{"id":874,"date":"2015-10-12T15:08:44","date_gmt":"2015-10-12T14:08:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=874"},"modified":"2016-02-03T16:59:22","modified_gmt":"2016-02-03T15:59:22","slug":"vie-du-pere-chaminade","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/vie-du-pere-chaminade\/","title":{"rendered":"Vie du P\u00e8re Chaminade"},"content":{"rendered":"<h2 id=\"une-jeunesse-preservee\" >Une jeunesse pr\u00e9serv\u00e9e<\/h2>\n<p>Le 16 mars 1789, se r\u00e9unissaient \u00e0 P\u00e9rigueux les repr\u00e9sentants des trois ordres du P\u00e9rigord convoqu\u00e9s afin d\u2019\u00e9lire leurs d\u00e9put\u00e9s aux Etats G\u00e9n\u00e9raux. Parmi les membres du clerg\u00e9, deux jeunes pr\u00eatres : les fr\u00e8res Louis- Xavier et Guillaume-Joseph Chaminade, \u00e2g\u00e9s respectivement de 31 et pas tout \u00e0 fait 28 ans. Tous deux venaient de Mussidan, o\u00f9 leur fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Jean-Baptiste, dirigeait pour encore peu de temps (il \u00e9tait tr\u00e8s malade) le coll\u00e8ge-s\u00e9minaire Saint Charles. Bien \u00e9videmment, ni l\u2019un ni l\u2019autre des deux fr\u00e8res<\/p>\n<p>ne se doutait que cette r\u00e9union \u00e9tait le point de d\u00e9part d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui allaient r\u00e9volutionner (au sens propre !) la France. Pourtant, ni l\u2019un ni l\u2019autre n\u2019\u00e9tait hostile aux id\u00e9es nouvelles : comme la majorit\u00e9 de leurs contemporains, ils attendaient avec confiance les r\u00e9formes que le roi Louis XVI, n\u2019allait pas manquer d\u2019apporter au Royaume. Mais qui donc \u00e9tait Guillaume-Joseph ?<\/p>\n<p><strong>N\u00e9 \u00e0 P\u00e9rigueux le 8 avril 1761<\/strong>, il \u00e9tait le dernier enfant d\u2019une famille nombreuse. Son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, Jean-Baptiste, n\u00e9 en 1745, \u00e9tait, deux ans auparavant, entr\u00e9 au noviciat des J\u00e9suites \u00e0 Bordeaux. Mais en 1763, l\u2019ordre des J\u00e9suites fut supprim\u00e9 en France. C\u2019est alors, sans doute, que Jean-Baptiste, encore s\u00e9minariste, entra au Coll\u00e8ge-s\u00e9minaire de <strong>Mussidan <\/strong>o\u00f9 peut-\u00eatre commen\u00e7a-t-il \u00e0 enseigner tout en poursuivant ses \u00e9tudes qui le men\u00e8rent \u00e0 la pr\u00eatrise en 1769. En 1771, il devint pratiquement sup\u00e9rieur du s\u00e9minaire o\u00f9 ses deux plus jeunes fr\u00e8res \u00e9taient venus le rejoindre : d\u2019abord Louis, qui avait pris comme deuxi\u00e8me pr\u00e9nom de confirmation celui de Xavier, puis Guillaume, devenu Guillaume-Joseph, lui aussi apr\u00e8s sa confirmation. Les deux fr\u00e8res poursuivirent donc leurs \u00e9tudes, sous la direction affectueuse de leur fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Selon la coutume de l\u2019\u00e9poque, tr\u00e8s rapidement ils furent amen\u00e9s \u00e0 aider de leurs conseils les plus jeunes de leurs condisciples selon une forme d\u2019enseignement que l\u2019on pourrait qualifier de mutualiste !<\/p>\n<p>C\u2019est durant ces premi\u00e8res ann\u00e9es au col- l\u00e8ge que se produisit l\u2019accident connu qui devait lier Guillaume-Joseph au sanctuaire marial de Verdelais, pr\u00e8s de Bordeaux ! Au cours d\u2019une promenade, en jouant avec ses camarades au fond d\u2019une carri\u00e8re, le jeune Guillaume fut atteint par une pierre qui lui d\u00e9bo\u00eeta la cheville. Il fallut le porter jusqu\u2019\u00e0 la maison. Au bout de six semaines, sa cheville n\u2019allait pas mieux. C\u2019est alors que Jean-Baptiste lui sugg\u00e9ra d\u2019avoir recours \u00e0 Notre-Dame et les deux fr\u00e8res firent le v\u0153u d\u2019aller en p\u00e8lerinage \u00e0 Verdelais si Guillaume gu\u00e9rissait. <strong>La gu\u00e9rison fut si prompte que Guillaume-Joseph la regarda toujours comme miraculeuse<\/strong>. Bien s\u00fbr, les deux fr\u00e8res accomplirent leur v\u0153u et se rendirent \u00e0 pied au sanctuaire marial de Verdelais, sanctuaire auquel toute sa vie le P\u00e8re Chaminade devait demeurer tr\u00e8s attach\u00e9.<\/p>\n<p>Quelques ann\u00e9es plus tard, nous retrouvons les deux fr\u00e8res, Louis-Xavier et Guillaume- Joseph au <strong>s\u00e9minaire de Laon, puis \u00e0 Paris <\/strong>(pour peu de temps, semble-t-il, au moins pour Guillaume-Joseph), o\u00f9 ils se pr\u00e9parent \u00e0 la pr\u00eatrise. <strong>Ordonn\u00e9s pr\u00eatres <\/strong>l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre, ils reviennent \u00e0 Mussidan o\u00f9 Guillaume-Joseph enseigne, entre autres, les math\u00e9matiques, en m\u00eame temps qu\u2019il <strong>participe, avec ses fr\u00e8res \u00e0 la direction de l\u2019\u00e9tablissement <\/strong>dont il devient le syndic (sorte d\u2019\u00e9conome) et qui semble avoir acquis, alors, une r\u00e9elle notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Cath\u00e9drale de P\u00e9rigueux<\/strong><\/p>\n<p>A Mussidan, l\u2019on n\u2019\u00e9tait pas coup\u00e9 du monde ! L\u2019on s\u2019y tenait, au contraire, fort inform\u00e9 des id\u00e9es nouvelles. Ce sont donc deux jeunes pr\u00eatres cultiv\u00e9s et avertis qui ont particip\u00e9, en 1789, \u00e0 l\u2019\u00e9lection des d\u00e9put\u00e9s du clerg\u00e9 du P\u00e9rigord. Mais qui pouvait alors se douter des \u00e9v\u00e9nements qui allaient suivre ?<\/p>\n<h2 id=\"dans-la-tourmente-revolutionnaire\" >Dans la tourmente r\u00e9volutionnaire<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 les premiers troubles r\u00e9volutionnaires qui ne manqu\u00e8rent pas de trouver des \u00e9chos dans la r\u00e9gion bordelaise, le coll\u00e8ge Saint- Charles de Mussidan poursuivit sa route sous une direction malheureusement bient\u00f4t priv\u00e9e de sa t\u00eate : en effet, Jean-Baptiste Chaminade, le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Louis-Xavier et de Guillaume-Joseph mourut en odeur de saintet\u00e9 le 24 janvier 1790. La situation s\u2019aggrava lorsque fut vot\u00e9e la constitution civile du clerg\u00e9, et surtout lorsque l\u2019Assembl\u00e9e Constituante d\u00e9cida d\u2019imposer \u00e0 tous les eccl\u00e9siastiques de pr\u00eater serment \u00e0 cette constitution (fin 1790). Malgr\u00e9 la ratification royale, les deux fr\u00e8res Chaminade refus\u00e8rent le serment et se retrouv\u00e8rent donc <strong>pr\u00eatres r\u00e9fractaires<\/strong>. Si la pers\u00e9cution ne s\u2019abattit pas imm\u00e9diatement sur eux, ils n\u2019en furent pas moins rapidement convaincus qu\u2019ils ne pouvaient plus rester \u00e0 Mussidan. Et, pour des raisons que nous ignorons, Guillaume- Joseph d\u00e9cida, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1791, de venir s\u2019\u00e9tablir \u00e0 <strong>Bordeaux<\/strong>.<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque, il n\u2019est pas encore le pr\u00eatre clandestin qui se cachera pendant la Terreur, pour la simple raison que la Terreur ne r\u00e8gne pas encore et que, bien que r\u00e9fractaire \u00e0 la constitution civile du clerg\u00e9, ce qui l\u2019emp\u00eache d\u2019occuper un poste officiel, Guillaume- Joseph Chaminade ne se sent nullement menac\u00e9 dans son existence. Au contraire, c\u2019est alors qu\u2019il acquiert une propri\u00e9t\u00e9 situ\u00e9e dans la proche banlieue bordelaise et connue sous le nom de Saint-Laurent. C\u2019est dans cette demeure qu\u2019il installe en avril 1792 ses parents d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9s et qui y demeureront durant toute la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Cependant, les premiers v\u00e9ritables troubles r\u00e9volutionnaires avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 et la situation s\u2019aggrava singuli\u00e8rement \u00e0 partir du mois de juillet 1792, apr\u00e8s que l\u2019on e\u00fbt appris que la Patrie avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en danger par l\u2019Assembl\u00e9e L\u00e9gislative. A Bordeaux, deux pr\u00eatres r\u00e9fractaires, dont le vicaire g\u00e9n\u00e9ral, sont massacr\u00e9s par la foule. Comme beaucoup de ses confr\u00e8res Louis-Xavier, qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9 \u00e0 P\u00e9rigueux, d\u00e9cida d\u2019\u00e9migrer et, apr\u00e8s un bref passage \u00e0 Bordeaux, partit pour l\u2019Espagne. Guillaume- Joseph, lui, demeura en France.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi qu\u2019<strong>il v\u00e9cut \u00e0 Bordeaux toute la p\u00e9riode de la Terreur<\/strong>, oblig\u00e9 de se ca- cher sous des d\u00e9guisements divers, toujours \u00e0 la merci d\u2019une d\u00e9nonciation. La l\u00e9gende veut qu\u2019il ait parcouru les rues d\u00e9guis\u00e9 en chaudronnier ou en marchand d\u2019\u00e9pingles, et sans doute manqua-t-il plus d\u2019une fois d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 ! Mais Dieu veillait sur son serviteur qui b\u00e9n\u00e9ficia de l\u2019aide d\u2019amis fid\u00e8les. Une autre l\u00e9gende veut en effet qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9 par la pr\u00e9sence d\u2019esprit d\u2019une servante qui le dissimula sous un cuveau \u00e0 lessive sur lequel elle offrit \u00e0 boire aux sans- culottes qui le pourchassaient ! C\u2019est aussi \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il fit la connaissance de Mlle de Lamourous, future fondatrice des s\u0153urs de la Mis\u00e9ricorde&#8230; Et la fin de la Terreur (juillet 1794) le trouva, toujours \u00e0 Bordeaux, pr\u00eat \u00e0 reprendre du service au grand jour.<\/p>\n<p>Malheureusement pour peu de temps. En effet, en 1797 la &#8221; terreur s\u00e8che &#8221; institu\u00e9e par le Directoire l\u2019obligea \u00e0 prendre \u00e0 son tour la <strong>route de l\u2019exil <\/strong>et tout naturellement <strong>il rejoignit \u00e0 Saragosse <\/strong>d\u2019autres pr\u00eatres fran\u00e7ais dont son fr\u00e8re, Louis- Xavier. La vie des exil\u00e9s \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre facile. Mais c\u2019est dans l\u2019\u00e9preuve que se forgent les caract\u00e8res et c\u2019est l\u00e0, aux pieds de <strong>Notre Dame del Pilar, que Guillaume-Joseph Chaminade eut l\u2019intuition de l\u2019\u0153uvre de restauration chr\u00e9tienne <\/strong>qu\u2019il entreprendrait \u00e0 son retour en France, avec l\u2019aide et sous les auspices de Marie.<\/p>\n<p>Enfin, la R\u00e9volution est close avec l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un nouveau r\u00e9gime, le Consulat (fin 1799) dont une des premi\u00e8res d\u00e9cisions fut d\u2019autoriser le retour des \u00e9migr\u00e9s (20 octobre 1800). Inform\u00e9s de cette bonne nouvelle, c\u2019est tout naturellement que Guillaume- Joseph et Louis-Xavier Chaminade reprirent le chemin de la France. A la fin de l\u2019ann\u00e9e 1800, ils entraient dans Bordeaux. L\u2019heure d\u2019agir \u00e9tait venue&#8230; Guillaume-Joseph avait alors 39 ans&#8230;<\/p>\n<h2 id=\"une-eglise-a-reconstruire\" >Une Eglise \u00e0 reconstruire<\/h2>\n<p>Lorsque Guillaume-Joseph Chaminade entre dans Bordeaux, en novembre 1800, il retrouve une Eglise plong\u00e9e dans le chaos. Le clerg\u00e9 r\u00e9gulier n\u2019existe plus. Le clerg\u00e9 s\u00e9culier est divis\u00e9. Les pr\u00eatres constitutionnels ont \u00e9t\u00e9 pratiquement abandonn\u00e9s par l\u2019Etat depuis le mois de septembre 1794. La Convention a en effet d\u00e9cid\u00e9, le 18 septembre, que d\u00e9sormais la R\u00e9publique ne paierait plus les frais ou le salaire d\u2019aucun culte. Quelques mois plus tard (le 21 f\u00e9vrier 1795), la m\u00eame assembl\u00e9e votait la s\u00e9paration de l\u2019Eglise et de l\u2019Etat. Beaucoup de pr\u00eatres avaient abandonn\u00e9 le culte\u00a0: certains s\u2019\u00e9taient mari\u00e9s, d\u2019autres, plus ou moins soumis \u00e0 la pression des R\u00e9volutionnaires, s\u2019\u00e9taient simplement \u00ab\u00a0d\u00e9pr\u00eatris\u00e9s\u00a0\u00bb. Cependant un clerg\u00e9 constitutionnel se maintenait, en principe le seul reconnu par l\u2019Etat\u00a0: il essayait m\u00eame de s\u2019organiser. Nous sommes un peu trop habitu\u00e9s \u00e0 consid\u00e9rer ce clerg\u00e9 comme constitu\u00e9 de \u00ab\u00a0mauvais pr\u00eatres\u00a0\u00bb. Ce n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment le cas\u00a0!\u00a0! Beaucoup de cur\u00e9s, en particulier, n\u2019avaient pr\u00eat\u00e9 le serment demand\u00e9 \u00e0 la constitution civile du clerg\u00e9 que pour ne pas abandonner leurs paroissiens\u00a0! D\u2019autres, il est vrai, par conviction politique\u00a0: ils n\u2019\u00e9taient pas pour autant de mauvais chr\u00e9tiens\u00a0! Ils continuaient, vaille que vaille, de maintenir les paroisses (quand les \u00e9glises n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9es, ou d\u00e9molies), et les \u00e9v\u00eaques survivants (car un certain nombre avaient \u00e9t\u00e9 guillotin\u00e9s\u00a0!) d\u2019administrer, ou d\u2019essayer d\u2019administrer leurs dioc\u00e8ses.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ce clerg\u00e9, l\u2019ancien clerg\u00e9 r\u00e9fractaire, \u00e9tait lui aussi divis\u00e9. Si le nouveau r\u00e9gime avait autoris\u00e9 les \u00e9migr\u00e9s \u00e0 rentrer en France, il avait demand\u00e9 \u00e0 tous les pr\u00eatres de promettre d\u2019ob\u00e9ir \u00e0 la nouvelle constitution (celle du Consulat). Tous les pr\u00eatres nagu\u00e8re constitutionnels avaient bien s\u00fbr ob\u00e9i, plus un certain nombre de pr\u00eatres r\u00e9fractaires (car cette promesse \u00e9tait purement d\u2019ordre politique et ne touchait pas l\u2019organisation de l\u2019Eglise)\u00a0; mais pas tous. D\u2019o\u00f9 une nouvelle division. Si l\u2019on ajoute que les dirigeants politiques \u00e9taient pour la plupart ouvertement ath\u00e9es ou en tous cas hostiles au catholicisme, mais que le peuple fran\u00e7ais, lui, dans l\u2019ensemble, demeurait profond\u00e9ment attach\u00e9 \u00e0 la religion (mais ne sachant plus tr\u00e8s bien \u00ab\u00a0\u00e0 quel saint se vouer\u00a0\u00bb), on a un petit aper\u00e7u de la situation chaotique \u00e0 laquelle va se trouver confront\u00e9 le P\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<p>Mais devant laquelle il ne se trouve pas pris au d\u00e9pourvu\u00a0! En effet, comme beaucoup de pr\u00eatres en exil, et notamment de nombreux pr\u00eatres exil\u00e9s en Espagne, il a profond\u00e9ment r\u00e9fl\u00e9chi\u2026 et pri\u00e9 aux pieds de la Vierge de Saragosse. Et selon toute vraisemblance, il a mis au point un plan d\u2019action\u00a0: non pas un de ces plans o\u00f9 tout serait pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019avance, mais une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale qu\u2019il suivra d\u00e9sormais sans se laisser d\u00e9tourner de sa route par les al\u00e9as du chemin.<\/p>\n<p>Et d\u2019abord, agir avec la Vierge Marie\u00a0! Il est \u00e0 noter qu\u2019au d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, plusieurs congr\u00e9gations seront fond\u00e9es qui se placeront sous la protection de la Vierge et dont deux au moins prendront m\u00eame l\u2019appellation de \u00ab\u00a0soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0\u00bb\u00a0: la soci\u00e9t\u00e9 de Marie (Marianistes) et la soci\u00e9t\u00e9 de Marie (Maristes), sans parler des Fils de Marie Immacul\u00e9e, mieux connus sous le nom de P\u00e8res de Chavagnes et dont le fondateur, le P\u00e8re Baudoin, a lui aussi \u00e9t\u00e9 exil\u00e9 en Espagne. Sans doute ce dernier a-t-il connu, comme le P\u00e8re Chaminade, les projets \u00e9labor\u00e9s par le jeune Bernard Daries, ancien \u00e9l\u00e8ve de Mussidan, mort pr\u00e9matur\u00e9ment mais non sans avoir envisag\u00e9 la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de Marie appel\u00e9e, d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00e0 remplacer la soci\u00e9t\u00e9 de J\u00e9sus (J\u00e9suites) alors supprim\u00e9e. L\u2019originalit\u00e9 du P\u00e8re Chaminade, nous le savons, sera de ne pas tant se placer sou la protection de Marie mais <strong>d\u2019agir avec elle<\/strong>, en quelque sorte comme avec une alli\u00e9e.<\/p>\n<p>Autre intuition du P\u00e8re Chaminade, dans un pays qui m\u00e9ritait alors, plus qu\u2019en 1943, l\u2019appellation de \u00ab\u00a0pays de mission\u00a0\u00bb, celle de s\u2019appuyer sur les la\u00efcs pour rechristianiser la France\u00a0: les premiers chr\u00e9tiens, apr\u00e8s tout, qu\u2019\u00e9taient-ils sinon des la\u00efcs\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est donc en homme m\u00fbri par l\u2019\u00e9preuve de l\u2019exil, mais bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 agir, que Guillaume-Joseph s\u2019installe \u00e0 Bordeaux o\u00f9, d\u2019ailleurs, il n\u2019est pas sans compter des amis\u00a0! Et sans tarder, il ouvre, dans une maison particuli\u00e8re, un oratoire o\u00f9 bient\u00f4t les fid\u00e8les se presseront et o\u00f9 il recrutera ses premiers disciples.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"la-congregation\" >La Congr\u00e9gation<\/h2>\n<p>Pour rechristianiser la France, Chaminade avait selon toute vraisemblance envisag\u00e9, durant son s\u00e9jour \u00e0 Saragosse, de fonder une Congr\u00e9gation mariale. De telles congr\u00e9gations avaient exist\u00e9 dans la France d\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0: mais elles regroupaient, en principe, une \u00ab\u00a0\u00e9lite\u00a0\u00bb, tant sur le plan chr\u00e9tien que sur le plan de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019originalit\u00e9 du P\u00e8re Chaminade, l\u00e0 encore, fut de concevoir une congr\u00e9gation capable de rassembler non pas une \u00e9lite, mais simplement de simples chr\u00e9tiens, pris dans tous les milieux, mais d\u00e9sireux de s\u2019instruire dans la religion et de se perfectionner\u00a0: bref, de s\u2019\u00e9vang\u00e9liser mutuellement. Chacun \u00e9tant comme \u00ab\u00a0en mission permanente\u00a0\u00bb. Et sans tarder, il se mit \u00e0 l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>La l\u00e9gende veut que, d\u00e8s le mois de d\u00e9cembre 1800, lors d\u2019une messe c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans son oratoire, le P\u00e8re Chaminade ait rep\u00e9r\u00e9 deux jeunes gens. Les ayant appel\u00e9s apr\u00e8s l\u2019office, ils les invita \u00e0 faire connaissance et \u00e0 revenir avec, chacun, un pros\u00e9lyte. Les jeunes gens revinrent et, de fil en aiguille, se trouv\u00e8rent bient\u00f4t au nombre de douze, \u00e0 l\u2019origine de la Congr\u00e9gation n\u00e9e le 2 f\u00e9vrier 1801. En r\u00e9alit\u00e9 parmi les fondateurs, dont on a gard\u00e9 les noms, on retrouve ceux de jeunes gens connus du P\u00e8re Chaminade avant m\u00eame son d\u00e9part en exil. Mais peu importe. En f\u00e9vrier 1801, la Congr\u00e9gation mariale est n\u00e9e qui regroupera bient\u00f4t des dizaines, puis des centaines de membres. Pour une organisation plus efficace, le P\u00e8re Chaminade la divisa bient\u00f4t en sections\u00a0: les jeunes gens, puis les jeunes filles (avec l\u2019aide de Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Lamourous qui venait de fonder la Mis\u00e9ricorde, \u0153uvre destin\u00e9e \u00e0 accueillir celles que l\u2019on appelait alors \u00ab\u00a0filles repenties\u00a0\u00bb), les hommes m\u00fbrs, les dames, etc. Chaque section avait sa propre organisation et ses r\u00e9unions, mais r\u00e9guli\u00e8rement il se tenait des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, et normalement tous se retrouvaient \u00e0 la messe dominicale (et pour la grande f\u00eate de la Congr\u00e9gation, le 8 d\u00e9cembre). Une organisation alors tr\u00e8s originale et qui illustre bien le propos du P\u00e8re Chaminade\u00a0: \u00ab\u00a0union, sans confusion\u00a0\u00bb. En 1804, alors que le nombre des congr\u00e9ganistes atteignait pr\u00e8s de 500, le P\u00e8re Chaminade prit \u00e0 bail la chapelle de la Madeleine, qu\u2019il ach\u00e8tera un peu plus tard, ainsi qu\u2019un petit b\u00e2timent adjacent. Enfin il tenait l\u2019endroit id\u00e9al pour organiser toutes les rencontres.<\/p>\n<p>Pendant ce temps, l\u2019histoire avait march\u00e9. Le Concordat, sign\u00e9 en 1801 entre le Premier Consul, Bonaparte, et le Pape, Pie VII, est enfin entr\u00e9 en application \u00e0 partir du mois de mai 1802. Le Premier Consul a donc nomm\u00e9 les nouveaux \u00e9v\u00eaques, qu\u2019il a eu soin de prendre pour partie parmi les anciens \u00e9v\u00eaques r\u00e9fractaires et parmi les anciens constitutionnels. C\u2019est ainsi que l\u2019\u00e9v\u00eaque constitutionnel de Bordeaux, Mgr Lacombe, fut nomm\u00e9 \u00e9v\u00eaque de Poitiers, cependant que l\u2019ancien \u00e9v\u00eaque r\u00e9fractaire de Vienne, Mgr d\u2019Aviau, devint archev\u00eaque de Bordeaux<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Ce dernier arriva fin juillet 1802. Le plus dur lui restait \u00e0 faire\u00a0: r\u00e9organiser son dioc\u00e8se, en particulier en nommant les cur\u00e9s. Ce ne fut pas chose ais\u00e9e\u00a0! Il lui fallut pratiquement un an pour y parvenir\u2026 Le P\u00e8re Chaminade, d\u00e9sireux de se consacrer uniquement \u00e0 son \u0153uvre (en 1801, il avait d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u \u00e0 sa demande, du pape Pie VII, le titre de \u00ab\u00a0missionnaire apostolique\u00a0\u00bb), fut simplement nomm\u00e9 chanoine par le nouvel archev\u00eaque qui lui manifesta rapidement une confiance, pour ne pas dire une amiti\u00e9 qui ne se d\u00e9mentiront pas. Sans compter une r\u00e9elle reconnaissance\u00a0: lorsque enfin, en 1804, Mgr d\u2019Aviau put rouvrir un s\u00e9minaire, la plupart des premiers s\u00e9minaristes furent alors des membres de la Congr\u00e9gation\u00a0!<\/p>\n<p>Mais la paix religieuse ne dura pas longtemps. En effet, \u00e0 partir de 1807, l\u2019Empereur Napol\u00e9on et le Pape sont en d\u00e9saccord. Comme le second refusait d\u2019adh\u00e9rer au Blocus Continental d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par le premier contre l\u2019Angleterre, l\u2019Empereur d\u00e9cida, en 1809, d\u2019annexer purement et simplement les Etats Pontificaux. A cette spoliation, le Pape riposta par une bulle d\u2019excommunication. De nouveau, c\u2019\u00e9tait, sinon la guerre, du moins la m\u00e9sentente entre l\u2019Eglise Catholique et le gouvernement fran\u00e7ais. Qu\u2019allait devenir la Congr\u00e9gation dans ce contexte\u00a0?<\/p>\n<p>Autant qu\u2019on puisse le savoir, le P\u00e8re Chaminade n\u2019a jamais fait de politique\u00a0! Certes, selon toute vraisemblance, il \u00e9tait royaliste de c\u0153ur\u00a0; mais avec sagesse, il pensait que ce n\u2019\u00e9tait pas son r\u00f4le \u00e0 lui, missionnaire apostolique, de se m\u00ealer de querelles ou de conspirations<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Et comme de nombreux catholiques, il \u00e9tait reconnaissant \u00e0 Bonaparte d\u2019avoir su ramener la religion en France. Mais \u00e0 partir de 1807, et surtout de 1809, nous l\u2019avons vu, les relations se tendent entre l\u2019Eglise et l\u2019Empereur et tout catholique devient suspect aux yeux de la police imp\u00e9riale. Cette derni\u00e8re n\u2019a pas pu emp\u00eacher, en effet, que ne soit connue l\u2019excommunication de l\u2019Empereur. Un jeune noble fran\u00e7ais, Alexis de Noailles, membre d\u2019une congr\u00e9gation mariale parisienne avec laquelle le P\u00e8re Chaminade entretenait des relations \u00e9pistolaires, r\u00e9ussit \u00e0 faire entrer la bulle d\u2019excommunication en France et \u00e0 la diffuser. Tr\u00e8s rapidement, elle fut r\u00e9pandue dans les milieux catholiques. Le gouvernement riposta en supprimant la Congr\u00e9gation de Paris et, pour faire bonne mesure, en supprimant \u00e9galement la Congr\u00e9gation de Bordeaux (fin 1809). Ceci d\u2019autant plus que la ville de Bordeaux dans son ensemble manifestait de forts sentiments anti-napol\u00e9oniens. Il faut dire que la ville dont le port \u00e9tait la grande richesse a beaucoup souffert sous l\u2019Empire de la guerre contre l\u2019Angleterre qui entra\u00eena la d\u00e9cadence du commerce maritime.<\/p>\n<p>De 1809 \u00e0 1814, la Congr\u00e9gation de la Madeleine n\u2019existe donc plus. Du moins officiellement. On peut penser que les congr\u00e9ganistes, eux, continuaient \u00e0 se rencontrer et surtout \u00e0 rencontrer leur p\u00e8re spirituel. C\u2019est du reste durant ces ann\u00e9es (ou peu avant) que vraisemblablement plusieurs jeunes congr\u00e9ganistes se consacr\u00e8rent par des promesses afin de vivre, sous le nom de l\u2019Etat, un \u00e9tat de vie religieux dans le monde, pr\u00e9mices des futures congr\u00e9gations religieuses (et premier institut s\u00e9culier marianiste). Quant au P\u00e8re Chaminade, il poursuivait ses activit\u00e9s \u00e0 la Madeleine et aupr\u00e8s de ses diff\u00e9rents dirig\u00e9s, dont bien s\u00fbr Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Lamourous et au nombre desquels, depuis quelque temps, on notait une jeune fille de la r\u00e9gion d\u2019Agen avec laquelle il entretenait une correspondance r\u00e9guli\u00e8re\u00a0: Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on.<\/p>\n<p>1814\u00a0: la France est envahie. En vain Napol\u00e9on, ayant \u00ab\u00a0chauss\u00e9 les bottes du g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie\u00a0\u00bb, multiplie les exploits en Champagne pour tenter d\u2019arr\u00eater ses ennemis. Au sud, venant d\u2019Espagne, les anglais franchissent les Pyr\u00e9n\u00e9es. En mars 1814, ils entrent dans Bordeaux accompagnant le duc d\u2019Angoul\u00eame (fils du futur Charles X)\u00a0\u00a0 en l\u2019honneur de qui la ville pavoise\u00a0! A la fin du m\u00eame mois, les alli\u00e9s entrent dans Paris. Alors se succ\u00e9d\u00e8rent rapidement l\u2019abdication de Napol\u00e9on et son d\u00e9part pour l\u2019Ile d\u2019Elbe cependant que la monarchie \u00e9tait restaur\u00e9e. Et rapidement, dans les jours qui suivirent, la Congr\u00e9gation fut reconstitu\u00e9e.<\/p>\n<p>1815\u00a0! Un an \u00e0 peine apr\u00e8s que Bordeaux ait acclam\u00e9 le duc d\u2019Angoul\u00eame tombe la nouvelle\u00a0: Napol\u00e9on est de retour\u00a0!\u00a0!\u00a0! A la fin du mois de mars, c\u2019est lui qui rentre dans Paris et r\u00e9tablit l\u2019Empire. Bien s\u00fbr, tous les esprits sont boulevers\u00e9s, et particuli\u00e8rement \u00e0 Bordeaux dont l\u2019\u00e9conomie a tout \u00e0 redouter d\u2019une reprise de la guerre contre l\u2019Angleterre. La Congr\u00e9gation de la Madeleine est \u00e0 nouveau dissoute, et le P\u00e8re Chaminade est m\u00eame arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la fin du mois de mai, puis \u00e9loign\u00e9 de Bordeaux. Mais le 18 juin, Napol\u00e9on \u00e9tait battu \u00e0 Waterloo\u00a0!\u00a0! Quelques jours encore, et ce fut la deuxi\u00e8me abdication de l\u2019Empereur, puis le retour du roi Louis XVIII apr\u00e8s cent jours d\u2019absence\u00a0!\u00a0! Chaminade lib\u00e9r\u00e9 et de retour \u00e0 Bordeaux pourra d\u00e9sormais poursuivre en paix l\u2019\u0153uvre commenc\u00e9e quinze ans auparavant\u2026<\/p>\n<h2 id=\"une-jeune-fille-nommee-adele\" >Une jeune fille, nomm\u00e9e Ad\u00e8le\u2026<\/h2>\n<p>Beaucoup plus jeune que le P\u00e8re Chaminade, Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on, future fondatrice des Filles de Marie Immacul\u00e9e, naquit le 10 juin 1789 dans le ch\u00e2teau de Trenquell\u00e9on, pr\u00e8s du petit village de Feugarolles (dans le N\u00e9racais \u2013 d\u00e9partement du Lot et Garonne). La R\u00e9volution venait de commencer\u2026 et tr\u00e8s vite, les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipit\u00e8rent. Mont\u00e9 \u00e0 Paris pour d\u00e9fendre le roi, comme il estimait que c\u2019\u00e9tait son devoir, le p\u00e8re d\u2019Ad\u00e8le, le baron Charles de Trenquell\u00e9on \u00e9migra \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1792, laissant sa jeune femme qui attendait un deuxi\u00e8me enfant\u00a0: celui-ci, un gar\u00e7on, na\u00eetra en janvier 1793. Madame de Trenquell\u00e9on se retrouve seule, avec deux enfants en bas \u00e2ge, dans un pays en proie aux troubles d\u2019une r\u00e9volution sanglante. La famille, cependant, devait \u00eatre aim\u00e9e de la population environnante car elle surv\u00e9cut \u00e0 la Terreur. Cependant en 1797, de nouveau c\u2019est la Terreur qui s\u2019abat sur la France\u2026 une Terreur \u00ab\u00a0s\u00e8che\u00a0\u00bb, heureusement\u00a0(c\u2019est \u00e0 dire\u00a0: sans guillotine) ! Mais madame de Trenquell\u00e9on se retrouve inscrite par erreur sur la liste des \u00e9migr\u00e9s et doit pr\u00e9cipitamment quitter la France. Bien s\u00fbr, elle emm\u00e8ne avec elle ses deux enfants et part pour l\u2019Espagne, puis le Portugal o\u00f9 bient\u00f4t son mari pourra venir la rejoindre. Jusqu\u2019\u00e0 ce que le premier consul permette aux \u00e9migr\u00e9s de rentrer dans leur pays. Avec bonheur, toute la famille (enrichie d\u2019un troisi\u00e8me enfant) peut enfin retrouver sa demeure en novembre 1801.<\/p>\n<p>La petite fille qui rejoint la France en ce d\u00e9but de si\u00e8cle a certainement \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par les perturbations, mais sans doute moins qu\u2019on ne pourrait le penser car elle \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9e par une m\u00e8re remarquable de sang-froid et de courage. Elle-m\u00eame \u00e9tait une petite fille vive et intelligente, et malgr\u00e9 son jeune \u00e2ge d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment pieuse. Ne voulait-elle pas rester en Espagne pour entrer au Carmel\u00a0? A douze ans\u2026 Ses parents, avec raison, ont estim\u00e9 que c\u2019\u00e9tait un peu jeune et docilement, elle s\u2019est rendue \u00e0 leurs raisons\u00a0!<\/p>\n<p>Ad\u00e8le grandit. Toujours tr\u00e8s vivante, toute d\u2019un premier mouvement, mais avec un c\u0153ur d\u2019or et une pi\u00e9t\u00e9 vive et \u00e9clair\u00e9e. Elle re\u00e7oit une \u00e9ducation soign\u00e9e gr\u00e2ce au pr\u00e9cepteur de son fr\u00e8re, M. Ducourneau, qui sait aussi la guider sur le plan spirituel. A quatorze ans, Ad\u00e8le est confirm\u00e9e. C\u2019est alors qu\u2019elle fait la connaissance de celle qui sera une amie tr\u00e8s fid\u00e8le, Jeanne Dich\u00e9 (de quatre ans son a\u00een\u00e9e), future madame Belloc. Sur les conseils de M. Ducourneau, toutes deux fondent une petite association qui r\u00e9unira des jeunes filles comme elles d\u00e9sireuses d\u2019\u00eatre ap\u00f4tres. Les transports n\u2019\u00e9taient pas alors ce qu\u2019ils sont maintenant\u00a0! Les voyages \u00e9taient longs et les rencontres rares. Cette \u00ab\u00a0petite \u00a0soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb sera toute spirituelle (dans tous les sens du terme, car c\u2019est avant tout en esprit que les associ\u00e9es se retrouveront) et le lien sera \u00e9tabli par lettres. Et rapidement c\u2019est Ad\u00e8le, bien que la plus jeune, qui devient l\u2019\u00e2me de l\u2019association. Ce qui n\u2019est pas sans repr\u00e9senter une lourde t\u00e2che\u00a0: ce n\u2019est pas rien que d\u2019\u00e9crire des lettres, d\u2019encourager, de r\u00e9pondre aux questions\u2026 Et Ad\u00e8le ne se contente pas de cela\u00a0: en dehors de l\u2019\u00e9criture, elle ne reste pas inactive\u00a0! Elle s\u2019int\u00e9resse, entre autres, aux enfants des environs \u00e0 qui elle fait elle-m\u00eame la classe, les instruisant en particulier, bien s\u00fbr, dans la religion. Souvent dans ses lettres revient la formule\u00a0: \u00ab\u00a0je vous laisse, car mes \u00e9coliers arrivent\u2026\u00a0\u00bb Pour se procurer l\u2019argent n\u00e9cessaire \u00e0 ses aum\u00f4nes, elle n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 se lancer dans l\u2019\u00e9levage\u00a0!\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est en 1808 que vont se nouer les liens (au d\u00e9part, uniquement \u00e9pistolaires) entre Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on et le P\u00e8re Chaminade. Tr\u00e8s vite, Ad\u00e8le trouve dans le pr\u00eatre le guide spirituel dont elle sentait le besoin (M. Ducourneau ayant suivi son fr\u00e8re Charles \u00e0 Paris), et lui, en elle, la disciple qu\u2019il attendait. Elle refuse un mariage qui lui a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par ses parents. Mais c\u2019est aussi \u00e0 cette \u00e9poque que M. de Trenquell\u00e9on tombe gravement malade. Ad\u00e8le le soignera avec d\u00e9vouement jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1815, le jour m\u00eame de la bataille de Waterloo (18 juin 1815). Ad\u00e8le et quelques unes de ses amies vont alors pouvoir r\u00e9aliser le r\u00eave qu\u2019elles caressent depuis quelques ann\u00e9es\u00a0: fonder une congr\u00e9gation religieuse missionnaire. Mais o\u00f9\u00a0? Et comment\u00a0?<\/p>\n<h2 id=\"la-fondation-des-deux-instituts-marianistes-1816-1817\" >La fondation des deux Instituts Marianistes\u00a0(1816 \u2013 1817)<\/h2>\n<p>Nous sommes le 25 mai 1816. Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on accompagn\u00e9e de trois amies descend de voiture devant une vieille maison, appel\u00e9e \u00ab\u00a0le Refuge\u00a0\u00bb, que leur a trouv\u00e9e l\u2019amie fid\u00e8le, Jeanne Dich\u00e9, madame Belloc, qui est venue \u00e0 leur avance. Le soir m\u00eame arrive de Bordeaux Marie-Th\u00e9r\u00e8se de Lamourous d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e par le P\u00e8re Chaminade (qui n\u2019a pu lui-m\u00eame faire le voyage) pour aider les jeunes filles \u00e0 s\u2019organiser. Mgr Jacoupy, l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Agen, b\u00e9nit le petit groupe\u00a0qui porte en lui tout l\u2019avenir\u00a0: celui de l\u2019institut des<strong> Filles de Marie Immacul\u00e9e.<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Quelques jours plus tard, le P\u00e8re Chaminade arrive \u00e0 son tour \u00e0 Agen. Par une s\u00e9rie de conf\u00e9rences, il aidera les futures religieuses \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer l\u2019esprit de leurs futures constitutions afin de devenir ce qu\u2019il appelle de ses v\u0153ux depuis si longtemps\u00a0: des religieuses missionnaires, qui agissent avec Marie. Mais alors une difficult\u00e9 inattendue va surgir entre l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Agen et lui. En effet, le P\u00e8re Chaminade souhaite voir \u00ab\u00a0ses filles\u00a0\u00bb prononcer des v\u0153ux perp\u00e9tuels, qui soulignent leur don au Seigneur.<\/p>\n<p>Mais ceci, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, implique la cl\u00f4ture, ce qui semble ne pas pouvoir favoriser le travail missionnaire que Mgr Jacoupy et Ad\u00e8le elle-m\u00eame souhaitaient entreprendre. Cependant, tous deux se rendirent aux raisons \u00e9voqu\u00e9es par celui qui se consid\u00e8re toujours avant tout comme missionnaire apostolique\u00a0: les futures religieuses, dont Ad\u00e8le va devenir la premi\u00e8re sup\u00e9rieure, feront des v\u0153ux perp\u00e9tuels<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> et de ce fait seront clo\u00eetr\u00e9es.<\/p>\n<p>Ce qui ne les emp\u00eachera de d\u00e9velopper une grande activit\u00e9 entre les murs de leur couvent, accueillant enfants et jeunes filles afin de les instruire, organisant \u00e0 partir de la \u00ab\u00a0petite soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb une Congr\u00e9gation \u00e0 l\u2019image de celle de la Madeleine et qui va bient\u00f4t se d\u00e9velopper, en particulier gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019activit\u00e9 inlassable de madame Belloc.<\/p>\n<p>En 1836, enfin, se constituera un v\u00e9ritable Tiers-Ordre r\u00e9gulier qui d\u00e9veloppera \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur l\u2019action des religieuses. Ad\u00e8le, malheureusement, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e pr\u00e9matur\u00e9ment le 10 janvier 1828, ne verra pas cette r\u00e9alisation qui perdurera jusqu\u2019en 1921, date \u00e0 laquelle le Tiers Ordre fusionnera avec les Filles de Marie.<\/p>\n<p>Cependant, de retour \u00e0 Bordeaux le P\u00e8re Chaminade allait bient\u00f4t conna\u00eetre sans doute la plus grande joie de sa vie et voir se concr\u00e9tiser le r\u00eave caress\u00e9 depuis son exil \u00e0 Saragosse, et m\u00fbri aux pieds de Notre Dame du Pilier. C\u2019est en effet en 1817, peut-\u00eatre le 1<sup>er<\/sup> mai selon une certaine tradition, qu\u2019il re\u00e7ut la visite d\u2019un jeune congr\u00e9ganiste et membre de l\u2019Etat, M. Lalanne, venu lui confier son d\u00e9sir d\u2019\u00eatre religieux selon les vues m\u00eames du P\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<p>Ce dernier, \u00e9mu aux larmes, se serait \u00e9cri\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dieu soit b\u00e9ni\u00a0! Sa volont\u00e9 se manifeste et le moment est venu de mettre \u00e0 ex\u00e9cution le dessein que je poursuis depuis trente ans qu\u2019il me l\u2019a inspir\u00e9\u00a0!\u2026 Faisons donc une association religieuse par les trois v\u0153ux de religion\u2026 et mettons le tout sous la protection de Marie Immacul\u00e9e \u00e0 qui son divin fils a r\u00e9serv\u00e9 la derni\u00e8re victoire sur l\u2019enfer\u2026 Soyons, mon enfant, soyons dans notre humilit\u00e9, le talon de la femme\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0Et le 2 octobre de la m\u00eame ann\u00e9e, ce m\u00eame Lalanne avec quatre autres jeunes hommes s\u2019engageaient officiellement dans le nouvel Institut.<\/p>\n<p>Ce qui permettra \u00e0 Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on, d\u00e9sormais appel\u00e9e M\u00e8re Marie de la Conception, d\u2019\u00e9crire quelques mois plus tard \u00e0 une amie\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne sais si je vous ai marqu\u00e9 que notre bon P\u00e8re a form\u00e9, \u00e0 Bordeaux, sous l\u2019autorisation de Mgr l\u2019archev\u00eaque, une petite communaut\u00e9 de notre Ordre. Ils sont encore tr\u00e8s peu nombreux mais bien \u00e9difiants\u00a0: on les appelle <strong>\u2018la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u2019<\/strong>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2 id=\"des-annees-de-dur-labeur-1817-1850\" >Des ann\u00e9es de dur labeur (1817 \u2013 1850)<\/h2>\n<p>A partir de 1818, l\u2019histoire du P\u00e8re Chaminade se confond avec celle de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, rapidement surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0Marianiste\u00a0\u00bb. Tr\u00e8s vite, le nouvel institut religieux prit, sous l\u2019impulsion du Fondateur les caract\u00e9ristiques ext\u00e9rieures qui devaient rester les siennes jusqu\u2019\u00e0 nos jours. D\u2019abord la composition mixte, c\u2019est \u00e0 dire le regroupement dans un m\u00eame ensemble de religieux pr\u00eatres et de religieux la\u00efcs\u00a0; l\u2019absence de costume particulier\u00a0: les pr\u00eatres habill\u00e9s comme de simples pr\u00eatres de paroisse, et les la\u00efcs comme les hommes de leur temps\u00a0; et rapidement, le principal apostolat\u00a0: l\u2019\u00e9ducation de la jeunesse par le biais des \u00e9coles. La premi\u00e8re \u00e9cole fut ouverte \u00e0 Bordeaux en 1819.<\/p>\n<p>Assez rapidement, elle devint trop petite et il fallut trouver d\u2019autres b\u00e2timents plus vastes. La nouvelle \u00e9cole prit le nom d\u2019Institution Sainte Marie, premi\u00e8re d\u2019une longue s\u00e9rie d\u2019\u00e9tablissements scolaires, en France d\u2019abord, puis tr\u00e8s vite en Europe, en Am\u00e9rique et ailleurs, \u00e0 porter le nom de Marie. En v\u00e9ritable novateur, le P\u00e8re Chaminade se pr\u00e9occupa de la formation des ma\u00eetres et envisagea la cr\u00e9ation d\u2019\u00e9coles normales. D\u00e8s 1825, non sans d\u2019\u00e2pres n\u00e9gociations, il obtint de l\u2019Etat la reconnaissance civile de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, le P\u00e8re Chaminade ne faisait pas de politique. Il accepta donc \u2013 peut-\u00eatre \u00e0 contre-c\u0153ur \u2013 la R\u00e9volution de juillet 1830 et le roi Louis-Philippe, et pr\u00eata le serment que le nouveau r\u00e9gime imposait. Si la R\u00e9volution contrecarra ses plans relatifs aux \u00e9coles normales, elle n\u2019emp\u00eacha pas la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de poursuivre son essor. Et tr\u00e8s vite, de s\u2019\u00e9tendre loin de Bordeaux\u00a0et du Sud-Ouest o\u00f9 elle avait pris naissance. Il faut bien se rappeler qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque les voyages \u00e9taient encore lents et p\u00e9rilleux pour mieux appr\u00e9cier le fait que d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1820, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie put prendre pied dans l\u2019est de la France, en Franche-Comt\u00e9 puis en Alsace <em>\u00ab\u00a0dont sont sortis tous les bienfaits de l\u2019expansion marianiste hors de France\u00a0\u00bb,<\/em> \u00e9crit le P\u00e8re Vasey (dans son livre\u00a0: G. \u2013J. Chaminade, un nouveau portrait).<\/p>\n<p>Ceci gr\u00e2ce \u00e0 un jeune religieux d\u2019origine alsacienne mais venu s\u2019initier au monde du commerce \u00e0 Bordeaux\u00a0: Louis Roth\u00e9a. Durant ces m\u00eames ann\u00e9es, le P\u00e8re Chaminade caressa l\u2019espoir de voir le sanctuaire de Verdelais confi\u00e9 aux Marianistes. Mgr d\u2019Aviau lui \u00e9tait tout acquis, mais son entourage y fit obstacle. Mgr d\u2019Aviau d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s \u00e2g\u00e9 ne put ou n\u2019osa s\u2019imposer. A sa mort, en 1826, il fut remplac\u00e9 par Mgr de Cheverus qui avait la r\u00e9putation d\u2019avoir peu de sympathie pour les religieux\u00a0! Et il faudra attendre le XXI\u00e8me si\u00e8cle pour voir le sanctuaire de Verdelais confi\u00e9 aux fils du P\u00e8re Chaminade\u00a0!<\/p>\n<p>En 1839, enfin, le P\u00e8re Chaminade connut une grande joie\u00a0: l\u2019approbation par le Pape Gr\u00e9goire XVI de ses fondations religieuses\u00a0! Grande joie, mais aussi la derni\u00e8re, peut-\u00eatre, avant les \u00e9preuves qui devaient marquer la fin de sa vie. Depuis quelque temps d\u00e9j\u00e0, les fatigues de l\u2019\u00e2ge venant, il envisageait la possibilit\u00e9 de d\u00e9missionner de son poste de Sup\u00e9rieur de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, tout en se r\u00e9servant le droit de nommer son successeur. Cette d\u00e9mission vint plus rapidement que pr\u00e9vue\u00a0: pour une sombre histoire de dette impay\u00e9e contract\u00e9e par des religieux marianistes, il lui fut conseill\u00e9 de d\u00e9missionner afin que son nom ne soit pas compromis dans le proc\u00e8s qui s\u2019annon\u00e7ait.. Ce qu\u2019il fit en 1841.<\/p>\n<p>Mais dans son esprit, il demeurait Sup\u00e9rieur jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il ait nomm\u00e9 son successeur. Les membres du conseil de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (au nombre de trois) ne l\u2019entendaient pas ainsi. En 1844, ils apprennent que le proc\u00e8s est perdu. Le P\u00e8re Chaminade souhaite alors user de son droit de nommer son successeur\u00a0; mais le conseil, en octobre 1845, convoque le Chapitre g\u00e9n\u00e9ral qui \u00e9lit comme sup\u00e9rieur le P\u00e8re Caillet, au grand dam du P\u00e8re Chaminade qui se retrouve comme exclus de sa propre famille religieuse. Ainsi que devait le dire le cardinal Donnet en 1873\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le P\u00e8re Chaminade eut beaucoup \u00e0 souffrir m\u00eame de la part de ses enfants\u2026 je ne doute pas qu\u2019un jour il ne soit \u00e9lev\u00e9 sur les autels.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le P\u00e8re Chaminade mourut \u00e0 Bordeaux le 22 janvier 1850. Il a \u00e9t\u00e9 b\u00e9atifi\u00e9 \u00e0 l\u2019aube du XXI<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle\u00a0: le 3 septembre 2000. Il laisse un mot d\u2019ordre \u00e0 ses enfants\u00a0: <strong>vous \u00eates tous missionnaires\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Michelle H\u00e9raud<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Et Mgr Champion de Cic\u00e9, archev\u00eaque r\u00e9fractaire de Bordeaux, devint archev\u00eaque d\u2019Aix en Provence\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Cependant, parmi les congr\u00e9ganistes bordelais, il y eut de v\u00e9ritables conspirateurs, tel un certain Lafon qui aurait m\u00eame pris une part active \u00e0 la conspiration du g\u00e9n\u00e9ral Malet en 1812.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Les premiers v\u0153ux perp\u00e9tuels seront prononc\u00e9s le 25 juillet 1817, presque en cachette, une r\u00e9action du gouvernement \u00e9tant toujours \u00e0 craindre. Le concordat de 1801 \u00e9tait en effet toujours appliqu\u00e9 (et il le restera pour l\u2019essentiel apr\u00e8s de longues et difficiles n\u00e9gociations), qui ne reconnaissait pas les ordres religieux. Aucune association ne pouvait exister sans autorisation du gouvernement.<\/p>\n","protected":false},"author":138,"comment_status":"open","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[95],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-874","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-fondateurs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/874"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/138"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=874"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/874\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1350,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/874\/revisions\/1350"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=874"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=874"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=874"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}