{"id":569,"date":"2015-05-20T19:17:15","date_gmt":"2015-05-20T18:17:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=569"},"modified":"2016-02-05T17:50:26","modified_gmt":"2016-02-05T16:50:26","slug":"les-grands-moments-de-la-vie-dadele","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/les-grands-moments-de-la-vie-dadele\/","title":{"rendered":"Les grands moments de la vie d\u2019Ad\u00e8le"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"la-naissance-lexil-le-retour-en-france\" >La naissance \u2013 l\u2019exil \u2013 le retour en France<\/h1>\n<p>Ad\u00e8le de Batz de Trenquell\u00e9on est n\u00e9e le 10 juin 1789 au ch\u00e2teau de Trenquell\u00e9on, proche de Feugarolles, dans le N\u00e9racais.<\/p>\n<p>Son p\u00e8re, le Baron Charles de Batz, commandait les gardes fran\u00e7aises. Quant \u00e0 sa m\u00e8re, d\u2019une vieille famille du Rouergue, noble, elle aussi, elle \u00e9tait de la lign\u00e9e de Saint Louis. Femme de foi, g\u00e9n\u00e9reuse en aum\u00f4nes, elle faisait le cat\u00e9chisme aux enfants. Sa famille la surnommait\u00a0 \u00ab\u00a0la femme forte\u00a0\u00bb, son mari disait d\u2019elle \u00ab\u00a0c\u2019est une sainte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ils fr\u00e9quentent Paris, Versailles, mais le licenciement des gardes fran\u00e7aises le 31 ao\u00fbt 1789 les ram\u00e8ne en Province o\u00f9 ils sont aim\u00e9s et estim\u00e9s.<\/p>\n<p>Fin 1791, le Baron doit \u00e9migrer. Ad\u00e8le reste au ch\u00e2teau avec sa m\u00e8re et deux tantes, anciennes religieuses dominicaines. En septembre 1797, c\u2019est l\u2019exil en Espagne puis au Portugal. Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1798, le baron les rejoint. Il a alors la joie de faire connaissance avec son fils Charles, n\u00e9 au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1792. Une petite D\u00e9sir\u00e9e arrive au foyer en 1799.<\/p>\n<p>L\u2019exil au Portugal s\u2019ach\u00e8ve, la famille se rapproche de la France et s\u2019installe \u00e0 Saint S\u00e9bastien, en l\u2019\u00e9glise Sainte Marie, Ad\u00e8le fait sa premi\u00e8re communion le 6 janvier 1801. Au moment o\u00f9 la famille va quitter l\u2019Espagne, Ad\u00e8le veut rester \u00e0 Saint S\u00e9bastien afin d\u2019entrer au Carmel. Sa m\u00e8re lui promet alors de la laisser revenir en Espagne, lorsqu\u2019elle aura l\u2019\u00e2ge, si le Carmel n\u2019est pas r\u00e9tabli en France. On note d\u00e9j\u00e0 en elle un appel pr\u00e9cis \u00e0 la vie religieuse, appel auquel elle r\u00e9pond par un effort pour lutter contre sa vivacit\u00e9, effort qu\u2019elle poursuivra jusqu\u2019\u00e0 la rencontre d\u00e9finitive avec le Bien-Aim\u00e9. Elle n\u2019a que 12 ans et l\u2019int\u00e9rieur occupe une place essentielle dans sa vie.<\/p>\n<p>Le 14 novembre 1801, toute la famille r\u00e9int\u00e8gre le ch\u00e2teau mais sur le chemin, que de ruines, que de d\u00e9solations\u00a0! Ad\u00e8le en restera marqu\u00e9e.<\/p>\n<h1 id=\"arrivee-de-monsieur-ducourneau\" >Arriv\u00e9e de Monsieur Ducourneau<\/h1>\n<p>En 1802, Monsieur Ducourneau, homme proche de la quarantaine et se destinant \u00e0 la pr\u00eatrise, entre au ch\u00e2teau comme pr\u00e9cepteur de Charles, alors \u00e2g\u00e9 de 10 ans. Il encourage Ad\u00e8le dans sa vocation religieuse, lui conseille la pratique de l\u2019humilit\u00e9, de la modestie, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019humeur. A la demande d\u2019Ad\u00e8le et avec l\u2019accord de la baronne, il lui r\u00e9dige un r\u00e8glement de vie spirituelle. Orient\u00e9 vers le Carmel, ce r\u00e8glement fait place \u00e0 l\u2019oraison mentale, insiste sur la vie int\u00e9rieure, l\u2019attention constante \u00e0 se perfectionner et le renoncement au monde.<\/p>\n<h1 id=\"la-confirmation\" >La confirmation<\/h1>\n<p>Pour se pr\u00e9parer \u00e0 recevoir le sacrement de Confirmation, Ad\u00e8le demande \u00e0 passer six semaines dans une maison o\u00f9 se sont regroup\u00e9es d\u2019anciennes carm\u00e9lites.<\/p>\n<p>Son d\u00e9sir d\u2019\u00eatre toute \u00e0 J\u00e9sus Christ en ressort approfondi. Elle d\u00e9cide de travailler plus intens\u00e9ment \u00e0 sa sanctification.<\/p>\n<p>Ce jour-l\u00e0, le 6 f\u00e9vrier 1803, l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Agen, Mgr Jacoupy, ayant convi\u00e9 les confirmands \u00e0 sa table, elle fait connaissance avec Jeanne Dich\u00e9, de quatre ans son a\u00een\u00e9e.<\/p>\n<p>De cette rencontre na\u00eet une correspondance hebdomadaire entre les deux nouvelles amies, correspondance destin\u00e9e \u00e0 se stimuler sur le chemin de la vie spirituelle.<\/p>\n<h1 id=\"naissance-de-la-petite-societe\" >Naissance de la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1804, Jeanne \u00e9tant en vacances au ch\u00e2teau, Monsieur Ducourneau propose aux deux amies de cr\u00e9er une association de pri\u00e8res.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une association destin\u00e9e \u00e0 regrouper toutes les personnes d\u00e9sireuses de conserver, de pratiquer, propager la religion alors bien en p\u00e9ril au lendemain des dommages caus\u00e9s par la R\u00e9volution. Cette association qui vise \u00e0 la rechristianisation des campagnes a \u00e9galement en vue la bonne mort, c\u2019est-\u00e0-dire la r\u00e9ussite de la vie selon Dieu.<\/p>\n<p>L\u2019association se d\u00e9veloppe. Chaque semaine, des lettres partent de Trenquell\u00e9on. Jeanne et Ad\u00e8le sont les deux animatrices privil\u00e9gi\u00e9es. Agathe, une des s\u0153urs de Jeanne, se joint bient\u00f4t \u00e0 la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb et lorsqu\u2019en avril 1805, Jeanne \u00e9pouse Monsieur Belloc, c\u2019est Ad\u00e8le qui devient la t\u00eate et le c\u0153ur de l\u2019Association qui continue \u00e0 faire de nouvelles recrues parmi les s\u0153urs, connaissances et amies. De sept membres en 1805, elles sont 24 au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1807 et 60 \u00e0 la fin de 1808. Parmi les associ\u00e9s se trouvent des pr\u00eatres dont Monsieur Larribeau, cur\u00e9 de Lompian.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb est plac\u00e9e sous la protection de la Vierge Immacul\u00e9e. Le moyen d\u2019animation essentiel est l\u2019exhortation mutuelle \u00e0 laquelle s\u2019ajoutent quelques pratiques tr\u00e8s simples\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Un rendez-vous spirituel au Calvaire, chaque jour \u00e0 trois heures<\/li>\n<li>Le vendredi, un moment de m\u00e9ditation pour se mettre dans les dispositions de qui veut mourir et ressusciter avec le Christ,<\/li>\n<li>La mise en commun des m\u00e9rites de chaque membre,<\/li>\n<li>Un mot d\u2019ordre \u00ab\u00a0Mon Dieu\u00a0\u00bb compl\u00e9t\u00e9 par un \u00ab\u00a0acte\u00a0\u00bb destin\u00e9 \u00e0 stimuler les personnes dans la voie de la ferveur.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les th\u00e8mes privil\u00e9gi\u00e9s qu\u2019Ad\u00e8le aborde dans ses lettres se trouvent \u00eatre\u00a0: l\u2019amour de Dieu, le d\u00e9tachement du monde et des cr\u00e9atures, la mise \u00e0 profit du temps car le Seigneur vient comme un voleur, la pr\u00e9paration aux sacrements, sp\u00e9cialement \u00e0 la communion (\u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019est le confesseur qui donne la permission de communier), le z\u00e8le pour gagner beaucoup de c\u0153urs au Bien-Aim\u00e9, au C\u00e9leste Epoux, la pratique de l\u2019humilit\u00e9, de la puret\u00e9 de Marie\u2026<\/p>\n<p>Ces lettres sont toues marqu\u00e9es d\u2019affection, d\u2019int\u00e9r\u00eat pour chacune. Sans se lasser, Ad\u00e8le encourage, interpelle, secoue, invite \u00e0 la confiance. Quand l\u2019Association d\u00e9bute, notons qu\u2019Ad\u00e8le n\u2019a que 15 ans \u00bd.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb, n\u00e9e de l\u2019inspiration de Monsieur Ducourneau, passe bient\u00f4t sous l\u2019influence de Monsieur Larribeau, cur\u00e9 de Lompian. A partir de 1807, il offre la messe le premier vendredi du mois pour la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Ses lettres, comme celles d\u2019Ad\u00e8le, circulent de groupe en groupe. De temps \u00e0 autre, il vient au ch\u00e2teau, ses passages sont l\u2019occasion de r\u00e9collections non seulement pour Ad\u00e8le mais pour les membres associ\u00e9s qui peuvent venir. Chaque ann\u00e9e, Ad\u00e8le se rend \u00e0 Lompian pour faire une retraite plus personnelle sous la direction de ce pr\u00eatre en qui elle voit \u00ab\u00a0un saint homme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h1 id=\"rencontre-du-pere-chaminade\" >Rencontre du P\u00e8re Chaminade<\/h1>\n<p>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1808, Madame de Trenquell\u00e9on rencontre \u00e0 Figeac l\u2019abb\u00e9 Hyacinthe Lafon, un Congr\u00e9ganiste. Saisi par la similitude entre la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019Ad\u00e8le et la Congr\u00e9gation de Bordeaux fond\u00e9e par le P\u00e8re Chaminade, l\u2019abb\u00e9 Lafon s\u2019offre \u00e0 parler d\u2019Ad\u00e8le au P\u00e8re Chaminade. Celui-ci fait alors parvenir \u00e0 Trenquell\u00e9on quelques notes sur ses Congr\u00e9gations.<\/p>\n<h1 id=\"non-a-un-projet-de-mariage\" >Non \u00e0 un projet de mariage<\/h1>\n<p>Quelques mois plus tard, le 20 novembre 1808 Ad\u00e8le, apr\u00e8s des semaines de lutte int\u00e9rieure, renonce \u00e0 un projet de mariage.<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la veille de la (Pr\u00e9sentation), il y aura sept ans, que je dis positivement non \u00e0 une \u00e9tablissement qu\u2019on me proposait.\u00a0\u00bb (282.3)<\/p><\/blockquote>\n<p>Le c\u0153ur tout \u00e0 Dieu, Ad\u00e8le va entreprendre des relations suivies avec la Congr\u00e9gation de Bordeaux\u00a0: \u00e9changes de conseils, demandes de pri\u00e8res\u2026 Ad\u00e8le s\u2019enthousiasme lorsqu\u2019elle d\u00e9couvre la cons\u00e9cration \u00e0 Marie, les pri\u00e8res, cantiques propos\u00e9s par le Manuel du Serviteur de Marie. Avec ses associ\u00e9es, elle accepte avec joie la d\u00e9votion de \u00ab\u00a0l\u2019amour actuel de Marie\u00a0\u00bb que vivent les jeunes filles de Bordeaux. Bient\u00f4t la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019Ad\u00e8le devient la troisi\u00e8me division de la Congr\u00e9gation, la premi\u00e8re et la deuxi\u00e8me \u00e9tant celle des jeunes gens et jeunes filles.<\/p>\n<p>Entre 1809 et 1814, tandis que la Congr\u00e9gation de Bordeaux est supprim\u00e9e du fait de la situation politique, la division d\u2019Ad\u00e8le continue puisque les associ\u00e9es ne se retrouvent pas. Toute fois pendant cette p\u00e9riode, les lettres ne sont plus confi\u00e9es \u00e0 la poste mais \u00e0 des messagers de confiance.<\/p>\n<p>Avant la rencontre avec le P\u00e8re Chaminade, Marie est \u00e0 l\u2019honneur dans la \u00ab\u00a0Petite Soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb. Les associ\u00e9es c\u00e9l\u00e8brent ses f\u00eates, s\u2019y pr\u00e9parent, cherchent \u00e0 imiter les vertus de Marie, en particulier l\u2019humilit\u00e9 et la puret\u00e9\u2026 Marie est la protectrice de la Soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est ainsi que le 16 juillet 1807 (peut avant la rencontre avec le P\u00e8re Chaminade), Ad\u00e8le \u00e9crit \u00e0 Agathe\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Ayons souvent recours \u00e0 la protectrice de la Soci\u00e9t\u00e9, la Tr\u00e8s Sainte Vierge, oh\u00a0! Qu\u2019Elle est puissante aupr\u00e8s de son Fils\u00a0! Mettons-nous bien sous sa sauvegarde. Nous sommes ses enfants particuli\u00e8res, soit par notre Soci\u00e9t\u00e9, soit par l\u2019habit du Scapulaire dont nous avons le bonheur d\u2019\u00eatre rev\u00eatues.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>A travers ces lignes, nous d\u00e9couvrons comment l\u2019Esprit Saint est \u00e0 l\u2019\u0153uvre, pr\u00e9parant la rencontre avec le P\u00e8re Chaminade. Ad\u00e8le est pr\u00eate \u00e0 accueillir la cons\u00e9cration \u00e0 Marie que pr\u00e9sente le Manuel du Serviteur de Marie. Et c\u2019est pourquoi, le 26 janvier 1809, elle peut \u00e9crire\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Faisons-lui (\u00e0 Marie) le don de nous-m\u00eames par la cons\u00e9cration qui est dans le Manuel du Serviteur de Marie\u00a0; exhortez toutes nos s\u0153urs \u00e0 la faire souvent, mais surtout jeudi prochain, f\u00eate de la Purification de cette Vierge incomparable.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h1 id=\"maladie-dadele-activites-diverses-maladie-du-baron\" >Maladie d\u2019Ad\u00e8le \u2013 Activit\u00e9s diverses \u2013 Maladie du baron<\/h1>\n<p>En 1809, Ad\u00e8le tombe gravement malade. Elle fr\u00f4le la mort, mais elle se remet. N\u00e9anmoins le sentiment de la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie se fait plus vif en elle. L\u2019id\u00e9e du Carmel revient. Elle reprend sa correspondance et en m\u00eame temps se donne sans compter au service des pauvres.<\/p>\n<p>Les pauvres sont ses enfants. Toutes ses richesses leur sont r\u00e9serv\u00e9es. Elle les re\u00e7oit au ch\u00e2teau, tient \u00e0 les servir elle-m\u00eame. Quand elle h\u00e9rite d\u2019une de ses tantes, elle utilise la rente que lui verse r\u00e9guli\u00e8rement son p\u00e8re pour subvenir aux besoins de ses enfants, les pauvres. Elle travaille, fait de la broderie, et m\u00eame de l\u2019\u00e9levage, et gr\u00e2ce au produit de ces travaux, elle subvient aux besoins qui se pr\u00e9sentent.<\/p>\n<p>Elle visite les malades des environs de la propri\u00e9t\u00e9. Quand un chiffonnier voisin, p\u00e8re de famille, tombe malade, avec sa m\u00e8re, elles le font hospitaliser, vont le voir\u00a0; Ad\u00e8le se soucie de sa vie spirituelle, il meurt en paix avec Dieu et plein de confiance. Ad\u00e8le ne lui a-t-elle pas promis de s\u2019occuper des deux orphelines qu\u2019il laisse\u00a0?<\/p>\n<p>Elle fait aussi la classe, le cat\u00e9chisme. Souvent Ad\u00e8le interrompt ses lettres car elle entend ses \u00e9coliers qui arrivent. En effet, ceux-ci, isol\u00e9s les uns des autres, dans des fermes \u00e9loign\u00e9es de Trenquell\u00e9on, viennent un peu \u00e0 toutes les heures. D\u00e8s qu\u2019ils se pr\u00e9sentent, elle laisse tout\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je vous quitte pour faire mon \u00e9cole\u00a0\u00bb. (147) \u2013 \u00ab\u00a0Il faut que je vous quitte\u00a0; priez Dieu pour les \u00e9l\u00e8ves et la ma\u00eetresse\u00a0\u00bb.<\/em> (176)<\/p>\n<p>En 1812, le p\u00e8re d\u2019Ad\u00e8le est atteint de paralysie progressive. Elle devient son infirmi\u00e8re, sa \u00ab\u00a0fid\u00e8le Antigone\u00a0\u00bb comme aime \u00e0 dire le baron. Celle-ci, en effet, le soigne avec un d\u00e9vouement et une patience de tous les instants et ce jusqu\u2019\u00e0 sa mort en juin 1815.<\/p>\n<h1 id=\"le-cher-projet\" >Le \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p>Petit \u00e0 petit, l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb se fait jour. De quoi s\u2019agit-il\u00a0? Tout simplement d\u2019un projet de communaut\u00e9 religieuse entre Ad\u00e8le et quelques unes des associ\u00e9es les plus ferventes. Communaut\u00e9 qui aurait pour but la sanctification de ses membres par la pri\u00e8re et la pratique des trois v\u0153ux de chastet\u00e9, pauvret\u00e9, ob\u00e9issance ainsi que les \u0153uvres susceptibles de rem\u00e9dier \u00e0 la mis\u00e8re morale et physique des gens de la campagne. Les activit\u00e9s autour du ch\u00e2teau la conduisent \u00e0 abandonner l\u2019id\u00e9e du Carmel. Bien entendu, le P\u00e8re Chaminade est mis au courant du \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb. Il invite Ad\u00e8le \u00e0 venir le voir \u00e0 Bordeaux o\u00f9 il a entrepris quelque chose d\u2019analogue avec certains Congr\u00e9ganistes, hommes et femmes. Bien qu\u2019Ad\u00e8le, malgr\u00e9 son grand d\u00e9sir, ne puisse se rendre \u00e0 l\u2019invitation, le \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb m\u00fbrit dans les c\u0153urs.<\/p>\n<p>Les 13 et 14 juin 1814, Ad\u00e8le, Madame Belloc, Agathe et quelques amies se retrouvent \u00e0 Lompian. C\u2019est un moment d\u00e9cisif. En effet, avec l\u2019abb\u00e9 Larribeau, elles parlent longuement du \u00ab\u00a0cher projet\u00a0\u00bb et, signe qu\u2019un pas en avant est r\u00e9alis\u00e9, les associ\u00e9es re\u00e7oivent des noms de religion. (cf. 239\u00a0: 1\u00b0 fois Sr Marie de la Conception\u00a0; 233-234)<\/p>\n<p>Le 20 juillet, elle \u00e9crit \u00e0 Agathe\u00a0:\u00a0<em>\u00ab\u00a0Faisons notre noviciat, afin d\u2019\u00eatre toutes polies pour \u00eatre mises en \u0153uvre quand l\u2019\u00e9difice se commencera.\u00a0\u00bb<\/em> (241,6-7)<\/p>\n<p>Mais qui va r\u00e9diger les Constitutions\u00a0? Sollicit\u00e9, l\u2019abb\u00e9 Larribeau ne s\u2019en sent pas capable, l\u2019abb\u00e9 Laumont, cur\u00e9 de Sainte Radegonde, accepte d\u2019\u00e9laborer un projet. Lorsque le P\u00e8re Chaminade le re\u00e7oit, il le trouve trop imparfait et le reprend lui-m\u00eame, non sans consulter d\u2019autres textes de constitutions.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0\u2026 Je d\u00e9sirerais qu\u2019\u00e0 la f\u00eate de la Conception de la Sainte Vierge ou pendant l\u2019octave, vous et vos ch\u00e8res compagnes, vous vous borniez \u00e0 faire le seul voeu de chastet\u00e9 pour six mois\u00a0; dans cet intervalle, et m\u00eame d\u2019ici la Purification, j\u2019esp\u00e8re vous fixer assez pour que vous puissiez commencer un noviciat en r\u00e8gle. Patience et courage\u00a0!&#8230;\u00a0\u00bb<\/em> (Lettre de M. Chaminade du 1.12.1814)<\/p>\n<p>Pour la f\u00eate de la Conception de Marie, Ad\u00e8le et ses amies \u00e9mettent en priv\u00e9 le v\u0153u de chastet\u00e9. Ad\u00e8le propose de porter un anneau d\u2019argent comme symbole de leur don total au Christ. (cf.259)<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e suivante est une ann\u00e9e de maturation. Le P\u00e8re Chaminade consolide les Congr\u00e9gations mariales dans le dioc\u00e8se d\u2019Agen o\u00f9 l\u2019\u00e9v\u00eaque, Mgr Jacoupy, les approuve et les encourage. (263 \u00e0 Mme Belloc)<\/p>\n<p>Dans le courant du mois de mars, l\u2019oppression religieuse reprend. Le P\u00e8re Chaminade est arr\u00eat\u00e9 puis rel\u00e2ch\u00e9. Le 18 juin 1815, le baron de Trenquell\u00e9on meurt dans la paix et la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 apr\u00e8s de longs mois de souffrance.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Chaminade poursuit son travail sur les constitutions, il pr\u00e9cise le but du futur Institut\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Vous serez r\u00e9ellement religieuses. Marie, l\u2019auguste M\u00e8re de J\u00e9sus, doit \u00eatre votre mod\u00e8le comme elle est votre patronne\u2026\u00a0Quant \u00e0 ce qui doit vous distinguer des autres ordres, c\u2019est le z\u00e8le pour le salut des \u00e2mes\u2026 Votre communaut\u00e9 sera toute compos\u00e9e de religieuses missionnaires.\u00a0\u00bb<\/em> (3.10.1815)<\/p>\n<p>Au mois de d\u00e9cembre, les Constitutions sont pr\u00eates. En f\u00e9vrier suivant, le bail, concernant la location \u00e0 Agen d\u2019une partie de l\u2019ancien couvent du \u00ab\u00a0Refuge\u00a0\u00bb, est sign\u00e9.<\/p>\n<h1 id=\"la-fondation-developpement-de-linstitut\" >La fondation \u2013 D\u00e9veloppement de l\u2019Institut<\/h1>\n<p>Et le 25 mai 1816, avec trois amies, Ad\u00e8le quitte le ch\u00e2teau pour le refuge \u00e0 Agen o\u00f9 les attendent Madame Belloc et deux autres futures religieuses. Mademoiselle de Lamourous, fondatrice de la Mis\u00e9ricorde \u00e0 Bordeaux, arrive peu apr\u00e8s, envoy\u00e9e par le P\u00e8re Chaminade, pour initier les futures religieuses \u00e0 leur nouvelle vie.<\/p>\n<p>Le 8 juin, le P\u00e8re Chaminade apporte le texte des Constitutions.Il reste avec la petite communaut\u00e9 jusqu\u2019au d\u00e9but du mois de juillet, expliquant les Constitutions et initiant \u00e0 la pratique de la vie religieuse. Avant de repartir pour Bordeaux, il nomme Ad\u00e8le sup\u00e9rieure du couvent.<\/p>\n<p>Le jour de No\u00ebl, les s\u0153urs sont autoris\u00e9es \u00e0 rev\u00eatir l\u2019habit religieux.<\/p>\n<p>Enfin le 25 juillet 1817, dans le secret du confessionnal, Ad\u00e8le et ses huit premi\u00e8res compagnes font profession perp\u00e9tuelle. Une novice fait des v\u0153ux temporaires. Et peu \u00e0 peu la vie s\u2019organise au couvent de l\u2019Immacul\u00e9e Conception, c\u2019est ainsi que s\u2019appelle la maison d\u2019Agen.<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s se multiplient. C\u2019est tout d\u2019abord la Congr\u00e9gation qui occupe les s\u0153urs (nous y reviendrons plus loin). C\u2019est l\u2019\u00e9cole gratuite pour les enfants pauvres d\u2019Agen les cat\u00e9chismes, la pr\u00e9paration \u00e0 la premi\u00e8re communion, ce sont les retraites personnelles ou en groupe, c\u2019est l\u2019ouvroir qui permet de donner \u00e0 des jeunes filles modestes, \u00e0 leur sortie de l\u2019\u00e9cole, une certaine formation. C\u2019est enfin l\u2019\u0153uvre des pauvres mendiantes (une centaine de femmes que Sr Saint Fran\u00e7ois r\u00e9unit une fois par semaine. Elle leur parle, souvent en patois pour qu\u2019elles comprennent mieux, leur donne une aum\u00f4ne, mais surtout se pr\u00e9occupe de leur vie spirituelle. Elle en pr\u00e9pare de quarante \u00e0 soixante ans \u00e0 leur premi\u00e8re communion, d\u2019autres \u00e0 la confirmation.)<\/p>\n<p>Et puis il y a la vie de communaut\u00e9, stimul\u00e9e par la r\u00e9collection mensuelle et la retraite annuelle habituellement pr\u00each\u00e9e par le P\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<p>En 1820, les s\u0153urs quittent le refuge o\u00f9 elles tombent malades les unes apr\u00e8s les autres, pour le couvent des Augustins, mieux expos\u00e9 et entour\u00e9 d\u2019un grand jardin. Le lendemain du d\u00e9m\u00e9nagement, une petite colonie de six s\u0153urs prend le chemin de Tonneins qui devient la deuxi\u00e8me maison de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>En 1824, nouvelle fondation \u00e0 Condom et transfert du noviciat \u00e0 Bordeaux. La m\u00eame ann\u00e9e, Mgr Jacoupy approuve par \u00e9crit l\u2019Institut des Filles de Marie.<\/p>\n<p>En 1826, c\u2019est le d\u00e9part pour une fondation lointaine\u00a0: Arbois dans le Jura, les s\u0153urs mettent 20 jours pour parvenir en Franche-Comt\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 la sant\u00e9 de M\u00e8re Ad\u00e8le l\u2019a oblig\u00e9e \u00e0 ralentir ses activit\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises. L\u2019ann\u00e9e 1827 voit son \u00e9tat se d\u00e9t\u00e9riorer de plus en plus.Finalement, le 10 janvier 1828, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre \u00e9cri\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Hosanna Filio David\u00a0!\u00a0\u00bb elle fait le passage vers le Bien-Aim\u00e9. Elle est d\u00e9sormais toute au divin Epoux. Elle n\u2019a pas 39 ans\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"author":125,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[95],"ht_kb_tag":[126],"class_list":["post-569","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-fondateurs","ht_kb_tag-adele"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/569"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/125"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=569"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/569\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":572,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/569\/revisions\/572"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=569"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=569"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=569"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}