{"id":360,"date":"2015-05-18T18:49:16","date_gmt":"2015-05-18T17:49:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=360"},"modified":"2016-02-03T18:22:59","modified_gmt":"2016-02-03T17:22:59","slug":"la-femme-de-lalliance","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/la-femme-de-lalliance\/","title":{"rendered":"La Femme de l\u2019Alliance"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"quand-dieu-fait-un-reve\" >Quand Dieu fait un r\u00eave<\/h1>\n<p><strong>&#8220;DIEU EST AMOUR&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Avec ces trois mots, Saint Jean a \u00e9crit la phrase la plus inou\u00efe jamais prononc\u00e9e. Un Paul Val\u00e9ry y a vu l&#8217;illumination au soir de sa vie.<\/p>\n<p>Pour les th\u00e9ologiens, Dieu est &#8220;simple&#8221; c&#8217;est \u00e0 dire qu&#8217;on ne peut ni le fragmenter, ni l&#8217;analyser. N&#8217;importe quelle pi\u00e8ce de la &#8220;machine-Dieu&#8221; est Dieu tout entier&#8230; On ne peut le d\u00e9monter pour en aligner sur la table les concepts qui le composent. Certes, nous pouvons regarder Dieu sous divers angles, et lui donner des noms vari\u00e9s: &#8220;mis\u00e9ricorde&#8221;, &#8220;cr\u00e9ateur&#8221;, &#8220;justice&#8221;, voire &#8220;ch\u00e2timent&#8221;&#8230;. Tous ces qualificatifs ne peuvent que redire d&#8217;une autre fa\u00e7on le mot &#8220;amour&#8221; et lui \u00eatre rigoureusement coextensif.<\/p>\n<p>Quand nous oublions cette d\u00e9finition fondamentale, nous mettons une idole en face de nous; nous ne rencontrons plus notre Dieu, tel qu&#8217;il a voulu se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 l&#8217;homme.<\/p>\n<p><strong>DIEU EST DONC COMMUNICATION<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e9poussi\u00e9rons le vocable &#8220;amour&#8221; de toute &#8220;sous-marque&#8221; trompeuse. Pour aimer, il faut \u00eatre plusieurs, et il y a amour dans la mesure o\u00f9 l&#8217;un se donner gratuitement \u00e0 un autre. L&#8217;\u00e9change amoureux est une co-cr\u00e9ation r\u00e9ciproque.<\/p>\n<p>Nos mots sont impuissants et trompeurs pour le dire. Les &#8220;amoureux&#8221; de la terre recourent aux images, aux cadeaux, aux fleurs, \u00e0 la po\u00e9sie, \u00e0 la chanson, \u00e0 la musique, au dessin&#8230; Leur langage parle au-del\u00e0 des mots. Souvent d&#8217;ailleurs tous ces &#8220;vocabulaires&#8221; invent\u00e9s n&#8217;ont de signification que pour eux , et c&#8217;est l&#8217;essentiel. Peu importe que ceux du dehors les trouvent ridicules ou attendrissants, selon leur a priori\u00a0\u00a0: ils n&#8217;y comprennent rien.<\/p>\n<p>Alors, quand il s&#8217;agit de dire l&#8217;amour qui est Dieu avec les mots de la terre, les hommes sont bien impuissants&#8230; Les mystiques inventeront un langage symbolique; les hommes ordinaires se contenteront d&#8217;extrapoler \u00e0 partir de leur exp\u00e9rience d&#8217;hommes et de femmes; les th\u00e9ologiens, eux, ont cr\u00e9\u00e9 tout un attirail de mots et de concepts, que nous rassemblons sous le titre de &#8220;myst\u00e8re de la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9&#8221;. Mots et concepts n\u00e9cessaires et en m\u00eame temps trop courts. Notre foi, du &#8220;coeur&#8221; comme de la t\u00eate, a pour noyau la foi au &#8220;Dieu-Trinit\u00e9&#8221; qui est la mani\u00e8re th\u00e9ologique de r\u00e9p\u00e9ter que notre Dieu est &#8220;amour&#8221;.<\/p>\n<p>Le signe de la croix, comme le Credo nous redisent concr\u00e8tement ce Dieu-Trinit\u00e9, ce Dieu-Amour. C&#8217;est \u00e0 cette foi qu&#8217;on reconna\u00eet le chr\u00e9tien.<\/p>\n<p><strong>COROLLAIRE :\u00a0EN DISANT &#8220;CREATION&#8221;, NOUS DISONS &#8220;AMOUR&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Tout ce que nous pouvons &#8220;dire&#8221; de Dieu, ne sera jamais qu&#8217;une mani\u00e8re multiple de d\u00e9cliner cet &#8220;amour&#8221; qu&#8217;il est.<\/p>\n<p>La Cr\u00e9ation est une des manifestations de cet Amour. La Cr\u00e9ation sort du coeur de Dieu, gratuitement, comme une efflorescence de l&#8217;amour que vivent le P\u00e8re, le Fils et l&#8217;Esprit. Et Dieu signe sa cr\u00e9ation en pla\u00e7ant \u00e0 son sommet l&#8217;homme. L&#8217;homme cr\u00e9\u00e9 \u00e0 &#8221; l&#8217; image et \u00e0 la ressemblance&#8221; de Dieu, est cr\u00e9\u00e9 &#8220;homme et femme&#8221;, appel\u00e9 \u00e0 l&#8217;amour. Ainsi, est inscrit dans notre chair le mot par lequel Dieu se dit \u00e9ternellement.<\/p>\n<p><strong>ET DIEU SE MET A REVER<\/strong><\/p>\n<p>Si Dieu est amour, sa relation avec l&#8217;homme ne pourra \u00eatre qu&#8217;amour. Et puisque cette cr\u00e9ature a re\u00e7u, avec l&#8217;empreinte de l&#8217;image de Dieu, la libert\u00e9 et la capacit\u00e9 d&#8217;aimer, Dieu n&#8217;aura qu&#8217;un r\u00eave : que l&#8217;homme Le choisisse, Lui, Dieu, librement, gratuitement, en r\u00e9ponse \u00e0 son amour donn\u00e9 depuis toujours. Dieu, de toute \u00e9ternit\u00e9, est tomb\u00e9 amoureux de l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217;humanit\u00e9 est la fianc\u00e9e que Dieu aime. Infiniment plus riche qu&#8217;elle, Il n&#8217;a qu&#8217;un d\u00e9sir : la combler de Sa richesse, lui faire partager Sa vie, l&#8217;introduire dans Sa maison, faire luire sur son visage la joie qui rayonne dans la Trinit\u00e9.<\/p>\n<p>L&#8217; &#8220;histoire sainte&#8221;, notre histoire, est l&#8217;histoire de cette qu\u00eate obstin\u00e9e, o\u00f9 les esquives et refus de l&#8217;homme n&#8217;ont d&#8217;\u00e9galb0 que la &#8220;fid\u00e9lit\u00e9&#8221; de Dieu. Dieu vient sur les routes de notre terre pour s\u00e9duire la femme avec laquelle il veut sceller une alliance sans repentir.<\/p>\n<p>Sous le titre de &#8220;la femme de l&#8217;Alliance&#8221;, d\u00e9couvrons cette recherche amoureuse, o\u00f9 se situent Marie, l&#8217;Eglise, et au terme, le Christ, mariage indissoluble de Dieu avec l&#8217;Humanit\u00e9.<\/p>\n<h1 id=\"elle-courait-apres-ses-amants-et-moi-elle-moubliait-osee\" >\u00ab\u00a0Elle courait apr\u00e8s ses amants et moi elle m\u2019oubliait\u00a0\u00bb (Os\u00e9e)<\/h1>\n<p><strong>L&#8217;\u00e9ternel prend le risque de l&#8217;histoire<\/strong><\/p>\n<p>Parce qu&#8217;il aime, Dieu ne veut pas s&#8217;imposer \u00e0 l&#8217;homme. Cr\u00e9ateur de sa libert\u00e9, il la respecte jalousement. Il d\u00e9sire le combler, mais Il refuse de s&#8217;accommoder d&#8217;une r\u00e9ponse contrainte, impos\u00e9e par la force.<\/p>\n<p>Dieu se rend vuln\u00e9rable; il lie sa libert\u00e9 supr\u00eame \u00e0 la libert\u00e9 de sa cr\u00e9ature. L&#8217;Eternel immuable entre dans les al\u00e9as de l&#8217;histoire.<\/p>\n<p>Cette histoire o\u00f9, depuis le Paradis perdu, l&#8217;\u00e9lue se d\u00e9robe, revient \u00e0 Celui qui l&#8217;aime, pour retourner bien vite \u00e0 d&#8217;autres amours interdites, cette histoire du combat jamais achev\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 et de la gr\u00e2ce est l&#8217;Histoire Sainte.<\/p>\n<p>&#8220;Il y a au milieu de vous quelqu&#8217;un que vous ne connaissez pas&#8221;&#8230; Cette parole se v\u00e9rifie bien avant l&#8217;Incarnation. C&#8217;est une &#8220;bonne nouvelle&#8221; que Dieu soit au milieu de son peuple, en amoureux qui frappe \u00e0 la porte..! Et pourtant, presque toutes les g\u00e9n\u00e9rations verront en lui un intrus. Dieu ne cesse d&#8217;\u00eatre vu par l&#8217;homme comme celui qui emp\u00eache de vivre&#8230;.Mais rien ne d\u00e9couragera Dieu&#8230;!<\/p>\n<p><strong>Le cadeau de l&#8217;Alliance<\/strong><\/p>\n<p>Dieu veut faire une vraie alliance avec l&#8217;homme. Comme dans un mariage, il y aura &#8220;communaut\u00e9 de biens&#8221;. Dieu n&#8217;a d&#8217;autre cadeau que lui-m\u00eame, puisqu&#8217;il est &#8220;simple&#8221;, non d\u00e9doublable entre ce qu&#8217;il est et ce qu&#8217;il a. Il veut faire participer l&#8217;homme \u00e0 son \u00eatre d&#8217;amour, le rendre capable d&#8217;aimer comme Lui. C&#8217;est pourquoi on parlera d&#8217;un amour &#8220;th\u00e9ologal&#8221;, qui en grec veut dire &#8220;\u00e0 la mani\u00e8re de Dieu&#8221;.<\/p>\n<p>Ce don pr\u00e9cieux porte un nom traditionnel : c&#8217;est la &#8220;gr\u00e2ce&#8221; : le mot d\u00e9signe \u00e0 la fois la gratuit\u00e9, la splendeur, la beaut\u00e9, la bienfaisance, la mis\u00e9ricorde.<\/p>\n<p>Il y a bien des gr\u00e2ces. Lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de ce don, cette gr\u00e2ce est une gr\u00e2ce &#8220;sanctifiante&#8221;, c&#8217;est \u00e0 dire &#8220;d\u00e9ifiante&#8221;, faisant participer \u00e0 la vie m\u00eame de Dieu. Par ce don, l&#8217;homme qui est d\u00e9j\u00e0 la cr\u00e9ature de Dieu, voit son \u00eatre enrichi d&#8217;une dimension divine. Un peu comme une Fabiola, par son mariage avec Baudoin a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9e en &#8220;reine&#8221;, ce qu&#8217;elle ne serait jamais devenue par ses efforts propres&#8230;<\/p>\n<blockquote><p>Dieu a toujours r\u00eav\u00e9 d&#8217;un don inou\u00ef pour sa fianc\u00e9e.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Un \u00e2ne qui n&#8217;a pas soif&#8230;.<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217; \u00e2ne a la r\u00e9putation d&#8217;avoir un prodigieux pouvoir de dire &#8220;non&#8221;. Et l\u00e0 il est redoutable. A qui dit &#8220;non&#8221;, impossible de faire avaler quoi que ce soit. Y compris pour son bien. A moins qu&#8217;on ne recoure \u00e0 la perfusion. C&#8217;est justement ce que Dieu ne voulait pas faire avec l&#8217;homme : l&#8217;ayant cr\u00e9\u00e9 \u00e0 son image, c&#8217;est \u00e0 dire libre, il n&#8217;a pas voulu le traiter en animal.<\/p>\n<p><strong>La longue litanie des &#8220;non&#8221;<\/strong><\/p>\n<p>Et voil\u00e0 le drame : tout don suppose un donateur&#8230; Mais le don n&#8217;aboutit que s&#8217;il y a une main qui s&#8217;ouvre pour l&#8217;accueillir.<\/p>\n<p>Et il y a des mains qui se refusent : orgueil de la cr\u00e9ature qui n&#8217;accepte pas de &#8220;se recevoir&#8221; d&#8217;un autre&#8230; C&#8217;est sans doute le p\u00e9ch\u00e9 d&#8217;Adam. Notre \u00e9poque prom\u00e9th\u00e9enne conna\u00eet bien ce refus, aveugl\u00e9e par l&#8217;\u00e9clat de ses prouesses techniques, dont elle ne voit que des d\u00e9cennies plus tard les m\u00e9faits cach\u00e9s. Nous sommes toujours menac\u00e9s par ce &#8220;non&#8221; brutal.<\/p>\n<p><strong>Mais il est des &#8220;non&#8221; partiels plus subtils et cach\u00e9s&#8230; Nous les ignorons souvent.<\/strong><\/p>\n<p>Un confr\u00e8re, qui avait \u00e9t\u00e9 longtemps \u00e0 Bordeaux, avait un jour offert \u00e0 des amis une excellente bouteille. Il fut remerci\u00e9 chaleureusement. Et pourtant, il fut meurtri. &#8220;Ils ont bu cette bouteille comme du vulgaire picrate&#8221;. Il avait fait cadeau d&#8217;une bouteille prestigieuse, et pour lui, c&#8217;\u00e9tait un don merveilleux. Mais les amis n&#8217;ont re\u00e7u qu&#8217;un cadeau ordinaire, mesquin&#8230; Car l&#8217;essentiel n&#8217;en n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 &#8220;appr\u00e9ci\u00e9&#8221; Une bouteille \u00e0 peine am\u00e9lior\u00e9e d&#8217;un &#8220;vin de divers pays de la communaut\u00e9 europ\u00e9enne&#8221; , avec un bel emballage, aurait produit le m\u00eame effet. Est perdue la marchandise, et tout l&#8217;amour du ma\u00eetre de chai qui avait &#8220;\u00e9lev\u00e9&#8221; ce vin avec amour et une exp\u00e9rience consomm\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Il faut une longue \u00e9ducation pour dire des &#8220;oui&#8221; vrais et entiers.<\/strong><\/p>\n<p>Offrir un magnifique disque laser \u00e0 un enfant ne veut rien dire si on ne l&#8217;a pas \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 aimer la musique et \u00e0 la savourer.<\/p>\n<p>Offrir un livre d&#8217;un prix Nobel de litt\u00e9rature, c&#8217;est bien&#8230; Mais si on me l&#8217;offre en &#8220;japonais&#8221;, on ne me donne qu&#8217;un tas de papier avec des signes dont je peux sans doute appr\u00e9cier le caract\u00e8re esth\u00e9tique, mais dont le message et l&#8217;enchantement me seront \u00e0 jamais \u00e9trangers.<\/p>\n<p>Sur notre terre, combien d&#8217;amours sont donn\u00e9es&#8230; Beaucoup&#8230; Mais combien sont re\u00e7ues, int\u00e9gralement re\u00e7ues, selon toute leur dimension et leur profondeur? Bien peu sans doute, et il n&#8217;est pas de trop de toute une vie de couple pour que se creuse dans le conjoint le nid dans lequel cet amour pourra un jour se blottir selon sa totalit\u00e9, \u00e0 tout le moins, avec une densit\u00e9 plus grande. Et combien de divorces ont-ils pour cause un amour qui n&#8217;a cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre rabot\u00e9, incompris, mutil\u00e9 parce que re\u00e7u uniquement par la superficie, la peau, l&#8217;ext\u00e9rieur ?<\/p>\n<p><strong>Dieu, p\u00e9dagogue de son peuple<\/strong><\/p>\n<p>Dieu va donc faire l&#8217;\u00e9ducation de son peuple, lui apprendre patiemment \u00e0 ouvrir la main, l&#8217;esprit, le coeur au don qu&#8217;il veut lui faire. Dieu va apprendre \u00e0 son peuple \u00e0 parler sa langue, celle de l&#8217;amour.<\/p>\n<p>Pendant des g\u00e9n\u00e9rations, il l&#8217;avertit de ne pas chercher un salut de pacotille dans le confort mat\u00e9riel, la ressemblance aux autres nations, la puissance qui permet de conqu\u00e9rir les autres et de leur imposer ses lois&#8230;<\/p>\n<p>Et se r\u00e9v\u00e8lent des coeurs merveilleux : No\u00e9, Mo\u00efse, David&#8230; Et tant d&#8217;autres modestes, dont quelques noms nous sont venus : Ruth, Anne&#8230;<\/p>\n<p>Mais c&#8217;\u00e9tait finalement son Fils qu&#8217;Il voulait nous donner&#8230; Sans doute bien des filles d&#8217;Isra\u00ebl auraient \u00e9t\u00e9 heureuses de porter le Messie promis&#8230; Mais est-ce bien le Messie de Dieu qui serait n\u00e9&#8230; Ou plut\u00f4t un Messie tronqu\u00e9, mutil\u00e9, parce que re\u00e7u selon une petite dimension, dans la mesquinit\u00e9 d&#8217;un d\u00e9sir trop court ?<\/p>\n<p>L&#8217; attente de l&#8217;Ancien Testament s&#8217;est allong\u00e9e certes de toutes les impasses des p\u00e9ch\u00e9s&#8230; Elle a \u00e9t\u00e9 aussi pour l&#8217;humanit\u00e9 le temps de la croissance, jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;elle devienne nubile pour son Dieu.<\/p>\n<h1 id=\"un-oui-cristallin\" >Un \u00ab OUI \u00bb cristallin<\/h1>\n<p><strong>Notre coeur est fait pour Toi&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Dieu en a fait des tentatives aupr\u00e8s de notre humanit\u00e9&#8230;. Il en a re\u00e7u des &#8220;oui&#8221;, &#8230; si vite oubli\u00e9s. Car l&#8217;homme a toujours r\u00eav\u00e9 de conqu\u00e9rir le ciel \u00e0 la force de ses poignets. Dieu nous dit que cette conqu\u00eate nous \u00e9chappe : elle est hors de notre port\u00e9e, parce qu&#8217;elle est hors de notre nature. Mais Il en a mis la nostalgie au fond de notre coeur, et ce que notre nature est incapable de conqu\u00e9rir , elle peut le recevoir d&#8217;un amour qui le lui offre : &#8220;Tu nous as fait pour toi, Seigneur, et notre \u00e2me est sans repos, tant qu&#8217;elle ne repose en toi&#8221;, dit St Augustin.<\/p>\n<p>Le &#8220;Paradis&#8221;, qui n&#8217;est autre que l&#8217;amour transformant de Dieu, ne peut-\u00eatre objet de conqu\u00eate. Il est donn\u00e9 gratuitement \u00e0 qui s&#8217;ouvre pour le recevoir.<\/p>\n<p><strong>Une aube dans la nuit<\/strong><\/p>\n<p>Le &#8220;Peuple de Dieu&#8221; est humili\u00e9; ses &#8220;rois&#8221; ont \u00e9t\u00e9 prisonniers, le temple d\u00e9truit, et le nouveau n&#8217;a rien de la splendeur que lui avait donn\u00e9e Salomon. Les chefs n&#8217;ont confiance qu&#8217;en des alliances humaines, o\u00f9 ils sont bern\u00e9s et tromp\u00e9s au gr\u00e9 des remous de l&#8217;histoire.<\/p>\n<p>Restent les &#8220;petits&#8221;, le bas-peuple, qui subit et souffre. La Bible les appelle les &#8220;Anawim&#8221;, les &#8220;ch\u00e9tifs&#8221;. La vie leur a durement appris \u00e0 ne pas faire de r\u00eave d&#8217;ambition conqu\u00e9rante. Ils font \u00e9cho au psaume 130 :<\/p>\n<blockquote><p>Seigneur, mon coeur est sans pr\u00e9tentions,<br \/>\nmes yeux n&#8217;ont pas vis\u00e9 trop haut.<br \/>\nJe n&#8217;ai pas poursuivi ces grandeurs<br \/>\nces merveilles qui me d\u00e9passent<\/p><\/blockquote>\n<p>Le peuple des pauvres, qui se sait entre les mains de Dieu, est enfin pr\u00eat \u00e0 recevoir de Lui la d\u00e9claration bouleversante, l&#8217;invitation aux noces.<\/p>\n<p><strong>Une libert\u00e9 totalement \u00e9panouie<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes libres. C&#8217;est notre fiert\u00e9 et notre revendication. Et pourtant, au fond de nous, qu&#8217;elle est souvent minable cette libert\u00e9! Nous disons bien des &#8220;oui&#8221;, mais si souvent tronqu\u00e9s, r\u00e9ticents, boiteux, mutil\u00e9s. Nous pensons \u00eatre libre quand nous sommes face \u00e0 un choix. En v\u00e9rit\u00e9, ce choix n&#8217;est pas entre deux objets ext\u00e9rieurs \u00e0 nous. Il est en nous, car nous sommes divis\u00e9s, anarchiques. Nous aimons tout et son contraire. Nous choisissons entre deux tendances qui nous portent \u00e0 des objets contradictoires. Nos actes libres sacrifient toujours une partie de notre moi, que nous continuons \u00e0 aimer, m\u00eame si nous nous r\u00e9signons \u00e0 ne pas r\u00e9pondre \u00e0 ses appels.<\/p>\n<p>Nos libert\u00e9s sont le r\u00e8gne du plus fort dans un royaume divis\u00e9. Heureux encore, si le plus fort est le meilleur&#8230;.<\/p>\n<p>Dieu, qui veut \u00eatre choisi sans restriction, va se pr\u00e9parer une fianc\u00e9e au coeur non partag\u00e9, dont la libert\u00e9 sera l&#8217;engagement total d&#8217;un amour sans r\u00e9ticence ni lutte. Par le &#8220;privil\u00e8ge&#8221; de l&#8217;Immacul\u00e9e Conception, Dieu invente le stratag\u00e8mequi permette \u00e0 un \u00eatre de notre racede donner une r\u00e9ponse d&#8217;un seul \u00e9lan, dans un choix joyeux et unique.<\/p>\n<p>Avec ce privil\u00e8ge de l&#8217;Immacul\u00e9e Conception, Marie replante sur notre terre la jeunesse de l&#8217;humanit\u00e9, telle que voulue par Dieu \u00e0 son origine : la libert\u00e9 humaine est redevenue chez elle l&#8217;expression sans restriction de l&#8217;Amour.<\/p>\n<p><strong>La dignit\u00e9 de l&#8217;homme<\/strong><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&#8217;image de Dieu, l&#8217;homme ne cesse de couvrir cette image des rides ou des d\u00e9chirures du p\u00e9ch\u00e9. Au point que souvent il ne croit plus en sa capacit\u00e9 d&#8217;\u00eatre aim\u00e9, ni de lui-m\u00eame, ni des autres.<\/p>\n<p>Or voici qu&#8217;il y a d\u00e9sormais, chez nous et non pas dans un monde autre, une femme de notre race en qui libert\u00e9 et amour peuvent grandir jusqu&#8217;\u00e0 la pl\u00e9nitude. Aupr\u00e8s d&#8217;elle,l&#8217; esp\u00e9rance rena\u00eet : notre nature a la capacit\u00e9 d&#8217;un &#8220;oui&#8221; sans retour \u00e0 Dieu. Nous sommes &#8220;tordus&#8221;, certes, mais &#8220;rectifiables&#8221;. Notre regard sur l&#8217;homme est un regard heureux : tout homme, et nous d&#8217;abord, est &#8220;\u00e9ducable&#8221; \u00e0 l&#8217;amour et au bien.<\/p>\n<blockquote><p>Marie, par son existence m\u00eame, nous rappelle la dignit\u00e9 inali\u00e9nable de l&#8217;homme, qui est d&#8217;\u00eatre ordonn\u00e9 \u00e0 Dieu, et en Lui au bien; et l&#8217;homme a la capacit\u00e9 d&#8217;y atteindre, en d\u00e9pit du p\u00e9ch\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Dieu ne fait pas ombre \u00e0 l&#8217;homme.<\/strong><\/p>\n<p>Privil\u00e8ge de Marie, l&#8217;Immacul\u00e9e Conception, r\u00e9v\u00e8le lumineusement le jeu myst\u00e9rieux qui ne cesse entre le Dieu cr\u00e9ateur et l&#8217;homme. Tout vient de Dieu, et \u00e0 travers le don m\u00eame de Dieu na\u00eet la libert\u00e9 de l&#8217;homme.<\/p>\n<p>Un confr\u00e8re \u00e2g\u00e9 venait de subir une importante op\u00e9ration. A la suite de quoi il s&#8217;\u00e9tait install\u00e9 dans le refus total de se nourrir : les infirmi\u00e8res les plus d\u00e9vou\u00e9es se risquaient-elles \u00e0 lui donner &#8220;la becqu\u00e9e&#8221;, il recrachait sur elles la cuiller\u00e9e qui ne franchissait pas sa glotte. Une amie vient le visiter&#8230; et d&#8217;elle, il accepte la nourriture&#8230; et reprend rapidement go\u00fbt \u00e0 la vie. La d\u00e9cision \u00e9tait en lui&#8230; et pourtant, sans le face \u00e0 face d&#8217;un visage aim\u00e9, son subconscient aurait continu\u00e9 \u00e0 s&#8217;emmurer dans un refus suicidaire. L&#8217;amie lui a donn\u00e9 \u00e0 la fois la nourriture et la capacit\u00e9 de l&#8217;accepter.<\/p>\n<p>Le &#8220;Oui&#8221; vient r\u00e9ellement de Marie, de son coeur \u00e9panoui dans une totale et pleine libert\u00e9 d\u00e8s sa conception. Mais ce &#8220;oui&#8221; de Marie est lui-m\u00eame don de Dieu. C&#8217;est l&#8217;amour de Dieu qui \u00e9veille toutes les puissances de son coeur jeune et &#8220;virginal&#8221;, totalement disponible, et lui donne de s&#8217;ouvrir au don dont il veut la combler.<\/p>\n<p><strong>Le &#8220;oui&#8221; de l&#8217;humanit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>&#8220;Qu&#8217;il me soit fait selon ta parole&#8221;. Marie en donnant sa r\u00e9ponse. donne la r\u00e9ponse que Dieu guettait sur les l\u00e8vres de l&#8217;homme depuis la fin du sixi\u00e8me jour de la cr\u00e9ation. Et lorsque Dieu entend Marie, c&#8217;est toute l&#8217;humanit\u00e9 qui lui r\u00e9pond. Par Marie, notre race dit un &#8220;oui&#8221; d\u00e9finitif \u00e0 Dieu. Nous pouvons nous extraire de ce &#8220;oui&#8221;, en le refusant. Mais a priori, et de toute \u00e9ternit\u00e9, Dieu nous le cr\u00e9dite.<\/p>\n<p>Au matin du monde, Dieu se promenait &#8220;heureux&#8221; au jardin d&#8217;Eden&#8230; D\u00e9sormais, le Seigneur peut &#8220;mettre son plaisir&#8221; en nous; notre terre est redevenue &#8220;l&#8217;\u00e9pous\u00e9e&#8221;. (Isa\u00efe 62,4)<\/p>\n<h1 id=\"il-est-vraiment-de-chez-nous\" >Il est vraiment de \u00ab\u00a0chez-nous\u00a0\u00bb<\/h1>\n<p><em><strong>&#8221; Ces petites crevures&#8230;&#8221;<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Marie-Jo, a\u00een\u00e9e d&#8217;une famille tr\u00e8s nombreuse, accouchait de son premier gar\u00e7on. Elle en aura six&#8230; Dans la m\u00eame chambre une &#8220;fille-m\u00e8re&#8221; qui avait refus\u00e9 de voir son enfant \u00e0 la naissance. Son seul commentaire :<em> &#8221; Et avec \u00e7a, ces petites crevures, \u00e7a vous fait encore mal en arrivant &#8220;&#8230;<\/em><\/p>\n<p>Cet enfant, gar\u00e7on ou fille, je ne sais, est devenu adulte. C&#8217;est un cas limite. N&#8217;oublions pas cependant qu&#8217;un des arguments pour l&#8217;avortement a \u00e9t\u00e9 celui-ci : un embryon n&#8217;est une per\u00acsonne que dans la mesure o\u00f9 il est accept\u00e9, d\u00e9sir\u00e9&#8230; Un enfant non voulu, et qui en a conscience, part mutil\u00e9 dans la vie.<\/p>\n<p><strong>Un enfant accept\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes des enfants accept\u00e9s&#8230; Mais il y a toujours quelque chose en nous qui a d\u00e9plu \u00e0 nos parents: il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 bien que ce f\u00fbt une fille et non un troisi\u00e8me gar\u00e7on; il a les yeux de la grand-m\u00e8re paternelle et le front du grand p\u00e8re, alors que l&#8217;inverse aurait si bien fait.. Sans compter qu&#8217;en grandissant, l&#8217;enfant prend son autonomie, et les parents ne sont pas toujours heureux devant la tournure des choix.<\/p>\n<p>Nul enfant de la terre n&#8217;aura \u00e9t\u00e9 mieux accept\u00e9 et mieux re\u00e7u que J\u00e9sus. Car la M\u00e8re au coeur totalement model\u00e9 sur le projet de Dieu, le re\u00e7oit avec un &#8220;respect&#8221; absolu. Certes, elle a comme toute jeune maman joie \u00e0 le pouponner. Mais ce n&#8217;est pas une super-peluche, un jouet pour elle. Et J\u00e9sus, parce que lui aussi sans p\u00e9ch\u00e9, ne se d\u00e9finit que par sa vocation. Il est homme \u00e0 l&#8217;\u00e9tat pur, sans scorie pour le d\u00e9naturer. Aucun enfant ne se rendra davantage &#8220;\u00e9ducable&#8221; par sa m\u00e8re : \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce myst\u00e8re humain de maternit\u00e9\/filiation, ils sont tous deux tendus vers la r\u00e9alisation la plus profonde de leur vrai moi, le r\u00eave que Dieu fait sur eux.<\/p>\n<p>II s&#8217;agit r\u00e9ellement d&#8217;une terre nouvelle, d\u2019un &#8220;couple nouveau&#8221;, de la souche d&#8217;un peuple neuf.<\/p>\n<p><strong>Notre enfant<\/strong><\/p>\n<p>Puisqu&#8217;\u00e0 la ressemblance de Dieu, l&#8217;homme est par d\u00e9finition m\u00eame &#8220;communautaire&#8221;. Il a son \u00e9panouissement dans la mesure o\u00f9 il est une personne ins\u00e9r\u00e9e dans un peuple. Dieu apporte son salut non \u00e0 chacun pris isol\u00e9ment, niais en constituant un Peuple. Et le peuple trouve gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux par l&#8217;interm\u00e9diaire des &#8220;r\u00e9pondants&#8221; : No\u00e9, Abraham, Mo\u00efse, les Ap\u00f4tres et Pierre.<\/p>\n<p>Cet enfant est totalement int\u00e9gr\u00e9, l&#8217;un de nous. Rien en lui n&#8217;est refus\u00e9. En lui Dieu se rend accessible. &#8220;Ce que nos yeux ont vu, ce que nos mains ont touch\u00e9&#8230;&#8221; dira Saint Jean<\/p>\n<p>Comment la famille d&#8217;un enfant rejet\u00e9 pourrait-elle un jour se r\u00e9clamer de lui dans le besoin ? J\u00e9sus, au contraire, accueilli en notre nom par Marie, est un interlocuteur que Dieu ne pourra plus jamais disqualifier.<\/p>\n<p><strong>Un pont pour l&#8217;\u00e9change<\/strong><\/p>\n<p>Un grand pont suspendu, Tancarville, n&#8217;est solide que dans la mesure o\u00f9 son point d&#8217;ancrage fait bloc avec la rive. J\u00e9sus fait bloc avec Dieu, dont il est le Verbe. Marie l&#8217;a &#8220;ancr\u00e9&#8221; \u00e0 notre terre, d&#8217;un encrage sans fissure. J\u00e9sus fait bloc avec l&#8217;humanit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 la pl\u00e9nitude du &#8220;oui&#8221; de Marie.<\/p>\n<p>Par ce pont va se r\u00e9aliser l&#8217; &#8220;admirable \u00e9change&#8221; chant\u00e9 durant la liturgie de No\u00ebl.<\/p>\n<p>L&#8217;humanit\u00e9, par l&#8217;accueil parfait de Marie avance \u00e0 la rencontre de Dieu, qui dans son r\u00eave d&#8217;amour \u00e9tait l\u00e0 depuis toujours. Les cadeaux sont \u00e9chang\u00e9s : Dieu fait de l&#8217;homme des Fils; la terre donne en retour ce qu&#8217;elle a de meilleur et de plus beau : une humanit\u00e9 d&#8217;homme pour le Verbe de Dieu.<\/p>\n<p>Un pont est construit, pour le &#8220;Passage&#8221;, pour la &#8220;P\u00e2que&#8221; Le Verbe va vivre une naissance, une vie et une mort d&#8217;homme; en la vivant, il va la transmuer. Un fils d&#8217;homme va marquer notre sol de ses traces\u2026 et ce seront les traces de Dieu.<\/p>\n<p><strong>Des noces Ind\u00e9fectibles<\/strong><\/p>\n<p>Ce double &#8220;oui&#8221;, cet \u00e9change de cadeaux, trouvent leur aboutissement en un mariage que rien ne pourra plus casser : celui du Verbe et de l&#8217;homme, dans la personne de J\u00e9sus, &#8220;vrai Dieu et vrai homme&#8221;. Dieu ne reprendra plus jamais son &#8220;oui&#8221;, car les dons de Dieu sont &#8220;sans repentance&#8221;, selon la traduction de Saint Paul par le P. Chaminade (Rmn.11,29). Et le &#8220;oui&#8221; donn\u00e9 par Marie, en notre nom, ne sera jamais repris non plus, car aucune fissure en son coeur ne pourrait r\u00eaver d&#8217;un autre amour que de Dieu.<\/p>\n<p>Avant de se s\u00e9parer par de longs voyages, deux amis brisaient une poterie ; chacun emportait une moiti\u00e9 du &#8220;symbole&#8221;. Des an\u00acn\u00e9es plus tard, l&#8217;enfant de l&#8217;un des deux, muni du morceau qui s&#8217;ajustait, \u00e9tait s\u00fbr de trouver chez l&#8217;autre, ou sa famille, vivre, couvert, protection, amiti\u00e9.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, &#8220;Fils de Dieu est devenu Fils de Marie&#8221; : les deux morceaux du &#8220;symbole&#8221; sont recoll\u00e9s, sans aucun interstice. Dieu et l&#8217;homme ont red\u00e9couvert la connivence d&#8217;avant le p\u00e9ch\u00e9.<\/p>\n<p>J\u00e9sus est &#8220;marial&#8221;, c&#8217;est \u00e0 dire accueilli. Ne voir en lui que l&#8217;acte cr\u00e9ateur de Dieu, en oubliant le &#8220;oui&#8221; de la terre donn\u00e9 par Marie, serait en faire un rejet\u00e9 non voulu. C\u00f4t\u00e9 humanit\u00e9, le pont s\u2019\u00e9croulerait, et le passage serait ferm\u00e9 vers l&#8217;autre rive, celle de notre Avenir.<\/p>\n<h1 id=\"les-deux-matrices\" >Les deux matrices<\/h1>\n<p><strong>Un enfant est con\u00e7u&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;enfant est dans la matrice maternelle. Le processus de la vie est enclench\u00e9&#8230; pas sans la m\u00e8re, mais elle l&#8217;ignore encore. Durant neuf mois, il va se poursuivre : la m\u00e8re offre le nid, le garde sain, chaud. Elle ne peut rien de plus. Le &#8220;projet&#8221; se d\u00e9veloppe selon sa loi propre, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;heure de la naissance, quasiment sans la m\u00e8re.<\/p>\n<p>Pas tout \u00e0 fait\u00a0: si la m\u00e8re ne peut modeler l&#8217;enfant \u00e0 sa guise, elle peut l&#8217;emp\u00eacher de se d\u00e9velopper normalement\u00a0: en fumant, en prenant de la drogue ou certains m\u00e9dicaments, qui risquent de rendre l&#8217;enfant handicap\u00e9.<\/p>\n<p>Sans compter l&#8217;environnement : voir Tchernobyl, par exemple.<\/p>\n<p><strong>Un enfant est n\u00e9&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>Mais il n&#8217;est pas &#8221; achev\u00e9&#8221;, et laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, il mourrait bien vite. Il ne fait, en r\u00e9alit\u00e9, que changer de matrice.<\/p>\n<p>Il est d\u00e9sormais dans la matrice de la famille : l&#8217;attention, l&#8217;amour, la bienveillance du p\u00e8re, de la m\u00e8re, de l&#8217;entourage, sont le nouveau nid qui contribue \u00e0 son d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Et l\u00e0 les parents peuvent beaucoup pour l&#8217;enfant.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 travers ce qu&#8217;il lit sur le visage de sa m\u00e8re, de son p\u00e8re, de ceux qu&#8217;il aime, que l&#8217;enfant appr\u00e9hende le monde, qu&#8217;il se l&#8217;approprie.<\/p>\n<p>C&#8217;est dans cette matrice qu&#8217;il cr\u00e9e la relation avec le prochain; c&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;il devient bienveillant, accueillant aux autres, confiant dans les personnes, audacieux, g\u00e9n\u00e9reux. C&#8217;est l\u00e0 que l&#8217;enfant enregistre ses premi\u00e8res craintes, ses peurs, ses r\u00e9pulsions, ses hargnes, ses rancunes&#8230;<\/p>\n<p>Cette matrice peut, elle aussi, devenir matrice de mort, de handicap, si elle est pollu\u00e9e, si la violence l&#8217;emporte sur l&#8217;amour, ou la crainte de la vie, ou une trop grande mis\u00e8re.<\/p>\n<p>La famille, d&#8217;abord r\u00e9duite \u00e0 l&#8217;univers de la m\u00e8re, du p\u00e8re, s&#8217;\u00e9tend de proche en proche \u00e0 tout le milieu, ceux qui viennent voir l&#8217;enfant&#8230; puis ceux qu&#8217;il voit lui-m\u00eame \u00e0 partir du moment o\u00f9 il est capable de sortir de la maison.<\/p>\n<p>Et de nos jours, la pollution s&#8217;insinue jusque dans la matrice familiale. Les familles ont beau \u00eatre saines, g\u00e9n\u00e9reuses, l&#8217;environnement pollu\u00e9 atteint les enfants.<\/p>\n<p>Paradoxe : alors qu&#8217;un Tchernobyl fait r\u00e9agir tous les peuples civilis\u00e9s, les &#8220;tchernobyls moraux&#8221; ne semblent toucher personne. Et pourtant, ils compromettent plus s\u00fbrement notre avenir que les tchernobyls locaux physiques.<\/p>\n<p><strong>J\u00e9sus, s&#8217;approprie le monde<\/strong><\/p>\n<p>Il se l&#8217;approprie \u00e0 travers deux Saints : Marie, Joseph&#8230; Il ressemble \u00e0 sa m\u00e8re, s\u00fbrement, &#8220;comme deux gouttes d&#8217;eau&#8221;. Mais ni Marie, ni Joseph ne s&#8217;attardent longtemps sur cette ressemblance, \u00e9blouis qu&#8217;ils sont de l&#8217;ascendance myst\u00e9rieuse, infiniment plus r\u00e9elle de Dieu qui cr\u00e9e &#8220;\u00e0 son image&#8221;. Ils voient d&#8217;abord le visage de Dieu se refl\u00e9ter sur cet enfant, cette empreinte ind\u00e9l\u00e9bile.<\/p>\n<p>Oui, c&#8217;est dans le visage \u00e9merveill\u00e9 de Marie, de Joseph, pench\u00e9s sur lui, que J\u00e9sus d\u00e9couvre en sa conscience d&#8217;homme que Dieu est pour lui P\u00e8re.<\/p>\n<p>C&#8217;est encore \u00e0 travers le &#8220;filtre&#8221; de ses parents, que J\u00e9sus va appr\u00e9hender les autres hommes. C&#8217;est Marie qui lui donne ce regard de bienveillance sur les \u00eatres et les choses; c&#8217;est Marie qui lui donne le langage pour en parler, pour leur parler, pour les \u00e9couter; c&#8217;est Marie qui lui raconte l'&#8221;Histoire Sainte&#8221; de ce peuple.<\/p>\n<p>Oui, J\u00e9sus est &#8220;marial&#8221; en tout son \u00eatre. Et le monde que s&#8217;approprie J\u00e9sus est lui aussi un monde &#8220;marial&#8221;.<\/p>\n<p><strong>Jusqu&#8217;au p\u00e9ch\u00e9\u2026<\/strong><\/p>\n<p>Le monde de Nazareth, en ce temps, n&#8217;\u00e9tait pas plus parfait que le n\u00f4tre aujourd&#8217;hui. Il \u00e9tait lui aussi marqu\u00e9 par le p\u00e9ch\u00e9. L&#8217;homme J\u00e9sus, le &#8220;sans p\u00e9ch\u00e9&#8221; va croiser le p\u00e9ch\u00e9 tous les jours de sa vie.<\/p>\n<p>Comme Marie, &#8220;la toute graci\u00e9e&#8221;, il sera &#8220;\u00e9tonn\u00e9&#8221; devant le p\u00e9ch\u00e9, ce monde qui lui est absolument \u00e9tranger, avec lequel, contrairement \u00e0 nous, il n&#8217;a aucune connivence, aucune complaisance.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, si proche des hommes, si aimant des hommes, voit dans le p\u00e9ch\u00e9 une mutilation, une blessure, et sa r\u00e9action instinctive est r\u00e9action de piti\u00e9 et de mis\u00e9ricorde. Et par cette mis\u00e9ricorde, le p\u00e9ch\u00e9 devient sien, sans qu&#8217;il en soit lui-m\u00eame appauvri. J\u00e9sus devient pleinement solidaire du p\u00e9cheur, sans devenir p\u00e9cheur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>La &#8220;deuxi\u00e8me matrice&#8221; ancre J\u00e9sus dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanit\u00e9, comme la &#8220;premi\u00e8re matrice&#8221; l&#8217;a ancr\u00e9 dans la nature humaine.<\/p>\n<p>Marie, dont le r\u00f4le \u00e0 l&#8217;origine fut d\u00e9terminant, verra J\u00e9sus devenir de plus en plus autonome, comme toute m\u00e8re vis \u00e0 vis de son enfant. Elle sait, comme le dit un po\u00e8te anonyme, que &#8220;Dieu cr\u00e9e l&#8217;homme comme la mer fait les continents : en se retirant&#8221;, et que la paternit\u00e9 et la maternit\u00e9 humaine se r\u00e9alisent \u00e0 l&#8217;image du sch\u00e9ma cr\u00e9ateur.<\/p>\n<p>Mais elle aura la joie de voir son Fils aborder cette histoire avec le regard dont elle a \u00e9t\u00e9 la p\u00e9dagogue. Entre J\u00e9sus et Marie, il y aura pleine connivence de r\u00e9actions devant le monde.<\/p>\n<p>J\u00e9sus, dans sa culture, comme dans sa nature, est tout entier marial.<\/p>\n<h1 id=\"le-fils-engendre-ses-parents\" >Le fils engendre ses parents<\/h1>\n<p><strong>D&#8217;une famille \u00e0 l&#8217;autre<\/strong><\/p>\n<p>&#8220;Le Fils unique&#8230; est entr\u00e9 dans l&#8217;histoire des hommes par la famille&#8221;, \u00e9crit Jean Paul II. Le Fils du P\u00e8re est devenu &#8220;Fils de l&#8217;homme&#8221;. Mais c&#8217;est le m\u00eame amour du P\u00e8re trinitaire qui l&#8217;a jet\u00e9 dans l&#8217;\u00eatre humain. L&#8217;amour divin, submergeant la terre par cette naissance, la fait entrer dans &#8220;la civilisation de l&#8217;amour&#8221;. Amour et Alliance : dans le sein de Marie, Dieu et l&#8217;humanit\u00e9 se sont \u00e9treints dans un baiser que rien ne pourra d\u00e9sormais plus s\u00e9parer.<\/p>\n<p>J\u00e9sus doit \u00e0 cette famille le fait d&#8217;exister comme homme. &#8220;Dieu remet l&#8217;homme \u00e0 lui-m\u00eame en le confiant en m\u00eame temps \u00e0 la responsabilit\u00e9 de la famille et de la soci\u00e9t\u00e9 &#8220;( Jean Paul II), avec une vocation fondamentale:&#8221;Etre homme&#8221;. &#8220;Dans le dessin de Dieu, la famille est la premi\u00e8re \u00e9cole de l&#8217;\u00eatre homme dans ses diff\u00e9rents aspects. Sois homme !&#8221; (Jean Paul II).<\/p>\n<p>Et cet amour est beau, car il est &#8220;don de Dieu&#8221;. Don r\u00e9ciproque, car Joseph et Marie, donneurs, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, de la vie, en seront aussi les receveurs, comme tout p\u00e8re et m\u00e8re : &#8220;Ma\u00eetres en humanit\u00e9 de leurs propres enfants, \u00e0 cause d&#8217;eux, ils en font eux m\u00eames l&#8217;apprentissage.&#8221; (J.P. II)<\/p>\n<p>Joseph n&#8217;est pas le &#8220;g\u00e9niteur&#8221;. N\u00e9anmoins, par le soin dont il entoure la m\u00e8re et l&#8217;\u00e9ducation qu&#8217;avec elle il va donner \u00e0 J\u00e9sus, il sera lui aussi &#8220;donneur de vie&#8221; : &#8220;L&#8217;\u00e9ducation est un libre don d&#8217;humanit\u00e9, fait par les deux parents : ils communiquent ensemble leur humanit\u00e9 adulte au nouveau-n\u00e9 qui, \u00e0 son tour, leur donne la nouveaut\u00e9 et la fra\u00eecheur de l&#8217;humanit\u00e9 qu&#8217;il apporte au monde&#8221;. (J.P.II). Si Joseph n&#8217;a pas donn\u00e9 la vie, il a contribu\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 J\u00e9sus l&#8217;amour de vivre, le go\u00fbt de vivre, le go\u00fbt de la vie toute remplie du bon go\u00fbt de Dieu.<\/p>\n<blockquote><p>&#8221; C&#8217;est aussi gr\u00e2ce \u00e0 Joseph que le myst\u00e8re de l&#8217;Incarnation et, avec lui, le myst\u00e8re de la Sainte Famille est profond\u00e9ment inscrit dans l&#8217;amour sponsal de l&#8217;homme et de la femme, et, indirectement, dans la g\u00e9n\u00e9alogie de toute la famille humaine. &#8220;(Jean Paul II).<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>La solidarit\u00e9 humaine<\/strong><\/p>\n<p>La vie et ses composantes, l&#8217;image de l&#8217;homme et de la femme inscrite dans la sexualit\u00e9, le tout de l&#8217;\u00eatre humain ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une aventure individuelle. Le tout de l&#8217;homme se r\u00e9alise dans la communion. Et J\u00e9sus d\u00e9couvre l&#8217;homme dans cette communion qu&#8217;est la famille.<\/p>\n<p><em>&#8220;N&#8217;est-il pas le fils du charpentier ? &#8220;<\/em> Imaginons la maison de Joseph : le mobilier et les ustensiles de m\u00e9nage, objets cr\u00e9\u00e9s amoureusement par l&#8217;artisan qui ne s&#8217;est pas r\u00e9sign\u00e9 au fonctionnel pur; les instruments de travail, qui sont plus que des outils pour gagner sa vie, mais les h\u00e9ritages d&#8217;une civilisation; le pot de fleur et la cruche \u00e0 la courbe jolie; la lampe pour la f\u00eate du vendredi soir&#8230;<\/p>\n<p>Par sa famille, J\u00e9sus h\u00e9rite de l&#8217;humanit\u00e9 enti\u00e8re, et s&#8217;irrigue \u00e0 toutes les g\u00e9n\u00e9rations. Le respect de l&#8217;instrument, qui comprend plus d&#8217;intelligence que de mati\u00e8re, l&#8217;humilit\u00e9 du travail bien fait qui nourrit autant d&#8217;estime et de fiert\u00e9 que de pain, les soir\u00e9es villageoises, avec leurs parlottes du soir et les f\u00eates du Shabbat : J\u00e9sus respire \u00e0 plein coeur toute cette vie de l&#8217;homme, la r\u00e9capitule en lui, en fait du divin. Jour apr\u00e8s jour, il \u00e9pouse, la terre et la condition humaine. Avec la famille, avec le village, il c\u00e9l\u00e9brera les grandes heures, et ces heures deviendront histoire sainte, car Dieu y \u00e9tait myst\u00e9rieusement \u00e0 l&#8217;oeuvre. J\u00e9sus, \u00e0 son premier regard, a t\u00e9t\u00e9 l&#8217;\u00e9merveillement de Joseph et de Marie devant la vie; au fil des jours, ses parents boivent l&#8217;\u00e9merveillement de J\u00e9sus devant la gr\u00e2ce de la terre et de l&#8217;humble quotidien. L&#8217;esprit de cette famille transformera cet \u00e9merveillement r\u00e9ciproque en aliment de croissance, de force et de joie pour tous.<\/p>\n<p>C&#8217;est la premi\u00e8re &#8220;Eglise domestique&#8221;, le lieu du don r\u00e9ciproque d&#8217;humanit\u00e9 et de divin. Chacun y re\u00e7oit l&#8217;honneur d\u00fb : Dieu est Dieu et c&#8217;est bien grand; l&#8217;homme est l&#8217;homme, et c&#8217;est bien beau !<\/p>\n<p><strong>La complicit\u00e9\u2026\u00a0!<\/strong><\/p>\n<p>France Qu\u00e9r\u00e9, th\u00e9ologienne et ex\u00e9g\u00e8te protestante, traduit la parole de J\u00e9sus \u00e0 Cana, non pas en &#8220;Qu&#8217;y a-t-il entre toi et moi ?&#8221;, mais en &#8220;Comment as-tu devin\u00e9?&#8221;, soulignant la merveilleuse &#8220;complicit\u00e9, \u00e0 nulle autre \u00e9gale, entre cet enfant et cette m\u00e8re.<\/p>\n<p>Marie a vu et entendu prier J\u00e9sus&#8230; Elle a d\u00e9couvert, boulevers\u00e9e, son &#8220;papa&#8221; \u00e0 Dieu&#8230; J\u00e9sus puise au tr\u00e9fond de Marie, l&#8217;eau de l&#8217;Esprit, qui lui \u00e9tait cach\u00e9e \u00e0 elle-m\u00eame. Il explore en Marie, sa m\u00e8re, une terre qui re\u00e7oit et fait germer laparole qu&#8217;il dit de par Dieu. Comme tout enfant, mais bien au del\u00e0 de tout enfant, J\u00e9sus a fait sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>A la femme qui criera:&#8221;Bienheureux le sein qui t&#8217;a allait\u00e9&#8221;, il r\u00e9pondra : &#8220;Bien plus heureux encore, pour avoir cru&#8221;. L&#8217;inconnue f\u00e9licite Marie pour avoir tant donn\u00e9; J\u00e9sus la f\u00e9licite pour avoir su tant recevoir. Comment mieux traduire cet \u00e9vangile qu&#8217;en adaptant cette phrase emprunt\u00e9e \u00e0 Christian Bobin : &#8220;Ce n&#8217;est pas celui qui donne, mais celle qui re\u00e7oit qui fait la plus grande offrande&#8221;.<\/p>\n<p>Marie toute &#8220;capable&#8221; de Dieu, s&#8217;est laiss\u00e9e fa\u00e7onner par le Fils. J\u00e9sus, avec son P\u00e8re, saura honorer sa m\u00e8re d&#8217;une reconnaissance que nulle \u00e9ternit\u00e9 n&#8217;\u00e9tanchera, puisque c&#8217;est elle qui a fait &#8220;la plus grande offrande&#8221;.<\/p>\n<h1 id=\"aimantee\" >Aimant\u00e9e<\/h1>\n<p><strong>Le myst\u00e8re du Christ<\/strong><\/p>\n<p>Le Christ est venu vivre la condition d&#8217;homme, int\u00e9gralement, de la conception \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Un homme de plus parmi les milliards qui se succ\u00e8dent sur notre terre&#8230; de surcro\u00eet au destin tragique&#8230; ?<\/p>\n<p>Non, car il a v\u00e9cu sa condition d&#8217;homme en &#8220;Fils&#8221; du P\u00e8re. Aucun des instants de sa vie ici-bas o\u00f9 il ait cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre le &#8220;bien-aim\u00e9&#8221; qui se re\u00e7oit et se donne dans un mouvement sans r\u00e9ticence. Sa nature humaine en a \u00e9t\u00e9 sur\u00e9lev\u00e9e, tout au long de la succession de son temps et de son histoire.<\/p>\n<p>Par le dernier acte, la mort, il s&#8217;est d\u00e9pouill\u00e9 totalement, et dans le m\u00eame mouvement il a \u00e9t\u00e9 ressuscit\u00e9 par le P\u00e8re : &#8220;Pour nous, le Christ s&#8217;est fait ob\u00e9issant, jusqu&#8217;\u00e0 la mort, et la mort sur une croix. Voil\u00e0 pourquoi Dieu l&#8217;a \u00e9lev\u00e9 souverainement et lui a donn\u00e9 le Nom qui est au-dessus de tout nom&#8221;. (Phil.2, 8-9)<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, le Christ est pour toujours &#8220;tourn\u00e9 vers le P\u00e8re&#8221;. L&#8217;humanit\u00e9, en Lui, a r\u00e9alis\u00e9 sa transformation en pl\u00e9nitude.<\/p>\n<p><strong>La gr\u00e2ce n&#8217;existe pas&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>&#8230; en soi. Pas plus que n&#8217;existe &#8220;la beaut\u00e9&#8221;, ou &#8220;la vie&#8221;, n&#8217;existe &#8220;la gr\u00e2ce&#8221;en soi. Je peux admirer un &#8220;beau&#8221; coucher de soleil, ou un &#8220;bel&#8221; amandier en fleurs, m&#8217;\u00e9merveiller devant un poulain bien &#8220;vivant&#8221; gambadant dans la p\u00e2ture. Beaut\u00e9 et vie sont des notions abstraites, sans existence r\u00e9elle autre que dans un \u00eatre support.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame de la gr\u00e2ce. La gr\u00e2ce n&#8217;est pas plus une chose ou un \u00eatre en soi que la vie ou la beaut\u00e9.<\/p>\n<p>Mais il existe des \u00eatre &#8220;graci\u00e9s&#8221;. C&#8217;est \u00e0 dire des \u00eatre envahis par l&#8217;amour d\u00e9bordant de Dieu pour eux, transform\u00e9s par cet amour, et entr\u00e9s dans un merveilleux \u00e9change avec Celui qui les aime.<\/p>\n<p>La gr\u00e2ce fait partie des r\u00e9alit\u00e9s &#8220;cr\u00e9\u00e9es&#8221;, c&#8217;est l&#8217;une des donn\u00e9es de la cr\u00e9ation. &#8220;Donn\u00e9e&#8221; et &#8220;cr\u00e9\u00e9e&#8221;, c&#8217;est \u00e0 dire action gratuite et libre de Dieu. Mais, puisqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;amour, elle n&#8217;aura d&#8217;existence r\u00e9elle, cette gr\u00e2ce, que dans la mesure o\u00f9 elle sera &#8220;re\u00e7ue&#8221; par un \u00eatre libre et aimant.<\/p>\n<p>Dans le don de l&#8217;\u00eatre et de la vie, Dieu est &#8220;tout puissant&#8221;, libre enti\u00e8rement de sa cr\u00e9ation. Dans le don de lui-m\u00eame &#8211; cette transformation que nous appelons la gr\u00e2ce &#8211; il est limit\u00e9 par la r\u00e9ponse de l&#8217;\u00eatre cr\u00e9\u00e9 libre qu&#8217;il a voulu \u00e9lever \u00e0 la dignit\u00e9 de partenaire d&#8217;amour.<\/p>\n<p>C&#8217;est l\u00e0 un grand myst\u00e8re et l&#8217;inou\u00ef de la dignit\u00e9 de l&#8217;homme&#8230;. et de sa responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;aimant et l&#8217;aimant\u00e9e&#8230;<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est ici que nous retrouvons Marie. Le myst\u00e8re du Christ serait limit\u00e9 \u00e0 sa propre personne, et par cons\u00e9quent &#8220;avort\u00e9&#8221;, s&#8217;il ne d\u00e9bordait pas sur l&#8217;ensemble de l&#8217;humanit\u00e9 et des hommes.<\/p>\n<p>Par son Fiat, Marie a accueilli J\u00e9sus, comme son Fils; elle l&#8217;a ins\u00e9r\u00e9 dans la g\u00e9n\u00e9ration des hommes; elle l&#8217;a ancr\u00e9 au milieu de nous.<\/p>\n<p>Mais ce Fiat n&#8217;est pas que d&#8217;un jour. La maternit\u00e9 de Marie n&#8217;est pas simplement une &#8220;chiquenaude&#8221; initiale, dont tout le processus ult\u00e9rieur se d\u00e9roulerait sans elle. De l&#8217;instant de la conception, \u00e0 la derni\u00e8re heure, va s&#8217;\u00e9tablir le jeu aimant du don et de l&#8217;accueil, entre la m\u00e8re et l&#8217;enfant; entre le Christ R\u00e9dempteur et la repr\u00e9sentante de l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Le Christ d\u00e8s l&#8217;origine de sa vie devient le &#8220;f\u00e9condeur&#8221; de l&#8217;humanit\u00e9. Marie sera en face de lui la &#8220;f\u00e9cond\u00e9e&#8221;, et aucune semence de Dieu ne sera perdue en elle, \u00e0 cause de la s\u00e9cheresse ou de la mauvaise herbe envahissante.<\/p>\n<p>Marie entre toute enti\u00e8redans le myst\u00e8re d&#8217;alliance. L&#8217;Epoux, le Christ ne cesse de f\u00e9conder l&#8217;Epouse, figur\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Marie. Chacun des &#8220;\u00e9tats du Christ&#8221;, selon une expression de l&#8217;Ecole Fran\u00e7aise de spiritualit\u00e9, chacun des &#8220;myst\u00e8res&#8221; de sa vie, selon la d\u00e9votion du rosaire, est source de gr\u00e2ce pour notre terre. Ces gr\u00e2ces ne sont pas pure abstraction. Elles sont inscrites dans la r\u00e9alit\u00e9 de la transformation et l&#8217;enrichissement continu d&#8217;une cr\u00e9ature humaine, jusqu&#8217;\u00e0 sa pl\u00e9nitude de &#8220;fille de Dieu&#8221;<\/p>\n<p><strong>La gr\u00e2ce est communion et non r\u00e9partition<\/strong><\/p>\n<p>Eliminons l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une sorte de &#8220;capital de gr\u00e2ce&#8221;, acquis par le Christ tout au long de sa vie, dans lequel chacun des chr\u00e9tiens puiserait jusqu&#8217;\u00e0 la fin des si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Le Christ n&#8217;a cess\u00e9 de &#8220;gracier&#8221; notre humanit\u00e9, par chacun des &#8220;myst\u00e8res&#8221; de sa vie, et notre humanit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 graci\u00e9e dans une personne bien concr\u00e8te, Marie. Les Cardinaux Ratzinger et Urs Von Balthasar auront ce beau titre :&#8221;Marie, premi\u00e8re Eglise&#8221;.<\/p>\n<p>Notre salut ne se fait donc pas en prenant chacun un bout du capital de gr\u00e2ce, mais en nous agr\u00e9geant \u00e0 l&#8217;Eglise, en liaison vitale avec Marie, et avec elle en liaison vitale d&#8217;accueil de J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Mariage entre le Christ d&#8217;une part et l&#8217;Eglise d&#8217;autre part. Eglise avec Marie, et tous les chr\u00e9tiens, et nous. Le Christ et l&#8217;Eglise forment un seul corps, dans lequelle Christ \u00e9st la t\u00eate,la vie; et l&#8217;Eglise est le reste du corps, vivifi\u00e9 par la t\u00eate.<\/p>\n<p>Ou si l&#8217;on veut, le Christ est l&#8217;aimant&#8230; et l&#8217;Eglise, l&#8217;aimant\u00e9e&#8230;. Marie, premi\u00e8re Eglise, la premi\u00e8re aimant\u00e9e, mais parce qu&#8217;elle n&#8217;a aucune &#8220;scorie&#8221; en elle, l&#8217;aimantation l&#8217;atteint en tout son \u00eatre. Aimant\u00e9e, elle devient \u00e0 son tour capable d&#8217;aimanter qui se relie \u00e0 elle.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, et d\u00e8s l&#8217;origine, d&#8217;autres seront aussi &#8220;aimant\u00e9s&#8221;, \u00e0 commencer par Joseph, et toutes les \u00e2mes de bonne volont\u00e9 attendant le Messie, puis les ap\u00f4tres, les disciples, les saintes femmes, les premi\u00e8res communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. La &#8220;premi\u00e8re Eglise&#8221; s&#8217;enrichit, se d\u00e9veloppe, s&#8217;universalise.<\/p>\n<p>L&#8217;aimantation de la gr\u00e2ce parcourt l&#8217;ensemble, et le dernier qui s&#8217;adjoint \u00e0 l&#8217;Eglise par le bapt\u00eame, est irrigu\u00e9 du m\u00eame flot de gr\u00e2ce. Mais chacun de nous ne re\u00e7oit ce flot que dans la mesure o\u00f9 les &#8220;scories&#8221; ne g\u00eanent pas son aimantation. Si nous sommes pauvrement aimant\u00e9s, nous ne pourrons passer aux autres une aimantation forte. Nous risquons m\u00eame de faire obstacle au passage.<\/p>\n<p>C&#8217;est la raison pour laquelle chaque chr\u00e9tien, tout en s&#8217;arrimant \u00e0 celui qui l&#8217;aimante, va aussi s&#8217;arrimer dans la &#8220;communion des saints&#8221; aux plus &#8220;aimant\u00e9s&#8221;&#8230;. et tout particuli\u00e8rement \u00e0 Marie. Par une relation directe avec Marie, dans la communion des saints et la pri\u00e8re, chacun de nous entre en contact avec la gr\u00e2ce &#8220;sanctifiante&#8221; &#8211; c&#8217;est \u00e0 dire divinisante &#8211; l\u00e0 o\u00f9 elle est dans sa force originelle, \u00e0 la limite de la capacit\u00e9 d&#8217;une nature cr\u00e9\u00e9e de la recevoir. Ce fut la d\u00e9couverte de beaucoup de saints, et tout particuli\u00e8rement du P. Chaminade et d&#8217;Ad\u00e8le.<\/p>\n<p><strong>Marie &#8211; Eglise<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est l&#8217;Eglise qui est l&#8217;\u00e9pouse; c&#8217;est toute l&#8217;humanit\u00e9 qui est appel\u00e9e \u00e0 devenir l&#8217;\u00e9pouse, &#8220;la femme de l&#8217;Alliance&#8221;.<\/p>\n<p>Dans une cr\u00e9ature, ces \u00e9pousailles sont r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 un degr\u00e9 \u00e9minent, qui ne pourra jamais \u00eatre surpass\u00e9.<\/p>\n<p>Il fallait que ces \u00e9pousailles soient indestructibles, qu&#8217;elles ne disparaissent jamais de notre terre. C&#8217;est pourquoi l&#8217;Eglise nous r\u00e9v\u00e8le que Marie, au terme de son existence terrestre, a \u00e9t\u00e9 combl\u00e9e d&#8217;une nouvelle gr\u00e2ce par Dieu qui l'&#8221;assume&#8221; corps et \u00e2me.<\/p>\n<p>Autrement dit, Marie est pour toujours une &#8220;terrienne&#8221;. Au ciel certes, dans la vision bienheureuse et b\u00e9atifiante de Dieu, mais sur notre terre toujours, avec son corps myst\u00e9rieusement transform\u00e9 par le pouvoir de r\u00e9surrection du Fils.<\/p>\n<p>Par Marie, notre terre est toujours en \u00e9tat d&#8217;accueil du myst\u00e8re de J\u00e9sus dans tout son d\u00e9roulement. A travers Marie, J\u00e9sus est toujours offert \u00e0 notre terre, non seulement \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration de Marie, mais \u00e0 &#8220;toutes les g\u00e9n\u00e9rations&#8221;.<\/p>\n<h1 id=\"qui-donc-est-la-femme-de-lalliance\" >Qui donc est la femme de l\u2019alliance ?<\/h1>\n<p><strong>L&#8217;homme est projet<\/strong><\/p>\n<p>Sorti des mains du Dieu cr\u00e9ateur, l&#8217;homme n&#8217;est pas l&#8217;objet fini fabriqu\u00e9 par un artisan, dont l&#8217;usage serait inscrit rigidement dans son \u00eatre m\u00eame.<\/p>\n<p>L&#8217;homme est &#8220;pr\u00e9destin\u00e9&#8221;. Ecoutons Saint Paul :&#8221; B\u00e9ni soit le Dieu et P\u00e8re de N.S.J.C&#8230;. qui nous a \u00e9lus en lui d\u00e8s avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irr\u00e9prochables sous son regard, dans l&#8217;amour.&#8221; (Eph. 1, 3-4).<\/p>\n<p>Qui &#8220;nous&#8221; ? Pas quelques uns comme le pensaient les Jans\u00e9nistes, mais nous tous et chacun.<\/p>\n<p>Notre avenir c&#8217;est d&#8217;\u00eatre les yeux dans les yeux avec le Dieu d&#8217;amour. Dans notre humanit\u00e9 est grav\u00e9e cette &#8220;marque&#8221; de Dieu que rien ne pourra effacer, qu&#8217;elle soit d\u00e9sir conscient ou nostalgie non reconnue : &#8220;Tu nous as faits pour Toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu&#8217;il ne repose en Toi &#8221; (St Augustin).<\/p>\n<p>Chacun de nous, homme ou femme, est en r\u00e9alit\u00e9 cette jeune fille dont le coeur r\u00eave d&#8217;un \u00e9poux sur lequel elle pourra s&#8217;appuyer en paix.Pour elle, tout le reste de l&#8217;univers n&#8217;a de signification que par rapport \u00e0 ce visage d\u00e9sir\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Un \u00e9poux jaloux<\/strong><\/p>\n<p><strong>Dieu se donne tout entier<\/strong><\/p>\n<p>Il attend le m\u00eame don en retour. Saint Paul, celui du &#8220;malheur \u00e0 moi, si je ne porte la Bonne Nouvelle&#8221;, le missionnaire infatigable contre vents et mar\u00e9es, le conna\u00eet bien ce Dieu dont il se veut l&#8217;instrument : &#8220;J&#8217;\u00e9prouve \u00e0 votre \u00e9gard, \u00e9crit-il aux Corinthiens, autant de jalousie que Dieu. Je vous ai fianc\u00e9s \u00e0 un \u00e9poux unique, pour vous pr\u00e9senter au Christ, comme une vierge pure&#8221; (2 Co.11,2).<\/p>\n<p>Le coeur de l&#8217;\u00e9pouse doit \u00eatre sans partage. L&#8217;amour de Dieu ne pourra s&#8217;y r\u00e9pandre qu&#8217;\u00e0 la mesure de cette int\u00e9grit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Le langage de Dieu<\/strong><\/p>\n<p>Dieu que &#8220;nul n&#8217;a vu&#8221;, &#8220;transcendant&#8221;, comment nous autres allons-nous le r\u00eaver ? Comment allons nous attiser le d\u00e9sir de lui, faire le r\u00eave d&#8217;un amour fou avec lui ?<\/p>\n<p>Avant m\u00eame que les mots ne soient, Dieu a donn\u00e9 \u00e0 l&#8217;homme un langage inscrit dans son corps m\u00eame. Toute la symbolique de la cr\u00e9ation d&#8217;Adam et d&#8217;Eve nous est donn\u00e9e pour dire cet amour de Dieu et y r\u00e9pondre.<\/p>\n<p>Il faudra des si\u00e8cles, et la marche h\u00e9sitante de la r\u00e9v\u00e9lation, jusqu&#8217;\u00e0 la venue d&#8217;un Dieu &#8220;incarn\u00e9&#8221;, qu&#8217;on peut voir et toucher, pour que ce langage nous d\u00e9livre sa signification ultime.<\/p>\n<p>C&#8217;est encore St Paul qui sera le meilleur traducteur :&#8221;Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aim\u00e9 l&#8217;Eglise et s&#8217;est livr\u00e9 pour elle; il a voulu ainsi la rendre sainte&#8230;; il a voulu se la pr\u00e9senter \u00e0 lui-m\u00eame splendide, sans tache, ni ride, sans aucun d\u00e9faut; il a voulu son Eglise sainte et irr\u00e9prochable&#8221;. (Eph. 5,15-28)<\/p>\n<blockquote><p>&#8221; C&#8217;est pourquoi l&#8217;homme quittera son p\u00e8re et sa m\u00e8re, il s&#8217;attachera \u00e0 sa femme, et tous deux ne seront qu&#8217;une seule chair. Ce myst\u00e8re est grand : je d\u00e9clare qu&#8217;il concerne le Christ et l&#8217;Eglise. &#8221; (Eph. 5,31-32).<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>L&#8217;histoire d&#8217;une passion<\/strong><\/p>\n<p>D\u00e8s l&#8217;origine ce rapport d&#8217;amour de Dieu \u00e0 l&#8217;homme se joue entre Dieu et une &#8220;soci\u00e9t\u00e9 humaine&#8221; : le couple Adam\/Eve, le clan d&#8217;Abraham, le peuple conduit par Mo\u00efse. La Femme de l&#8217;Alliance est cet \u00eatre multiple qu&#8217;est l&#8217;humanit\u00e9, enserrant aussi bien l&#8217;\u00e9tendue de l&#8217;espace que la succession des temps. Notre humanit\u00e9 est &#8220;communion&#8221;, et quand elle s&#8217;unit \u00e0 Dieu elle est &#8220;communion des Saints&#8221;.<\/p>\n<p>Mais le drame de l&#8217;homme, dans sa finitude et l&#8217;anarchie de ses d\u00e9sirs, sera d&#8217;oublier l&#8217;\u00e9poux. Dieu plante alors sur notre terre des &#8220;peuples-signes&#8221; et des &#8220;personnages-signes&#8221;. Il seront &#8220;signes&#8221;, en ce sens que la relation &#8220;conjugale&#8221; privil\u00e9gi\u00e9e que Dieu aura avec eux est appel \u00e0 tous les autres peuples et \u00e0 toutes les autres personnes, pour qu&#8217;ils entrent eux aussi dans cette relation d&#8217;amour privil\u00e9gi\u00e9. Ils sont tout au long de l&#8217;histoire la &#8220;femme de l&#8217;Alliance&#8221;.<\/p>\n<p>&#8220;A la fin des temps&#8221;, pr\u00e9par\u00e9e par des mill\u00e9naires de gr\u00e2ces et de r\u00e9ponses humaines h\u00e9sitantes et g\u00e9n\u00e9reuses \u00e0 la fois, viendra la Femme de l&#8217;Alliance \u00e0 un titre in\u00e9gal\u00e9. L&#8217;Epoux trouvera en elle une complaisance rencontr\u00e9e nulle part ailleurs.<\/p>\n<p><strong>Marie-Eglise<\/strong><\/p>\n<p>Autour de Marie, en r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;appel du Christ, se constitue l&#8217;Eglise, le peuple nouveau, la fianc\u00e9e restaur\u00e9e dans la virginit\u00e9 et la fid\u00e9lit\u00e9 originelles.<\/p>\n<p>L&#8217;Eglise &#8211; et Marie dans l&#8217;Eglise &#8211; est la Femme de l&#8217;Alliance. Mais comme le Peuple h\u00e9breu : en \u00e9tant signe pour tous les hommes et tous les peuples.<\/p>\n<p>Et dans cette Eglise, nous qui avons la gr\u00e2ce d&#8217;avoir \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s, d&#8217;avoir re\u00e7u la &#8220;Bonne Nouvelle&#8221;, nous sommes chacun la Femme de l&#8217;Alliance&#8230; Mais nous aussi comme &#8220;signe&#8221;, pour les autres. Epousailles et envoi pour crier la Bonne Nouvelle sont ins\u00e9parables. Mais nous aussi dans la &#8220;communion des saints&#8221;: l&#8217;amour &#8220;sans tache ni ride&#8221; de Marie est aussi le n\u00f4tre&#8230;. Il est notre esp\u00e9rance et la source de notre audace.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[116],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-360","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-alliance-missionnaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/360"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=360"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/360\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":614,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/360\/revisions\/614"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=360"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=360"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=360"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}