{"id":915,"date":"2015-10-12T16:15:04","date_gmt":"2015-10-12T15:15:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=915"},"modified":"2016-02-03T16:49:52","modified_gmt":"2016-02-03T15:49:52","slug":"itineraire-spirituel-dadele-de-trenquelleon","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/itineraire-spirituel-dadele-de-trenquelleon\/","title":{"rendered":"Itin\u00e9raire spirituel d&#8217;Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0<\/strong>A travers ce qui nous reste de M\u00e8re Ad\u00e8le (essentiellement sa correspondance, mais aussi son r\u00e8glement de vie, ses notes de retraite) j\u2019ai essay\u00e9 de d\u00e9gager ce qui me semble \u00eatre son itin\u00e9raire spirituel. Comme pour chacun, il y a des constantes, c\u2019est la vis\u00e9e fondamentale, et il y a des points d\u2019approfondissement plus particuliers selon les \u00e9poques. La vis\u00e9e fondamentale, c\u2019est l\u2019appartenance totale \u00e0 Celui qu\u2019elle appelle, d\u00e8s la troisi\u00e8me lettre que nous avons d\u2019elle\u00a0: \u00ab\u00a0l\u2019Epoux\u00a0\u00bb. Elle vit l\u2019alliance avec le Seigneur, elle tend de tout son \u00eatre \u00e0 la rencontre d\u00e9finitive avec Lui, cela s\u2019accompagne de la pr\u00e9sence de Marie. D\u00e8s le d\u00e9but, sa spiritualit\u00e9 est mariale. Sur ce fond qui repr\u00e9sente la trame de sa vie, il y a des points d\u2019approfondissement selon les \u00e9poques, et j\u2019en ais d\u00e9gag\u00e9 quatre\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; L\u2019attrait du Carmel (en gros, jusqu\u2019\u00e0 la rencontre avec le P\u00e8re Chaminade)<\/p>\n<p>&#8211; l\u2019attrait de la mission (de la rencontre avec le P\u00e8re Chaminade jusqu\u2019\u00e0 la fondation)<\/p>\n<p>&#8211; La fondation des Filles de Marie (en gros jusque vers 1820), p\u00e9riode o\u00f9 elle tend \u00e0 concilier les deux attraits,<\/p>\n<p>&#8211; La maternit\u00e9 (de 1820 \u00e0 sa rencontre avec l\u2019Epoux)<\/p>\n<p>Ce sont ces quatre points que je vais d\u00e9velopper tout en m\u2019effor\u00e7ant de laisser appara\u00eetre pour chaque p\u00e9riode la trame de sa vie.<\/p>\n<h2 id=\"lattrait-du-carmel\" >L\u2019attrait du carmel<\/h2>\n<p>M\u00e8re Marie-Joseph, dans ses m\u00e9moires, nous raconte que toute petite (elle a cinq ou six ans), Ad\u00e8le, ayant entendu parler des carm\u00e9lites par sa famille, d\u00e9sire se faire elle-m\u00eame carm\u00e9lite. C\u2019est ainsi qu\u2019elle habille sa poup\u00e9e, c\u2019est ainsi aussi qu\u2019elle griffonne sur des morceaux de papier des lettres soi-disant destin\u00e9es \u00e0 un Eccl\u00e9siastique, visiteur des carm\u00e9lites.<\/p>\n<p>Elle fait sa premi\u00e8re communion \u00e0 Saint S\u00e9bastien dans l\u2019\u00e9glise Santa Maria qui se trouve juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Carmel o\u00f9 elle est probablement all\u00e9e prier avec sa m\u00e8re. Au moment de quitter l\u2019Espagne pour rentrer en France, fin 1801, elle veut rester dans ce pays afin de pouvoir se faire carm\u00e9lite (Le Carmel ayant \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 en France par la R\u00e9volution), elle n\u2019accompagne ses parents que sur la promesse de sa m\u00e8re de la laisser entrer au carmel en Espagne \u00e0 sa majorit\u00e9 (25 ans sous l\u2019Ancien R\u00e9gime), si alors le Carmel n\u2019est pas r\u00e9tabli en France.<\/p>\n<p>Avant sa confirmation, pour se pr\u00e9parer \u00e0 recevoir ce sacrement, elle se rend chez les anciennes carm\u00e9lites d\u2019Agen qui se sont regroup\u00e9es dans la clandestinit\u00e9. Et l\u00e0, elle vit avec les religieuses, conform\u00e9ment \u00e0 la R\u00e8gle de Sainte Th\u00e9r\u00e8se.<\/p>\n<p>Enfin autre point qui nous dit cet attrait, la place qu\u2019elle fait \u00e0 Sainte Th\u00e9r\u00e8se\u00a0: toutes les lettres que nous avons d\u2019elle jusqu\u2019\u00e0 la fondation (premier volume) portent comme en-t\u00eate JMJT, c\u2019est-\u00e0-dire J\u00e9sus Marie Joseph Th\u00e9r\u00e8se. Nous avons aussi que la f\u00eate de cette sainte ne passe pas inaper\u00e7ue. C\u2019est en la f\u00eate de la r\u00e9formatrice du Carmel qu\u2019elle fait la communion pour conna\u00eetre sa vocation (Lettre 22). Est-ce le signe qu\u2019elle n\u2019est plus tout \u00e0 fait certaine que Dieu l\u2019appelle au Carmel et qu\u2019elle invoque l\u2019intercession de celle qu\u2019elle regardera toute sa vie comme une grande sainte.<\/p>\n<p>Comment cet attrait pour le Carmel influence-t-il sa vie spirituelle\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est en vue de se pr\u00e9parer \u00e0 son entr\u00e9e au carmel qu\u2019avec la permission de sa m\u00e8re, elle sollicite de Monsieur Ducourneau, pr\u00e9cepteur de son fr\u00e8re Charles, un r\u00e8glement de vie.<\/p>\n<p>Qu\u2019y trouve-t-on\u00a0? (cf. fin du premier volume p 412 Sv)<\/p>\n<ul>\n<li>Oraison (\u00bd h matin et soir)<\/li>\n<li>Office de la Sainte Vierge<\/li>\n<li>Lecture spirituelle<\/li>\n<li>Examen avant le repas de midi<\/li>\n<li>Examen de conscience en famille le soir<\/li>\n<li>Parfois le chapelet<\/li>\n<li>La communion chaque semaine et pour quelques grandes f\u00eates, donc la confession la veille (selon la pratique de l\u2019\u00e9poque)<\/li>\n<li>Importance du travail de la maison, s\u2019adonner aux exercices de son \u00e2ge.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Prenons conscience qu\u2019elle n\u2019a pas encore 14 ans\u00a0!<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019esprit dans lequel elle doit vivre ce r\u00e8glement de vie, elle doit\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Se rappeler qu\u2019elle est dans le monde pour sauver son \u00e2me (les plaisirs passant comme un songe)<\/li>\n<li>Aimer ses parents<\/li>\n<li>Pratiquer la charit\u00e9<\/li>\n<li>Demander \u00e0 Dieu l\u2019amour de la retraite, se plaire dans la solitude<\/li>\n<li>Faire tout pour Dieu<\/li>\n<li>Vivre dans la charit\u00e9, l\u2019humilit\u00e9, l\u2019ob\u00e9issance, la modestie<\/li>\n<li>Pratiquer la mortification (\u00e0 table par exemple)<\/li>\n<li>Mod\u00e9rer sa vivacit\u00e9<\/li>\n<li>Renoncer \u00e0 sa volont\u00e9 propre<\/li>\n<li>Ne pas entretenir d\u2019attaches aux cr\u00e9atures pour que son c\u0153ur soit tout \u00e0 Dieu<\/li>\n<\/ul>\n<p>C\u2019est tout un programme qui est assorti d\u2019une grande largeur de vue. Monsieur Ducourneau note d\u00e8s le commencement du r\u00e8glement qu\u2019elle doit \u00eatre pr\u00eate \u00e0 accepter que les circonstances fassent qu\u2019elle manque \u00e0 cette r\u00e8gle. Il s\u2019agit donc d\u2019une aide, non d\u2019une contrainte, d\u2019un carcan obligatoire. Monsieur Ducourneau ajoute encore, pour \u00e9viter qu\u2019elle ne tombe dans le scrupule, qu\u2019elle ne devra jamais r\u00e9p\u00e9ter une pri\u00e8re, une confession qu\u2019elle penserait avoir mal faite, et surtout il insiste pour qu\u2019elle voie toujours l\u2019amour de Dieu, sa mis\u00e9ricorde, et qu\u2019elle ne fasse pas de lecture qui porte sur la crainte de Dieu, la peur du jugement.<\/p>\n<p>Ad\u00e8le adopte ce r\u00e8glement comme \u00e9tant l\u2019expression de la volont\u00e9 de Dieu sur sa vie, car, pour elle, le ministre qui lui parle est toujours le porte-parole de Dieu (cf. les r\u00e9solutions prises apr\u00e8s la r\u00e9ception de ce r\u00e8glement. Vol I p 420)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je prends la r\u00e9solution de dire tous les jours un Sub Tuum pour la personne qui m&#8217;a fait ce r\u00e8glement et de lui faire une communion par mois ; je prends la r\u00e9solution de m&#8217;appliquer principalement \u00e0 la pratique de l&#8217;humilit\u00e9, de la douceur, de l&#8217;ob\u00e9issance ; de renoncer \u00e0 ma propre volont\u00e9 et de faire toujours celle des autres de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la mienne, de m&#8217;appliquer enfin \u00e0 la pratique de toutes les vertus, en particulier de celles qui sont le plus n\u00e9cessaires pour mon \u00e9tat actuel et le Carmel.<\/em><\/p>\n<p><em>J\u00e9sus, Sainte Marie, St Joseph, Ste Th\u00e9r\u00e8se, St Bernard, priez pour moi !<\/em><\/p>\n<p><em>De m&#8217;appliquer \u00e0 faire ce qui m&#8217;ennuie avec un air aussi content que si \u00e7a m&#8217;amusait beaucoup. Me ressouvenir sans cesse de ce que je veux \u00eatre ; me rendre sans peine \u00e0 ce que papa et maman demandent de moi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le 5 ao\u00fbt 1804, la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb voit le jour avec Jeanne Dich\u00e9 et Monsieur Ducourneau. Commence l\u2019apostolat de la correspondance. A travers ces lettres se laisse entrevoir l\u2019influence de ce r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Elle insiste sur la fuite du monde, des occasions, le d\u00e9tachement des cr\u00e9atures pour que le c\u0153ur soit enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019Epoux\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quand nous donnerons-nous \u00e0 Dieu enti\u00e8rement et sans r\u00e9serve ! Quand est-ce que nous ferons mourir enti\u00e8rement le monde en nous ! (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>T\u00e2chons donc d&#8217;acqu\u00e9rir cette pr\u00e9cieuse libert\u00e9 de c\u0153ur et d&#8217;esprit. C&#8217;est sur quoi j&#8217;ai fait aujourd&#8217;hui la m\u00e9ditation du matin : que notre c\u0153ur puisse prendre son \u00e9lan pour voler vers son Cr\u00e9ateur.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 75)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Soyons attach\u00e9es \u00e9ternellement avec le divin Epoux de nos \u00e2mes, qui est tout beau et tout d\u00e9sirable. Que notre c\u0153ur br\u00fble pour Lui des plus pures flammes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 74)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oui, divin Epoux de mon \u00e2me, je vous consacre mon c\u0153ur, je vous en consacre toutes les ardeurs et toutes les affections.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 48)<\/p>\n<p>Elle parle de la m\u00e9ditation, on vient de le voir, de ses lectures\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vais vous donner un r\u00e8glement pour la f\u00eate de saint Pierre\u00a0: la m\u00e9ditation du matin sera sur la chute de saint Pierre\u2026\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 12)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je vous propose de faire la m\u00e9ditation, dimanche, sur le d\u00e9tachement\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 19).<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faites bien attention \u00e0 ce que Monsieur Larribeau (pr\u00eatre associ\u00e9, directeur spirituel d\u2019Ad\u00e8le et de la Petite Soci\u00e9t\u00e9 quand Monsieur Ducourneau partira \u00e0 Paris) nous recommande : l&#8217;usage de la m\u00e9ditation et l&#8217;examen du soir; n&#8217;omettons jamais cela. Il vaudrait mieux laisser nos autres pri\u00e8res, quand nous n&#8217;avons pas le temps, que d&#8217;omettre ces deux choses si essentielles pour quiconque veut faire des progr\u00e8s dans la vertu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 36)<\/p>\n<p>Elle aide \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 l\u2019Eucharistie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tirons plus de profit de cette communion que de toutes les autres. Conservons notre J\u00e9sus, ne le laissons point aller ; qu&#8217;il retrouve en nous la gr\u00e2ce quand il reviendra nous visiter; qu&#8217;il ait \u00e0 se r\u00e9jouir des progr\u00e8s que nous aurons faits.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 48)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Que nous sommes coupables, bonne amie, lorsque nous sommes indiff\u00e9rentes pour la sainte communion, pour le pain des anges\u00a0\u00bb. (Lettre 7)<\/p>\n<p>Les citations sont nombreuses et laissent voir comment elle-m\u00eame se disposait \u00e0 recevoir l\u2019Eucharistie.<\/p>\n<p>Elle s\u2019\u00e9merveille du pardon que Dieu donne dans le sacrement de r\u00e9conciliation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous avions d\u00e9figur\u00e9 en nous l&#8217;image du Cr\u00e9ateur ; il se pla\u00eet dans ce Sacrement de paix et de r\u00e9conciliation de nous en retracer l&#8217;empreinte. Que nous serions donc coupables si nous n\u00e9gligions un si puissant rem\u00e8de \u00e0 nos maux !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 18)<\/p>\n<p>Elle porte un amour plein de confiance \u00e0 Marie en qui elle voit un mod\u00e8le \u00e0 imiter. Elle compte sur sa sauvegarde, n\u2019est-elle pas la protectrice de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0!<\/p>\n<p>La f\u00eate du 25 mars 1806 lui donne l\u2019occasion de toute une r\u00e9flexion sur l\u2019humilit\u00e9 et la puret\u00e9 de Marie, engageant les associ\u00e9es \u00e0 prendre mod\u00e8le sur la M\u00e8re du Sauveur, et elle conclut ainsi sa lettre\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Apr\u00e8s avoir pris toutes les pr\u00e9cautions convenables, remettons ce d\u00e9p\u00f4t si pr\u00e9cieux entre les mains de la Sainte Vierge ; prenons-la pour la gardienne de notre puret\u00e9 et de notre innocence ; apprenons d&#8217;elle \u00e0 craindre les dangers et \u00e0 les \u00e9viter ; qu&#8217;aucun d\u00e9sir de plaire ne trouve acc\u00e8s dans nos c\u0153urs ; que ces c\u0153urs ne br\u00fblent que pour le Seigneur.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 35)<\/p>\n<p>C\u2019est avec enthousiasme qu\u2019elle s\u2019engage sur le chemin de la vie spirituelle, cherchant \u00e0 y faire des progr\u00e8s constants.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ayons beaucoup d\u2019ardeur pour notre avancement spirituel\u00a0; t\u00e2chons de faire tout pour plaire \u00e0 Dieu. N\u2019\u00e9coutons point ce que demande la nature mais la gr\u00e2ce.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 52)<\/p>\n<p>Cela ne va pas de soi, la vie spirituelle est un combat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019heure du combat est arriv\u00e9e\u00a0; armons-nous d\u2019un v\u00e9ritable courage et combattons sans cesse, et avec l\u2019aide du Tout-Puissant, nous aurons s\u00fbrement la victoire.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 59)<\/p>\n<p>Quelle \u00e9nergie, quel dynamisme alli\u00e9 \u00e0 une confiance invincible dans le Seigneur car, \u00ab\u00a0le Sauveur dit\u00a0: celui qui esp\u00e8re en moi ne p\u00e9rira jamais.\u00a0\u00bb (Lettre 59)<\/p>\n<p>Elle ponctue ses exhortations de cette phrase qui lui est ch\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Qui n\u2019avance pas recule\u00a0\u00bb. (Lettres 62, 78, 82)<\/p>\n<p>Elle se pr\u00e9pare ainsi \u00e0 ce que Dieu attend d\u2019elle, le Carmel ou peut-\u00eatre autre chose.<\/p>\n<p>En attendant de savoir plus pr\u00e9cis\u00e9ment, elle met en \u0153uvre le temps qui lui est donn\u00e9 par Dieu afin de disposer son \u00e2me \u00e0 la bonne mort\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ah ! Qu\u2019on est heureux \u00e0 la mort d&#8217;avoir v\u00e9cu saintement ! Vivons de m\u00eame (\u2026)<\/em><\/p>\n<p><em>Ne cessons de demander \u00e0 Dieu qu&#8217;il nous prot\u00e8ge \u00e0 ce redoutable moment ; pr\u00e9parons-nous y et m\u00e9ritons par notre sainte vie la gr\u00e2ce de la pers\u00e9v\u00e9rance, qui nous sera accord\u00e9e par le Dieu de mis\u00e9ricorde.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 2)<\/p>\n<p>D\u00e8s le 3 d\u00e9cembre 1805, elle m\u00e9dite pour nous la parabole des vierges sages et des vierges folles. \u00ab\u00a0Faisons bonne provision d\u2019huile afin que, quand l\u2019Epoux frappera, nous puissions entrer avec Lui dans la salle des noces.\u00a0\u00bb (Lettre 27) Texte qui parle \u00e0 son c\u0153ur et que l\u2019on retrouve cit\u00e9 tout au long de sa vie. (Lettres 168, 213, 214, 247, 524, 691)<\/p>\n<p>Tels me semblent \u00eatre les traits qui caract\u00e9risent sa vie spirituelle jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle entre en relation avec le P\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<h2 id=\"lattrait-de-la-mission\" >L\u2019attrait de la mission<\/h2>\n<p>On sait comment, durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1808, Madame de Trenquell\u00e9on se trouve avec sa fille \u00e0 Figeac (Lot) chez sa m\u00e8re, rencontre au cours d\u2019une visite, un professeur, congr\u00e9ganiste de Bordeaux, Monsieur Hyacinthe Lafon.<\/p>\n<p>Madame de Trenquell\u00e9on parle de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb qu\u2019anime sa fille. Monsieur Lafon est frapp\u00e9 de la ressemblance avec la Congr\u00e9gation de Bordeaux que dirige le P\u00e8re Chaminade. Il s\u2019offre \u00e0 parler de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et d\u2019Ad\u00e8le au P\u00e8re Chaminade et en tout cas, il lui enverra des documents. C\u2019est ainsi que la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb va bient\u00f4t s\u2019agr\u00e9ger \u00e0 la Congr\u00e9gation de Bordeaux, devenant la troisi\u00e8me division, les deux premi\u00e8res \u00e9tant celles des jeunes gens et des jeunes filles.<\/p>\n<p>Entre temps, survient un \u00e9v\u00e9nement d\u00e9terminant dans la vie d\u2019Ad\u00e8le (20 novembre 1808). Quelques ann\u00e9es plus tard, elle \u00e9crira elle-m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la veille de ce saint jour (la pr\u00e9sentation de la Sainte Vierge au Temple), il y aura sept ans, que j\u2019ai dit positivement non pour un \u00e9tablissement qu\u2019on me proposait.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 282)<\/p>\n<p>Ad\u00e8le a v\u00e9cu quelques semaines difficiles avant de se d\u00e9terminer pour le Seigneur, comme unique Epoux. L\u2019exemple de son amie Jeanne, heureuse en mariage (jusqu\u2019\u00e0 son veuvage pr\u00e9matur\u00e9), heureuse m\u00e8re de famille, qui continue son activit\u00e9 dans la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et m\u00e8ne spirituelle tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8re, n\u2019est-il pas le signe qu\u2019il est possible de se sanctifier dans le mariage\u00a0? N\u2019est-ce pas cela que le Seigneur veut pour elle\u00a0? Le parti qui s\u2019offre \u00e0 elle ne la laisse pas indiff\u00e9rente. Le Seigneur la veut-il vraiment \u00e0 Lui dans la cons\u00e9cration religieuse\u00a0? Elle conna\u00eet une profonde anxi\u00e9t\u00e9 et c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention d\u2019un eccl\u00e9siastique, peut-\u00eatre le P\u00e8re Chaminade, peut-\u00eatre Monsieur Ducourneau, peu importe, qu\u2019elle se d\u00e9cide \u00e0 se garder pour le Seigneur. Le calme et la paix reviennent en elle et en janvier 1809, elle peut \u00e9crire\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que ce soit d\u00e8s ce moment que nous nous donnions enti\u00e8rement au Seigneur. N\u2019usons plus ni de retard ni de r\u00e9serve pour ce bon ma\u00eetre. Il n\u2019en use pas pour nous puisqu\u2019il se donne tout \u00e0 nous.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 91)<\/p>\n<p>Entre 1808 et 1816, sa vie spirituelle, tout en demeurant ax\u00e9e sur le p\u00f4le essentiel de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente, prend des orientations nouvelles qui seront d\u00e9terminantes pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Avec le \u00ab\u00a0Manuel du Serviteur de Marie\u00a0\u00bb, elle d\u00e9couvre avec bonheur la cons\u00e9cration \u00e0 Marie.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous avons donc le bonheur d&#8217;\u00eatre ses enfants, membres de sa famille privil\u00e9gi\u00e9e. Oh ! Confions-nous donc \u00e0 cette tendre M\u00e8re, elle est le refuge des p\u00e9cheurs.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 90)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il faut nous faire saintes, \u00e0 quelque prix que ce soit. Implorons sans cesse l&#8217;assistance de la Sainte Vierge ; Elle est une si bonne M\u00e8re, qu&#8217;Elle ne m\u00e9prisera pas les voix de ses enfants, de ses filles qui ont tant de besoin de son secours (\u2026) Faisons-Lui le don de, nous-m\u00eame par la cons\u00e9cration qui est dans le Manuel du Serviteur de Marie ; exhortez toutes nos s\u0153urs \u00e0 la faire souvent.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 91)<\/p>\n<p>Ad\u00e8le et ses amies se soutiennent dans l\u2019amour de Marie et dans sa pr\u00e9sence par la mise en pratique de \u00ab\u00a0l\u2019amour actuel de Marie\u00a0\u00bb. (Lettre 97)<\/p>\n<p>C\u2019est pendant cette p\u00e9riode que se multiplient les activit\u00e9s d\u2019Ad\u00e8le au service des mis\u00e8res qui l\u2019environnent. (D\u00e9j\u00e0, quand elle \u00e9tait rentr\u00e9e d\u2019exil, en traversant la France de Saint S\u00e9bastien \u00e0 Agen, elle avait \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par le spectacle de d\u00e9solation qu\u2019elle avait vu\u00a0: mis\u00e8re des gens, abandon des \u00e9glises, saccages divers\u2026 Les campagnes \u00e9taient particuli\u00e8rement d\u00e9pourvues\u00a0: pas d\u2019\u00e9cole, les gens tenus loin des sacrements, hameaux isol\u00e9s, loin de l\u2019\u00e9glise\u2026 Ad\u00e8le gardera au c\u0153ur, m\u00eame une fois religieuse, ce souci de l\u2019apostolat des campagnes. Elle verra une part de r\u00e9alisation de ses d\u00e9sirs dans la mise en \u0153uvre du Tiers Ordre S\u00e9culier, tant \u00e0 Agen qu\u2019\u00e0 Tonneins, mais elle voulait davantage pour donner une stabilit\u00e9 aux \u0153uvres commenc\u00e9es. C\u2019est ce qui arrivera avec la naissance du Tiers Ordre r\u00e9gulier \u00e0 Auch, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s sa mort en 1836)<\/p>\n<p>Madame de Trenquell\u00e9on \u00e9tait une femme extr\u00eamement charitable qui n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 sortir du ch\u00e2teau pour visiter les pauvres, les soulager dans leur mis\u00e8re. Ad\u00e8le accompagne souvent sa m\u00e8re. Elle aussi veut participer\u00a0: elle se lance dans l\u2019\u00e9levage, les broderies pour subvenir par ses travaux aux besoins des pauvres qui viennent frapper au ch\u00e2teau ou habitent dans les environs. Elle ne se contente pas de soulager la mis\u00e8re mat\u00e9rielle, elle parle de Dieu, enseigne les pri\u00e8res essentielles, les points importants de la foi.<\/p>\n<p>Elle ouvre bient\u00f4t son \u00e9cole au ch\u00e2teau, elle enseigne le cat\u00e9chisme, pr\u00e9pare aux sacrements, tout en maintenant son activit\u00e9 \u00e9pistolaire aupr\u00e8s des membres de l\u2019association. Ses journ\u00e9es sont bien remplies quand on sait qu\u2019elle reste fid\u00e8le \u00e0 ses deux demi-heures d\u2019oraison quotidienne, \u00e0 la lecture spirituelle, \u00e0 l\u2019office de la Sainte Vierge, au chapelet, ce n\u2019est pas surprenant qu\u2019elle conclut l\u2019une ou l\u2019autre fois ses lettres en disant\u00a0: \u00ab\u00a0le sommeil m\u2019emp\u00eache de vous \u00e9crire plus longuement.\u00a0\u00bb (lettre 149, cf. 107)<\/p>\n<p>Soulager des mis\u00e8res, mais la plus grande n\u2019est-elle pas de ne pas conna\u00eetre le Seigneur\u00a0? C\u2019est pourquoi Ad\u00e8le s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 faire des conqu\u00eates, \u00e0 ramener des c\u0153urs \u00e0 Dieu. Tout est pour elle d\u2019annoncer la Bonne Nouvelle, de parler du Bien-Aim\u00e9. Elle stimule ses amies dans ce sens\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Engagez la ch\u00e8re Elisa \u00e0 nous faire des conqu\u00eates, si elle en trouve l\u2019occasion. Propageons la famille de la tr\u00e8s pure Marie. Ramassons le plus que nous pourrons de jeunes c\u0153urs sous son \u00e9gide et \u00e0 la gloire de notre divin ma\u00eetre.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 175)<\/p>\n<p>Rien de surprenant qu\u2019un tel amour du Seigneur, une telle soif de donner des c\u0153urs \u00e0 Marie et par elle \u00e0 son Fils, n\u2019engendrent un projet un \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb qui concilierait \u00e0 la fois\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; son attrait pour le Carmel (ce qu\u2019il en reste, c\u2019est le don total de soi \u00e0 Dieu aim\u00e9 par-dessus tout)<\/p>\n<p>&#8211; son attrait pour les activit\u00e9s apostoliques, la mission.<\/p>\n<p>Ce cher projet s\u2019\u00e9bauche peu \u00e0 peu\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Vie enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 Dieu<\/li>\n<li>Sous les auspices de Marie<\/li>\n<li>Pour le salut de tous les hommes<\/li>\n<\/ul>\n<p>\u00ab\u00a0Etre les missionnaires de Marie\u00a0\u00bb, terme qui enchante Ad\u00e8le.<\/p>\n<p>La retraite de Lompian, les 13-14 juin 1814, va \u00eatre un moment fort dans la r\u00e9alisation du \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb. D\u2019un r\u00eave qu\u2019on caresse, le \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb devient r\u00e9alit\u00e9 en germe.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, Ad\u00e8le et plusieurs des associ\u00e9es qui comptent faire partie de la mise \u0153uvre du projet, se rassemblent autour du P\u00e8re Larribeau, cur\u00e9 de Lompian. (Celui-ci avait coutume, durant l\u2019ann\u00e9e, d\u2019accueillir Ad\u00e8le, seule ou avec des amies, pour une retraite. Il venait aussi de temps \u00e0 autre au ch\u00e2teau, c\u00e9l\u00e9brait la messe, faisait les m\u00e9ditations).<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous arriv\u00e2mes lundi, \u00e0 huit heures et demi. Nous e\u00fbmes une conf\u00e9rence le matin, tr\u00e8s longue; une le soir, et une autre le lendemain. (\u2026) Nous parl\u00e2mes beaucoup de ce \u00abcher projet\u00bb. Nous entr\u00e2mes dans les plus petits d\u00e9tails : nous pr\u00eemes des noms (de religion).\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 234)<\/p>\n<p>Les lettres \u00e9crites au retour de cette r\u00e9union de Lompian sont marqu\u00e9es par un d\u00e9sir renouvel\u00e9 de cons\u00e9cration \u00e0 Dieu et une grande vigueur spirituelle\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne soyons plus nous-m\u00eames, m\u00eame toutes \u00e0 Dieu. Appliquons-nous \u00e0 notre correction avec une nouvelle ardeur.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 233)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quelle paix, quelle joie dans le service de Dieu\u00a0! Quelle diff\u00e9rence avec les malheureux mondains\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 234)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Confiance en Dieu\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 234)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne formons plus qu&#8217;un c\u0153ur et qu&#8217;une \u00e2me\u00a0; qu&#8217;ils soient \u00e0 Dieu seul. Ne cherchons qu&#8217;\u00e0 plaire \u00e0 ce c\u00e9leste Epoux de nos \u00e2mes. Que ce ne soit plus nous qui vivions mais J\u00e9sus-Christ en nous. Allons, de tout notre c\u0153ur mourons au monde, \u00e0 nos mauvaises inclinations.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 235)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Abandonnons-nous toujours \u00e0 la volont\u00e9 de notre bon Ma\u00eetre afin qu&#8217;Il conduise tous les \u00e9v\u00e9nements \u00e0 sa plus grande gloire. Ah ! Ch\u00e8re amie, quel bonheur si nous pouvions acqu\u00e9rir cette conformit\u00e9 \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu en tout !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 236)<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de Dieu se dessine. Dieu semble appeler Ad\u00e8le et quelques-unes de ses compagnes \u00e0 une forme de vie religieuse nouvelle qui concilierait cons\u00e9cration \u00e0 Dieu et mission. Ad\u00e8le s\u2019enthousiasme. Elle veut ce que Dieu veut et sa plus grande gloire. Jusqu\u2019\u00e0 la fondation de l\u2019Institut des Filles de Marie, elle se pr\u00e9pare et pr\u00e9pare ses compagnes \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 8 d\u00e9cembre 1814, pour la Conception de Marie, le P\u00e8re Chaminade, qui a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de revoir le projet de constitutions, autorise Ad\u00e8le et ses compagnes \u00e0 faire le v\u0153u de chastet\u00e9 pour six mois.<\/p>\n<p>Ses lectures s\u2019orientent vers l\u2019\u00e9tat religieux, comme nous le constatons dans cette lettre du 10 janvier 1815\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je lisais hier, ch\u00e8re amie, une lecture sur l&#8217;\u00e9tat religieux. J&#8217;y voyais que le v\u00e9ritable esprit de ce saint \u00e9tat est un esprit de renoncement et de mort. Appliquons-nous donc, ch\u00e8re amie, \u00e0 acqu\u00e9rir ce saint renoncement, cette mort \u00e0 nous-m\u00eames dont nous sommes si \u00e9loign\u00e9es. (\u2026) Ce n&#8217;est pas la douceur et la tranquillit\u00e9 de la vie qu&#8217;on doit chercher dans la vie religieuse, mais la Croix, la mortification.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 261)<\/p>\n<p>Au mois de juin 1815, son p\u00e8re, qu\u2019elle soigne depuis des mois avec un d\u00e9vouement inlassable, meurt avec toute as pr\u00e9sence d\u2019esprit, ayant re\u00e7u le saint Viatique et l\u2019Extr\u00eame Onction, pour parler comme elle. Ad\u00e8le alors ne songe qu\u2019au jour o\u00f9 le cher projet sera devenu r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Elle s&#8217;annonce (\u2026) sous d&#8217;heureux auspices cette ann\u00e9e, puisque c&#8217;est celle o\u00f9 une partie d&#8217;entre nous dira un \u00e9ternel adieu \u00e0 ce monde pervers et se consacrera tout enti\u00e8re \u00e0 notre c\u00e9leste et divin Epoux. Qu&#8217;il est doux, ch\u00e8re Lolotte, de Le servir, de Lui gagner des c\u0153urs !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 286)<\/p>\n<p>En attendant <em>\u00ab\u00a0le principal, c\u2019est de pr\u00e9parer notre c\u0153ur et de le former aux vertus du saint \u00e9tat o\u00f9 nous aspirons.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 290)<\/p>\n<p>Et voici en quels termes, le P\u00e8re Chaminade d\u00e9peint, dans une lettre \u00e0 Madame Belloc, la mission qui attend Ad\u00e8le et ses amies\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Elles seront associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de la R\u00e9demption, participantes de l&#8217;esprit apostolique, br\u00fblantes du z\u00e8le des missionnaires. D&#8217;autres fois, vous pourrez leur parler des avantages de la vie commune et r\u00e9guli\u00e8re, du bonheur de la retraite et toujours vous leur ferez estimer la gr\u00e2ce inappr\u00e9ciable de sortir de Babylone, de renoncer aux vanit\u00e9s du si\u00e8cle.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre297)<\/p>\n<p>Tout cela est bien propre \u00e0 enthousiasme Ad\u00e8le. Il s\u2019agit \u00ab\u00a0de gagner \u00e0 Dieu la g\u00e9n\u00e9ration naissante\u00a0\u00bb. (Lettre 297) Et tout cela avec l\u2019aide la \u00ab\u00a0divine Marie qui est si puissante\u00a0\u00bb (lettre 297).<\/p>\n<p>Le 25 mai 1816, Ad\u00e8le et ses amies voient leur projet prendre corps.<\/p>\n<h2 id=\"la-fondation\" >La Fondation<\/h2>\n<p>En gros, cette p\u00e9riode va jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me maison de l\u2019Ordre\u00a0\u00bb en septembre 1820.<\/p>\n<p>Une fois au petit couvent d\u2019Agen, Ad\u00e8le est enfin l\u2019\u00e9pouse de J\u00e9sus Christ, elle a contract\u00e9 alliance avec Celui que son c\u0153ur aime. Elle partage sa joie avec Charlotte de Lachapelle, qui n\u2019a pas encore rejoint la communaut\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quel bonheur, ma tendre amie, si nous pouvions \u00eatre bient\u00f4t ensemble \u00e0 nous exciter \u00e0 mieux servir et aimer notre divin Epoux (\u2026). Oh ! Donnons-nous \u00e0 Lui de c\u0153ur, d&#8217;esprit, d&#8217;affection. Que tout ce qui est en nous soit pour Lui : pens\u00e9es, d\u00e9sirs, projets, actions. Faisons-Le conna\u00eetre et nous Le ferons aimer. Br\u00fblons de z\u00e8le pour sa gloire, pour Lui gagner des c\u0153urs. Tout \u00e0 Dieu, tout pour Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 306)<\/p>\n<p>Epouse de J\u00e9sus Christ, elle est aussi Fille de Marie, et c\u2019est pourquoi son \u0153uvre privil\u00e9gi\u00e9e est bien, d\u00e8s le d\u00e9but, la Congr\u00e9gation.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La Congr\u00e9gation, ici, s\u2019augmente dans toutes les classes\u00a0: il y a beaucoup de z\u00e8le.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 305)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nos r\u00e9unions sont tr\u00e8s nombreuses. Je fais des conf\u00e9rences \u00e0 nos jeunes personnes. (\u2026) Il y a un z\u00e8le admirable pour les r\u00e9unions.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 307)<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019elle attend de la Congr\u00e9gation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Qu&#8217;un grand nombre de jeunes personnes viennent se ranger sous ses Banni\u00e8res sacr\u00e9es et renouvellent, par leur ferveur, les beaux jours de l&#8217;Eglise naissante. (\u2026) Nous ne faisons qu&#8217;une famille. Ne formons qu&#8217;un c\u0153ur et qu&#8217;une \u00e2me qui soit \u00e0 Dieu seul, occup\u00e9 sans cesse \u00e0 L&#8217;aimer et \u00e0 Le faire aimer.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 325)<\/p>\n<p>Elle peut bien \u00e9crire, au d\u00e9but de sa correspondance avec M\u00e8re Emilie de Rodat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre principale \u0153uvre est la formation et le soutien de la Congr\u00e9gation. Vous ne sauriez croire le bien que produisent ces Congr\u00e9gations.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 334)<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin de l\u2019ann\u00e9e 1819, les s\u0153urs adoptent la pratique de \u00ab\u00a0l\u2019amour actuel de Marie\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u2019ai une grande consolation de penser que Marie, notre M\u00e8re, est perp\u00e9tuellement honor\u00e9e dans notre couvent et qu\u2019\u00e0 chaque heure, une s\u0153ur lui offre toutes ses actions.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 350)<\/p>\n<p>Qui s\u2019associe \u00e0 Marie est amen\u00e9 \u00e0 lutter contre le mal, contre l\u2019enfer\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Notre mission est grande\u00a0: c\u2019est par tous les moyens qu\u2019il faut t\u00e2cher d\u2019arracher des \u00e2mes \u00e0 l\u2019enfer, \u00e0 cette \u00e9ternit\u00e9 de malheur, et \u00e0 les donner \u00e0 notre doux J\u00e9sus.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 313)<\/p>\n<p>On trouve le m\u00eame \u00e9cho dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 M\u00e9lanie Figarol\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Unissons nos efforts pour arracher au d\u00e9mon ses victimes, pour donner des c\u0153urs \u00e0 J\u00e9sus et \u00e0 Marie.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre320)<\/p>\n<p>Procurer la gloire de Dieu, travailler au salut des \u00e2mes, sous la protection de Marie, tel est bien l\u2019objectif de cette p\u00e9riode\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faisons aimer et honorer Marie, et par l\u00e0 nous sommes s\u00fbres de faire aimer et servir notre c\u00e9leste Epoux.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 334)<\/p>\n<p>Toute cette activit\u00e9 apostolique prend sa source dans un amour total de l\u2019Epoux, amour renouvel\u00e9 dans l\u2019Eucharistie, amour qui la tient dans l\u2019humilit\u00e9 et la confiance\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne nous d\u00e9courageons cependant pas, nous pouvons tout avec le secours de sa gr\u00e2ce qui ne nous manquera jamais si nous Lui sommes fid\u00e8les. Evitons les moindres fautes qui la diminuent et l&#8217;affaiblissent en nous et allons souvent la puiser \u00e0 la source surabondante de la divine Eucharistie.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 313)<\/p>\n<p>Amour humble, conscient de ses limites\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Mon Dieu, mon c\u0153ur est trop petit pour vous aimer, mais il vous fera aimer de tant de c\u0153urs que l\u2019amour de tous ces c\u0153urs suppl\u00e9era \u00e0 la faiblesse du mien.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 325)<\/p>\n<p>Humilit\u00e9 qui lui fait souvent mettre le doigt sur l\u2019amour propre qui menace de g\u00e2cher ce qu\u2019elle fait\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oh\u00a0! Mon P\u00e8re, \u00e9crit-elle au P\u00e8re Chaminade, que j\u2019ai besoin de me laisser conduire et de ne rien faire de moi-m\u00eame, pour \u00e9viter ce mis\u00e9rable amour propre qui se m\u00eale dans tout ce que je fais.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 323)<\/p>\n<p>Humilit\u00e9 encore qui la fait s\u2019\u00e9merveiller de la gr\u00e2ce de sa vocation\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quel bonheur d\u2019\u00eatre l\u2019\u00e9pouse du Seigneur, et dans un Institut o\u00f9 on peut lui gagner des \u00e2mes\u00a0! Qu\u2019ai-je fait au bon Dieu pour une si grande gr\u00e2ce\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 319)<\/p>\n<p>Humilit\u00e9 qui se fait d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard du bon P\u00e8re. Elle lui soumet les d\u00e9cisions concernant les s\u0153urs, lui demande conseil, reconna\u00eet dans ses orientations la volont\u00e9 de Dieu.<\/p>\n<p>Comme elle le dit \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat un peu plus tard\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Travaillons \u00e0 voir Dieu dans tous les \u00e9v\u00e9nements et \u00e0 ne d\u00e9sirer que son bon plaisir\u00a0: tout pour plaire \u00e0 Dieu et rien pour nous satisfaire.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 353)<\/p>\n<p>Progressivement, au cours de l\u2019ann\u00e9e 1819, semble-t-il (car nous avons peu de lettres de cette p\u00e9riode, si ce n\u2019est celles adress\u00e9es au P\u00e8re Chaminade et \u00e0 quelques associ\u00e9es), l\u2019\u00e9pouse devient m\u00e8re. Et c\u2019est surtout dans la correspondance ave M\u00e8re Emilie de Rodat que l\u2019on per\u00e7oit cette \u00e9volution.<\/p>\n<p>Est-ce la mort de la premi\u00e8re des Filles de Marie au printemps 1819 qui d\u00e9clenche cette prise de conscience de sa maternit\u00e9\u00a0? Peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 1819, elle parle au P\u00e8re Chaminade de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0si ch\u00e8re \u00e0 mon c\u0153ur parce qu\u2019elle fut les pr\u00e9mices de ma maternit\u00e9 et le principe de mon bonheur\u00a0\u00bb. (lettre 338)<\/p>\n<p>Le 4 septembre suivant, elle \u00e9crit encore au P\u00e8re Chaminade <em>\u00ab\u00a0encore aujourd\u2019hui vous allez avoir des lettres de la pauvre petite m\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Que nous dit-elle de cette maternit\u00e9 spirituelle qu\u2019elle se sent appel\u00e9e \u00e0 vivre\u00a0?<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que nos filles trouvent toujours notre c\u0153ur ouvert \u00e0 tous leurs besoins, pr\u00eats \u00e0 supporter leurs faiblesse, nous faisant toutes \u00e0 toutes pour que toutes soient \u00e0 J\u00e9sus Christ.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 353 et cf. 364 \u00e0 369)<\/p>\n<p><em>Pour parvenir \u00e0 cette disponibilit\u00e9, quelle attitude d\u2019\u00e2me conseille-t-elle\u00a0? Ecoutons-la encore\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Effor\u00e7ons-nous de r\u00e9pondre aux grands desseins du Seigneur. Soyons g\u00e9n\u00e9reuses \u00e0 son service : regardons-nous comme victimes. En effet, une sup\u00e9rieure doit l&#8217;\u00eatre pour \u00eatre une v\u00e9ritable m\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 353)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Veillons sans cesse sur notre cher troupeau, t\u00e2chons de perfectionner de plus en plus nos ch\u00e8res filles; sanctifions-nous nous-m\u00eames; soyons l&#8217;exemple en tout.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 364)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Une sup\u00e9rieure a encore plus besoin de cet esprit de d\u00e9pouillement, car elle a besoin de plier sans cesse, de se renoncer sans cesse, si elle veut accomplir ses devoirs. Ne soyons plus \u00e0 nous, ch\u00e8re s\u0153ur, regardons-nous comme les servantes de nos s\u0153urs. (\u2026) Rendons-leur int\u00e9rieurement une esp\u00e8ce d&#8217;ob\u00e9issance cach\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 369)<\/p>\n<p>Finalement\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0T\u00e2chons de nous sanctifier dans cette place si difficile. Formons des \u00e9pouses fid\u00e8les au Roi des rois qui le d\u00e9dommageront de nos n\u00e9gligences.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 379)<\/p>\n<p>Et quand, \u00e0 cause de la premi\u00e8re atteinte du mal qui finira par l\u2019emporter, elle doit ob\u00e9ir et <em>\u00ab\u00a0quitter les Congr\u00e9gations, les cat\u00e9chismes et m\u00eame les r\u00e9citations du ch\u0153ur\u00a0\u00bb,<\/em> sa plus grande souffrance est de <em>\u00ab\u00a0voir la surcharge de ses ch\u00e8res enfants sans pouvoir les soulager.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 379)<\/p>\n<p>Elle \u00e9crit ainsi au P\u00e8re Chaminade\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La cessation de l&#8217;\u0153uvre ext\u00e9rieure o\u00f9 j&#8217;\u00e9tais, pour ainsi dire appliqu\u00e9e depuis quatorze ans, est un v\u00e9ritable sacrifice pour moi ! Je trouve un vide p\u00e9nible dans mes journ\u00e9es, que je d\u00e9sirerais remplir par l&#8217;amour de Dieu et par une surveillance plus habituelle sur la communaut\u00e9. Pour ce qui est de l&#8217;amour de Dieu, mon c\u0153ur est sec et aride et ne peut absolument s&#8217;occuper seul \u00e0 seul avec son Dieu. Apprenez-moi \u00e0 le faire, mon digne et unique P\u00e8re ! (\u2026) Une autre vue afflige mon c\u0153ur bien plus sensiblement : c&#8217;est de ne pouvoir plus (retenue par l&#8217;ob\u00e9issance) soulager mes pauvres filles que je vois succomber sous le faix des travaux. Il m&#8217;\u00e9tait si doux de les aider.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 378)<\/p>\n<blockquote><p>Malgr\u00e9 tout, elle reste \u00ab\u00a0pr\u00eate \u00e0 tous les sacrifices, m\u00eame \u00e0 celui de voir p\u00e9rir ses Isaac ch\u00e9ris, faute de pouvoir les soulager\u00a0\u00bb. (Lettre 378)<\/p><\/blockquote>\n<p>Sans aucun doute alors, dans la foi, elle fait sien ce conseil qu\u2019elle donnait quelques mois plus t\u00f4t \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur maternel sent bien vivement le glaive dont doit \u00eatre perc\u00e9 le v\u00f4tre ! Entrez, ma ch\u00e8re s\u0153ur, dans celui de Marie au pied de la Croix ; voyez de quelle amertume il est submerg\u00e9 et offrez vos sacrifices avec le sien.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 349)<\/p>\n<p>La mort d\u2019une seconde Fille de Marie en avril 1820, la maladie qui l\u2019atteint et l\u2019oblige \u00e0 cesser certaine activit\u00e9s ext\u00e9rieures, les difficult\u00e9s de toutes sortes rencontr\u00e9es pour la fondation de Tonneins o\u00f9 \u00ab\u00a0l\u2019enfer s\u2019est d\u00e9chain\u00e9\u00a0\u00bb (lettre 396), bient\u00f4t la s\u00e9paration d\u2019avec six de ses filles qui forment la seconde maison de l\u2019Ordre, telle est la croix o\u00f9 elle rejoint Marie, telle la croix o\u00f9 elle s\u2019offre avec l\u2019Epoux, telle est la croix o\u00f9, unie \u00e0 Marie, elle engendre ses filles.<\/p>\n<h2 id=\"la-mere\" >LA MERE<\/h2>\n<p>Durant cette p\u00e9riode, on trouve des expressions comme celle-ci\u00a0:<em> \u00ab\u00a0j\u2019embrasse toutes les filles de mon c\u0153ur\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 435),<em> \u00ab\u00a0ma tr\u00e8s ch\u00e8re fille\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 436), <em>\u00ab\u00a0comment vont nos filles\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 589),<em> \u00ab\u00a0mes enfants de Tonneins\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 613), <em>\u00ab\u00a0ma ch\u00e8re fille a\u00een\u00e9e\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 635 et cf. 628), <em>\u00ab\u00a0mes a\u00een\u00e9es\u00a0\u00bb<\/em> (lettres 584, 639, 661).<\/p>\n<p>A partir du 10 mars 1821, elle se met \u00e0 signer \u00ab\u00a0votre m\u00e8re d\u00e9vou\u00e9e, affectionn\u00e9e, bonne, pauvre\u2026\u00a0\u00bb Nous trouvons bien l\u00e0 le t\u00e9moignage de cette prise de conscience qu\u2019elle fait de sa maternit\u00e9 spirituelle.<\/p>\n<p>Autre exemple\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur partage bien sinc\u00e8rement vos sollicitudes maternelles. Je sens que la maison de Tonneins m&#8217;est ch\u00e8re comme celle d&#8217;Agen ; que vous \u00eates toutes les filles de mon c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 513)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0 Adieu, mes ch\u00e8res filles, mon c\u0153ur vous ch\u00e9rit\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 535)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les peines de mes ch\u00e8res filles sont bien partag\u00e9es par leur m\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 668)<\/p>\n<p>M\u00e8re, elle l\u2019est de plus en plus profond\u00e9ment au fil des ann\u00e9es. Elle sent toute la responsabilit\u00e9 qu\u2019elle a \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses filles et le 22 ao\u00fbt 1825, elle invite M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9-C\u0153ur (Agathe) \u00e0 demander pardon des p\u00e9ch\u00e9s qui se commettent dans sa communaut\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faisons souvent des amendes honorables \u00e0 notre Epoux, des infid\u00e9lit\u00e9s que nous commettons et que commettent nos filles. Je vous propose, tous les soirs en nous couchant, apr\u00e8s notre acte de contrition, d&#8217;en faire un pour les p\u00e9ch\u00e9s de notre communaut\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0 (Lettre 601)<\/p>\n<p>Elle d\u00e9sire que les sup\u00e9rieures aient le souci de l\u2019avancement spirituel de leurs communaut\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Travaillons \u00e0 notre avancement et \u00e0 celui de nos filles avec paix et tranquillit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 606)<\/p>\n<p>En \u00e9tant la \u00ab\u00a0m\u00e8re\u00a0\u00bb, elle a conscience d\u2019une lourde responsabilit\u00e9. Elle ne se l\u2019approprie pas. C\u2019est Dieu qui lui a impos\u00e9\u00a0\u00bb le fardeau. Elle s\u2019abandonne, elle se pr\u00eate \u00e0 ce qu\u2019Il lui demande\u00a0;<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oui, ch\u00e8re s\u0153ur, (\u00e9crit-elle \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat) abandonnons-nous avec notre pesante charge entre les bras de notre si bon Ma\u00eetre. C&#8217;est Lui qui nous a impos\u00e9 le fardeau, nous devons esp\u00e9rer de sa bont\u00e9 la force de le porter.<\/em> (Lettre 414)<\/p>\n<p>Elle se plaint de <em>\u00ab\u00a0se livrer trop aux \u0153uvres ext\u00e9rieures et de n\u00e9gliger le soin de sa perfection\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 417), elle reconna\u00eet avec humilit\u00e9 qu\u2019elle a<em> \u00ab\u00a0besoin d\u2019\u00eatre pr\u00each\u00e9e sur l\u2019article de la patience et de la mortification int\u00e9rieure\u00a0\u00bb.<\/em> (Lettre 443) Elle est parfois<em> \u00ab\u00a0d\u00e9courag\u00e9e par son peu de capacit\u00e9 et surtout son peu de vertu\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 414). C\u2019est elle qui parle\u00a0! Mais jamais elle ne se laisse aller, elle recommande \u00e0 M\u00e8re Emilie de Rodat, \u00e0 M\u00e8re Th\u00e9r\u00e8se de J\u00e9sus, \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9-C\u0153ur\u2026 ce qu\u2019elle vise elle-m\u00eame, travailler \u00e0 sa sanctification. L\u00e0, les citations abondent.<\/p>\n<p>(M\u00e8re Emilie de Rodat est malade, elle lui conseille)\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Que votre abandon \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu remplace tout\u00a0! Votre perfection dans ce moment doit \u00eatre dans cette conformit\u00e9\u00a0: c\u2019est une vertu qui fait les saints\u00a0\u00bb.<\/em> (lettre 443)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Relevons notre courage parmi tous les embarras de notre charge. Surtout ne nous oublions pas nous-m\u00eames, travaillons \u00e0 devenir des saintes et nos communaut\u00e9s iront bien\u00a0; car, que ne peut une sainte sup\u00e9rieure aupr\u00e8s de ses filles\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 465)<\/p>\n<p>Elle aime \u00e0 citer \u00e0 ses s\u0153urs cette phrase du P\u00e8re Chaminade qu\u2019elle s\u2019applique \u00e0 faire passer dans sa vie\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avec des saintes, nous ferons beaucoup de choses, mais avec des religieuses m\u00e9diocres, nous ne ferons rien ou presque rien.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 404)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Du courage, travaillons \u00e0 former des saintes\u00a0! Mais n\u2019oublions pas de le devenir nous-m\u00eames\u00a0: une sainte sup\u00e9rieure pourrait rendre sainte sa communaut\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 436)<\/p>\n<p>Elle reconna\u00eet souvent que la maternit\u00e9 est une lourde responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C&#8217;est une grande charge d&#8217;\u00eatre m\u00e8re ! Mais le bon Dieu ne donne pas des enfants spirituels sans donner abondance de lait pour les nourrir. Mais, pour cet effet, prenons nous-m\u00eames une bonne nourriture par l&#8217;oraison, la r\u00e9collection, l&#8217;union avec Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 458)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0On ne peut \u00eatre m\u00e8re, ma tr\u00e8s ch\u00e8re fille, sans \u00e9prouver les douleurs de la maternit\u00e9\u00a0; (\u2026) Mais aussi quel bonheur si nous pouvons engendrer des filles pour le Ciel, des \u00e9pouses pour l&#8217;Agneau ! Courage parmi toutes les contradictions !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 464)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La maternit\u00e9 apporte avec soi bien des douleurs. Patience ! Devenons filles d&#8217;oraison et nous trouverons dans ce saint exercice, notre paix, notre force, notre consolation.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 466)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Jamais le Seigneur ne donne des enfants \u00e0 une m\u00e8re sans lui donner du lait pour les nourrir: ayez donc confiance, il vous donnera tout ce qu&#8217;il faut pour le nourrissage de ces ch\u00e8res enfants. Soyez toujours courageuse malgr\u00e9 les difficult\u00e9s qui se rencontrent ! Imitez notre Seigneur J\u00e9sus Christ\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 684)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Oui, les enfants spirituels co\u00fbtent bien \u00e0 cultiver\u00a0\u00bb.<\/em> (Lettre 420)<\/p>\n<p>Et, \u00e0 M\u00e8re Marie de l\u2019Incarnation, \u00e0 qui la responsabilit\u00e9 de sup\u00e9rieure de Condom est \u00e0 charge, elle \u00e9crit, r\u00e9v\u00e9lant ce qu\u2019elle vit parfois elle-m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Supportez votre charge avec courage ! Je vous avoue que j&#8217;ai aussi des moments de d\u00e9couragement en voyant la responsabilit\u00e9 que j&#8217;ai. Je pleure quelquefois. Mais, ch\u00e8re s\u0153ur, il faut que nous portions notre croix, le bon Dieu nous l&#8217;a impos\u00e9e, nous n&#8217;avons pas ambitionn\u00e9 notre charge, nous ne l&#8217;avons pas recherch\u00e9e, nous sommes persuad\u00e9es de notre insuffisance, ayons donc confiance que nous nous \u00e9l\u00e8verons, par le secours de la gr\u00e2ce, \u00e0 la hauteur de nos devoirs redout\u00e9s et non ambitionn\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 579)<\/p>\n<p>Il ne faut pas fuir la croix que le Seigneur pr\u00e9sente mais l\u2019embrasser et la ch\u00e9rir. (cf. lettre 443)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0T\u00e2chons d\u2019aimer la croix et de porter nos filles \u00e0 l\u2019aimer. C\u2019est le lit nuptial de l\u2019Epoux c\u00e9leste.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 525)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Montons g\u00e9n\u00e9reusement sur la croix qui doit \u00eatre l\u2019\u00e9chelle par laquelle nous arriverons au Ciel\u00a0! Oh\u00a0! Si nous connaissions le prix de la croix\u00a0! Ce qu\u2019elle vaut aux yeux de Dieu, nous l\u2019embrasserions avec amour comme Saint Andr\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 587)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, embrassons g\u00e9n\u00e9reusement la croix de notre Ma\u00eetre. Entrons dans la carri\u00e8re des saints.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 691)<\/p>\n<p>La croix, c\u2019est le signe que Dieu est \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Pour m\u00e8re Ad\u00e8le, <em>\u00ab\u00a0les maisons fond\u00e9es sur le calvaire sont les plus solides\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 415\u00a0; cf. 580)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La vie est dans la croix, le salut est dans la croix\u00a0\u00bb<\/em> (lettre 602)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0La croix seule peut nous conduire au ciel\u00a0\u00bb (lettre 683)<\/p><\/blockquote>\n<p>Vouloir la volont\u00e9 de Dieu en tout (lettre 655 \u2013 725 \u2013 727 \u2013 735), accepter la croix qui se pr\u00e9sente comme \u00e9tant celle que Dieu envoie (cette croix qui peut \u00eatre simplement, pour une sup\u00e9rieure, de ne pas \u00eatre \u00e0 soi pendant la retraite pour \u00eatre \u00e0 ses s\u0153urs) (lettre 444), tel est le sentiment intime de son c\u0153ur. C\u2019est la conformit\u00e9 avec J\u00e9sus Christ qui la conduit \u00e0 \u00e9crire\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ne sachons que J\u00e9sus crucifi\u00e9\u00a0! Crucifions-nous avec Lui ici-bas si nous voulons r\u00e9gner l\u00e0-haut dans le Ciel.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 667)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Si nous connaissions le prix des souffrances, nous serions jalouses d&#8217;en rien laisser perdre ! Elles sont plus pr\u00e9cieuses que la vraie Croix ! Heureux qui est bien entr\u00e9 dans cette science du Crucifix\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 704\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et l\u00e0, \u00e0 la croix, elle retrouve Marie, Marie dont elle cherche \u00e0 faire siennes les attitudes profondes\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Voyons les choses avec les yeux de la foi et tenons-nous comme Marie \u00ab\u00a0debout\u00a0\u00bb au pied de la Croix.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 568)<\/p>\n<p>De plus en plus, elle vit les v\u0153ux (cf. les notes de sa derni\u00e8re retraite 1827). Elle recommande la pratique de la pauvret\u00e9 et lorsque ses communaut\u00e9s \u00e9prouvent des difficult\u00e9s financi\u00e8res, elle en souffre mais elle sait leur rappeler leur v\u0153u de pauvret\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous avons fait v\u0153u de pauvret\u00e9, sachons donc la supporter si le bon Dieu veut que nous en t\u00e2tions. Ainsi, point d&#8217;inqui\u00e9tude, ma ch\u00e8re fille, Celui qui nourrit les oiseaux nourrira ses enfants s&#8217;ils s&#8217;abandonnent \u00e0 Lui avec confiance.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 616)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je partage vos sollicitudes ; j&#8217;en parle au bon P\u00e8re. Abandon entre les mains de la Providence. (\u2026) Aimons \u00e0 avoir \u00e0 mettre en pratique ce que nous avons vou\u00e9 : la sainte pauvret\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 697)<\/p>\n<p>Sa mani\u00e8re de vivre l\u2019ob\u00e9issance, c\u2019est d\u2019\u00eatre au service de ses s\u0153urs\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Regardons-nous comme les servantes de leurs \u00e2mes (de nos s\u0153urs), oblig\u00e9es de les servir, devant \u00eatre \u00e0 leur ordre et volont\u00e9 ; de cette mani\u00e8re nous pratiquerons une ob\u00e9issance habituelle malgr\u00e9 notre sup\u00e9riorit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 465)<\/p>\n<p>L\u2019ob\u00e9issance, elle lui est particuli\u00e8rement rude quand elle doit interrompre ses activit\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Le bon P\u00e8re m&#8217;a envoy\u00e9, la veille du renouvellement des v\u0153ux, une ob\u00e9issance bien p\u00e9nible : c&#8217;est celle de ne plus faire nulle esp\u00e8ce de conf\u00e9rence, soit particuli\u00e8re, soit g\u00e9n\u00e9rale. (\u2026) Le bon Dieu a ses vues, je reconnais sa volont\u00e9 toujours juste et toujours adorable dans celle de mes Sup\u00e9rieurs.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 523)<\/p>\n<p>L\u2019ob\u00e9issance, elle engage ses communaut\u00e9s \u00e0 la vivre\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je vous donne donc le d\u00e9fi de l&#8217;attention \u00e0 mourir \u00e0 notre volont\u00e9 par la sainte ob\u00e9issance. Voyons laquelle des deux communaut\u00e9s (Tonneins ou Agen) y fera des progr\u00e8s plus rapides, y travaillera, avec plus de v\u00e9rit\u00e9 et d&#8217;ardeur, \u00e0 y mourir surtout dans les petites occasions journali\u00e8res que la Providence nous m\u00e9nage: \u00eatre d\u00e9rang\u00e9es trois, quatre fois, dans une occupation qui nous pla\u00eet, \u00eatre assujetties \u00e0 un rem\u00e8de qui nous g\u00eane\u2026\u00a0\u00bb (Lettre 572)<\/p>\n<p>Ce qui sous-tend tout, c\u2019est l\u2019amour de l\u2019Epoux\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Se quitter soi-m\u00eame\u00a0: voil\u00e0 ce qui consomme v\u00e9ritablement l\u2019Alliance avec l\u2019Epoux sacr\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 592)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quand serons-nous sans r\u00e9serve \u00e0 notre Bien-Aim\u00e9\u00a0? (\u2026) Quand vivrons-nous enfin de la foi\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 609)<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Tout pour le Bien-Aim\u00e9 de nos c\u0153urs.\u00a0\u00bb (Lettre 636)<\/p><\/blockquote>\n<p><em>\u00ab\u00a0Allons, ch\u00e8re s\u0153ur, plus de nous-m\u00eames, tout \u00e0 Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 663)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Soyons \u00e0 Dieu enti\u00e8rement et mourons \u00e0 nous-m\u00eames pour ne plus vivre que pour le c\u00e9leste Epoux.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 706)<\/p>\n<p>Amour de l\u2019Epoux, amour de Marie aussi car \u00ab\u00a0nous ne pouvons plaire \u00e0 notre c\u00e9leste Epoux qu\u2019en aimant sa M\u00e8re qu\u2019Il aime tant et qu\u2019Il a rendue dispensatrice de ses gr\u00e2ces.\u00a0\u00bb (Lettre 574)<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Louis de Gonzague, ma\u00eetresse des novices \u00e0 Bordeaux\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il me semble que nous n\u2019avons pas eu encore assez de d\u00e9votion envers la Tr\u00e8s Sainte Vierge\u00a0: il faudrait l\u2019inculquer davantage dans le c\u0153ur de nos enfants. Faire tout au nom de Marie\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 688)<\/p>\n<p>Tout ce programme ne peut se vivre que dans la foi et la confiance. C\u2019est pourquoi elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Marie-Joseph\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est un grand point pour une sup\u00e9rieure de ne rien voir et de ne rien juger par les vues de la nature, mais uniquement par les vues de la foi et l\u2019esprit de Dieu.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 523)<\/p>\n<p>A M\u00e8re Louis de Gonzague, elle dit\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vie de la foi toute nue\u00a0; soutenez-vous par l\u2019oraison, par la sainte communion. Vie int\u00e9rieure, vie de foi, cach\u00e9e en Dieu\u00a0: voil\u00e0 la vie que doit mener ma ch\u00e8re Gonzague.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 584)<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante, elle \u00e9crit encore\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Rehaussons notre courage par les pens\u00e9es de la foi\u00a0: agissons toujours \u00e0 la lueur de sa lumi\u00e8re\u00a0; envisageons tout par ses yeux et non par ceux d\u2019une nature qui nous aveugle et nous s\u00e9duit.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 669\u00a0; cf. 733 et 520)<\/p>\n<p>Comptons sur Dieu, Lui seul peut toucher les c\u0153urs, Lui seul fait plus que toutes les cr\u00e9atures r\u00e9unies\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Qu\u2019il est vrai qu\u2019il ne faut pas s\u2019appuyer sur un bras de chair\u00a0! Dieu seul peut faire plus pour le bien de notre \u00e2me que toutes les cr\u00e9atures ensemble.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 605)<\/p>\n<p>Sans cesse, elle appelle ses filles sur ce chemin o\u00f9 elle s\u2019est engag\u00e9e avec ardeur\u00a0: celui de la saintet\u00e9. Il faut devenir des saintes, c\u2019est le leitmotiv qui revient constamment dans ses lettres\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Mon c\u0153ur voudrait s&#8217;\u00e9tendre, parler \u00e0 toutes. Je n&#8217;en ai pas le temps, mais j&#8217;ai celui de vous dire que je vous veux des saintes. Laissez-vous polir, pierres encore brutes, afin d&#8217;\u00eatre capables d&#8217;\u00eatre plac\u00e9es dans le c\u00e9leste \u00e9difice. Laissez-vous donner des coups de ciseau et de marteau, troncs informes, afin de devenir des copies des saints et surtout du Saint des saints !\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 578)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Entreprenons tout de bon de devenir des saintes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 594)<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Combien faut-il que vous travailliez \u00e0 devenir des saintes car les Ap\u00f4tres qui ont converti l\u2019univers ont tous \u00e9t\u00e9 des saints\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 535\u00a0; cf. 560 et 632, etc\u2026)<\/p>\n<p>C\u2019est encore ce m\u00eame message qu\u2019elle adresse dans la derni\u00e8re lettre que nous ayons d\u2019elle\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je ne puis pas \u00e9crire plus au long vu mon \u00e9tat de souffrance. Mon c\u0153ur vous ch\u00e9rit toutes et prend part \u00e0 vos peines et vous veut grandes saintes.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 736)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il faut devenir des saintes\u00a0\u00bb, elle s\u2019y emploie et, dans les derniers mois, tandis que la maladie l\u2019affaiblit et l\u2019emp\u00eacher de pouvoir se fixer \u00e0 quelque pens\u00e9e, quelque r\u00e9flexion, elle constate, dans son humilit\u00e9 qu\u2019elle s\u2019avance vers son \u00e9ternit\u00e9 sans pouvoir s\u2019en occuper. Il ne faut donc pas attendre le dernier moment pour le faire. N\u2019est-ce pas ce \u00e0 quoi elle a consacr\u00e9 sa vie\u00a0: pr\u00e9parer la rencontre avec le Bien-Aim\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Voici ce qu\u2019elle note\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ma sant\u00e9 s\u2019alt\u00e8re, j\u2019ai une petite fi\u00e8vre habituelle qui absorbe mes forces corporelles et spirituelles, car je sens que ma t\u00eate est faible et peu capable de faire les choses avec le calme qu\u2019exigerait ma place.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 644)<\/p>\n<p>Dix mois plus tard, elle \u00e9crit \u00e0 M\u00e8re Marie du Sacr\u00e9-C\u0153ur\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ma sant\u00e9 ne se remet pas. Je me tra\u00eene en langueur et souffrant toujours sans pouvoir prendre que tr\u00e8s peu et encore en souffrir. Mais cela m&#8217;\u00f4te le go\u00fbt de la pri\u00e8re, je fais tout par force. H\u00e9las ! Je vais \u00e0 l&#8217;\u00e9ternit\u00e9 sans pouvoir m&#8217;en occuper s\u00e9rieusement, il ne faut pas attendre d&#8217;\u00eatre malade pour penser \u00e0 se pr\u00e9parer.\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre 728)<\/p>\n<p>Elle qui aimait m\u00e9diter et faire m\u00e9diter l\u2019Evangile des vierges sages et des vierges folles avait sa lampe bien garnie lorsque le Bien-Aim\u00e9 vint au-devant d\u2019elle. Elle accueillit dans un supr\u00eame \u00e9lan d\u2019amour et s\u2019\u00e9cria\u00a0: \u00ab\u00a0Hosanna au Fils de David\u00a0!\u00a0\u00bb Elle vient de contracter l\u2019Alliance \u00e9ternelle avec l\u2019Epoux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":125,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[95],"ht_kb_tag":[126],"class_list":["post-915","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-fondateurs","ht_kb_tag-adele"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/915"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/125"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=915"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/915\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":922,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/915\/revisions\/922"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=915"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=915"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=915"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}