{"id":434,"date":"2015-05-20T13:11:57","date_gmt":"2015-05-20T12:11:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=434"},"modified":"2016-02-03T18:19:00","modified_gmt":"2016-02-03T17:19:00","slug":"caracteristiques-principales-de-ladministration-marianiste","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/caracteristiques-principales-de-ladministration-marianiste\/","title":{"rendered":"Caract\u00e9ristiques principales de l\u2019administration marianiste"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-437\" src=\"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices.jpg\" alt=\"3-offices\" width=\"780\" height=\"930\" srcset=\"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices.jpg 780w, https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices-252x300.jpg 252w, https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices-42x50.jpg 42w, https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices-600x715.jpg 600w, https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/3-offices-320x382.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 780px) 100vw, 780px\" \/><\/a><\/p>\n<h2 id=\"presentation\" >Pr\u00e9sentation<\/h2>\n<p>Ces derni\u00e8res d\u00e9cades, nous avons entrepris dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie une r\u00e9flexion sur les caract\u00e9ristiques de propres \u00e0 la SM et sur la fa\u00e7on \u00abMarianiste\u00bb de conduire sa mission. Cet effort a \u00e9t\u00e9 entrepris comme une r\u00e9ponse \u00e0 notre souci de transmettre notre identit\u00e9 et notre charisme dans le futur. Nous ne devons pas oublier que si nous perdons cette identit\u00e9, nous perdront par ce fait notre raison d&#8217;\u00eatre pour l&#8217;Eglise et pour le monde.<\/p>\n<p>Dans le pass\u00e9 cette transmission a \u00e9t\u00e9 accomplie par une sorte d&#8217;\u00abosmose\u00bb d&#8217;un religieux \u00e0 un autre et d&#8217;une g\u00e9n\u00e9ration de religieux \u00e0 d&#8217;autres. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es en raison de la composition du personnel de la SM et de la distribution de ce dernier (diminution du nombre de religieux dans les unit\u00e9s traditionnelles, et croissance dans de nouvelles cultures et pays) d&#8217;une part et du nombre croissant des la\u00efcs marianistes participant \u00e0 notre mission en assumant des responsabilit\u00e9s, d&#8217;autre part, cette transmission \u00abosmotique\u00bb s&#8217;est affaiblie consid\u00e9rablement. Nous avons donc besoin de faire recours \u00e0 d&#8217;autres ressources: documents, rencontres, formations et s\u00e9minaires&#8230;<\/p>\n<p>A la lumi\u00e8re de cette observation et dans le m\u00eame objectif, ce pr\u00e9sent document approuv\u00e9 par la Conseil G\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sente les fondements sur lesquels reposent le mode propre \u00e0 la SM d&#8217;administrer ainsi que ses traits caract\u00e9ristiques. Le document utilise le terme \u00abadministration\u00bb dans le sens large. En ce sens il ne se illimite pas au domaine \u00e9conomique et financier, mais va bien au-del\u00e0 en embrassant les sources humaines et mat\u00e9rielles avec lesquelles la SM vie et assume sa mission. C&#8217;est donc un document compr\u00e9hensif qui rejoint notre intention de participer \u00e0 la formation de ceux qui exercent une responsabilit\u00e9 dans ce domaine, qu&#8217;ils soient religieux ou la\u00efcs.<\/p>\n<p>Que St Joseph sous la protection duquel la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, a toujours plac\u00e9 avec confiance son administration selon la tradition initi\u00e9e par notre fondateur, nous accompagne et nous aide \u00e0 rester toujours fid\u00e8les \u00e0 ce que le Seigneur attend de nous pour la bien de son Royaume.<\/p>\n<p>Manuel J. Cort\u00e9s, SM Superior G\u00e9n\u00e9ral<\/p>\n<blockquote><p><em>Dieu a le pouvoir de vous combler de toutes sortes de gr\u00e2ces, pour que, disposant toujours et en tout du n\u00e9cessaire, vous ayez encore du superflu pour toute oeuvre bonne <\/em>(2Cor 9,8).<\/p><\/blockquote>\n<p><em>La divine providence ne nous a pas abandonn\u00e9s\u2026nous vivons au jour le jour, sans doute pour que nous puissions mettre toute notre confiance en Dieu.<\/em>(Chaminade, October 1837)<\/p>\n<p><strong>Remerciements <\/strong><\/p>\n<p>Comme l&#8217;on doit s&#8217;attendre, le projet de r\u00e9alisation de <em>Les Principale Caract\u00e9ristiques<\/em>, est une aventure de coop\u00e9rations. Nous devons reconnaissance au Dr. Steve Niehielsel pour les enqu\u00eates initiales et la publication, de <em>Caract\u00e9ristiques de l\u2019Administration Marianistes<\/em>. Merci \u00e0 toi, Steve.<\/p>\n<p>Nous voulons remercier tous ceux qui en relations avec Dr. Neiheilsel ont travaill\u00e9 et nous ont procur\u00e9 des r\u00e9actions et suggestions.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tendons nos remerciements et nos appr\u00e9ciations au Dr. Mary Lynne Gasaway-Hill, au Fr\u00e8re Michael McAward, sm pour son aide dans l&#8217;\u00e9dition et la mise en forme ainsi que nos traducteurs P. Bernard Vial, sm (Anglais-Fran\u00e7ais), P. Pablo Rambaud, sm et P. Lorenzo Amigo (Anglais-Espagnole).<\/p>\n<p>Edward A Violett, SM Assistant General pour le Temporel<\/p>\n<h2 id=\"introduction\" >Introduction<strong>\u00a0<\/strong><\/h2>\n<p>L&#8217;id\u00e9e d&#8217;organiser en un tout les \u00e9l\u00e9ments principaux de l&#8217;administration marianiste a germ\u00e9 au cours des d\u00e9bats du 33\u00e8me Chapitre G\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (SM) en 2006 . Entre autres d\u00e9cisions, le Chapitre a approuv\u00e9 et publi\u00e9 le <em>&#8220;Directoire g\u00e9n\u00e9ral des Finances pour l&#8217;usage et l&#8217;administration des biens dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (Marianistes)<\/em>&#8220;; dans la foul\u00e9e, il a appel\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 mieux conna\u00eetre et \u00e0 mieux vivre son charisme.<\/p>\n<p>Depuis vingt-cinq ans environ, un travail significatif a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pour mettre \u00e0 jour les principes qui articulent aujourd&#8217;hui la spiritualit\u00e9 marianiste et les m\u00e9thodes \u00e9ducatives et p\u00e9dagogiques des Marianistes, afin de les rendre plus accessibles. Ces travaux ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial pour l&#8217;approfondissement et la compr\u00e9hension du charisme et sa mise en \u0153uvre \u00e0 travers toute la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>Pourtant, au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, \u00e0 l&#8217;exception du <em>Directoire g\u00e9n\u00e9ral des Finances<\/em>, on a peu d\u00e9velopp\u00e9 les principes de l&#8217;Administration marianiste, en particulier la relation de cette administration avec le Troisi\u00e8me Office &#8211; l&#8217;Office du Temporel. Pour favoriser ce d\u00e9veloppement, on a ouvert une d\u00e9marche d&#8217;\u00e9tudes et de discussions pour rassembler les \u00e9l\u00e9ments qui caract\u00e9risent l&#8217;Administration marianiste.<\/p>\n<p>Steve Neiheisel, professeur titulaire d&#8217;un doctorat en Sciences politiques, sp\u00e9cialis\u00e9 dans les questions d&#8217;administration et de gouvernement, a \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 pour mener une recherche pr\u00e9liminaire. Il a commenc\u00e9 sa recherche sur ce qui caract\u00e9rise l&#8217;Administration marianiste fin 2007. Le r\u00e9sultat de son enqu\u00eate, <em>Caract\u00e9ristiques de l&#8217;Administration marianiste <\/em><em>1, <\/em>a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en juin 2009. Le document a \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9 aux Administrations des Unit\u00e9s pour qu&#8217;elles en discutent et pr\u00e9sentent leurs remarques. Il a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 \u00e9galement au Conseil g\u00e9n\u00e9ral et au Comit\u00e9 du Temporel de la Soci\u00e9t\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans les sessions de travail offertes aux gestionnaires des \u00e9coles et des universit\u00e9s, ainsi qu&#8217;aux ateliers de formation aux responsabilit\u00e9s organis\u00e9s pour les fr\u00e8res de la Province des Etats Unis.<\/p>\n<p>Les &#8220;Caract\u00e9ristiques principales de l&#8217;Administration marianiste&#8221; pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous incorporent le travail original du docteur Neiheisel et les remarques issues des discussions qui ont suivi. L&#8217;intention \u00e9tait de d\u00e9velopper les \u00e9l\u00e9ments sp\u00e9cialement associ\u00e9s au Troisi\u00e8me Office; en fait, l&#8217;ensemble repr\u00e9sent\u00e9 par l&#8217;Administration marianiste est un syst\u00e8me complexe qui concerne toute une s\u00e9rie de participants. Par suite, les caract\u00e9ristiques formul\u00e9es dans cette synth\u00e8se sont naturellement applicables bien au-del\u00e0 du Troisi\u00e8me Office.<\/p>\n<p>Le but de cette synth\u00e8se est quadruple: elle se veut une formulation de base pour aider \u00e0 former et informer les administrateurs des Communaut\u00e9s, des Unit\u00e9s et des organismes marianistes; elle constitue un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;approfondissement et de maintien de l&#8217;identit\u00e9 des institutions marianistes; elle doit servir de base pour l&#8217;ex\u00e9cution et l&#8217;\u00e9valuation de nos politiques et de nos r\u00e9alisations institutionnelles; elle servira de point de d\u00e9part pour des \u00e9tudes et des d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Les <em>Caract\u00e9ristiques Principales <\/em>auront naturellement une r\u00e9sonance dans les autres branches de la Famille marianiste, du fait que nous partageons le m\u00eame charisme; mais elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9es \u00e0 partir de la tradition, de l&#8217;exp\u00e9rience et des documents de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Elles visent donc directement la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et les organismes qui lui sont li\u00e9s.<\/p>\n<p><em>Les caract\u00e9ristiques principales de l&#8217;Administration marianiste <\/em>ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9es par le Conseil g\u00e9n\u00e9ral du 22 septembre 2013.<\/p>\n<h1 id=\"origine-et-contexte\" >Origine et contexte<\/h1>\n<p><em>Les Caract\u00e9ristiques Principales <\/em>telles que d\u00e9velopp\u00e9es ici, ou dans le travail du docteur Neiheisel, sont une synth\u00e8se. Une synth\u00e8se non comprise au sens scientifique de deux ou plusieurs composants qu&#8217;on rassemble pour former quelque chose de diff\u00e9rent de l&#8217;\u00e9tat original. Mais, plut\u00f4t une synth\u00e8se qui rassemble des &#8220;\u00e9l\u00e9ments&#8221; pour permettre de les voir comme &#8220;un tout&#8221;; de les saisir avec assez de clart\u00e9 pour comprendre qu&#8217;il y a toujours quelque chose de plus \u00e0 d\u00e9couvrir dans les &#8220;\u00e9l\u00e9ments&#8221;. Pour parvenir \u00e0 une pleine compr\u00e9hension des <em>Caract\u00e9ristiques principales <\/em>dans une synth\u00e8se de ce genre, il importe de comprendre leur origine et quelques contextes cl\u00e9s qui affectent et informent leur application.<\/p>\n<p>Tout d&#8217;abord et avant tout, les <em>Caract\u00e9ristiques Principales <\/em>sont enracin\u00e9es dans une dynamique catholique et dans l&#8217;h\u00e9ritage religieux marianiste, un h\u00e9ritage \u00e0 d\u00e9couvrir non seulement dans les \u00e9crits, mais encore dans le v\u00e9cu de l&#8217;exp\u00e9rience. \u00c0 leur c\u0153ur on trouve J\u00e9sus et son \u00c9vangile. Elles sont enracin\u00e9es dans une anthropologie chr\u00e9tienne catholique qui cherche \u00e0 comprendre la relation entre Dieu et l&#8217;humanit\u00e9, les relations \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du peuple de Dieu, et les relations entre les hommes et la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Elles d\u00e9coulent imm\u00e9diatement du charisme marianiste, sous la forme que lui a d&#8217;abord donn\u00e9e Guillaume Joseph Chaminade<sup>2<\/sup> et ses compagnons au d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Les principes du charisme peuvent \u00eatre trouv\u00e9s sous forme \u00e9crite dans les lettres et les \u00e9crits du P. Chaminade, de ses associ\u00e9s et ses disciples. On les trouve aussi dans les Constitutions et les documents de la Famille marianiste &#8211; communaut\u00e9s la\u00efques et congr\u00e9gations religieuses: Filles de Marie Immacul\u00e9e (FMI) et Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (SM). On peut encore les d\u00e9couvrir dans l&#8217;exp\u00e9rience v\u00e9cue de ceux qui se d\u00e9clarent marianistes. Cette exp\u00e9rience est parfois pr\u00e9sente sous une forme \u00e9crite et d&#8217;autres fois \u00e0 travers une tradition orale<\/p>\n<p>L&#8217;exp\u00e9rience et la recherche universitaire nous apprennent que la culture mod\u00e8le la mise en \u0153uvre des pratiques administratives <sup>3<\/sup>; il en est de m\u00eame pour les <em>Caract\u00e9ristiques principales. <\/em>Elles sont actualis\u00e9es dans des temps et des lieux sp\u00e9cifiques, model\u00e9es par les normes culturelles o\u00f9 elles s&#8217;exercent. On doit s&#8217;attendre \u00e0 des vari\u00e9t\u00e9s de r\u00e9alisations dans l&#8217;ensemble du monde marianiste, mais non \u00e0 des diff\u00e9rences de l&#8217;essence de ces caract\u00e9ristiques. En plusieurs cultures par exemple, la norme habituelle de prise de d\u00e9cision est largement r\u00e9serv\u00e9e au responsable. L&#8217;administrateur marianiste qui se trouve dans ce cas de figure devrait comprendre cette norme, mais il devrait aussi recourir \u00e0 la <em>caract\u00e9ristique principale de consultation <\/em>et agir selon elle pour prendre les d\u00e9cisions majeures.<\/p>\n<p>Le champ op\u00e9rationnel de gestion et d&#8217;administration est aussi r\u00e9gul\u00e9 par le droit de chaque pays. Naturellement, les exigences l\u00e9gales de chaque pays vont affecter, \u00e0 divers degr\u00e9s, la mise en \u0153uvre des <em>Caract\u00e9ristiques Principales<\/em>. Cependant, les lois n&#8217;\u00e9tablissent g\u00e9n\u00e9ralement que des standards minimum, qui laissent aux gestionnaires et aux administrateurs la libert\u00e9 de r\u00e9gler leurs pratiques sur des crit\u00e8res plus \u00e9lev\u00e9s, et trouver ainsi moyen de tenir compte des <em>Caract\u00e9ristiques principales.<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Deux autres contextes sont encore \u00e0 consid\u00e9rer comme cadre de r\u00e9f\u00e9rence des C<em>aract\u00e9ristiques principales: <\/em>les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s dans les sciences de la gestion et de l&#8217;administration, et la Doctrine sociale de l&#8217;Eglise. Voici quelques notes sur ces deux contextes et leur apport aux <em>Caract\u00e9ristiques principales.<\/em><\/p>\n<h3 id=\"les-sciences-de-la-gestion-et-de-ladministration-4\" >Les sciences de la gestion et de l&#8217;administration <sup>4<\/sup><\/h3>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la r\u00e9volution industrielle, on a beaucoup \u00e9tudi\u00e9 et \u00e9crit sur les personnes, les mani\u00e8res de faire et les organisations qui mobilisent des ressources humaines et mat\u00e9rielles pour la production. Sur le dernier si\u00e8cle et demi, on peut d\u00e9limiter sur cette question quatre mouvements significatifs. Ces mouvements, esquiss\u00e9s ici comme des entit\u00e9s s\u00e9par\u00e9es, le sont moins dans la pratique.<\/p>\n<p>Le premier de ces mouvements est ordinairement associ\u00e9 aux humanistes de la th\u00e9orie moderne de gestion (par ex Henri Fayol, Frederik Taylor)<sup>5<\/sup> . Ils avaient g\u00e9n\u00e9ralement une vue m\u00e9canique des organisations et des moyens de production. Ils les pr\u00e9sentaient essentiellement sous forme d&#8217;ing\u00e9nierie, de planification strat\u00e9gique, de pratique militaire. Dans cette perspective, l&#8217;administration est caract\u00e9ris\u00e9e par un commandement centralis\u00e9 et un contr\u00f4le des fonctions qui assurent une m\u00e9canique parfaitement ajust\u00e9e du syst\u00e8me et de son fonctionnement. Les organisations sont vues comme des syst\u00e8mes bureaucratiques avec des structures hi\u00e9rarchiques et des r\u00e9gulations clairement d\u00e9finies. Dans cette perspective, l&#8217;efficacit\u00e9 productrice est en grande partie attribu\u00e9e \u00e0 la capacit\u00e9 personnelle et \u00e0 la fonction.<\/p>\n<p>En puisant son inspiration dans l&#8217;anthropologie, la sociologie et la psychologie, le deuxi\u00e8me mouvement s&#8217;est concentr\u00e9 sur les relations humaines et les perspectives comportementales. Il a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par une approche &#8220;centr\u00e9e sur les personnes&#8221; dans laquelle les relations, les attitudes et les besoins sociaux sont consid\u00e9r\u00e9s comme la condition capitale de la productivit\u00e9 et de l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;organisation. Selon cette perspective, les gestionnaires t\u00e2chent de regarder le travailleur comme une personne, de comprendre le milieu social interne et externe de l&#8217;atelier, d&#8217;am\u00e9liorer la satisfaction de l&#8217;ouvrier et de tenir compte de l&#8217;environnement de l&#8217;entreprise.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me mouvement prend racine dans le contexte de la menace et des cons\u00e9quences de la seconde guerre mondiale, de ses d\u00e9fis logistiques complexes, des efforts massifs correspondants pour reconstruire nations et continents une fois la paix r\u00e9tablie. Sous la mention commune de &#8220;th\u00e9orie des sciences de gestion&#8221;, il se caract\u00e9rise par l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;une prise de d\u00e9cision rationnelle est l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 pour mobiliser de la mani\u00e8re la plus efficace et la plus productive les ressources humaines et mat\u00e9rielles d&#8217;une organisation. A cette fin, la myriade des variables de l&#8217;organisation, sa direction et sa gestion, tout autant que les proc\u00e9d\u00e9s de production sont distinctement trac\u00e9s et quantifi\u00e9s afin de les incorporer dans des formules math\u00e9matiques rigoureuses. Les mod\u00e8les qui en r\u00e9sultent fournissent la base sur laquelle la direction prend ses d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, les sp\u00e9cialistes des sciences humaines et quelques \u00e9conomistes ont commenc\u00e9 \u00e0 promouvoir l&#8217;id\u00e9e que beaucoup de nations \u00e9conomiquement riches, particuli\u00e8rement le Japon, l&#8217;Am\u00e9rique du Nord et l&#8217;Europe occidentale, \u00e9taient en train de passer ou \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9es dans <em>un \u00e2ge post-industriel<\/em>. Ils ont affirm\u00e9 que les \u00e9conomies de ces temps &#8220;nouveaux&#8221; s&#8217;\u00e9loignaient de la fabrication en devenant de plus en plus domin\u00e9es par les services, la technologie, l&#8217;information, la connaissance, l&#8217;innovation et la finance. En parall\u00e8le \u00e0 ces changements \u00e9conomiques, s&#8217;op\u00e9raient des changements de style de vie, de\u00a0\u00a0 relations\u00a0sociales, d&#8217;\u00e9ducation et de formes de travail. Les conceptions de la gestion et de l&#8217;administration \u00e9voluaient en m\u00eame temps dans le m\u00eame sens.<\/p>\n<p>Les conceptions de gestion de l&#8217;\u00e2ge post-industriel (qui caract\u00e9rise toujours le moment o\u00f9 ce document est \u00e9crit), sont en grande partie d\u00e9pouill\u00e9es de toute super th\u00e9orie. Dans cet \u00e2ge, une organisation est comprise comme un syst\u00e8me \u00e0 multiples facettes <sup>6<\/sup>. Par nature, elle exige de la souplesse aiguis\u00e9e, l\u00e0 o\u00f9 une th\u00e8se de gestion &#8220;prise isol\u00e9ment&#8221; ne va pas fonctionner pour tous les syst\u00e8mes, ou pour tous les \u00e9l\u00e9ments d&#8217;un syst\u00e8me en un temps ou un lieu donn\u00e9s. Cette conception circonstancielle ou contingente de gestion et d&#8217;administration peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9clectique &#8211; m\u00e9langeant et combinant les th\u00e8ses au gr\u00e9 des circonstances. Elle a aussi confirm\u00e9 fortement l&#8217;id\u00e9e que les conceptions de gestion et d&#8217;administration diff\u00e8rent au gr\u00e9 de la diversit\u00e9 des mod\u00e8les d&#8217;organisations.<\/p>\n<p>Par exemple, des universitaires ont montr\u00e9 que m\u00eame si elles peuvent avoir des similitudes, des organisations \u00e0 but non lucratif vont exiger, \u00e0 cause de leurs priorit\u00e9s et leurs vis\u00e9es, un syst\u00e8me de gestion autre que celui des organisations \u00e0 but lucratif. Plus encore, \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;un m\u00eame secteur, on peut encore trouver des diff\u00e9rences fond\u00e9es sur ces priorit\u00e9s et ces vis\u00e9es, par exemple dans des entreprises \u00e0 but non lucratif les unes bas\u00e9e sur la foi et les autres de type profane. <sup>7<\/sup><\/p>\n<p>Aussi pendant cette p\u00e9riode, on a vu grandir l&#8217;importance accord\u00e9e au d\u00e9veloppement de la mission de l&#8217;institution, de sa vision et de ses valeurs, qui orientent ses pratiques de gestion et d&#8217;administration. On a vu que ces principes &#8220;de haut niveau&#8221; fournissent \u00e0 l&#8217;institution la direction \u00e0 suivre pour d\u00e9terminer ses buts et \u00e9valuer ses performances. Ils permettent en outre de diff\u00e9rencier les organisations qui op\u00e8rent dans secteurs identiques.<\/p>\n<p>Tout comme l&#8217;invention a dirig\u00e9 la croissance dans l&#8217;\u00e2ge industriel, de la m\u00eame fa\u00e7on c&#8217;est l&#8217;innovation qui est cruciale pour la r\u00e9ussite de l&#8217;\u00e2ge pr\u00e9sent. La transformation et le changement sont ins\u00e9parables de ce processus d&#8217;innovation. L&#8217;apparition de ce processus dynamique est une nouvelle donn\u00e9e pour la gestion et l&#8217;administration. Dans l&#8217;ensemble, les directeurs et administrateurs s&#8217;occupaient jusqu&#8217;alors des &#8220;processus de transaction et de relations&#8221; ce qui les fixait sur les &#8220;allocations&#8221; de moyens humains et mat\u00e9riels et leur rendements<sup>8<\/sup>. Dans l&#8217;environnement d&#8217;aujourd&#8217;hui, les processus de changement et de transformation exigent que les gestionnaires d\u00e9veloppent des capacit\u00e9s strat\u00e9giques de gouvernement pour maintenir l&#8217;institution adapt\u00e9e \u00e0 ce monde changeant et aux exigences qui en d\u00e9coulent, tout en soutenant l&#8217;innovation pour satisfaire \u00e0 ces exigences.<\/p>\n<h3 id=\"doctrine-sociale-de-leglise-9\" >Doctrine sociale de l&#8217;Eglise <sup>9<\/sup><\/h3>\n<p>L&#8217;Enseignement social catholique, d\u00e9nomm\u00e9 \u00e9galement doctrine sociale de l&#8217;Eglise, est un corpus collectif d&#8217;enseignements qui rep\u00e8re les v\u00e9rit\u00e9s constitutives de la personne humaine, pour mettre au premier plan de la soci\u00e9t\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments moraux des relations sociales et orienter les comportements individuels et communs vers un mod\u00e8le \u00e9thique.<\/p>\n<p>On situe commun\u00e9ment l&#8217;\u00e9mergence de la Doctrine sociale de l&#8217;Eglise \u00e0 la publication de l&#8217;Encyclique du Pape L\u00e9on XIII, <em>Rerum Novarum <\/em>, en 1891. Les &#8220;nouvelles r\u00e9alit\u00e9s&#8221; qui int\u00e9ressaient le Pape et l&#8217;Eglise \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9taient les changements sociaux consid\u00e9rables induits par l&#8217;industrialisation, les nouvelles formes des syst\u00e8mes \u00e9conomiques et de gouvernement. Par la suite et presque en parall\u00e8le avec la p\u00e9riode du d\u00e9veloppement des sciences de la gestion, d&#8217;autres encycliques et d&#8217;autres documents de l&#8217;Eglise ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, pour aboutir \u00e0 la constitution du corpus de la Doctrine sociale de l&#8217;Eglise.<\/p>\n<p>M\u00eame si chacun des documents du corpus a d&#8217;abord \u00e9t\u00e9 \u00e9crit pour r\u00e9pondre aux besoins du temps o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9, on peut rep\u00e9rer dans leur suite des th\u00e8mes communs tout au long du corpus.<\/p>\n<p>Le nombre et l&#8217;organisation de ces th\u00e8mes varient selon l&#8217;auteur et la perspective envisag\u00e9e. On trouvera ci-dessous six des th\u00e8mes les plus souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9s qui concernent le but poursuivi par ce document.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dignit\u00e9 humaine, droits de l&#8217;homme et responsabilit\u00e9s<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>La pierre angulaire de la doctrine sociale de l&#8217;Eglise est le fait que la personne humaine est cr\u00e9\u00e9e par Dieu, \u00e0 son image et ressemblance. De l\u00e0 d\u00e9coule une dignit\u00e9 fondamentale inh\u00e9rente \u00e0 toute personne, non \u00e0 cause de son \u00e9tat de vie, de son sexe ou de son ethnie, mais parce qu&#8217;elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par Dieu.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e par Dieu, chaque personne poss\u00e8de des droits universels inviolables. Parmi ceux-ci, le droit \u00e0 la vie et \u00e0 un niveau de vie digne, aux valeurs culturelles et morales, \u00e0 la pratique d&#8217;un culte selon la conscience de chacun, au choix de choisir son \u00e9tat de vie, \u00e0 la capacit\u00e9 de se r\u00e9unir et de s&#8217;associer, d&#8217;\u00e9migrer ou de se d\u00e9placer, les droits politiques et \u00e9conomiques. Ces droits sont coupl\u00e9s \u00e0 des devoirs: respecter en retour les droits d&#8217;autrui, coop\u00e9rer au bien commun, agir de fa\u00e7on responsable envers les autres, pr\u00e9server la vie et la vivre d&#8217;une fa\u00e7on digne.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Solidarit\u00e9, participation, vie de famille et bien commun<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Cr\u00e9\u00e9e par Dieu, la personne humaine est naturellement et fondamentalement sociale. A titre d&#8217;\u00eatres sociaux, les personnes sont engag\u00e9es dans des relations les unes avec les autres et elles participent \u00e0 toutes sortes de communaut\u00e9s humaines qui leur assurent soutien, protection, croissance et d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Parce qu&#8217;elle est le fondement sur lequel se construit la communaut\u00e9, la vie de famille d\u00e9tient un r\u00f4le unique \u00e0 jouer et doit \u00eatre soutenue. C&#8217;est dans le contexte de la famille que nous apprenons les premi\u00e8res choses sur nous-m\u00eames, sur la foi, sur l&#8217;art de tisser les relations sociales.<\/p>\n<p>La solidarit\u00e9 nous apprend \u00e0 reconna\u00eetre que cr\u00e9\u00e9s par Dieu nous formons une unique famille humaine. De ce fait, nous sommes reli\u00e9s les uns aux autres dans la soci\u00e9t\u00e9. Non seulement nous sommes responsable les uns des autres, quelles que soient nos diff\u00e9rences, mais nous avons aussi la responsabilit\u00e9 de resserrer l&#8217;interd\u00e9pendance pour que chacun puisse r\u00e9aliser toutes ses potentialit\u00e9s de fa\u00e7on respectueuse et libre.<\/p>\n<p>Membres d&#8217;une famille humaine, nous avons la responsabilit\u00e9 et le droit de participer aux d\u00e9cisions qui affectent nos vies. Nous devons avoir part \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration de notre destin personnel et celui de nos communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Le bien commun est l&#8217;ensemble des conditions sociales qui assurent aux communaut\u00e9s, aux groupes de communaut\u00e9s et aux individus la r\u00e9alisation de leur plein \u00e9panouissement humain. Ce principe de l&#8217;int\u00e9r\u00eat commun d\u00e9termine aussi nos interconnexions dans la famille humaine. Dans ce contexte, la possession ou la mise en pratique d&#8217;un droit ou d&#8217;une responsabilit\u00e9 d&#8217;un individu devrait jamais porter tort au bien commun.<sup>10<\/sup><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Subsidiarit\u00e9\u00a0<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Le principe de subsidiarit\u00e9 consid\u00e8re que la prise de d\u00e9cision et la responsabilit\u00e9 devraient incomber au niveau de l&#8217;individu ou des personnes qui sont concern\u00e9es ou aux personnes qui ont la responsabilit\u00e9 d&#8217;agir \u00e0 leur sujet.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La dignit\u00e9 du travail<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans son essence, le travail humain est une extension de la cr\u00e9ation de Dieu. Cela veut dire qu&#8217;il est beaucoup plus qu&#8217;un gagne-pain. En tant que tel, le travail a une dignit\u00e9 inh\u00e9rente qui exige une r\u00e9mun\u00e9ration convenable et juste, la capacit\u00e9 d&#8217;\u00eatre suffisamment productif, et des conditions qui assurent la s\u00e9curit\u00e9 et la sant\u00e9 du travailleur.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Intendance<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8220;Toute possession comporte une hypoth\u00e8que sociale&#8221;. Chacun doit respecter et partager les ressources de la terre, puisque nous sommes tous un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;une cr\u00e9ation commune&#8221;.<sup>11<\/sup><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Option pr\u00e9f\u00e9rentielle pour les pauvres<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Les personnes les plus vuln\u00e9rables &#8211; les pauvres et les exclus &#8211; ont une place particuli\u00e8re dans la soci\u00e9t\u00e9 et requi\u00e8rent une attention sp\u00e9ciale de la part de la famille humaine. On mesure le degr\u00e9 moral g\u00e9n\u00e9ral et la bonne sant\u00e9 collective d&#8217;une communaut\u00e9 \u00e0 la fa\u00e7on dont cette communaut\u00e9 prend soin de ses membres les plus vuln\u00e9rables.<\/p>\n<h1 id=\"caracteristiques-principales\" >Caract\u00e9ristiques principales<\/h1>\n<h2 id=\"culture-marianiste-de-linstitution\" >Culture marianiste de l&#8217;institution<\/h2>\n<p><em>La philosophie d&#8217;une institution d\u00e9signe les valeurs et les normes qui lui donnent sa caract\u00e9ristique et sa finalit\u00e9. La philosophie d&#8217;une institution mod\u00e8le la conduite des membres \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;institution et fournit un catalogue de valeurs qui d\u00e9termine son objectif et d\u00e9crivent sa mission.<\/em><\/p>\n<blockquote><p><em>La philosophie d&#8217;une institution marianiste est ce qui lui fournit son lot de valeurs sp\u00e9cifiques qui mod\u00e8lent ce qui se fait \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;institution et face \u00e0 son public<\/em><sup><em>12<\/em><\/sup><\/p><\/blockquote>\n<p><strong><em>Concepts cl\u00e9s de la culture marianiste de l&#8217;institution<\/em><\/strong><\/p>\n<h3 id=\"mission\" >Mission<\/h3>\n<p>Au fondement de n&#8217;importe quelle entreprise marianiste, pour signifier vraiment l&#8217;\u00eatre marianiste, il y a la <em>mission<\/em>. Pour le dire vite, la <em>mission <\/em>revient \u00e0 approfondir sans cesse la communion avec J\u00e9sus-Christ, vivre selon son Evangile et, par l\u00e0 en attirer d&#8217;autres dans la m\u00eame d\u00e9marche<sup>13<\/sup>. L&#8217;appel \u00e0 cette <em>mission <\/em>est tout \u00e0 la fois personnel et communautaire.<\/p>\n<p>Pour le P\u00e8re Chaminade, \u00eatre en mission et \u00eatre missionnaire fait partie de l&#8217;essence de la vie chr\u00e9tienne. C&#8217;est une d\u00e9marche permanente, qui n&#8217;est pas limit\u00e9e dans sa port\u00e9e ni r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 un type particulier d&#8217;individus ou de groupes. Pour lui, Marie, la m\u00e8re de J\u00e9sus, est l&#8217;exemple achev\u00e9 de ce que veut dire r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;appel de Dieu \u00e0 la mission. Elle est la premi\u00e8re \u00e0 accueillir sans r\u00e9serve le Christ dans sa vie et la premi\u00e8re \u00e0 le porter aux autres; elle est la premi\u00e8re <em>missionnaire<\/em>. Avec un sens profond d&#8217;humilit\u00e9 et de d\u00e9vouement, les Marianistes et ceux qui sont associ\u00e9s aux institutions marianiste suivent son exemple de porter le Christ au monde.<\/p>\n<p><strong><em>La mission est la raison et le but de toutes les institutions Marianistes<\/em><em>\u00a0<\/em><\/strong><\/p>\n<h3 id=\"communaute\" >Communaut\u00e9<\/h3>\n<p>Dans l&#8217;esprit du P. Chaminade la mission n&#8217;\u00e9tait pas une t\u00e2che solitaire. Les hommes, reflets du Dieu trinitaire, sont des \u00eatres de relation. En nous entra\u00eenant les uns les autres pour nous soutenir, comprendre, apprendre, aimer et croire, les relations interpersonnelles sont essentielles pour l&#8217;existence humaine. Il pensait que la fa\u00e7on la plus efficace de r\u00e9aliser la mission \u00e9tait de constituer des groupes de personnes en relation, &#8211; de les r\u00e9unir en communaut\u00e9s<\/p>\n<p>En s&#8217;inspirant des premi\u00e8res communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes de J\u00e9rusalem, ces groupes, sous les auspices de Marie, doivent donner le spectacle vivant du renouveau et de la renaissance apostoliques. Ils se distinguent par l&#8217;ouverture, le travail en commun, le partage, la coll\u00e9gialit\u00e9 et le sens du service. Ils aident leurs membres \u00e0 apprendre, soutenir et approfondir leur foi, \u00e0 devenir ensemble des t\u00e9moins actifs de cette foi et \u0153uvrer pour la mission.<\/p>\n<p>Ces communaut\u00e9s ne sont pas des groupements homog\u00e8nes. Elles se composent de personnes de diff\u00e9rents secteurs sociaux, de toutes sortes de formations et de milieux. Tous sont accueillis en vue de la mission; et parce que la mission est commune \u00e0 tous, tous sont \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de droits et de responsabilit\u00e9s. Chaque membre participe \u00e0 la communaut\u00e9 en mettant \u00e0 sa disposition ses talents et ses dons. La direction ou un poste sp\u00e9cifique dans la communaut\u00e9 ne d\u00e9pend pas du statut social mais des dons et des talents de chacun ainsi que de l&#8217;appel de la communaut\u00e9. La diversit\u00e9 des membres, coupl\u00e9e avec sa gamme inh\u00e9rente de dons et des talents, cr\u00e9e dans la communaut\u00e9 une compl\u00e9mentarit\u00e9 dynamique qui est une ressource unique pour la mission.<\/p>\n<p>Form\u00e9 sous les auspices de Mary et toute d\u00e9vou\u00e9es \u00e0 Elle, les communaut\u00e9s marianistes s&#8217;efforcent \u00e0 titre individuel et communautaire de reproduire ses vertus. Parmi celles-ci : une foi vive en Dieu, un sentiment profond d&#8217;humilit\u00e9, la conviction que nos vies sont consacr\u00e9es \u00e0 son service; l&#8217;ouverture \u00e0 l&#8217;Esprit Saint; un sens v\u00e9ritable de accueil et de l&#8217;hospitalit\u00e9; un recours opportun \u00e0 la compassion et \u00e0 la solidarit\u00e9; et l&#8217;enracinement l\u00e0 o\u00f9 nous sommes dans le temps et l&#8217;espace.<\/p>\n<p>Rassembl\u00e9s pour la mission, les membres des communaut\u00e9s marianistes visent \u00e0 ne faire &#8220;qu&#8217;un c\u0153ur et une \u00e2me&#8221;; ils s&#8217;unissent pour former &#8220;une nouvelle&#8221; famille bas\u00e9e sur &#8220;les liens d&#8217;amiti\u00e9 r\u00e9ciproque&#8221; et sur l&#8217;\u00c9vangile. Ils endossent ainsi un esprit de famille distinctif qui impr\u00e8gne toutes leurs relations et leurs actions. <sup>14<\/sup><\/p>\n<blockquote><p><em>C&#8217;est donc dans et par la communaut\u00e9 que les institutions marianistes \u0153uvrent \u00e0 l&#8217;accomplissement de la mission.<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"engages-dans-le-monde-etre-de-son-temps-etre-fidele\" >Engag\u00e9s dans le monde : \u00eatre de son temps, \u00eatre fid\u00e8le<\/h3>\n<p>Au c\u0153ur de la spiritualit\u00e9 marianiste, il y a J\u00e9sus, son incarnation, sa souffrance, sa mort et sa r\u00e9surrection; et la poursuite d&#8217;une union toujours fid\u00e8le avec Lui et sa mission r\u00e9demptrice dans le monde : ..<em>l&#8217;imitation la plus fid\u00e8le du J\u00e9sus-Christ, Fils de Dieu devenu Fils de Marie, pour le salut des hommes.<\/em><sup><em>15<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Pour le P. Chaminade, le fait que J\u00e9sus a choisi de se faire homme, de na\u00eetre de Marie, pour racheter le monde, repr\u00e9sente un grand &#8220;tr\u00e9sor&#8221;. En J\u00e9sus, &#8220;l&#8217;humanit\u00e9 sainte&#8221; devient accessible; elle pr\u00e9sente une mani\u00e8re tangible de s&#8217;engager dans le monde.<sup>16<\/sup> Les Marianistes s&#8217;efforcent d&#8217;imiter cet engagement. La <em>R\u00e8gle de vie <\/em>en fait la description suivante :<\/p>\n<p><em>A l&#8217;exemple du Verbe Incarn\u00e9, nous voulons rester proches des hommes de notre temps et partager leurs joies et leurs espoirs, leurs angoisses et leurs souffrances. Cependant, fid\u00e8les \u00e0 l&#8217;avertissement du Seigneur, nous devons rester vigilants pour que les usages et les crit\u00e8res du monde ne viennent pas ternir la Parole ni l&#8217;affaiblir.<\/em><\/p>\n<p><em>Le t\u00e9moignage d&#8217;une totale fid\u00e9lit\u00e9 est sp\u00e9cialement requis d&#8217;une communaut\u00e9 qui veut porter au monde la lib\u00e9ration en J\u00e9sus-Christ. Plus attentive sera notre vigilance \u00e0 cet \u00e9gard, plus grande pourra \u00eatre notre audace apostolique<\/em>.<sup><em>17<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Pour qu&#8217;ils soient vraiment dans leur temps en s&#8217;engageant dans le monde, les Marianistes et ceux qui sont associ\u00e9s \u00e0 leurs institutions doivent apprendre \u00e0 lire les signes des temps et y r\u00e9pondre avec fid\u00e9lit\u00e9 et promptitude. Cela exige non seulement d&#8217;\u00eatre immerg\u00e9 dans le pr\u00e9sent mais cela demande aussi du courage, beaucoup de souplesse et un recours constant \u00e0 la providence.<\/p>\n<p>En s&#8217;effor\u00e7ant d&#8217;\u00eatre de leur temps, les Marianistes et leurs associ\u00e9s dans les institutions marianistes deviennent un instrument vivant qui donne la possibilit\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus et \u00e0 son \u00c9vangile d&#8217;\u00eatre accueillis et compris dans la culture contemporaine en montrant que l&#8217;Evangile de J\u00e9sus peut \u00eatre appliqu\u00e9 et v\u00e9cu dans le monded&#8217; aujourd&#8217;hui.<sup>18<\/sup><\/p>\n<p><em>Les institutions marianistes essayent toujours d&#8217;\u00eatre incarn\u00e9es dans leur temps et leur lieu afin d&#8217;assurer la f\u00e9condit\u00e9 de J\u00e9sus et de son \u00c9vangile<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<h2 id=\"structure-dune-institution-marianiste\" >Structure d&#8217;une institution marianiste<\/h2>\n<p><em>La structure d&#8217;une institution est l&#8217;architecture de ses relations et de son gouvernement. La mani\u00e8re dont une institution est structur\u00e9e d\u00e9termine les rapports organiques entre ses membres, la r\u00e9partition interne des pouvoir, et son type de gouvernement.<\/em><sup><em>19<\/em><\/sup><\/p>\n<h3 id=\"les-trois-offices\" >Les Trois Offices<\/h3>\n<p>La fondation des deux congr\u00e9gations &#8211; les Filles de Marie Immacul\u00e9e (FMI) et la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (SM) &#8211; a pr\u00e9sent\u00e9 au P. Chaminade et \u00e0 ses collaborateurs le d\u00e9fi de concevoir un syst\u00e8me qui structure la vie et le travail des religieux ont engag\u00e9s dans ce projet.<\/p>\n<p>Le point crucial de l&#8217;efficacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e9tait d&#8217;assurer que tous les domaines (formation, vie commune, vie spirituelle, minist\u00e8res, gouvernement, etc.) d&#8217;une congr\u00e9gation concourent \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs fix\u00e9s \u00e0 chacune. C&#8217;\u00e9tait un syst\u00e8me qui a d\u00fb r\u00e9pondre aux besoins des temps, li\u00e9 \u00e0 la nature spirituelle des congr\u00e9gations pour leur formation et leur activit\u00e9, et suffisamment ferme pour permettre aux congr\u00e9gations de se d\u00e9velopper et de m\u00fbrir. Couramment repris au cours des ann\u00e9es sous la d\u00e9nomination des Trois Offices, le P. Chaminade le d\u00e9crit bri\u00e8vement dans une lettre au Pape Pie VII, de la fa\u00e7on suivante:<\/p>\n<p><em>L&#8217;esprit plus particulier de ces r\u00e9unions est de donner un Chef sp\u00e9cial au z\u00e8le, un autre \u00e0 l&#8217;instruction, et un aussi au travail et d&#8217;obliger le Sup\u00e9rieur de la soci\u00e9t\u00e9 de faire marcher tous les membres \u00e0 la fois sur ces trois lignes sans interruption<\/em>.<sup>20<\/sup><\/p>\n<p>Comme beaucoup d&#8217;\u00e9l\u00e9ments du charisme des deux congr\u00e9gations religieuses, les Trois Offices avaient leurs ant\u00e9c\u00e9dents v\u00e9cus dans les Congr\u00e9gations fermement fond\u00e9s sur une spiritualit\u00e9 Christocentrique. <sup>21<\/sup> Le p\u00e8re Stefanelli d\u00e9crit le syst\u00e8me et sa base spirituelle dans les termes suivants :<\/p>\n<p>Enracin\u00e9s dans la conviction qu&#8217;avait le P. Chaminade que tout chr\u00e9tien doit \u00eatre le Christ dans sa situation actuelle dans le monde, les Offices permettent aux religieux de participer, soit individuellement soit communautairement, \u00e0 la triple fonction du Christ : enseigner, gouverner et sanctifier, et \u00e0 son triple r\u00f4le de pr\u00eatre, de proph\u00e8te et de roi.<sup>22<\/sup><\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 ce solide fondement spirituel, le syst\u00e8me des Offices est bien plus qu&#8217;une pure structure d&#8217;administration et de gouvernement. Le syst\u00e8me invite \u00e0 faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la &#8220;totalit\u00e9&#8221; quand on traite d&#8217;interaction et de relations.<\/p>\n<p><em>Les trois Offices de Z\u00e8le, d\u2019Instruction et de Travail correspondent \u00e0 trois champs de pr\u00e9occupation, dont l\u2019ensemble couvre la totalit\u00e9 de la vie interne et de la mission tant de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie enti\u00e8re que de chacun de ses membres. Chaque Office a un r\u00f4le sp\u00e9cifique \u00e0 jouer dans la formation, l\u2019animation et la direction des membres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de ceux aupr\u00e8s desquels s\u2019exerce leur action<\/em>. <sup>23<\/sup><\/p>\n<p>A tous les niveaux d&#8217;administration (g\u00e9n\u00e9ral, Unit\u00e9, Communaut\u00e9) de la SM, on forme un conseil de direction. Il comprend le sup\u00e9rieur religieux et habituellement<sup>24<\/sup> au moins trois assistants qui sont les chefs des offices. Bien que le gouvernement soit partag\u00e9, les assistants sont soumis au sup\u00e9rieur. Ils doivent lui rendre compte (et \u00e9galement les uns aux autres). Par d\u00e9finition cependant, ils endossent par d\u00e9l\u00e9gation les responsabilit\u00e9s de leur office respectif, avec la capacit\u00e9 d&#8217;agir dans leur r\u00f4le de gouvernement en concertation avec le sup\u00e9rieur et le conseil; avec une orientation ferme vers la mission, les proc\u00e9dures et les d\u00e9bats du conseil sont marqu\u00e9s par la coll\u00e9gialit\u00e9, la consultation, le consensus et la subsidiarit\u00e9.<\/p>\n<p>M\u00eame si, par d\u00e9finition, le syst\u00e8me des Offices tient compte de la compl\u00e9mentarit\u00e9 et de la sp\u00e9cialisation, les Offices ne sont pas des compartiments s\u00e9par\u00e9s. Tout en s&#8217;occupant de leur domaine avec leur objectif propre, ils doivent garder en t\u00eate les objectifs des deux autres offices. Par exemple, si l&#8217;on attend de l&#8217;office du Temporel qu&#8217;il s&#8217;occupe de ce qui concerne le mat\u00e9riel et le domaine pratique, son souci est color\u00e9 de part en part par les pr\u00e9occupations des autres offices.<\/p>\n<p>Par d\u00e9finition, la composition du conseil est mixte. Normalement la participation des fr\u00e8res et des pr\u00eatres se fait \u00e0 \u00e9galit\u00e9.<sup>25<\/sup><\/p>\n<p>Le syst\u00e8me des Offices a \u00e9t\u00e9 aussi employ\u00e9 dans les \u0153uvres apostoliques de la SM. Pendant les 150 premi\u00e8res ann\u00e9es environ de la Soci\u00e9t\u00e9, le conseil communautaire \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement le conseil de l&#8217;\u0153uvre en y ajoutant des repr\u00e9sentants de l&#8217;\u0153uvre quand il le fallait<sup>26<\/sup>. C&#8217;\u00e9tait pour ainsi dire un d\u00e9veloppement naturel dans la mesure o\u00f9 la plupart des membres directeurs de l&#8217;\u0153uvre \u00e9tait des religieux. Philosophiquement, c&#8217;\u00e9tait \u00e9galement efficace dans la mesure o\u00f9 la communaut\u00e9 \u00e9tait l&#8217;acteur cl\u00e9 de l&#8217;\u0153uvre<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, avec d&#8217;avantage de collaborateurs la\u00efques et une professionnalisation plus grande aux niveaux de direction, ceci a chang\u00e9. En cons\u00e9quence, le recours affich\u00e9 de l&#8217;institution aux Trois Offices est tr\u00e8s vari\u00e9e dans les \u0153uvres apostoliques. Cela a dit, on peut\u00a0toujours retrouver dans les \u0153uvres apostoliques bien des \u00e9l\u00e9ments des Offices avec le syst\u00e8me de direction partag\u00e9 qu&#8217;il fournit,<\/p>\n<p><em>Pour les institutions marianistes, le syst\u00e8me des Trois Offices n&#8217;est pas seulement une aide pour fonder l&#8217;identit\u00e9 marianiste d&#8217;une \u0153uvre, mais il est un puissant moyen au service de l&#8217;organisme pour la poursuite de sa mission.<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<h2 id=\"procedures-dans-les-institutions-marianistes\" >Proc\u00e9dures dans les institutions marianistes<\/h2>\n<p><em>Par proc\u00e9dures, on entend la fa\u00e7on dont l&#8217;organisation assure les relations et prend les d\u00e9cisions. Pour une organisation marianiste, les rapports interpersonnels et les proc\u00e9dures de prise de d\u00e9cision visent plus loin que la pure efficacit\u00e9: elles doivent appuyer, promouvoir et refl\u00e9ter les valeurs marianistes..<\/em><sup><em>27<\/em><\/sup><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<h3 id=\"centre-sur-la-personne\" >Centr\u00e9 sur la personne<\/h3>\n<p><em>M\u00eame si les rapports internes \u00e0 l&#8217;organisation ont pour but d&#8217;assurer l&#8217;efficacit\u00e9 missionnaire, on ne doit pas oublier ou consid\u00e9rer comme sans importance les besoins et les aspirations personnelles de chacun. Les rapports internes des organisations marianistes doivent viser d&#8217;abord les personnes, et les valoriser en insistant sur les rapports de personne \u00e0 personne.<\/em><sup><em>28<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Les personnes, et leur union toujours plus profonde \u00e0 J\u00e9sus-Christ, sont au centre de la mission de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Le moyen le plus efficace d&#8217;\u0153uvrer \u00e0 la mission est d&#8217;en prendre conscience et d&#8217;agir en cons\u00e9quence. Tous les autres moyens &#8211; structures, institutions, \u0153uvres, r\u00e8gles, etc. &#8211; sont n\u00e9cessaires et convenables, mais ils ne sont que des instruments pour la mission. La priorit\u00e9 , ce sont les personnes.<\/p>\n<p>Du fait que les institutions marianistes sont centr\u00e9es sur les personnes, les relations humaines y sont d\u00e9terminantes. Pour qu&#8217;elles soient orient\u00e9es sur la mission, ces relations doivent \u00eatre tiss\u00e9es par une compr\u00e9hension mutuelle forg\u00e9e dans le compagnonnage. Elles sont encadr\u00e9es par la conviction que les personnes peuvent grandir, se d\u00e9velopper, \u00e9voluer. Elles sont marqu\u00e9es par le respect mutuel, la patience, la confiance, l&#8217;ouverture, la confiance, la collaboration, l&#8217;attention, la courtoisie, l&#8217;amabilit\u00e9 et la coll\u00e9gialit\u00e9.<\/p>\n<h3 id=\"prises-de-decision\" >Prises de d\u00e9cision<\/h3>\n<p><em>Pour les marianistes, les d\u00e9cisions sont prises apr\u00e8s consultation.<\/em><sup><em>29<\/em><\/sup><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>En effet, dans la pratique d&#8217;un syst\u00e8me de gouvernance partag\u00e9e engendr\u00e9 par les Trois Offices, coupl\u00e9 avec la priorit\u00e9 marianiste de cr\u00e9er et de soutenir la communaut\u00e9, la consultation et le dialogue sont fondamentaux pour assurer l&#8217;efficacit\u00e9 et l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 du syst\u00e8me. C&#8217;est une pratique qui a commenc\u00e9 avec le Bienheureux Chaminade, lui-m\u00eame. Cette pratique n&#8217;a pas toujours \u00e9t\u00e9 ais\u00e9e \u00e0 mettre en \u0153uvre pour certains de ses disciples mais il a toujours d\u00e9plor\u00e9 qu&#8217;elle ne le soit pas:<\/p>\n<blockquote><p><em>\u201c \u2026que j&#8217;ai pour habitude de consulter avant de commander, de consulter surtout ceux qui doivent ex\u00e9cuter. Il vous \u00e9tait bien permis de croire qu&#8217;il en pouvait \u00eatre de m\u00eame \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de M. Caillet, qui me repr\u00e9sente momentan\u00e9ment \u00e0 Saint-R\u00e9my.\u201d\u00a0<\/em><sup>30<\/sup><\/p><\/blockquote>\n<p>La participation est \u00e9l\u00e9mentaire dans le fonctionnement d&#8217;une communaut\u00e9. Par cons\u00e9quent, &#8220;la collaboration active&#8221; des membres, &#8220;le dialogue&#8221; et &#8220;le discernement communautaire&#8221; sont requis pour &#8221; la planification, la prise de d\u00e9cision, l&#8217;ex\u00e9cution et l&#8217;\u00e9valuation de la d\u00e9cision&#8221;. Tous les membres ont un r\u00f4le essentiel \u00e0 jouer dans cette participation.<sup>31<\/sup> Consensus et subsidiarit\u00e9 sont des \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s des processus de consultation et de prise de d\u00e9cision.<\/p>\n<p>Parce toutes les d\u00e9cisions ne sont de m\u00eame nature<sup>32<\/sup> , m\u00eame si la consultation est le premier moyen d&#8217;une institution marianiste pour prendre une d\u00e9cision, il y a des d\u00e9cisions qui, au vu de leur nature, ne peuvent ou ne doivent pas \u00eatre soumises \u00e0 une vaste consultation. Ces d\u00e9cisions qui exigent une consultation limit\u00e9e ou r\u00e9duite \u00e0 z\u00e9ro doivent \u00eatre clairement d\u00e9limit\u00e9es et prises en esprit de foi avec le souci de rendre compte, d&#8217;\u00eatre fid\u00e8le \u00e0 la mission et de respecter les personnes concern\u00e9es.<\/p>\n<h3 id=\"souplesse\" >Souplesse<\/h3>\n<p><em>Les proc\u00e9dures d&#8217;une organisation marianiste doivent \u00eatre souples, puisqu&#8217;elle est appel\u00e9e \u00e0 r\u00e9pondre aux signes des temps. <\/em><sup><em>33<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Pour les Marianistes, il a deux \u00e9l\u00e9ments essentiels: la mission et son universalit\u00e9 (\u00e9tendue \u00e0 tous les temps et \u00e0 tous les lieux). Lorsque les temps changent, pour \u00eatre capable de poursuivre efficacement la mission d&#8217;une mani\u00e8re adapt\u00e9e, les processus et les m\u00e9thodes doivent \u00eatre mises \u00e0 jour et r\u00e9form\u00e9es. Adaptation et changement sont n\u00e9cessaires pour le mode de conduite de la mission, mais non pour <em>la <\/em>mission en elle-m\u00eame, qui est constante et universelle.<\/p>\n<p>Les <em>Constitutions <\/em>de 1839, en traitant de l&#8217;\u00e9ducation, d\u00e9crivent de fa\u00e7on pertinente cette souplesse, largement applicable \u00e0 tout processus marianiste institutionnel:<\/p>\n<p><em>\u201cLes principes de l\u2019\u00e9ducation, une fois bien saisis, ne peuvent plus varier ; mais les proc\u00e9d\u00e9s pour lesquels on les applique et le m\u00e9thodes d\u2019enseignement, doivent n\u00e9cessairement suivre les progr\u00e8s des soci\u00e9t\u00e9s humaines et s\u2019accommoder \u00e0 leurs besoins et \u00e0 leurs v\u0153ux. Consacrer en principe l\u2019immobilit\u00e9 des formes et des modes, ce serait limiter, \u00e0 un temps bien court, ses services et son existence.\u201d<\/em><sup><em>34<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Toutefois, les <em>Constitutions <\/em>en disant que la souplesse est n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 l&#8217;\u00e9volution des temps et au progr\u00e8s humain, nous avertissent aussi de faire tr\u00e8s attention quand on emprunte des voies nouvelles.<\/p>\n<p><em>\u201cToutefois on ne fait de changements et d\u2019innovations qu\u2019avec la plus grande r\u00e9serve. On ne les admet que dans les cas o\u00f9 les m\u00e9thodes, jusqu\u2019ici usit\u00e9es, seraient devenues insuffisantes, et que les avantages des proc\u00e9d\u00e9s qu\u2019on proposerait d\u2019introduire seraient presque unanimement reconnus.\u201d\u00a0<\/em><sup><em>35<\/em><\/sup><\/p>\n<h3 id=\"communaute\" >Communaut\u00e9<\/h3>\n<p><em>La communaut\u00e9, en tant que processus, doit servir la mission. <\/em><sup><em>36<\/em><\/sup><\/p>\n<p>Les institutions marianistes s&#8217;efforcent de se d\u00e9velopper et de se maintenir comme des &#8220;communaut\u00e9s authentiques&#8221;. Tous ceux qui sont associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;institution se soutiennent mutuellement dans leur mission de s&#8217;unir toujours plus profond\u00e9ment avec le Christ en vivant son Evangile personnellement et communautairement.\u00a0<sup>37<\/sup><\/p>\n<p>Cependant, si puissante et si efficace que soit la construction d&#8217;une communaut\u00e9 dans une institution marianiste, ce n&#8217;est pas une fin en elle-m\u00eame. La communaut\u00e9 doit aussi \u00eatre ouvertement focalis\u00e9e sur la mission dans laquelle elle s&#8217;engage r\u00e9solument : <em>La communaut\u00e9 elle-m\u00eame est l&#8217;instrument premier de notre mission, car ce que nous sommes plus de poids que ce nous nous disons. C&#8217;est pourquoi nous recherchons en communaut\u00e9 les meilleurs moyens de t\u00e9moigner de notre foi commune. <\/em><sup><em>38<\/em><\/sup><\/p>\n<h3 id=\"le-service-de-lautorite\" >Le service de l&#8217;autorit\u00e9<\/h3>\n<p>La conception christocentrique de la vie et de la mission marianistes se r\u00e9percute sur l&#8217;exercice de l&#8217;autorit\u00e9. Cherchant \u00e0 imiter J\u00e9sus, ceux qui exercent l&#8217;autorit\u00e9 dans les institutions marianistes s&#8217;efforcent d&#8217;exercer leur r\u00f4le d&#8217;autorit\u00e9 comme un r\u00f4le de service. Ils visent \u00e0 aider ceux dont ils ont la responsabilit\u00e9 \u00e0 atteindre leur d\u00e9veloppement humain et spirituel et \u00e0 accomplir leur mission. <sup>39<\/sup><\/p>\n<p>L&#8217;exercice de l&#8217;autorit\u00e9 est d&#8217;abord un exercice d&#8217;animation qui, en paroles et en actes, offre encouragement, stimulation et direction. <sup>40<\/sup><\/p>\n<p>Ce service de l&#8217;autorit\u00e9 se distingue par le parti pris de d\u00e9l\u00e9guer et se caract\u00e9rise par un sentiment de responsabilit\u00e9 r\u00e9ciproque, la participation, la subsidiarit\u00e9 et la reddition de compte.<sup> 41 &#8211; 42<\/sup><\/p>\n<p>Le bienheureux Chaminade donne les conseils suivants au P. Caillet \u00e0 propos de l&#8217;exercice de l&#8217;autorit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u201c On peut dire, en g\u00e9n\u00e9ral, que le meilleur Sup\u00e9rieur est celui qui fait le moins sentir sa sup\u00e9riorit\u00e9. Est-il bien ais\u00e9 de reconna\u00eetre la clef d&#8217;une vo\u00fbte ? Qu&#8217;un Sup\u00e9rieur soutienne toutes les parties d&#8217;un Etablissement [pour] qu&#8217;aucune ne s&#8217;\u00e9branle, sans doute, mais par une influence si douce en m\u00eame temps et si active, qu&#8217;\u00e0 peine il paraisse faire quelque chose par la n\u00e9cessit\u00e9 de sa place. <\/em>&#8221; <sup>43<\/sup><\/p>\n<h2 id=\"ressources-des-institutions-marianistes\" >Ressources des institutions marianistes<\/h2>\n<p><em>La mani\u00e8re dont une organisation utilise et r\u00e9partit ses ressources refl\u00e8te ses valeurs et sa culture. Lorsqu&#8217;une organisation est saine, il existe une coh\u00e9rence entre ses valeurs et la r\u00e9partition de ses\u00a0ressources. En d&#8217;autres mots, l&#8217;utilisation et la r\u00e9partition des ressources sont dict\u00e9es par les valeurs \u00e9tablies et sont le moyen de r\u00e9aliser les fins bas\u00e9es sur ses valeurs.<\/em><\/p>\n<h3 id=\"la-gestion-des-personnes-44\" >La gestion des personnes <sup>44<\/sup><\/h3>\n<p><em>Dans la gestion des personnes, l&#8217;administrateur marianiste travaille avec son c\u0153ur; il tient compte des forces et des faiblesses de chacun de ceux dont il a la charge; il assume ses responsabilit\u00e9s pour leur formation.<\/em><\/p>\n<p><em>Dans une entreprise marianiste, il est \u00e9vident qu&#8217;on attend un haut niveau de performance et de responsabilit\u00e9. Mais, avec le sens de la justice, les personnes sont dirig\u00e9es en tenant compte de tout ce qui constitue leur humanit\u00e9: chacun a ses fragilit\u00e9s humaines, &#8211; nous avons tous nos f\u00ealures et notre part de p\u00e9ch\u00e9. Une administration marianiste admet qu&#8217;une autorit\u00e9 puisse faire la part du c\u0153ur.<\/em><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>Pour l&#8217;administrateur marianiste, la gestion des individus a beaucoup \u00e0 voir avec la formation de la personne. Les employ\u00e9s ne doivent pas \u00eatre regard\u00e9s comme de purs ex\u00e9cutants des t\u00e2ches. Les administrateurs marianiste ont une grande responsabilit\u00e9 vis \u00e0 vis de la personne int\u00e9grale, tant pour son d\u00e9veloppement spirituel que professionnel. Les administrateurs d\u00e9couvrent les talents, les font grandir et se d\u00e9ployer.<\/em><\/p>\n<p><em>L&#8217;administrateur marianiste assure l&#8217;ouverture, en favorisant le dialogue \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;organisation pour la renforcer. Il ne panique pas devant le conflit. Il se sait envoy\u00e9 pour travailler en partenariat avec tous les membres de l&#8217;organisation en esprit de famille.<\/em><\/p>\n<h3 id=\"gestion-des-ressources-financieres-et-materielles\" >Gestion des ressources financi\u00e8res et mat\u00e9rielles<\/h3>\n<p>Les biens financiers et mat\u00e9riels des institutions marianistes sont les actifs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de l&#8217;Eglise au service de la mission.<\/p>\n<p><em>Les administrateurs marianistes se regardent comme des g\u00e9rants et non des propri\u00e9taires des ressources financi\u00e8res et mat\u00e9rielles. Ils sont donc invit\u00e9s \u00e0 utiliser les ressources avec prudence, justice, pour le service de la mission\u00a0<\/em><sup>45- 46\u00a0<\/sup><\/p>\n<p>En pratique, cela signifie que les administrateurs marianistes doivent faire preuve de simplicit\u00e9 et d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 dans l&#8217;usage des ressources, et rendre compte en totale ouverture et franchise. <sup>47<\/sup><\/p>\n<p>Pour \u00e9tablir et maintenir la confiance envers l&#8217;institution, il est tr\u00e8s important de g\u00e9rer les biens mat\u00e9riels dans une vraie transparence. La reddition de compte est le premier devoir d&#8217;un administrateur d&#8217;une institution marianiste. <sup>48<\/sup><\/p>\n<h3 id=\"mise-en-reseau\" >Mise en r\u00e9seau<strong>\u00a0<\/strong><\/h3>\n<p>Par nature, les institutions marianistes ne restent pas isol\u00e9es<sup>49<\/sup>. Bien que diverses, du fait de leur contribution \u00e0 la m\u00eame mission marianiste, elles constituent tout naturellement un r\u00e9seau\u00a0compl\u00e9mentaire. Elles s&#8217;efforcent donc de rester en relation, de se soutenir les unes les autres et de constituer un r\u00e9seau de solidarit\u00e9 atour du monde.<\/p>\n<blockquote><p><em>Ce qui distingue nos \u00e9coles sont les institutions accessoires dont on s\u2019efforce de les accompagner partout\u2026\u00a0<\/em><sup>50<\/sup><\/p><\/blockquote>\n<h3 id=\"option-pour-les-pauvres\" >Option pour les pauvres<\/h3>\n<p><em>\u201cLe Royaume de Dieu et l\u2019exp\u00e9rience de la pauvret\u00e9 ne peuvent se s\u00e9parer. C\u2019est \u00e0 partir du pauvre et avec le pauvre que Dieu va construire le Royaume.\u201d\u00a0<\/em><sup>51<\/sup><\/p>\n<p>L&#8217;appel lanc\u00e9 aux marianistes et \u00e0 tous leurs associ\u00e9s \u00e0 vivre l&#8217;Evangile de J\u00e9sus est un appel \u00e0 contribuer \u00e0 l&#8217;\u00e9dification du Royaume de Dieu, aujourd&#8217;hui, l\u00e0 o\u00f9 nous sommes. Leur capacit\u00e9 \u00e0 agir ainsi est en rapport direct avec leur capacit\u00e9 \u00e0 rejoindre les pauvres et \u00e0 orienter les ressources mat\u00e9rielles et personnelles disponibles pour l&#8217;am\u00e9lioration de leur sort\u00a0:<\/p>\n<p><em>Sensibles \u00e0 la souffrance et \u00e0 la mis\u00e8re de nos semblables, nous cultivons un amour particulier pour les pauvres, partageant nos ressources et utilisant nos talents personnels pour participer avec eux \u00e0 la construction d&#8217;un monde plus juste et plus fraternel. <\/em><sup><em>52<\/em><\/sup><\/p>\n<h2 id=\"biens-spirituels\" >Biens spirituels<\/h2>\n<h3 id=\"le-systeme-des-vertus-53\" >Le syst\u00e8me des vertus <sup>53<\/sup><\/h3>\n<p>Pour le bienheureux Chaminade, l&#8217;union et la conformit\u00e9 au Christ n&#8217;\u00e9tait pas un but inaccessible. La transformation \u00e0 la ressemblance de J\u00e9sus est au bout de nos doigts, accessible. Pour nous aider dans cette transformation, et accompagner le syst\u00e8me institutionnel des Trois Offices, le bienheureux Chaminade a propos\u00e9 un ensemble d'&#8221;exercices&#8221; spirituels pour pratiquer et endosser les vertus de J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me des vertus est un syst\u00e8me \u00e9volutif qui comprend : les vertus de pr\u00e9paration qui conduisent \u00e0 la connaissance et \u00e0 la ma\u00eetrise de soi; les vertus de purification qui nous r\u00e9v\u00e8lent et nous font surmonter nos faiblesses et nos manques; et les vertus de consommation qui nous font acqu\u00e9rir un fort sentiment int\u00e9rieur de libert\u00e9, ce qui nous permet de nous consacrer plus intens\u00e9ment au service de la mission.<\/p>\n<p>Les vertus sont des principes int\u00e9rieurs, qui r\u00e9gulent non seulement nos relations avec Dieu, mais mod\u00e8lent aussi notre relation avec nos fr\u00e8res et la cr\u00e9ation.<sup>54<\/sup> Vues ainsi, elles constituent une ressource importante pour le d\u00e9veloppement spirituel des Marianistes et de leurs associ\u00e9s.<\/p>\n<h3 id=\"sous-le-patronage-de-saint-joseph-55\" >Sous le patronage de Saint Joseph <sup>55<\/sup><\/h3>\n<p>Saint Joseph occupe une place de choix chez les Marianistes. Epoux de Marie, il a particip\u00e9 de pr\u00e8s avec elle au plan r\u00e9dempteur de Dieu en donnant J\u00e9sus au monde. Le bienheureux Chaminade affirme que Saint Joseph, \u00e0 cause de l&#8217;alliance intime qu&#8217;il partageait avec Marie, est entr\u00e9 dynamiquement dans toute l&#8217;exp\u00e9rience et la f\u00e9condit\u00e9 de la relation de Marie avec le Dieu trinit\u00e9. Ainsi, la d\u00e9votion marianiste pour lui conduit naturellement \u00e0 un engagement plus fort envers Marie et son fils J\u00e9sus. Le bienheureux Chaminade regardait Saint Joseph comme le second patron de la Soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le bienheureux Chaminade parlait souvent de Saint Joseph \u00e0 ses disciples dans ses conf\u00e9rences et ses hom\u00e9lies. Pour le bienheureux Chaminade, il \u00e9tait un exemple hors pair d&#8217;humilit\u00e9, de prudence, de jugement, de patience, de fid\u00e9lit\u00e9 et d&#8217;ob\u00e9issance \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.<sup>56<\/sup> Il exhortait ses disciples \u00e0 imiter ces vertus de Saint Joseph, personnellement et en communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;\u00e9tait le souci paternel de Saint Joseph pour la Sainte Famille qui inspira au bienheureux Chaminade sa d\u00e9votion \u00e0 Saint Joseph, au point qu&#8217;il prit son nom pour en faire le sien propre. Du coup, chacun des sup\u00e9rieurs g\u00e9n\u00e9raux qui lui ont succ\u00e9d\u00e9 ajoute \u00e0 son nom propre celui de Saint Joseph, comme le prescrivent les Constitutions. De ce fait, en assumant l&#8217;office de Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et le souci minist\u00e9riel de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, il r\u00e9percute l&#8217;attention de Saint Joseph envers la Sainte Famille.<\/p>\n<p>A travers ce qu&#8217;il a \u00e9t\u00e9 et ce qu&#8217;il a fait toute sa vie pour Marie et J\u00e9sus, Saint Joseph nous donne l&#8217;exemple du chemin \u00e0 suivre pour r\u00e9pondre \u00e0 la mission. Saint Joseph devient alors un mod\u00e8le pour l&#8217;action individuelle et collective des marianistes et de ceux qui leur apportent leur aide au sein des institutions marianistes.<\/p>\n<h1 id=\"notes\" >NOTES<\/h1>\n<ol>\n<li>On peut trouver ce travail \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.marianist.org\/\">www.marianist.org,<\/a> section documents<\/li>\n<li>Guillaume Joseph Chaminade (1761-1850), \u00e9tait un pr\u00eatre du dioc\u00e8se de Bordeaux, France. Il fonda les Congr\u00e9gations mariales (communaut\u00e9s la\u00efques) et la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Avec Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on, il fonda les Filles de Marie Immacul\u00e9e (FMI). Aujourd&#8217;hui, la Famille marianiste comprend les Communaut\u00e9s la\u00efques marianistes, les Filles de Marie Immacul\u00e9e, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et l&#8217;Alliance mariale. Le P. Chaminade a \u00e9t\u00e9 b\u00e9atifi\u00e9 par le Pape Jean Paul II le 3 septembre 2000.<\/li>\n<li>Cf. Geert Hofstede (1980, 2001), <em>Cultures Consequences<\/em>, Sage Publications, Thousand Oaks.<\/li>\n<li>Cf. David Lewis (2001), <em>The Management of Non-Governmental Organizations<\/em>, Routledge, London. Daniel Wren (2004), <em>The History of Management Thought<\/em>, Wiley &amp; Sons, Hoboken.<\/li>\n<li>S M. Guiot, SM pour son <em>Manuel de l\u2019\u00c9conome, <\/em>et le livre qui lui a succ\u00e9d\u00e9, le <em>Guide de l\u2019\u00c9conome <\/em>utilise comme cadre de son travail la d\u00e9finition que donne Fayol pour les fonctions d&#8217;un administrateur.<\/li>\n<li>Le syst\u00e8me des Trois Offices de Chaminade, reproduit \u00e0 travers toute la Famille marianiste, est une approche &#8220;syst\u00e9mique&#8221; des structures organisationnelles. Pour que la mission soit accomplie, les composants doivent travailler de concert, dans une structure unifi\u00e9e assez souple pour s&#8217;adapter \u00e0 la diversit\u00e9 des composants et des membres.<\/li>\n<li>Cf. Peter Drucker (1990), <em>Managing the Non-Profit Organization: Principles and Practices<\/em>, HarperCollins, New York.<\/li>\n<li>Voir Steven Neiheisel, PhD, (2009), <em>Characteristics of Marianist Administration.<\/em><\/li>\n<li>Cf. le Conseil pontifical pour la justice et la paix (2004), <em>Compendium de la Doctrine sociale de l&#8217;Eglise<\/em>, Libreria Editrice Vaticana, Vatican City; Peter J. Henriot, et. al. (1985), <em>Catholic Social Teaching: Our Best Kept Secret<\/em>, Orbis Books, Maryknoll, New York; and Paul Devitt, \u201cThemes of Catholic Social Teaching\u201d, Archdiocese of Canberra, <a href=\"http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129\">http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129.<\/a><\/li>\n<li>Voir Paul Devitt, \u201cThemes of Catholic Social Teaching\u201d, Archdiocese of Canberra, <a href=\"http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129\">http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129.<\/a><\/li>\n<li>Paul Devitt, \u201cThemes of Catholic Social Teaching\u201d, Archdiocese of Canberra,<a href=\"http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129\"> http:\/\/www.cg.catholic.org.au\/services\/default.cfm?loadref=129.<\/a><\/li>\n<li>Steven Neiheisel, PhD, 2009: 2.1-2.2.<\/li>\n<li>cf. Manuel J. Cort\u00e9s, SM, 2007, <em>L&#8217;esprit de la Soci\u00e9t\u00e9 est l&#8217;esprit de Marie<\/em>, Circulaire 1: 10-11.<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de vie<\/em>, 9, 3S<\/li>\n<li><em>Constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie <\/em>1s91: n\u00b0 6.<\/li>\n<li>Guillaume Joseph Chaminade, 1s42(?), <em>Lettres<\/em>, n\u00b0 1269,<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de vie <\/em>2007: n\u00b0 1.<\/li>\n<li>Cf. John A. McGrath, SM, (2003), <em>Reading the Signs of the Times, Speaking to a Changing World<\/em>, AGSM, Roma: 9.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009 : 6.<\/li>\n<li>Chaminade, 1s19, <em>Lettres<\/em>, n\u00b0 110; Les titres actuels des offices, selon les langues, sont la vie religieuse (z\u00e8le), l&#8217;\u00e9ducation (instruction) et le Temporel (travail)<\/li>\n<li>\u201c \u2026les trois offices sont explicitement identifi\u00e9s comme les trois soucis apostoliques du Christ auxquels tout Marianiste doit \u00eatre amen\u00e9 \u00e0 participer \u201d, Totten, John SM, 1968, <em>The Three Categories and the Aggiornamento<\/em>, \u00a7S.<\/li>\n<li>In Ambrogio Albano, SM (ed), <em>1988, Dictionnaire de la R\u00e8gle de Vie Marianiste, Publications \u201cCEMAR\u201d, Rome: 594.<\/em><\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie<\/em>, 7.16.<\/li>\n<li>M\u00eame si la responsabilit\u00e9 des Trois Offices a \u00e9t\u00e9 formellement appliqu\u00e9e aux conseils et a servi de structure, il n&#8217;y a pas toujours eu, au cours de l&#8217;histoire de la Soci\u00e9t\u00e9, un rapport de un sur un entre les assistants et les trois offices. (pour plus de d\u00e9tails, voir l&#8217;article du P. Stefanelli sur les Trois offices, cit\u00e9 plus haut).<\/li>\n<li>Si ce nombre total (des conseillers) est impair, la diff\u00e9rence (entre pr\u00eatres et la\u00efcs) ne peut exc\u00e9der une unit\u00e9. RV, 7.96).<\/li>\n<li>Une pratique suivie m\u00eame du temps du bienheureux Chaminade. Chaminade, 1835, <em>Lettres<\/em>, n\u00b0. 781.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 4.1.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 4.2.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 4.3.<\/li>\n<li>Chaminade 1s24, <em>Lettres<\/em>, n\u00b0. 300. Voir aussi le n\u00b0 301 dans laquelle le bienheureux Chaminade donne au P. Caillet des instructions sur la mani\u00e8re d&#8217;exercer l&#8217;autorit\u00e9.<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie <\/em>:101; Neiheisel 2009: 7.<\/li>\n<li><em>Voir R\u00e8gle de Vie<\/em>, chapitre 7.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 4.7.<\/li>\n<li><em>Constitutions <\/em>1s39: n\u00b0 267.<\/li>\n<li><em>Constitutions <\/em>1s39: n\u00b026s.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 7.<\/li>\n<li>Voir <em>R\u00e8gle de Vie: <\/em>S.S, S.11.<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie<\/em>: 67<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie<\/em>: 4S<\/li>\n<li>Albano 1994: 46.<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie<\/em>: 7.1<\/li>\n<li>Voir Chaminade 1816, <em>Lettres<\/em>, n\u00b0. 76<\/li>\n<li>Chaminade 1s24, <em>Lettres<\/em>, n\u00b0.301.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 5-6.<\/li>\n<li>Neiheisel 2009: 5.3.1.<\/li>\n<li>Cf. <em>R\u00e8gle de Vie: <\/em>28.<\/li>\n<li>Directoire g\u00e9n\u00e9ral des finances: 10.<\/li>\n<li>Directoire g\u00e9n\u00e9ral des finances: 12.<\/li>\n<li>Cf. Chaminade 1s33, <em>Lettres<\/em>, no. 694.<\/li>\n<li><em>L\u2019Esprit de notre Fondation <\/em>III, p. 106 \u00a791 cit\u00e9 dans Ferree 1966: 133.<\/li>\n<li>Cano-Manuel in Albano (ed) 1988: 679.<\/li>\n<li><em>R\u00e8gle de Vie<\/em>: 27.<\/li>\n<li>Pour approfondir, voir Hakenewerth, SM (1986), <em>Growing in the Virtues of Jesus: The Marianist Method of Virtues for use in groups <\/em>et Quentin Hakenewerth, SM (1997), <em>The Grain of wheat: Dynamics of spiritual growth.<\/em><\/li>\n<li>voir Hospital dans Albano (ed) 1994: art 49<\/li>\n<li>Pour approfondir voir Piero Ferrero, SM (2000), <em>San Giuseppe nella Tradizione Marianista<\/em>, Roma. et Javier Anso, SM (2006), Allez \u00e0 Joseph,\u00a0\u00a0 SM Three Offices N\u00b0. 115, Rome.<\/li>\n<li>Cf. <em>Notes d\u2019Instruction <\/em>IV, p. 115.<\/li>\n<\/ol>\n<h1 id=\"references-et-litterature-complementaire\" >R\u00e9f\u00e9rences et litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire<\/h1>\n<p>Ecrits et Paroles du Bienheureux Guillaume Joseph Chaminade:<br \/>\n<em>Ecrits et Parole <\/em>(1994), Edizione Piemme, Vercelli, Italia.<br \/>\n<em>Chaminade Legacy <\/em>(2006), North American Center for Marianist Studies, Dayton.<br \/>\nDocuments de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie:<br \/>\n<em>R\u00e8gle de Vie de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, 1983 (\u00e9dition 2010)<br \/>\n<\/em>Albano, A. (19ss) <em>Dictionnaire de la R\u00e8gle de Vie marianiste<\/em>, CEMAR, Rome.<br \/>\n<em>Caract\u00e9ristiques de l&#8217;Education marianiste (<\/em>1991) <em>Characteristics of Marianist Universities <\/em>(1999)<br \/>\n<a href=\"http:\/\/marianistuniversities.org\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Characteristics-of-Marianist-\">[http:\/\/mari<\/a>a<a href=\"http:\/\/marianistuniversities.org\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Characteristics-of-Marianist-\">nistuniversities.org\/wp-content\/uploads\/2013\/02\/Characteristics-of-Marianist-<\/a> Universities.pdf]<br \/>\n<em>Constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie <\/em>(1s39) (Dans <em>Ecrits et Paroles Tome VI, doc. n\u00b0 28)<br \/>\n<\/em>Ferree, W. (1963), <em>Seminar on Administration in the Society of Mary<\/em>, Marianist Publications, Dayton.<br \/>\nLandolfi, P. (ed) (1964), <em>Texts of Capital Importance in a Synthesis of Father Chaminade\u2019s Thought<\/em>, Marianist Publications, Dayton.<br \/>\nFerree, W. (1966), <em>Texts of Capital Importance in a Synthesis of Father Chaminade\u2019s Thought: Part II<\/em>, Marianist Publications, Dayton.<br \/>\nHoffer, P. (19S9), <em>Guide for Religious Administrators<\/em>, Bruce Publishing Company, Milwaukee. Guiot, J. (194s), <em>Manuel de l\u2019\u00c9conome de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie<\/em>, AG, Nivelles.<br \/>\nGuiot, J. (19S6), <em>Guide de l\u2019\u00c9conome et de l\u2019Administrateur de Collectivit\u00e9<\/em>, Centre de Documentation Scolaire, Paris.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[104],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-434","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-organisation"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/434"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=434"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/434\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":450,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/434\/revisions\/450"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=434"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=434"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=434"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}