste-collineau-1796-1852\" >Le disciple malchanceux, mais fid\u00e8le : Jean-Baptiste Collineau\u00a0(1796- 1852)<\/h1>\n<p>Il \u00e9tait d&#8217;un an plus jeune que son ami LALANNE. Bordelais comme lui, d&#8217;une famille ais\u00e9e, il \u00e9tait lui aussi, ardent congr\u00e9ganiste d\u00e8s son jeune \u00e2ge. En 1818, il en fut m\u00eame le pr\u00e9fet, c&#8217;est-\u00e0-dire le premier dignitaire et animateur principal.<\/p>\n<p>Professeur \u00e0 l&#8217;Institution Estebenet en 1817, il voulait s&#8217;orienter \u00e9galement vers le sacerdoce. Les temps n&#8217;\u00e9tant pas favorables, il patientait&#8230; et enseignait malgr\u00e9 son peu de go\u00fbt pour ce genre d&#8217;apostolat.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l&#8217;entrevue m\u00e9morable du 1<sup>er<\/sup> mai, Lalanne s&#8217;en ouvrit \u00e0 Collineau qui <em>\u00ab ac\u00adcueillit la proposition sans objection et y souscrit de prime abord. Cette facilit\u00e9 ne lui \u00e9tait pas ordinaire \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>).<\/p>\n<p>Son entr\u00e9e dans la communaut\u00e9 primitive, impasse S\u00e9gur, ne se fit que le 25 ao\u00fbt 1818, car ses parents s&#8217;\u00e9taient un temps<em> \u00ab oppos\u00e9s avec \u00e9nergie \u00e0 une vocation qui les \u00e9tonnait et les alarmait \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>). Il arriva avec le d\u00e9sir nettement exprim\u00e9 de devenir pr\u00e9dicateur de missions int\u00e9rieures \u00e0 la suite desquelles on \u00e9tablirait la Congr\u00e9gation mariale pour les la\u00efques \u00e0 l&#8217;exemple de celle de Bordeaux.<\/p>\n<p>En attendant il fallait se pr\u00e9parer \u00e0 la vie religieuse et, en 1821, au sacerdoce. \u00ab On sollicita vainement l&#8217;Archev\u00each\u00e9 pour obtenir une dispense. Le Conseil \u00e9tait trop oppos\u00e9 \u00e0 M. CHAMINADE pour accorder cette faveur, qui eut \u00e9t\u00e9 une sorte d&#8217;appro\u00adbation d&#8217;une entreprise qu&#8217;il bl\u00e2mait en secret. Le fondateur n&#8217;avait d&#8217;autre appui que le saint archev\u00eaque, Mgr d&#8217;Aviaud, qui faisait taire toutes les objections de ses chanoines, en leur disant : <em>\u00ab Eh ! laissez-le faire; il ne leur fera pas commettre de p\u00e9ch\u00e9 mortel ! \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>) L&#8217;abb\u00e9 COLLINEAU fit donc un s\u00e9jour d&#8217;un an hors de la com\u00admunaut\u00e9, au Grand S\u00e9minaire.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s son ordination, en 1822, M. CHAMINADE put r\u00e9pondre \u00e0 une demande arriv\u00e9e de Villeneuve-sur-Lot : pour y sauver le Coll\u00e8ge, et vu le succ\u00e8s des premiers Fr\u00e8res \u00e0 Agen, on fit appel \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie naissante. M. COLLINEAU y fut donc envoy\u00e9; <em>\u00ab\u00a0il n&#8217;accepta qu&#8217;avec une certaine r\u00e9pugnance, car il \u00e9tait de ceux qui, en entrant dans la Soci\u00e9t\u00e9, n&#8217;avaient en vue que la pr\u00e9dication et les Congr\u00e9gations \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>).<\/p>\n<p>En bon Religieux, il s&#8217;y rendit et r\u00e9ussit, en un premier temps, \u00e0 relever le Coll\u00e8ge. Malheureusement et de plus en plus, le \u00ab Principal \u00bb se fit pr\u00e9dicateur et les \u00e9l\u00e8ves chahuteurs : d\u00e9sordre et indiscipline s&#8217;introduisirent au coll\u00e8ge. Pour M. COLLINEAU qui avait trop suivi sa pente naturelle, ce fut un \u00e9chec. Il fut rappel\u00e9 \u00e0 Bordeaux, en 1827, et travailla un temps \u00e0 la Pension Sainte-Marie puis fut choisi par le Fondateur comme premier Assistant devant s&#8217;occuper du spirituel. Le P. CHAMINADE pensait ainsi lui donner l&#8217;occasion de se r\u00e9aliser davantage dans le sens d&#8217;un apostolat spi\u00adrituel. Il n&#8217;en fut rien et l&#8217;abb\u00e9 COLLINEAU sortit de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en 1832, relev\u00e9 de ses v\u0153ux par Mgr de Cheverus, Archev\u00eaque de Bordeaux qui le nomma Cha\u00adnoine honoraire de sa cath\u00e9drale puis, en 1835, cur\u00e9 de Saint-Louis de Bordeaux.<\/p>\n<p>COLLINEAU resta tr\u00e8s attach\u00e9 \u00e0 la personne du P. CHAMINADE \u00e0 qui il administra les derniers sacrements, en 1850.<\/p>\n<p>Selon le t\u00e9moignage de M. CANETTE, sm., qui v\u00e9cut \u00e0 cette \u00e9poque, M. COLLI\u00adNEAU eut des remords de sa sortie de la Soci\u00e9t\u00e9. <em>\u00ab Il fit en esprit de p\u00e9nitence le p\u00e8lerinage \u00e0 J\u00e9rusalem. A peine arriv\u00e9 en Terre Sainte, M. Collineau mourut \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>).<\/p>\n<h1 id=\"un-religieux-sans-complications-bruno-daguzan-1789-1831\" >Un\u00a0religieux sans complications : Bruno Daguzan\u00a0(1789- 1831)<\/h1>\n<p>Lui aussi \u00e9tait fils d&#8217;une honorable famille bourgeoise de Bordeaux. Se d\u00e9cider \u00e0 28 ans \u00e0 s&#8217;engager dans la vie religieuse n&#8217;est plus chose ais\u00e9e. Depuis 1815, il avait pris contact avec la Congr\u00e9gation et appartenait \u00e0 ce groupe de fervents qui avaient d\u00e9j\u00e0 fait des v\u0153ux priv\u00e9s tout en restant simples membres de la Congr\u00e9gation mariale des la\u00efcs. Il \u00e9tait commer\u00e7ant, comme M. CLOUZET.<\/p>\n<p>CHAMINADE savait sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Aussi M. DAGUZAN fut-il un des premiers \u00e0 qui le Fondateur s&#8217;ouvrit de ses vues sur la fondation \u00e0 r\u00e9aliser et sans h\u00e9siter M. DAGUZAN se d\u00e9clara pr\u00eat \u00e0 y concourir. Il s&#8217;adjoignit au groupe primitif, d\u00e9cida avec eux, le 2 octobre 1817, de la fondation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, \u00e9mit le 11 d\u00e9cembre, avec ses compagnons, les v\u0153ux priv\u00e9s dans la sacristie de la chapelle de la Madeleine, l&#8217;oratoire o\u00f9 M. CHAMINADE exer\u00e7ait l&#8217;essentiel de son minist\u00e8re de confession, d&#8217;encouragement et de formation spirituelle. Le moment difficile semble avoir \u00e9t\u00e9 pour M. DAGUZAN le d\u00e9part d\u00e9finitif de sa famille, durant le car\u00eame de 1818, pour rejoindre MM. Auguste et Clouzet \u00e0 l&#8217;impasse S\u00e9gur.<\/p>\n<blockquote><p><em>\u00ab Les plus f\u00e2cheuses nouvelles sur la religion \u00bb,<\/em> circulaient alors. Le P. CHAMINADE le note dans une lettre, neuf ans apr\u00e8s l&#8217;\u00e9v\u00e9nement (<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>).<\/p><\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s le transfert de la communaut\u00e9 \u00e0 la rue des Menuts, M. DAGUZAN se vit confier la responsabilit\u00e9 du mat\u00e9riel : pourvoyeur, linger, infirmier, sacristain, bref homme \u00e0 tout faire au service de ses Fr\u00e8res. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il se d\u00e9vouera jusqu&#8217;\u00e0 sa mort, \u00e0 Saint-Laurent, en 1831. Religieux discret, distingu\u00e9 et tr\u00e8s d\u00e9vou\u00e9, il put r\u00e9aliser dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie son id\u00e9al de saintet\u00e9 \u00e0 l&#8217;exemple de saint Joseph.<\/p>\n<h1 id=\"le-premier-chef-de-communaute-auguste-brougon-perriere-1792-1874\" >Le premier chef de communaut\u00e9 : Auguste Brougon-Perri\u00e8re\u00a0(1792 &#8211; 1874)<\/h1>\n<p>On trouve ce Bordelais, en 1808, comme enseignant au Coll\u00e8ge de Figeac o\u00f9 tra\u00advaillait aussi Hyacinthe LAFON, ancien pr\u00e9fet de la Congr\u00e9gation Mariale de Bordeaux. Ce LAFON, qui eut une vie orageuse entre son diaconat re\u00e7u avant la R\u00e9volution et la pr\u00eatrise qui lui fut conf\u00e9r\u00e9e en 1826, \u00e9tait malgr\u00e9 tout pour le P. CHAMINADE un homme providentiel. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, Mademoiselle de TRENQUELLEON, future Fon\u00addatrice des Filles de Marie Immacul\u00e9e, fut mise en rapport avec le P. CHAMINADE; et en cette m\u00eame ann\u00e9e 1808 il fit agr\u00e9ger \u00e0 la Congr\u00e9gation de Bordeaux la plupart de ses coll\u00e8gues de Figeac, dont M. PERRI\u00c8RE.<\/p>\n<p>Revenu \u00e0 Bordeaux, ce dernier devint actif Congr\u00e9ganiste en m\u00eame temps qu&#8217;il enseigna \u00e0 l&#8217;Institution de M. ESTEBENET et se trouva donc \u00eatre coll\u00e8gue de MM. LALANNE et COLLINEAU. Par M. CHAMINADE lui-m\u00eame il est mis au courant des projets de fondation et <em>\u00ab d\u00e9clara vouloir se d\u00e9vouer avec ses deux amis \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>). Ils form\u00e8rent en quelque sorte le noyau primitif et <em>\u00ab tous les trois \u00e9taient regard\u00e9s comme des hommes capables et d&#8217;un certain avenir \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>).<\/p>\n<p>Auguste, comme on l&#8217;appelait famili\u00e8rement, \u00e9tant le plus \u00e2g\u00e9 des trois, fut nomm\u00e9 <em>\u00ab\u00a0Chef de la Petite Soci\u00e9t\u00e9 \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>). Libre du c\u00f4t\u00e9 familial, il poss\u00e9dait <em>\u00ab une maison situ\u00e9e \u00e0 Bordeaux, Cours du Jardin Royal, un bien de campagne, situ\u00e9 \u00e0 M\u00e9lac, avec la r\u00e9colte (de vin) d&#8217;une ann\u00e9e, et un peu d&#8217;argent, je ne saurais dire combien \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>).<\/p>\n<p>Responsable du petit groupe, il se chargea de louer la maison, 14, impasse S\u00e9gur, et il vint s&#8217;y installer le premier, le 25 novembre 1817. Cette habitation, b\u00e9nie la veille, comportait, avec un jardin, cinq pi\u00e8ces qui furent am\u00e9nag\u00e9es comme suit : chapelle, salle commune, dortoir, salle \u00e0 manger, cuisine. Cette derni\u00e8re \u00e9tait particuli\u00e8rement d\u00e9pourvue et le cuisinier <em>\u00ab\u00a0faisait r\u00f4tir sa viande en la suspendant \u00e0 la chemin\u00e9e au moyen d&#8217;une ficelle\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>).<\/p>\n<p>De fait M. Auguste avait adopt\u00e9 les projets du Fondateur sans r\u00e9ticences : <em>\u00ab En entrant dans la Soci\u00e9t\u00e9, je me donnai \u00e0 elle, pour y vivre et y mourir, sans faire aucune condition, sans en recevoir non plus, sans penser m\u00eame qu&#8217;il y en eut \u00e0 faire; et cons\u00e9quemment sans examiner et sans me faire expliquer les articles du code, seulement, et c&#8217;\u00e9tait un effet de la confiance que j&#8217;avais en M. CHAMINADE; je me liai par des engagements sacr\u00e9s pour une \u0153uvre qui avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>).<\/p>\n<p>Il fallait rappeler ces faits et ces dispositions pour comprendre la suite de son com\u00adportement. Chef \u00e0 l&#8217;Impasse S\u00e9gur, il le fut aussi au 46, rue des Menuts o\u00f9 la Com\u00admunaut\u00e9 se transporta en novembre 1818. Pour l&#8217;ann\u00e9e suivante, l&#8217;Acad\u00e9mie lui octroya le titre de Chef de Pension et la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie ouvrit la \u00ab\u00a0Pension Sainte-Marie \u00bb \u00e0 la m\u00eame adresse.<\/p>\n<p>La gestion financi\u00e8re de M. Auguste, et m\u00eame sa vie religieuse, laissaient \u00e0 d\u00e9sirer au jugement du Fondateur. Des tensions surgirent qui devinrent de grandes difficult\u00e9s et, pour finir, un dialogue de sourds. M. Auguste eut recours \u00e0 Mgr de Cheverus. L&#8217;Archev\u00eaque finit par relever le Religieux de ses v\u0153ux et M. PERRI\u00c8RE quitta la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie en 1832, en m\u00eame temps que M. COLLINEAU. Ces difficult\u00e9s financi\u00e8res s&#8217;embrouill\u00e8rent : qui allait payer les dettes qui n&#8217;avaient pas toujours \u00e9t\u00e9 contract\u00e9es en accord avec l&#8217;autorit\u00e9 ? Il fallait trouver une solution et s&#8217;en remettre \u00e0 un arbitre. Les n\u00e9gociations furent longues et difficiles. Ce sont elles qui suscit\u00e8rent pour une grande part les incroyables souffrances du P. CHAMINADE entre 1841 et 1849.<\/p>\n<h1 id=\"lhomme-de-confiance-dominique-clouzet-1789-1861\" >L&#8217;homme de confiance\u00a0: Dominique Clouzet (1789 &#8211; 1861)<\/h1>\n<p>Originaire de la Haute-Garonne, il \u00e9tait n\u00e9 le 12 septembre 1789 \u00e0 Sarremezan. Bordeaux avait attir\u00e9 ensuite sa famille. Le teint clair de ce grand jeune homme blond et doux r\u00e9v\u00e9lait un temp\u00e9rament lymphatique m\u00eal\u00e9 de sanguin, une sensibilit\u00e9 qui pouvait s&#8217;exacerber \u00e0 l&#8217;occasion et M. CHAMINADE l&#8217;apprit \u00e0 ses d\u00e9pens \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n<blockquote><p>Son m\u00e9tier l&#8217;avait d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment marqu\u00e9 lors de son entr\u00e9e en communaut\u00e9, le 25 d\u00e9cembre 1817. Il s&#8217;\u00e9tait occup\u00e9 de divers commerces et tout semblait lui r\u00e9ussir : la vie et l&#8217;avenir lui souriaient.<\/p><\/blockquote>\n<p>A Bordeaux, il avait fait connaissance avec le P. CHAMINADE et s&#8217;\u00e9tait fait admettre \u00e0 la Congr\u00e9gation mariale en 1814. Ainsi s&#8217;\u00e9taient d\u00e9velopp\u00e9s en lui l&#8217;esprit de foi et le sens du d\u00e9vouement aux autres. Il s&#8217;exprimait avec lenteur et dignit\u00e9, ce qui n&#8217;\u00e9tait pas sans rappeler le P. CHAMINADE lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Les faits allaient illustrer la confiance du Fondateur en cet homme d&#8217;\u00e9lite. En 1821, le noviciat de la \u00ab petite Soci\u00e9t\u00e9 \u00bb devait se transporter de la rue des Menuts \u00e0 Saint-Laurent, le domaine personnel du P. CHAMINADE, et c&#8217;est M. CLOUZET qui fut charg\u00e9 de diriger les travaux d&#8217;am\u00e9nagement, en quoi il fit preuve d&#8217;une grande aptitude pour l&#8217;administration temporelle. Puis il fut charg\u00e9 de la direction m\u00eame du noviciat.<\/p>\n<p>En 1823, un autre fait montre la confiance du Fondateur en M. CLOUZET. Le secr\u00e9taire du P. Chaminade, avocat r\u00e9cemment converti, ancien ami et \u00e9mule de Girondins, ministre secret de Louis XVIII sous le Directoire, M. David MONIER avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en Haute-Sa\u00f4ne pour n\u00e9gocier un \u00ab don \u00bb de l&#8217;Abb\u00e9 BARDENET \u00e0 la jeune Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Ce don \u00e9tait une \u00ab ruine \u00bb, un ancien ch\u00e2teau entour\u00e9 d&#8217;une vaste propri\u00e9t\u00e9 en friche qu&#8217;offrait le Missionnaire dioc\u00e9sain. M. David en fit son affaire et son ch\u00e2teau (<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>).<\/p>\n<p>La Haute-Sa\u00f4ne \u00e9tait loin de Bordeaux. Le P. CHAMINADE constitua une commu\u00adnaut\u00e9 de cinq Religieux et les confia \u00e0 M. CLOUZET. D\u00e9part, le 18 juillet, pour un voyage de quinze jours \u00e0 travers la France. Ils arriv\u00e8rent fatigu\u00e9s, ext\u00e9nu\u00e9s de privations de toute nature (<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>). Il leur restait seulement six francs pour s&#8217;installer dans un vaste local absolument d\u00e9pourvu de tout, m\u00eame de beaucoup de portes et de fen\u00eatres. Pour ces m\u00e9ridionaux, l&#8217;hiver sur ce plateau balay\u00e9 par le vent fut un supplice. Sous la direction judicieuse de M. CLOUZET, ce d\u00e9sert refleurit et Saint-Remy devint une des plus importantes \u0153uvres marianistes : \u00e9cole primaire, pensionnat secondaire, re\u00adtraites aux instituteurs, \u00e9cole normale (parmi les premi\u00e8res en France), \u00e9cole \u00ab d&#8217;arts et m\u00e9tiers \u00bb (pr\u00e9lude \u00e0 notre enseignement technique, gr\u00e2ce aux Fr\u00e8res-ouvriers), \u00e9cole d&#8217;agriculture, ferme mod\u00e8le et communaut\u00e9 ouvri\u00e8re.<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 en 1839 Econome g\u00e9n\u00e9ral, M. CLOUZET remplit cet office jusqu&#8217;\u00e0 sa mort en 1861, assurant \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie son existence temporelle au prix d&#8217;un d\u00e9voue\u00adment continuel et d&#8217;exigences contre lesquelles ses confr\u00e8res avaient quelquefois le droit de protester : les premi\u00e8res difficult\u00e9s de Saint-R\u00e9my l&#8217;avaient trop marqu\u00e9.<\/p>\n<p>************************************<\/p>\n<p>Tels sont les cinq fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Cette \u00e9quipe de jeunes gens, en 1818, quand les uns et les autres avaient pu rejoindre l&#8217;Impasse S\u00e9gur, \u00e9tait bien \u00e9loign\u00e9e de l&#8217;image que le peuple d&#8217;alors pouvait se faire d&#8217;une communaut\u00e9 reli\u00adgieuse. En attendant, chacun avait gard\u00e9 son travail ordinaire. Ils \u00e9taient heureux de se retrouver \u00e0 midi et le soir. <em>\u00ab\u00a0Modestes, simples, naturels, ils n&#8217;avaient aucun de ces airs tristes et renfrogn\u00e9s, rien de ces enveloppes qui caract\u00e9risaient autrefois les personnes de l&#8217;ordre monastique; une douce gaiet\u00e9, de l&#8217;affabilit\u00e9 et de l&#8217;aisance dans les mani\u00e8res rendaient leurs rapports et leur personne avenante et agr\u00e9able \u00e0 tous ceux qui les abordaient, et particuli\u00e8rement aux enfants\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>).<\/p>\n<p>Cette nouveaut\u00e9 de futurs Religieux non enferm\u00e9s, allant chaque jour \u00e0 leurs occu\u00adpations, \u00e9tait une des audaces du P. CHAMINADE. Du lundi 31 ao\u00fbt au samedi 5 septembre 1818, la communaut\u00e9, qui avait accueilli entre temps deux nouveaux membres, fit une fervente retraite qui s&#8217;acheva par les v\u0153ux officiels des sept pre\u00admiers Religieux Marianistes. En novembre 1818, en d\u00e9m\u00e9nagea de l&#8217;Impasse S\u00e9gur pour occuper \u00e0 la rue des Menuts le N\u00b0 46, maison \u00e0 trois \u00e9tages qui allait devenir la Pension Sainte-Marie, premier \u00e9tablissement scolaire Marianiste.<\/p>\n<p>Dans la pens\u00e9e du P. CHAMINADE ces d\u00e9buts \u00e9taient l&#8217;\u0153uvre de Dieu en train de prendre forme : <em>\u00ab J&#8217;ai confiance, \u00e9crivit-il \u00e0 son Archev\u00eaque avant la retraite de 1818, que Dieu, dans sa mis\u00e9ricorde, accomplira le dessein qu&#8217;il a daign\u00e9 m&#8217;inspirer, malgr\u00e9 toute mon imperfection \u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>). Et un peu plus tard, il confie ses vues d&#8217;avenir \u00e0 un autre ami qui l&#8217;avait beaucoup encourag\u00e9 et lui avait envoy\u00e9 des pr\u00eatres et des la\u00efcs : <em>\u00ab\u00a0Ce n&#8217;est pas l&#8217;Institution de Bordeaux, c&#8217;est l&#8217;Institution religieuse de tous les pays chr\u00e9tiens, dont le berceau s&#8217;est form\u00e9 sous vos auspices\u00a0\u00bb<\/em> (<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>). Ne fallait-il pas \u00eatre v\u00e9ritable homme de Dieu, confiant dans sa mission, pour tenir pareil langage devant une \u0153uvre qui ne reposait encore que sur une poign\u00e9e de jeunes gens?<\/p>\n<h1 id=\"notes\" >NOTES<\/h1>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Lettres de M. Chaminade, impr. Havaux, Nivelles, t. III, No 686, p. 289, lettre \u00e0 M. Lalanne du 6 mai 1833.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Notice historique sur la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, Saint-Cloud, 1858, p. 5. La Notice est anonyme; elle est l&#8217;\u0153uvre de M. Lalanne lui-m\u00eame. Voir aussi une notice biographique sur lui : Lettres de M. Chaminade, t. I, p. 260.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Notice, D. 5.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Lettres, t. I, No 98, p. 174, lettre du 10 juin 1818 \u00e0 M\u00e8re de Trenquell\u00e9on.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Cahier Boby, p. 7, Archives de la S. M., bo\u00eete 17.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Ibidem, p. 7.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Soci\u00e9t\u00e9 ou Institut de Marie, fond\u00e9 \u00e0 Bordeaux&#8230;, article de M. Lalanne dans le Dictionnaire des Ordres Religieux, Migne.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Ecrits de Direction, t. I, pp. 159- 238.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Adresse d&#8217;une lettre de M. Louis Chicon \u00e0 M. Lalanne du 19 octobre 1818<br \/>\n<a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Notice, p. 32.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> Texte de 1837, cit\u00e9 dans Lettres de M. Chaminade, t. I, p. 261.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Notice, p. 7. Voir aussi quelques notes biographiques dans : Lettres, t. p. 222, note<br \/>\n<a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Soci\u00e9t\u00e9 ou Institut de Marie, ibid., p.3<br \/>\n<a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Notice, pp. 15 &#8211; 16. (11)<br \/>\n<a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Notice p. 16<br \/>\n<a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Archives de la Soci\u00e9t\u00e9 de Notice, p. 16.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Lettres, t II, n\u00b0 385, p. 164. Voir aussi notice biographique, ibid., p. 164<br \/>\n<a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> Notice, p. 7. Voir aussi dans Lettres, t. I, p. 42, note et p. 211, note. (1&#8243;)<br \/>\n<a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> Notice, p. 8<br \/>\n<a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> Lettres, t. I, No 121, p. 211, \u00e0 M\u00e8re de Trenquell\u00e9on, le 25 mai 1819.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> 1er M\u00e9moire pour M. Auguste Perri\u00e8re, du 14 ao\u00fbt 1841, p. 1.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> 2e M\u00e9moire pour M. Auguste Perri\u00e8re, du 24 d\u00e9cembre 1841, p. 3.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> 1er m\u00e9moire; p.1<br \/>\n<a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Notice, pp. 21 &#8211; 24. Voir sur M. Clouzet : notes biographiques dans Lettres, I, p. 453.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Voir r\u00e9cit d\u00e9lain\u00e9 dans : Ap\u00f4tre de Marie, XV, pp. 443 et suiv.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Notice, p. 17.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Lettres, t. I, No 102, p. 178, \u00e0 Mgr d&#8217;Aviau, le 27 ao\u00fbt 1818<br \/>\n<a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Lettres, t.1, n\u00b0 104, p. 182, \u00e0 Mgr Jacoupy, \u00e9v\u00eaque d&#8217;Agen, le 21 septembre 1818<\/p>\n","protected":false},"author":130,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[96],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-938","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-congregation-et-instituts-religieux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/938"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/130"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=938"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/938\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":944,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/938\/revisions\/944"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=938"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}