{"id":929,"date":"2015-10-12T16:53:14","date_gmt":"2015-10-12T15:53:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=929"},"modified":"2016-02-03T16:48:48","modified_gmt":"2016-02-03T15:48:48","slug":"traits-saillants-de-la-personnalite-dadele","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/traits-saillants-de-la-personnalite-dadele\/","title":{"rendered":"Traits saillants de la personnalit\u00e9 d\u2019Ad\u00e8le"},"content":{"rendered":"<p>J\u2019en ai d\u00e9gag\u00e9 quatre qui, pour moi, semblent bien la caract\u00e9riser\u00a0: la foi, la bont\u00e9, le z\u00e8le, l\u2019\u00e9quilibre.<\/p>\n<h2 id=\"la-foi\" >La Foi<\/h2>\n<p>Tout au long de sa vie, M\u00e8re Ad\u00e8le est anim\u00e9e d\u2019une foi profonde, une foi qui s\u2019enracine dans son Bapt\u00eame (elle attache une grande importance au renouvellement des v\u0153ux de son Bapt\u00eame) e dans sa Confirmation.<\/p>\n<p>C\u2019est une foi d\u2019enfant, simple, sans d\u00e9tour, qui va droit au but\u00a0; une foi qui se nourrit de la Parole de Dieu (elle aime beaucoup St Paul), de l\u2019enseignement de l\u2019Eglise, des \u00e9crits des saints (St. Fran\u00e7ois de Sales, St Ignace, St Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Avila \u2026). C\u2019est une foi qui s\u2019approfondit dans la m\u00e9ditation des f\u00eates tout au long de l\u2019ann\u00e9e liturgique. Elle s\u2019associe par l\u00e0 aux Myst\u00e8res du Christ qu\u2019elle sait toujours vivant dans l\u2019Eglise et par l\u2019Esprit.<\/p>\n<p>Cette foi, elle la communique dans ses lettres pour susciter, entretenir, stimuler la ferveur.<\/p>\n<p>Voici quelques expressions qui reviennent souvent sous sa plume\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Vivre de la foi,<\/li>\n<li>voir par les yeux de la foi,<\/li>\n<li>l\u2019esprit de la foi\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette foi sous-tend et enrichit son oraison quotidienne, cette oraison \u00e0 laquelle elle s\u2019adonne depuis l\u2019\u00e2ge de douze ans.<\/p>\n<p>Dans sa foi, elle fait une place privil\u00e9gi\u00e9e \u00e0 Marie. Petite fille, elle l\u2019aime, elle la prie, elle recourt \u00e0 sa protection, elle cherche \u00e0 l\u2019imiter. En exil, elle prend part aux f\u00eates mariales, f\u00eates qui sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9es avec solennit\u00e9 en Espagne. Ces f\u00eates trouvent place dans sa correspondance et lui offrent mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion pour les associ\u00e9es. La \u00ab\u00a0petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb est plac\u00e9e sous la protection sp\u00e9ciale de Marie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ayons souvent recours \u00e0 la protectrice de la Soci\u00e9t\u00e9 : la tr\u00e8s Sainte Vierge. Oh ! Qu\u2019Elle est puissante aupr\u00e8s de son Fils ! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particuli\u00e8res, soit par notre Soci\u00e9t\u00e9, soit par l\u2019habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d\u2019\u00eatre rev\u00eatues.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre\u00a088.11)<\/p>\n<p>Ad\u00e8le comme ses amies cherche \u00e0 imiter Marie, en particulier ses vertus d\u2019humilit\u00e9 et de puret\u00e9. (35-134).<\/p>\n<p>Et lorsque-elle entre en relation avec le P\u00e8re Chaminade, fin 1808, c\u2019est avec joie qu\u2019elle d\u00e9couvre et adopte la cons\u00e9cration \u00e0 Marie. Pour mieux vivre la cons\u00e9cration \u00e0 Marie, d\u00e8s 1809, elle invite ses amies \u00e0 mettre en pratique \u00ab\u00a0l\u2019amour actuel de Marie\u00a0\u00bb. (97)<\/p>\n<p>Il s\u2019agit de choisir une heure dans la journ\u00e9e, heure qui est plus particuli\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Marie. On continue de faire simplement ce que l\u2019on a \u00e0 faire mais apr\u00e8s l\u2019avoir explicitement offert \u00e0 marie et en essayant de demeurer en sa pr\u00e9sence tout au long de l\u2019heure.<\/p>\n<p>Elle prend ainsi de plus en plus conscience que, par le myst\u00e8re de l\u2019incarnation r\u00e9demptrice, la Trinit\u00e9 fait du Christ le Nouvel Adam et de Marie, la Nouvelle Eve, m\u00e8re de l\u2019humanit\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e. Son z\u00e8le \u00e0 propager la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, puis la Congr\u00e9gation, nous laisse entrevoir l\u2019amour et la confiance toute filiale qu\u2019elle porte \u00e0 Marie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Propageons la famille de la tr\u00e8s pure Marie. Ramassons le plus que nous pourrons de jeunes c\u0153urs sous son \u00e9gide et \u00e0 la gloire de notre divin Ma\u00eetre\u00a0\u00bb.<\/em> (175)<\/p>\n<p>Et quelques ann\u00e9es plus tard, quand elle engage M\u00e8re Emilie de Rodat \u00e0 implanter la Congr\u00e9gation \u00e0 Villefranche\u00a0; elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0(par la Congr\u00e9gation) ne sommes-nous pas bienheureuses d\u2019\u00e9tablir la d\u00e9votion \u00e0 Marie d\u2019une mani\u00e8re sp\u00e9ciale\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (396)<\/p>\n<p>Au fil des ann\u00e9es, cette foi se centre davantage sur le Christ. C\u2019est lui, le divin Epoux, le c\u00e9leste Epoux, qui est la r\u00e9f\u00e9rence et le recours. D\u00e8s le 27 mars 1805 elle \u00e9crivait \u00e0 Agathe\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que ce soit toujours la gloire di divin Epoux qui nous fasse agir\u00a0\u00bb.<\/em> (3)<\/p>\n<p>Deux mois avant sa mort, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, ch\u00e8re s\u0153ur, travaillons sans cesse \u00e0 la gloire du c\u00e9leste Epoux, en Lui formant un cort\u00e8ge de vierges fid\u00e8les\u00a0: vous en agissant et moi en souffrant. T\u00e2chons de vivre de la foi\u00a0\u00bb.<\/em> (733)<\/p>\n<p>Toute sa vie est fond\u00e9e sur cet amour de l\u2019Epoux qui lui fait vouloir que Lui et sa gloire. C\u2019est de cette foi en l\u2019Epoux que jaillit son intense confiance dans la pri\u00e8re. Que pourrait-il refuser \u00e0 celle qui n\u2019a d\u2019autre d\u00e9sir que sa gloire\u00a0? Cette confiance dans la pri\u00e8re on la retrouve \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9preuves, comme \u00e0 l\u2019occasion des fondations de l\u2019institut. Les fondations sont toujours accompagn\u00e9es, sous son impulsion, par la pri\u00e8re des S\u0153urs\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous disons tous les jours un \u2018Veni Sancte\u2019 et une pri\u00e8re \u00e0 Saint Joseph\u00a0\u00bb.<\/em> (379)<\/p>\n<p>Il s\u2019agit alors de pr\u00e9parer la fondation de Tonneins, la seconde maison de l\u2019Ordre. Et au moment o\u00f9 surgissent les difficult\u00e9s impr\u00e9vues pour cette fondation, les forces du mensonge jetant le discr\u00e9dit sur la personne m\u00eame d\u2019Ad\u00e8le, infamie qui va jusqu\u2019\u00e0 troubler sa propre famille, M\u00e8re Ad\u00e8le \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 continuer l\u2019\u0153uvre si bien commenc\u00e9e, esp\u00e9rant que la Providence soutiendra mon droit. C\u2019est la gloire de Dieu que je veux chercher uniquement\u00a0: Il sera mon protecteur\u00a0\u00bb.<\/em> (391)<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard lorsqu\u2019elle doit se s\u00e9parer de Sr. Nativit\u00e9 qui dirigeait la Congr\u00e9gation \u00e0 Agen\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai remis la congr\u00e9gation entre les mains de Marie (\u2026) j\u2019esp\u00e8re en Dieu et en Marie\u00a0: c\u2019est pour leur gloire\u00a0\u00bb.<\/em> (560)<\/p>\n<p>De m\u00eame lorsqu\u2019elle apprend que, peu apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Arbois, M\u00e8re M. Joseph, la sup\u00e9rieure de la nouvelle communaut\u00e9 si lointaine (il a fallu trois semaines de voyages), atteinte de la fi\u00e8vre typho\u00efde est \u00e0 la mort, c\u2019est en Dieu seul qu\u2019elle cherche refuge, invitant toutes les s\u0153urs \u00e0 faire violence au Ciel, (702)<\/p>\n<p>C\u2019est cette m\u00eame foi qui, ouvrant sur la pleine lumi\u00e8re, lui fait s\u2019\u00e9crier au moment de mourir\u00a0: \u00ab\u00a0Hosanna au Fils de David\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2 id=\"la-bonte\" >La bont\u00e9<\/h2>\n<p>C\u2019est une bont\u00e9 faite de simplicit\u00e9 et d\u2019humilit\u00e9. Jeune fille, elle a choisi l\u2019apostolat de la correspondance. Dans ses lettres, elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 tout ce qui fait la vie de ses associ\u00e9es.<\/p>\n<p>Elle propose des intentions de pri\u00e8re, demande des nouvelles, s\u2019inqui\u00e8te quand elle ne sait rien d\u2019une associ\u00e9e depuis un certain temps, recommande les malades, les mourants, parle des conversions en cours, aide \u00e0 se pr\u00e9parer aux sacrements\u2026 propose une neuvaine afin d\u2019obtenir le retour \u00e0 Dieu d\u2019amis qui se laissent entra\u00eener par le monde\u2026<\/p>\n<blockquote><p>Cette bont\u00e9 l\u2019ouvre aussi \u00e0 toutes les mis\u00e8res qui l\u2019environnent.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les pauvres sont particuli\u00e8rement l\u2019objet de ses soins attentifs. Toutes ses richesses leur sont r\u00e9serv\u00e9es. Elle les re\u00e7oit au ch\u00e2teau, tient \u00e0 les servir elle-m\u00eame. Quand elle h\u00e9rite d\u2019une tante, elle utilise la rente que lui verse r\u00e9guli\u00e8rement son p\u00e8re pour subvenir aux besoins de ses enfants\u00a0: les pauvres. Elle travaille, fait de la broderie et m\u00eame de l\u2019\u00e9levage et, gr\u00e2ce aux produits de ses travaux, elle fait face aux n\u00e9cessit\u00e9s qui se pr\u00e9sentent. Elle visite les malades des environs de la propri\u00e9t\u00e9. Quand un chiffonnier des alentours, p\u00e8re de famille, tombe malade, avec sa m\u00e8re, elles le font hospitaliser, vont le voir. Ad\u00e8le se soucie de sa vie spirituelle, il meurt en paix avec Dieu et plein de confiance. Ad\u00e8le ne lui a-t-elle pas promis de s\u2019occuper des deux orphelines qu\u2019il laisse\u00a0?<\/p>\n<p>Bonne, d\u00e9licate, pr\u00e9venante elle l\u2019est aussi aupr\u00e8s de son p\u00e8re. Lorsqu\u2019en 1812 il tombe malade et se paralyse progressivement, Ad\u00e8le devient son infirmi\u00e8re. Elle le soigne, lui fait la lecture. Le baron aime \u00e0 l\u2019appeler \u00ab\u00a0sa fid\u00e8le Antigone\u00a0\u00bb. Elle seule devine, comme nul autre, ce qui peut soulager, apaiser le malade. Et, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en juin 1815, Ad\u00e8le le soigne avec un d\u00e9vouement et une patience de tous les instants.<\/p>\n<p>Cette bont\u00e9 sait aussi se faire compr\u00e9hensive \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses associ\u00e9es, particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Agathe, temp\u00e9rament qui a tendance \u00e0 se d\u00e9courager.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne nous d\u00e9courageons pas, ma bonne amie, en nous voyant si fragiles\u00a0\u00bb.<\/em> (131)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Du courage\u00a0! De nous-m\u00eames nous n\u2019en viendrons jamais \u00e0 bout, mais avec Dieu nous pouvons tout\u00a0\u00bb.<\/em> (132)<\/p>\n<p>Agathe n\u2019a pas pu communier du fait de l\u2019absence de son confesseur (\u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019\u00e9tait le confesseur qui d\u00e9cidait des communions), Ad\u00e8le lui envoie ce message\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0T\u00e2chez, ma bonne amie, de ne pas vous rel\u00e2cher et, qu\u2019au contraire, ce petit retard ne serve qu\u2019\u00e0 vous faire mieux sentir le besoin que vous avez de votre Dieu\u00a0\u00bb.<\/em> (140)<\/p>\n<p>Cette bont\u00e9, toute d\u00e9licate, l\u2019am\u00e8ne \u00e0 s\u2019abstenir d\u2019\u00e9crire \u00e0 Madame Belloc, son amie des premiers jours, lorsque son mari tombe si gravement malade qu\u2019il mourra victime de son d\u00e9vouement pendant une \u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n<p>Elle \u00e9crit \u00e0 Agathe, la s\u0153ur de Madame Belloc (Dicherette)\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Embrassez pour moi la ch\u00e8re Dicherette. Dites-lui que je ne lui \u00e9cris pas par discr\u00e9tion\u00a0; je sens que tout est \u00e0 charge \u00e0 certains moments\u00a0\u00bb.<\/em> (166)<\/p>\n<p>Fondatrice, sup\u00e9rieure g\u00e9n\u00e9rale, sa bont\u00e9 se fait plus attentive, plus d\u00e9licate, plus maternelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses s\u0153urs. Sa correspondance avec M. Emilie de Rodat nous laisse entrevoir les dispositions intimes qui l\u2019habitent\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que nos filles trouvent toujours un c\u0153ur ouvert \u00e0 tous leurs besoins, pr\u00eates \u00e0 supporter leurs faiblesses, nous faisant toute \u00e0 toutes pour que toutes soient \u00e0 J\u00e9sus Christ\u00a0\u00bb.<\/em> (353)<\/p>\n<p>Et encore\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Regardons-nous comme les servantes de nos s\u0153urs, des servantes qui doivent les servir en toute charit\u00e9 dans leurs n\u00e9cessit\u00e9s spirituelles\u2026 Soyons toujours pr\u00eates \u00e0 les recevoir, \u00e0 les accueillir.\u00a0\u00bb<\/em> (369)<\/p>\n<p>Et il est bien vrai qu\u2019elle aime chacune de ses s\u0153urs avec une tendresse toute maternelle. Elle s\u2019int\u00e9resse aussi bien \u00e0 leur croissance spirituelle qu\u2019\u00e0 leur sant\u00e9 physique.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tout m\u2019int\u00e9resse venant de mes ch\u00e8res filles\u00a0\u00bb<\/em> (578)<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019elle \u00e9crit \u00e0 M. Emilie de Rodat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mes pauvres filles souffrent, aussi bien que les v\u00f4tres, de la poitrine. Je veille qu\u2019elles boivent quelque chose d\u2019adoucissant ou qu\u2019elles prennent quelque chose apr\u00e8s les classes ou les instructions. Quelques-unes prennent un bouillon, d\u2019autres du lait.\u00a0\u00bb<\/em> (353)<\/p>\n<p>Elle recommande \u00e0 S\u0153ur Saint Fran\u00e7ois, \u00e9conome de Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faites un examen particulier sur ce v\u0153u de pauvret\u00e9. Il faut le n\u00e9cessaire, mais ne rien accorder \u00e0 la sensualit\u00e9. Soignez cependant les sant\u00e9s\u00a0: du laitage sucr\u00e9 ce car\u00eame.\u00a0\u00bb<\/em> (428)<\/p>\n<p>Les sant\u00e9s, c\u2019est bien une de ses pr\u00e9occupations de m\u00e8re. S\u2019informant de la sant\u00e9 d\u2019une jeune s\u0153ur, n\u2019ajoute-t-elle pas\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pardonnez \u00e0 la maternit\u00e9 ces questions.\u00a0\u00bb<\/em> (673)<\/p>\n<p>M\u00e8re, elle a le souci de faire grandir chacune de ses filles dans sa r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019Epoux\u00a0; il faut lire les lettres qu\u2019elle \u00e9crit aux novices, aux jeunes professes qui viennent de contracter l\u2019alliance avec le Seigneur.<\/p>\n<p>Bonne, elle sait aussi se montrer exigeante. C\u2019est ainsi, par exemple, qu\u2019elle stimule M\u00e8re Dosith\u00e9e dans son activit\u00e9 aupr\u00e8s du Tiers Ordre s\u00e9culier de Tonneins, tout en lui rappelant qu\u2019elle doit marcher par les voies de l\u2019humilit\u00e9 (cf.453).<\/p>\n<p>Aupr\u00e8s de ses s\u0153urs, sa bont\u00e9 se fait tendresse, d\u00e9vouement, compr\u00e9hension. Rien de mi\u00e8vre, d\u2019affectif. Affectueuse, certes, elle l\u2019est et elle ne craint pas de dire ses sentiments, mais c\u2019est toujours dans Celui auquel elle s\u2019est totalement consacr\u00e9e. L\u2019affection qu\u2019elle t\u00e9moigne invite toujours \u00e0 aller plus loin dans le don de soi.<\/p>\n<p>Sa bont\u00e9 s\u2019exerce \u00e9galement aupr\u00e8s des Congr\u00e9ganistes, des personnes qui aident l\u2019Institut. Elle sait manifester \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade toute la reconnaissance pour ses bienfaits, son aide financi\u00e8re et m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la communaut\u00e9 de Tonneins.<\/p>\n<p>Lors de la fondation de Tonneins, justement, pressentant la joie que pourraient \u00e9prouver les s\u0153urs de M\u00e8re Louis de Gonzague, Congr\u00e9ganistes de la ville, n\u2019a-t-elle pas sugg\u00e9r\u00e9 \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade de leur proposer de participer \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement des locaux. (cf. 400)<\/p>\n<p>C\u2019est bien en toute v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019elle peut signer nombre de ses lettres \u00ab\u00a0votre bonne m\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0votre m\u00e8re d\u00e9vou\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0votre tendre m\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0votre m\u00e8re affectionn\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bont\u00e9 qui reste humble et consciente de ses faiblesses\u00a0; elle signe encore \u00ab\u00a0votre pauvre m\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0votre indigne m\u00e8re\u00a0\u00bb. C\u2019est Celui en qui elle peut tout qui lui donne d\u2019aimer et d\u2019\u00eatre bonne \u00e0 l\u2019image de son Amour, de sa Bont\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"le-zele\" >Le\u00a0z\u00e8le<\/h2>\n<p>C\u0153ur ardent, toute \u00e0 son Seigneur, son unique d\u00e9sir est de pouvoir Le faire conna\u00eetre, aimer et servir par tous les c\u0153urs.<\/p>\n<p>M\u00e8re Marie-Joseph, sa cousine, disait d\u2019elle \u00ab\u00a0qu\u2019elle avait une soif d\u00e9vorante du salut des \u00e2mes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle estime la vocation divine de tout \u00eatre humain. Dans les pauvres, elle reconna\u00eet les membres souffrants du Christ. D\u00e8s lors, elle les sert avec un amour privil\u00e9gi\u00e9. Elle les sert mais elle en profite pour leur r\u00e9v\u00e9ler Celui qu\u2019elle aime et qui les aime.<\/p>\n<p>Son z\u00e8le se fait inventif. Autour de 1810-1811, elle ouvre une \u00e9cole au ch\u00e2teau de ses parents. A l\u2019\u00e9poque, les villages ne poss\u00e9daient pas d\u2019\u00e9cole. Aux petits gar\u00e7ons et petites filles qui se pr\u00e9sentent, elle apprend le cat\u00e9chisme, les pri\u00e8res essentielles, la lecture, le calcul.<\/p>\n<p>Ses \u00e9l\u00e8ves, venant de fermes tr\u00e8s isol\u00e9es, assez distantes de Trenquell\u00e9on, arrivent \u00e0 toutes les heures de la journ\u00e9e. La ma\u00eetresse est toujours disponible. Ad\u00e8le quitte tout pour les accueillir. Ses lettres en t\u00e9moignent souvent\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous quitte pour faire mon \u00e9cole\u00a0\u00bb<\/em> (147),<em> \u00ab\u00a0voici mes \u00e9coliers qui arrivent, il faut que je vous quitte\u00a0\u00bb<\/em> (169).<\/p>\n<p>Elle engage constamment ses amies de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 faire des conqu\u00eates. Elle-m\u00eame est heureuse de faire part des conqu\u00eates qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9es. Ainsi, apr\u00e8s un s\u00e9jour \u00e0 Condom, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos amies de Condom sont bien braves. Nous y avons fait des conqu\u00eates (\u2026) Nos nouvelles amies de Figeac en ont fait aussi (\u2026) Il me tarde de savoir la r\u00e9ussite de votre voyage de Marmande.\u00a0\u00bb<\/em> (162)<\/p>\n<p>Ce m\u00eame z\u00e8le la conduit \u00e0 prendre en charge un jeune gar\u00e7on n\u00e9 en 1797, Dubrana, qui d\u00e9sire devenir pr\u00eatre mais qui n\u2019en a pas les moyens. Les associ\u00e9es s\u2019ing\u00e9nient \u00e0 lui procurer le n\u00e9cessaire\u00a0: trousseau, argent pour les \u00e9tudes, et cela dure toute sa formation. Ecoutons ce qu\u2019elle \u00e9crivait \u00e0 Agathe le 20 avril 1815\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vous ferez bien d\u2019acheter des chemises \u00e0 Dubrana. J\u2019ai assez d\u2019argent par devers nous. Et puis, il faudrait tacher d\u2019allonger sa soutane\u00a0; voyez avec le tailleur\u00a0\u00bb.<\/em> (266)<\/p>\n<p>Et le 7 mars 1816\u00a0: \u00ab\u00a0je vous envoie l\u2019argent de Dubrana\u00a0\u00bb. (311)<\/p>\n<p>Ainsi, pris en charge jusqu\u2019au bout de ses \u00e9tudes, l\u2019abb\u00e9 Dubrana sera ordonn\u00e9 pr\u00eatre le 28 mai 1825. Le z\u00e8le et la patience des associ\u00e9es ont port\u00e9 fruit.<\/p>\n<p>M\u00e8re Marie-Joseph raconte, dans ses m\u00e9moires, comment Ad\u00e8le, jeune fille, ne prenait jamais la voiture du ch\u00e2teau pour aller \u00e0 la messe. Elle allait \u00e0 pied en profitant pour parler aux jeunes filles qu\u2019elle rencontrait, les instruisant et les encourageant \u00e0 aimer le Seigneur. Quand elle sortait en promenade, m\u00eame chose. Comme aimaient \u00e0 dire sa s\u0153ur et ses cousines qui l\u2019accompagnaient, elles allaient missionner. Ad\u00e8le rassemblait les enfants, les jeunes filles, leur faisait le cat\u00e9chisme et pressait les enfants de venir \u00e0 son \u00e9cole.<\/p>\n<p>On comprend pourquoi, lorsque le P\u00e8re Chaminade lui propose d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0missionnaire de Marie\u00a0\u00bb, ce terme l\u2019enchante et r\u00e9pond \u00e0 ce \u00e0 quoi elle aspire.<\/p>\n<p>Fondatrice, elle n\u2019aura de cesse de d\u00e9velopper l\u2019\u0153uvre de Dieu. Si la Congr\u00e9gation est son \u0153uvre de pr\u00e9dilection, c\u2019est qu\u2019elle voit tout le bien qu\u2019elle peut faire \u00e0 travers elle. Parlant de la Congr\u00e9gation \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat, elle lui dit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous avoue que c\u2019est mon \u0153uvre de pr\u00e9dilection et que depuis l\u2019\u00e2ge de seize ans, je m\u2019y occupe (vous serez surprise que je vous dise depuis l\u2019\u00e2ge de seize ans). Oui, \u00e0 cet \u00e2ge, j\u2019avais un grand z\u00e8le pour engager les jeunes personnes dans une petite soci\u00e9t\u00e9 spirituelle. Comme j\u2019habitais la campagne, c\u2019\u00e9tait par correspondance que j\u2019entretenais cette Soci\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (438)<\/p>\n<p>Mais que fait la Congr\u00e9gation\u00a0? Quel est son but\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Former des \u00e2mes remplies de z\u00e8le du salut du prochain et de la gloire de Dieu qui, chacune, dans leur \u00e9tat, soient de petites missionnaires parmi leur famille, leurs amies, leurs voisines\u2026\u00a0\u00bb<\/em> (425)<\/p>\n<p>Et ces missionnaires ont des apostolats tr\u00e8s vari\u00e9s\u00a0: enseigner, faire le cat\u00e9chisme, faire amuser innocemment des enfants, en rassembler pour chanter, procurer de bonnes lectures, inviter \u00e0 fr\u00e9quenter les sacrements, visiter des prisonniers, leur faire le cat\u00e9chisme\u2026 On le voit, les activit\u00e9s de l\u2019Institut\u00a0: \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Congr\u00e9gation, il y a les classes gratuites, l\u2019ouvroir, les retraites personnelles ou en groupe, (pour la Congr\u00e9gation \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019Immacul\u00e9e Conception et de Carnaval), l\u2019\u0153uvre des pauvres mendiantes (jusqu\u2019\u00e0 une centaine de femmes que Sr. Saint Fran\u00e7ois rassemble chaque semaine. Elle en pr\u00e9pare certaines de 40, 60 ans \u00e0 la premi\u00e8re communion, \u00e0 la confirmation. Pour \u00eatre mieux comprise elle fait les conf\u00e9rences en patois), plus tard les pensionnats. On le voit le z\u00e8le de la fondatrice embrasse tous les moyens \u00e0 sa port\u00e9e.<\/p>\n<p>Quatre ans apr\u00e8s la fondation d\u2019Agen, c\u2019est avec joie, m\u00eame si la souffrance de la s\u00e9paration est l\u00e0, que M\u00e8re Ad\u00e8le accompagne six de ses filles \u00e0 Tonneins. Tonneins, ville \u00e0 demi protestante, o\u00f9 la fondatrice entrevoit tout le bien \u00e0 faire. Les protestants ayant une bonne \u00e9cole, les \u00ab\u00a0mauvais catholiques\u00a0\u00bb avaient pris l\u2019habitude d\u2019y envoyer leurs enfants (\u00e0 l\u2019\u00e9poque on ne parlait pas le langage de l\u2019\u0153cum\u00e9nisme), Ad\u00e8le, en installant une petite colonie de ses s\u0153urs \u00e0 Tonneins, aspire \u00e0 la conversion des protestants de la ville. Les s\u0153urs sont l\u00e0 depuis moins de trois semaines qu\u2019elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se, la sup\u00e9rieure\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Pressez l\u2019ach\u00e8vement de l\u2019Ecole du peuple\u00a0: c\u2019est urgent\u00a0! Il me tarde d\u2019avoir des nouvelles de la r\u00e9union des Dames.\u00a0\u00bb<\/em> (il s\u2019agit de la Congr\u00e9gation) (404)<\/p>\n<p>Et M\u00e8re Sainte Foy a droit \u00e0 ces lignes o\u00f9 transpara\u00eet tout le z\u00e8le de la Fondatrice\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur vous dit de bien faire aimer le bon Dieu par toutes vos \u00e9l\u00e8ves\u00a0\u00bb.<\/em> (412)<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019il est question de fondation en Alsace, elle n\u2019a pas peur\u2026 Elle veut faire conna\u00eetre, servir et aimer le c\u00e9leste Epoux par tous les c\u0153urs. Ses s\u0153urs doivent \u00eatre pr\u00eates \u00e0 aller jusqu\u2019au bout du monde pour sauver une seul \u00e2me. Laissons-lui la parole\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Propageons-nous pour la plus grande gloire de Dieu. Que ce Nom divin soit b\u00e9ni depuis l\u2019Orient jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Occident, qu\u2019il soit connu partout, aim\u00e9 par tous les c\u0153urs, servi par toutes les cr\u00e9atures.\u00a0\u00bb<\/em> (450)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dans notre Institut, il faut des \u00e2mes fortes, nous devons avoir l\u2019esprit apostolique, faire conna\u00eetre et aimer notre c\u00e9leste Epoux, fut-ce aux extr\u00e9mit\u00e9s du monde et parmi les sauvages.\u00a0\u00bb<\/em> (567)<\/p>\n<p>C\u2019est ce z\u00e8le ardent qui, alors que sa sant\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9branl\u00e9e, lui fait envisager avec joie, enthousiasme et esp\u00e9rance la lointaine fondation d\u2019Arbois en Franche-Comt\u00e9. Mais quelle joie de partager les bonnes nouvelles des d\u00e9buts, joie imm\u00e9diatement assombrie par la maladie de M\u00e8re Marie-Joseph. Heureusement, le Seigneur se contentait de fonder l\u2019\u0153uvre nouvelle sur la Croix et faisait sa gloire en rendant la sant\u00e9 \u00e0 la jeune sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Pour clore ce paragraphe, il y aurait beaucoup \u00e0 ajouter, j\u2019emprunterai une phrase de la lettre collective qu\u2019elle envoie au noviciat le 4 mars 1826\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Imitons Marie, notre auguste M\u00e8re, qui n\u2019a v\u00e9cu que pour la gloire de son divin Fils.\u00a0\u00bb<\/em> (641)<\/p>\n<h2 id=\"le-bon-sens-lequilibre\" >Le bon sens &#8211; l&#8217;\u00e9quilibre<\/h2>\n<p>Foi, bont\u00e9, z\u00e8le apostolique s\u2019enracinent dans un solide bon sens, un \u00e9quilibre humain et surnaturel hors du commun\u00a0; Toute jeune, elle fonde une association pour se pr\u00e9parer \u00e0 la bonne mort. Cela peut nous para\u00eetre \u00e9trange, certes. C\u2019est tout simplement qu\u2019il y a une forte mortalit\u00e9 parmi la jeunesse et tandis qu\u2019autour d\u2019elle certaines jeunes filles r\u00eavent de mourir jeunes, elle se laisse interpeller par la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie et souhaite, au contraire, mettre \u00e0 profit le temps qui lui est donn\u00e9 pour aimer et faire aimer Dieu.<\/p>\n<p>Elle revient souvent dans ses lettres sur la parabole des vierges sages et des vierges folles, invitant ses amies \u00e0 se tenir pr\u00eates, la lampe garnie pour accueillir l\u2019Epoux au moment m\u00eame o\u00f9 il se pr\u00e9sentera. (168 \u2013 170 etc\u2026)<\/p>\n<p>Et pour cela, que propose-t-elle\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne pensons qu\u2019\u00e0 faire ce que nous faisons dans le moment mais, \u00e0 le bien faire. C\u2019est dans la fid\u00e9lit\u00e9 et la perfection aux actions ordinaires que consiste le progr\u00e8s que nous pouvons faire dans la vertu. Dieu ne demande pas de nous des choses extraordinaires, mais Il veut que nous nous sanctifiions dans les choses que nous faisons tous les jours.\u00a0\u00bb<\/em> (246,4-5)<\/p>\n<p>Jeune fille, il lui arrive de ne pas pouvoir communier du fait de l\u2019absence de son confesseur. Loin de se lamenter, de g\u00e9mir, elle pr\u00e9pare don c\u0153ur pour qu\u2019il soit encore plus br\u00fblant d\u2019amour \u00e0 la prochaine communion. Et c\u2019est ce \u00e0 quoi elle engage Agathe\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous plains, ch\u00e8re amie, de l\u2019absence de votre confesseur ; mais, faites en d\u00e9sir ce qu\u2019il ne vous est pas possible de faire en effet, et Dieu, voyant votre bonne volont\u00e9, y suppl\u00e9era par sa gr\u00e2ce qu\u2019il communique de la mani\u00e8re qu\u2019Il veut.\u00a0\u00bb<\/em> (24)<\/p>\n<p>Et quelque temps apr\u00e8s, elle lui adresse ces mots\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je pense que Monsieur Serres est revenu \u00e0 Agen et que, par l\u2019ardeur de vos communions, vous r\u00e9parerez celles que vous n\u2019avez pu faire.\u00a0\u00bb<\/em> (26)<\/p>\n<p>Constate-t-elle qu\u2019elle a fort mal travaill\u00e9 au d\u00e9fi qu\u2019elle avait lanc\u00e9 aux associ\u00e9es (Ad\u00e8le aimait proposer des pieux d\u00e9fis\u00a0: c\u2019\u00e9tait \u00e0 celle qui aimerait le plus le Seigneur, qui se d\u00e9tacherait le plus des cr\u00e9atures\u2026), elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne nous d\u00e9courageons pas\u00a0; il nous reste peu de jours, mais ils sont bien propres \u00e0 ranimer notre courage\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (185)<\/p>\n<p>C\u2019est ce m\u00eame bon sens que l\u2019on voit \u00e0 l\u2019\u0153uvre lorsqu\u2019elle insiste aupr\u00e8s d\u2019Agathe pour que celle-ci \u00e9claire sa cousine gravement malade et qui se fait illusion sur sa sant\u00e9. Ad\u00e8le parle en ces termes \u00e0 Agathe\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tat d\u2019illusion sur son \u00e9tat, o\u00f9 est votre pauvre cousine m\u2019affecte. Il me semble, sauf meilleur avis, qu\u2019en conscience on serait oblig\u00e9 de lui insinuer son \u00e9tat. Et puis, c\u2019est mal de diff\u00e9rer l\u2019Extr\u00eame Onction jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on n\u2019ait plus de connaissance, et, par cons\u00e9quent, qu\u2019on ne puisse retirer de ce sacrement tout le fruit qu\u2019il peut produire. Il peut rendre la sant\u00e9, s\u2019il est plus exp\u00e9dient pour le salut.\u00a0\u00bb<\/em> (210)<\/p>\n<p>Sup\u00e9rieure de communaut\u00e9, nous la retrouvons anim\u00e9e de ce m\u00eame bon sens empreint de r\u00e9alisme. Elle \u00e9crit par exemple \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Prenez garde que vos sujets ne fassent trop d\u2019aust\u00e9rit\u00e9s ; ayez soin qu\u2019elles mangent leur r\u00e9fection. Nous ne devons pas \u00eatre des trappistes qui n\u2019entrent \u00e0 la Trappe que pour mourir, mais nous devons t\u00e2cher de conserver et m\u00e9nager nos sujets pour les faire travailler \u00e0 la gloire de Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (349)<\/p>\n<p>Lors de chaque fondation, son bon sens se fait sens pratique. Sa correspondance nous livre davantage de d\u00e9tails concernant l\u2019installation de Tonneins, mais ce que l\u2019on trouve \u00e0 l\u2019occasion de la cr\u00e9ation de diverses maisons laisse entrevoir ce m\u00eame r\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Rien n\u2019\u00e9chappe \u00e0 son souci maternel. Voici ce que nous lisons sous sa plume, un mois avant l\u2019installation des s\u0153urs \u00e0 Tonneins\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Comme nous voulons, \u00e0 l\u2019exemple de la fourmi, penser \u00e0 l\u2019entretien de nos s\u0153urs pour cet hiver, je d\u00e9sirerais savoir le prix du bois \u00e0 Tonneins (\u2026) Suivant le prix que vous nous marquerez, nous ach\u00e8terons l\u00e0-bas ou ici (\u2026) Nous vous demandons \u00e9galement le prix du vin, pour la m\u00eame raison.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0(397)<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s, elle adresse encore ces lignes \u00e0 Monsieur Faure Lacaussade\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous nous trouvons pour le moment bien embarrass\u00e9es, aussi ne pourrons-nous acheter que l\u2019indispensable n\u00e9cessaire.<\/em><\/p>\n<p><em>Nous n\u2019avons point d\u2019\u00e9chelle double ici ; nous comptons en demander une \u00e0 nos ouvriers par-dessus le march\u00e9 de nos ouvrages. Faites-en autant \u00e0 ceux de Tonneins. Nous vous enverrons, (\u2026) un chauffe-lit, un r\u00e9chaud, un panier \u00e0 \u00e9gout, une paire de chenets (\u2026) Pour les carafes, nous ne nous en servons pas; nous m\u00ealons le vin avec l\u2019eau en commun, dans les bouteilles. Nous enverrons pour la chapelle : une custode, une pierre sacr\u00e9e, deux aubes, deux ornements.\u00a0\u00bb<\/em> (400)<\/p>\n<p>Quant aux nombreux conseils qu\u2019elle donne \u00e0 ses s\u0153urs, ils sont tout color\u00e9s par ce m\u00eame \u00e9quilibre, ce m\u00eame bon sens. Elle dit \u00e0 M\u00e8re Louis de Gonzague\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous interdis la soupe aux choux et prie la bonne s\u0153ur Fran\u00e7oise de vous en tenir d\u2019autres. Je vous recommande, autant que possible, et pour l\u2019habitude, le coucher et le lever de la R\u00e8gle. Que gagne-t-on \u00e0 se mettre aux invalides ? Laissez soigner votre estomac, faites servir \u00e0 table, avec vous, la s\u0153ur Assomption ou autres, parce que vous mangez, ensuite, trop vite pour rattraper les autres&#8230;<\/em><\/p>\n<p><em>Je voudrais aussi, ch\u00e8re s\u0153ur, qu\u2019on prolonge\u00e2t la r\u00e9cr\u00e9ation jusqu\u2019\u00e0 deux heures ; il y a trop de contention pour les t\u00eates, et je vous assure que c\u2019est plus dangereux qu\u2019on ne pense.\u00a0\u00bb<\/em> (730)<\/p>\n<p>A une jeune religieuse, M\u00e8re Dosith\u00e9e, elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Jamais de d\u00e9couragement, ch\u00e8re enfant, fissions-nous mille fautes par jour, relevons-nous avec confiance dans la bont\u00e9 de notre Epoux. Le juste tombe, mais il se rel\u00e8ve, voil\u00e0 la diff\u00e9rence avec le p\u00e9cheur.\u00a0\u00bb<\/em> (419)<\/p>\n<p>A la m\u00eame elle \u00e9crit encore\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faites tout sous la direction de l\u2019ob\u00e9issance, m\u00eame quand ce serait moins bon que ce que vous pensez\u00a0; l\u2019ob\u00e9issance y portera plus de gr\u00e2ces.\u00a0\u00bb<\/em> (478)<\/p>\n<p>Et lorsqu\u2019il s\u2019agit du je\u00fbne, M\u00e8re Ad\u00e8le pr\u00e9conise bien plus le je\u00fbne de la volont\u00e9 propre que celui de la nourriture, les parloirs, les entretiens particuliers avec les s\u0153urs, tout doit \u00eatre marqu\u00e9 de cet \u00e9quilibre, de cette pond\u00e9ration qui la caract\u00e9rise.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Un quart d\u2019heure d\u2019ob\u00e9issance fera plus de fruit qu\u2019une heure de conf\u00e9rence (entretien) la plus sublime.\u00a0\u00bb<\/em> (517)<\/p>\n<p>Foi, bont\u00e9, z\u00e8le, \u00e9quilibre, tels sont quelques-uns des traits qui d\u00e9peignent notre m\u00e8re fondatrice et nous la rendent si attachante et en m\u00eame temps si proche, elle qui aspirait pour elle-m\u00eame et pour ses filles \u00e0 une saintet\u00e9 cach\u00e9e, v\u00e9cue au fil du quotidien le plus ordinaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":125,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[95],"ht_kb_tag":[126],"class_list":["post-929","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-fondateurs","ht_kb_tag-adele"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/929"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/125"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=929"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/929\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":933,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/929\/revisions\/933"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=929"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=929"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=929"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}