{"id":343,"date":"2015-04-21T17:24:29","date_gmt":"2015-04-21T16:24:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=343"},"modified":"2019-05-23T08:08:36","modified_gmt":"2019-05-23T07:08:36","slug":"pretres-exiles-pendant-la-revolution-et-renouveau","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/pretres-exiles-pendant-la-revolution-et-renouveau\/","title":{"rendered":"Pr\u00eatres exil\u00e9s pendant la r\u00e9volution et renouveau \u00e0 partir de l\u2019exemple de G.-J. Chaminade"},"content":{"rendered":"<h5 id=\"pretres-exiles-pendant-la-revolution-et-germes-de-renouveau-a-partir-de-lexemple-de-guillaume-joseph-chaminade\" >Pr\u00eatres exil\u00e9s pendant la r\u00e9volution et germes de renouveau \u00e0 partir de l\u2019exemple de Guillaume\u00a0Joseph\u00a0Chaminade<\/h5>\n<p>L\u2019exemple de Guillaume-Joseph Chaminade, fondateur des Marianistes, illustre assez bien les conditions dans lesquelles s\u2019est accompli le renouveau religieux qui suit la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789.<\/p>\n<p>Avant d\u2019insister sur le cas du p\u00e8re Chaminade, il convient de mettre en lumi\u00e8re plusieurs \u00e9l\u00e9ments du contexte religieux de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<h1 id=\"situation-religieuse-a-lheure-de-la-revolution\" >Situation religieuse \u00e0 l\u2019heure de la R\u00e9volution<\/h1>\n<h2 id=\"lemigration-religieuse-et-ecclesiastique\" >L\u2019\u00e9migration religieuse et eccl\u00e9siastique<\/h2>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9migration politique, s\u2019est produite une \u00e9migration proprement religieuse et eccl\u00e9siastique. Elle est li\u00e9e \u00e0 plusieurs mesures prises d\u00e8s 1790. D\u2019une part l\u2019abolition des v\u0153ux de religion qui atteint donc le clerg\u00e9 r\u00e9gulier et d\u2019autre part la mise en place de l\u2019\u00c9glise constitutionnelle et l\u2019obligation, pour les membres du clerg\u00e9, du serment de fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la \u00e0 la constitution civile du clerg\u00e9. Ceux qui refusent le serment sont dits \u00ab\u00a0r\u00e9fractaires\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0inserment\u00e9s\u00a0\u00bb (\u00e0 la diff\u00e9rence des \u00ab asserment\u00e9s \u00bb qui sont les \u00ab jureurs \u00bb qui ont pr\u00eat\u00e9 serment). Le d\u00e9cret du 27 mai 1792 bannit les pr\u00eatres r\u00e9fractaires et les contraint soit \u00e0 la clandestinit\u00e9 soit \u00e0 l\u2019exil.<\/p>\n<p>Quelques mois plus tard, les massacres de septembre 1792 montrent le danger qui p\u00e8se effectivement sur les personnes et qui ne fait que s\u2019intensifier. La fin de la Terreur au lendemain de la chute de Robespierre (27 juillet 1794) laisse croire \u00e0 une accalmie qui incite effectivement un certain nombre d\u2019\u00e9migr\u00e9s \u00e0 rentrer en France. N\u00e9anmoins, cette accalmie est de courte dur\u00e9e puisque, sous le Directoire, au lendemain du coup d\u2019\u00c9tat de fructidor (4 septembre 1797), s\u2019ouvre une deuxi\u00e8me phase de d\u00e9portation de pr\u00eatres.<\/p>\n<p>Les \u00e9migr\u00e9s se dirigent d\u2019abord dans les r\u00e9gions les plus proches de la France ;\u00a0mais ils sont bient\u00f4t contraints de s\u2019en \u00e9loigner \u00e0 cause de la pression qu\u2019ils subissent de la part des arm\u00e9es r\u00e9volutionnaires. Ils vivent dans une grande pr\u00e9carit\u00e9, non seulement sur le plan mat\u00e9riel, mais aussi sur le plan psychologique, car ils sont souvent mal accept\u00e9s par des populations m\u00e9fiantes \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la France gallicane et r\u00e9volutionnaire. Souvent leur refuge n\u2019est que provisoire car ils sont traqu\u00e9s par les arm\u00e9es r\u00e9volutionnaires, ou victimes de r\u00e9actions de la part des autorit\u00e9s locales. Par exemple, la s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9es est rapidement menac\u00e9e en Belgique, aux Pays-Bas, dans les pays rh\u00e9nans, tandis qu\u2019en Espagne, le gouvernement prend des mesures plus ou moins appliqu\u00e9es, il est vrai, qui imposent aux Fran\u00e7ais de quitter Madrid pour d\u2019autres villes de la p\u00e9ninsule.<\/p>\n<p>Mais ils re\u00e7oivent aussi des aides diverses venant parfois des autorit\u00e9s officielles, souvent des particuliers et des communaut\u00e9s religieuses.<\/p>\n<p>Les communaut\u00e9s religieuses des pays d\u2019accueil ont souvent jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel. En accueillant les religieux fran\u00e7ais, elles leur ont souvent permis de continuer \u00e0 vivre, dans un autre contexte, les exigences de la vie communautaire. Elles ont \u00e9galement parfois re\u00e7u des novices qui ont pu ainsi r\u00e9pondre \u00e0 leurs exigences int\u00e9rieures. Par exemple, \u00e0 Varsovie, il y eut deux grands foyers d\u2019accueil. L\u2019un qui avait une origine fran\u00e7aise: le couvent des B\u00e9n\u00e9dictines du Saint-Sacrement (ou de l\u2019Adoration perp\u00e9tuelle), qui avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1687 \u00e0 partir du couvent de la rue Cassette \u00e0 Paris (fond\u00e9 par Mectilde de Bar). L\u2019autre, g\u00e9ographiquement tr\u00e8s proche, \u00e9tait le couvent des R\u00e9demptoristes, marqu\u00e9 par la personnalit\u00e9 de Cl\u00e9ment-Marie\u00a0Hofbauer qui avait un rayonnement de dimension internationale.<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des religieux, des particuliers viennent \u00e9galement souvent en aide aux \u00e9migr\u00e9s. On peut retenir l\u2019exemple de l\u2019Angleterre o\u00f9 se sont r\u00e9fugi\u00e9s de nombreux pr\u00eatres et religieux, originaires surtout de l\u2019ouest de la France. M\u00eame si la population dans son ensemble est plut\u00f4t r\u00e9ticente \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la vie monastique, un certain nombre de membres de l\u2019aristocratie et de la bourgeoisie ont jou\u00e9 un r\u00f4le non n\u00e9gligeable: en mettant des domaines \u00e0 la disposition des communaut\u00e9s, ils leur ont parfois permis de se reconstituer. Ce fut le cas \u2013 et ce n\u2019est qu\u2019un exemple\u2013 des B\u00e9n\u00e9dictines de Montargis.<\/p>\n<p>On trouve \u00e9galement le cas d\u2019une aide venant d\u2019initiatives officielles. Ainsi, en Suisse, ce sont les autorit\u00e9s cantonales de Fribourg qui mettent \u00e0 la disposition d\u2019Augustin Lestrange, abb\u00e9 de la Trappe de Soligny, une chartreuse abandonn\u00e9e, \u00e0 la\u00a0Valsainte, dans laquelle il s\u2019installe le 1<sup>er<\/sup> juin 1791.<\/p>\n<p>Les aides diverses que re\u00e7oivent pr\u00eatres et religieux \u00e9migr\u00e9s permettent donc un maintien de la vie religieuse qui pr\u00e9pare la reprise post-r\u00e9volutionnaire. Mais il ne s\u2019agit pas d\u2019une reproduction \u00e0 l\u2019identique de ce qui \u00e9tait v\u00e9cu ant\u00e9rieurement car le brassage culturel et spirituel que suppose l\u2019\u00e9migration favorise des approfondissements ou des prises de conscience.<\/p>\n<p>Un exemple suffit \u00e0 illustrer cette remarque ; il s\u2019agit des conditions dans lesquelles s\u2019est fait en France le ralliement \u00e0 la pens\u00e9e d\u2019Alphonse de Liguori 3. Il faut\u00a0rappeler auparavant que ce saint napolitain (1696-1787) fut le fondateur des R\u00e9demptoristes en 1732. Il a eu une grande influence sur l\u2019\u00e9volution de la spiritualit\u00e9 au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Son \u0153uvre ma\u00eetresse est sa Th\u00e9ologie morale: elle lib\u00e8re la conscience du croyant du rigorisme qui pr\u00e9dominait jusque-l\u00e0 et contribue au renouvellement de l\u2019enseignement des s\u00e9minaires sur la pratique du clerg\u00e9 en, mati\u00e8re p\u00e9nitentielle et sacramentelle.<\/p>\n<p>Il a publi\u00e9 \u00e9galement de nombreux opuscules auxquels a puis\u00e9 la spiritualit\u00e9 du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, et qui ont contribu\u00e9 \u00e0 nourrir la d\u00e9votion eucharistique, le culte marial et la pri\u00e8re personnelle. Mais il a fallu \u00e0 peu pr\u00e8s un si\u00e8cle pour que sa pens\u00e9e p\u00e9n\u00e8tre de fa\u00e7on massive en France. Or la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire constitue paradoxalement une \u00e9tape importante de la diffusion de sa doctrine, et pr\u00e9cis\u00e9ment dans\u00a0le contexte de l\u2019\u00e9migration. En effet, alors que la France, marqu\u00e9e par le gallicanisme et le jans\u00e9nisme est jusque-l\u00e0 rest\u00e9e \u00e9trang\u00e8re \u00e0 sa pens\u00e9e, l\u2019Italie et l\u2019Allemagne y sont largement acquises.<\/p>\n<p>Aussi des \u00e9migr\u00e9s dans ces pays en subissent l\u2019influence. C\u2019est le cas notamment des Mazenod en Italie: Charles Antoine de Mazenod (1745-1820), magistrat, avait entrepris, sans pouvoir l\u2019achever, la traduction d\u2019une biographie du saint. Son fr\u00e8re, Charles Fortun\u00e9 de Mazenod (1749-1840), \u00e9v\u00eaque de Marseille de 1823 \u00e0 1836 est le premier \u00e0 introduire en France la f\u00eate liturgique de saint Alphonse dans son dioc\u00e8se. Leur neveu Charles Eug\u00e8ne (1782-1861), dont la premi\u00e8re phase de la formation se d\u00e9roule en Italie fut ult\u00e9rieurement un grand propagandiste en faveur d\u2019Alphonse de Liguori (fondateur des Oblats de Marie Immacul\u00e9e, il fut \u00e9galement \u00e9v\u00eaque de Marseille de 1837 \u00e0 1861). Dans la m\u00eame ligne, on peut citer le cas de Joseph Passerat qui d\u00e9couvre la doctrine liguorienne dans l\u2019\u00e9migration, en Allemagne, cette fois. Puis il entre chez les R\u00e9demptoristes \u00e0 Varsovie o\u00f9 il est accueilli par Cl\u00e9ment- Marie Hofbauer auquel il succ\u00e8dera \u00e0 la t\u00eate de la congr\u00e9gation apr\u00e8s l\u2019avoir introduite en France en 1820.<\/p>\n<p>Pour les \u00e9migr\u00e9s, la rencontre avec la pens\u00e9e liguorienne s\u2019est souvent faite dans le cadre de groupes de pi\u00e9t\u00e9 et associations diverses qui existaient avant la R\u00e9volution, de mani\u00e8re le plus souvent secr\u00e8te, et qui d\u00e9bordaient les fronti\u00e8res et constituaient \u00e0 l \u2018\u00e9chelle europ\u00e9enne de v\u00e9ritables r\u00e9seaux qui favorisaient les contacts et contribuaient \u00e0 des \u00e9changes culturels qui avaient des retomb\u00e9es sur le plan spirituel.<\/p>\n<h2 id=\"importance-des-reseaux-preexistants\" >Importance des r\u00e9seaux pr\u00e9existants<\/h2>\n<p>Cette solidarit\u00e9 internationale, qui existe donc bien avant la R\u00e9volution est particuli\u00e8rement adapt\u00e9e \u00e0 cette p\u00e9riode troubl\u00e9e. Elle contribue \u00e0 faciliter l\u2019accueil des \u00e9migr\u00e9s en terre \u00e9trang\u00e8re et va pour une part alimenter l\u2019exp\u00e9rience spirituelle de l\u2019\u00e9migration. Beaucoup de ces groupes spirituels qui sont souvent dus \u00e0 l\u2019initiative des J\u00e9suites se sont maintenus malgr\u00e9 la suppression de la Compagnie en 1773 et ceci pour au moins deux raisons. D\u2019une part, des groupes cr\u00e9\u00e9s \u00e0 l\u2019origine par des j\u00e9suites avaient dans certains cas pris l\u2019habitude, par la force des choses, de se passer d\u2019eux, et leur animation spirituelle avait \u00e9t\u00e9 reprise par des pr\u00eatres s\u00e9culiers. D\u2019autre part, les anciens j\u00e9suites restaient tr\u00e8s actifs.<\/p>\n<p>Parmi les groupes les plus anciens fond\u00e9s par les J\u00e9suites dans leurs coll\u00e8ges, il faut citer les congr\u00e9gations mariales. Ce sont des groupes de pi\u00e9t\u00e9 visant \u00e0 stimuler et soutenir la pratique de la vie chr\u00e9tienne par la pri\u00e8re en commun, la mortification, les visites dans les h\u00f4pitaux et les prisons. Ces associations, destin\u00e9es aux \u00e9l\u00e8ves des coll\u00e8ges, ne leur \u00e9taient pas r\u00e9serv\u00e9es. Les premi\u00e8res ne furent pas particuli\u00e8rement mariales. Cependant, en 1563 Jean de Leunis en constitue une au Coll\u00e8ge romain (future universit\u00e9 gr\u00e9gorienne) qui est plac\u00e9e sous le vocable de Marie et devient en une vingtaine d\u2019ann\u00e9es le noyau central auquel furent rattach\u00e9es les congr\u00e9gations des coll\u00e8ges j\u00e9suites, qui suivaient donc des r\u00e8gles communes.<\/p>\n<p>La suppression de la Compagnie, en 1773, donc en gros deux si\u00e8cles plus tard, modifie les structures de l\u2019organisation, mais ne met pas fin \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience. Ainsi, \u00e0 Bordeaux, \u00e0 la veille de la R\u00e9volution, il existe deux congr\u00e9gations mariales: l\u2019une est dirig\u00e9e par les Capucins, l\u2019autre, qui se maintient jusqu\u2019en 1792, est anim\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9glise Sainte-Colombe, par un\u00a0s\u00e9culier, l\u2019abb\u00e9 Lacroix.<\/p>\n<p>Parmi les autres groupes dont la paternit\u00e9 revient aux J\u00e9suites, il faut citer les Aa\u00a0(sigle qui signifie peut-\u00eatre tout simplement \u00abassembl\u00e9e d\u2019amis\u00bb). Ce sont des assembl\u00e9es secr\u00e8tes\u00a0\u00a0 apparues au sein des congr\u00e9gations mariales elles-m\u00eames. La\u00a0tendance \u00e0 y former des groupes particuli\u00e8rement fervents \u00e9tait apparue d\u00e8s l\u2019origine, mais on rattache les Aa proprement dites au coll\u00e8ge j\u00e9suite de La Fl\u00e8che. Vers 1630, \u00e0 la demande d\u2019un petit nombre de congr\u00e9ganistes, \u00e9tudiants en th\u00e9ologie et aspirant \u00e0 la fois \u00e0 un id\u00e9al de perfection sacerdotale et \u00e0 une forte amiti\u00e9, le p\u00e8re Bagot fonde au sein de la congr\u00e9gation du coll\u00e8ge un groupe de pi\u00e9t\u00e9 dont l\u2019existence est tenue secr\u00e8te.<\/p>\n<p>Une douzaine d\u2019ann\u00e9es plus tard l\u2019exp\u00e9rience est transport\u00e9e \u00e0 Paris et c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une s\u00e9rie de fondations qui se multiplient \u00e0 un rythme particuli\u00e8rement rapide au milieu des ann\u00e9es 1650\u00a0: \u00e0 Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Poitiers.<\/p>\n<p>Les Aa, regroupant surtout des clercs, mais pas exclusivement, \u00e9taient devenues un instrument de r\u00e9forme et de sanctification du clerg\u00e9. N\u00e9es au sein des coll\u00e8ges<\/p>\n<p>j\u00e9suites, elles ne sont pas rest\u00e9es une exclusivit\u00e9 des j\u00e9suites\u00a0: d\u2019une part, elles ont constitu\u00e9 une sorte de p\u00e9pini\u00e8re pour diverses congr\u00e9gations ou soci\u00e9t\u00e9s de pr\u00eatres\u00a0;\u00a0d\u2019autre part elles ont v\u00e9cu parfois en dehors des J\u00e9suites. Ainsi, \u00e0 Bordeaux, Lyon ou Poitiers, les J\u00e9suites sont amen\u00e9s, au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 abandonner les Aa qui prennent alors pour directeurs des pr\u00eatres s\u00e9culiers.<\/p>\n<p>Les Aa n\u2019ont pas d\u2019organisation centralis\u00e9e. Elles entretiennent n\u00e9anmoins entre elles des liens r\u00e9guliers qui ont des retomb\u00e9es sur la vie des dioc\u00e8ses (ouverture de s\u00e9minaires interdioc\u00e9sains, \u00e9changes de directeurs d\u2019un dioc\u00e8se \u00e0 l\u2019autre, etc.) et elles contribuent \u00e0 renouveler les exp\u00e9riences de la vie religieuse dans la mesure o\u00f9 un certain nombre de fondateurs de congr\u00e9gations surgissent de leur sein. Par exemple, c\u2019est dans ce cadre que se forme, \u00e0 la veille de la R\u00e9volution, le jeune Pierre Coudrin, accueilli dans l\u2019Aa de Poitiers en 1785 par l\u2019abb\u00e9 Charles d\u2019Aviau, ancien membre de l\u2019Aa de Bordeaux alors vicaire g\u00e9n\u00e9ral du dioc\u00e8se. Coudrin se pr\u00e9pare alors au sacerdoce et d\u00e9veloppe sa d\u00e9votion au Sacr\u00e9 C\u0153ur, traditionnelle au sein des Aa. Les congr\u00e9gations religieuses qu\u2019il fonde ou soutient ensuite portent la marque de ce passage.<\/p>\n<p>\u00c0 propos des Aa, il faut ajouter que les r\u00e9seaux qu\u2019elles constituent ainsi ne se limitent pas \u00e0 la France. On en trouve des traces au Canada, en Italie et en particulier \u00e0 Rome, en Bavi\u00e8re, en Suisse. Quant \u00e0 la Savoie, les Aa y ont \u00e9t\u00e9 introduites sous l\u2019impulsion d\u2019un membre de l\u2019Aa de Bordeaux, l\u2019abb\u00e9 Jean Daguerre: apr\u00e8s avoir r\u00e9tabli une Aa \u00e0 Lyon, il favorisa la cr\u00e9ation de celles de Chamb\u00e9ry et d\u2019Annecy. De la Savoie, toujours sous l\u2019impulsion de l\u2019abb\u00e9 Daguerre, l\u2019organisation passa \u00e0 Turin o\u00f9 la\u00a0premi\u00e8re mention en est faite en 1781. Un des premiers adeptes en faut Bruno Lanteri.<\/p>\n<p>Comme un certain nombre de ceux qui le rejoignirent au sein de cette Aa, il appartenait \u00e9galement \u00e0 une autre organisation, celle des Amiti\u00e9s chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>Les Amiti\u00e9s chr\u00e9tiennes correspondent \u00e0 un autre r\u00e9seau, plus r\u00e9cent que les Aa et les congr\u00e9gations mariales, qui se superpose souvent avec elles, tout en apportant sa sp\u00e9cificit\u00e9 propre. La premi\u00e8re Amiti\u00e9 chr\u00e9tienne a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Turin entre 1778 et 1780, donc \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame moment que l\u2019Aa, par un ancien j\u00e9suite\u00a0d\u2019origine suisse, Nicolas de Diessbach. Par certains des buts qu\u2019elle poursuit \u2013 la sanctification personnelle de ses membres et l\u2019apostolat\u2013, elle s\u2019apparente aux autres soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes catholiques. Elle s\u2019en distingue pourtant par une orientation sp\u00e9cifique qui, pour combattre les progr\u00e8s de l\u2019incr\u00e9dulit\u00e9, entend s\u2019appuyer sur l\u2019importance prise par la presse ; aussi, tout le programme de l\u2019Amiti\u00e9 est-il centr\u00e9 sur la diffusion de\u00a0\u00abbons livres\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 partir de Turin, l\u2019Amiti\u00e9 chr\u00e9tienne essaime, \u00e0 Vienne (sous l\u2019impulsion de Diessbach lui-m\u00eame), \u00e0 Florence, \u00e0 Milan, \u00e0 Varsovie (sans doute sous l\u2019impulsion de Cl\u00e9ment Hofbauer), \u00e0 Rome, \u00e0 Paris. Un des principaux artisans de la diffusion des Amiti\u00e9s fut Luigi Virginio, un autre ex-j\u00e9suite. C\u2019est \u00e0 lui que revient la fondation de Milan, puis celle de Paris, o\u00f9 l\u2019on trouve sa trace \u00e0 partir d\u2019ao\u00fbt 1786. Son point d\u2019insertion \u00e0 Paris est le s\u00e9minaire Saint-Nicolas-du-Chardonnet issu d\u2019une communaut\u00e9 de pr\u00eatres qui avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1611 par Adrien Bourdoise soucieux de former un clerg\u00e9 instruit et attach\u00e9 \u00e0 ses devoirs sacerdotaux. Virginio qui occupe dans le s\u00e9minaire la chaire de th\u00e9ologie morale est en relation avec le p\u00e8re de Clorivi\u00e8re lui-m\u00eame \u00e9galement ancien j\u00e9suite. Ce dernier devait contribuer ult\u00e9rieurement au r\u00e9tablissement de la Compagnie de J\u00e9sus.<\/p>\n<p>Mais, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il s\u2019orientait vers une nouvelle fondation en laquelle il voyait comme une h\u00e9riti\u00e8re de la Compagnie, adapt\u00e9e\u00a0aux difficult\u00e9s de l\u2019heure, regroupant des religieux vivant dans le monde et ne portant pas de costume. Il s\u2019agit de la Soci\u00e9t\u00e9 du C\u0153ur de J\u00e9sus, fond\u00e9e le 2 f\u00e9vrier 1791, en m\u00eame temps que sa branche f\u00e9minine, les Filles du C\u0153ur de Marie. Entre l\u2019Amiti\u00e9 parisienne de Virginio et les fondations de Clorivi\u00e8re, il y eut une v\u00e9ritable osmose: l\u2019Amiti\u00e9 fut une v\u00e9ritable p\u00e9pini\u00e8re pour les nouvelles soci\u00e9t\u00e9s (il existait aussi une Amiti\u00e9 f\u00e9minine) et elle y recruta aussi de nouveaux membres.<\/p>\n<p>L\u2019exemple des relations entre Virginio et Clorivi\u00e8re est significatif des liens qui peuvent exister, par-del\u00e0 les fronti\u00e8res, entre diff\u00e9rents groupes spirituels plus ou moins li\u00e9s aux J\u00e9suites. Ces liens d\u00e9bordent le cadre de la famille j\u00e9suite. Ainsi, lorsque le jeune diacre Pierre Coudrin fuit le s\u00e9minaire de Poitiers tomb\u00e9 aux mains des constitutionnels, il trouve refuge \u00e0 Paris au s\u00e9minaire des Irlandais, situ\u00e9 \u00e0 deux pas de Saint-Nicolas-du-Chardonnet ; il y suit des retraites eccl\u00e9siastiques anim\u00e9es par Clorivi\u00e8re ou certains de ses disciples et retrouve dans leur contenu les \u00e9l\u00e9ments de la doctrine des Aa dont il s\u2019\u00e9tait nourri \u00e0 Poitiers. S\u2019il n\u2019y a pas confusion entre les itin\u00e9raires de Clorivi\u00e8re et de Coudrin, il y a n\u00e9anmoins des sources d\u2019inspiration communes, v\u00e9hicul\u00e9es dans des r\u00e9seaux aux ramifications complexes. Cette r\u00e9alit\u00e9 qui est perceptible sur le territoire parisien, dans la clandestinit\u00e9, est \u00e9galement pr\u00e9sente dans l\u2019\u00e9migration et explique la floraison ult\u00e9rieure d\u2019exp\u00e9riences religieuses et spirituelles qui ont entre elles un certain nombre d\u2019affinit\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces affinit\u00e9s \u00e9taient naturelles entre les anciens j\u00e9suites dispers\u00e9s \u00e0 travers l\u2019Europe et m\u00eame au-del\u00e0 (ils \u00e9taient nombreux aux \u00c9tas-Unis, et la province de Russie avait \u00e9t\u00e9 maintenue). Il \u00e9tait donc assez normal qu\u2019ils nouent entre eux des relations. Il n\u2019emp\u00eache que le r\u00e9tablissement de la Compagnie est le r\u00e9sultat de plusieurs initiatives (\u00e0 Paris, \u00e0 Vienne et \u00e0 Rome) qui, au terme de tractations complexes sur lesquelles il n\u2019est pas possible de s\u2019arr\u00eater ici, ont finalement fusionn\u00e9 pour aboutir en 1814.<\/p>\n<p>Par ailleurs, de nombreux groupes plus ou moins li\u00e9s aux J\u00e9suites comme les congr\u00e9gations mariales, les Aa ou les Amiti\u00e9s chr\u00e9tiennes ont \u00e9t\u00e9 des lieux de maturation d\u2019initiatives qui ont d\u00e9bouch\u00e9 sur des fondations nouvelles, tandis que la\u00a0mobilisation en faveur des \u00e9migr\u00e9s permettait le maintien d\u2019une vie communautaire jetant les bases d\u2019un red\u00e9marrage en France une fois la paix civile revenue.<\/p>\n<h1 id=\"lexemple-du-guillaume-joseph-chaminade\" >L\u2019exemple du Guillaume-Joseph Chaminade<\/h1>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 \u00e9clate la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Guillaume-Joseph Chaminade qui a fait ses \u00e9tudes \u00e0 P\u00e9rigueux, Bordeaux puis Paris est jeune professeur au coll\u00e8ge s\u00e9minaire Saint-Charles de Mussidan en compagnie de ses deux fr\u00e8res: Louis, futur directeur au s\u00e9minaire de Bordeaux, et Jean-Baptiste, ancien j\u00e9suite, sup\u00e9rieur de la maison. Apr\u00e8s la fermeture du coll\u00e8ge, Guillaume-Joseph Chaminade qui refuse de pr\u00eater serment se r\u00e9fugie \u00e0 Bordeaux o\u00f9 il r\u00e9ussit \u00e0 rester jusqu\u2019en 1797. Mais au lendemain du coup d\u2019\u00c9tat de fructidor (4 septembre 1797) qui est suivi d\u2019un r\u00e9veil de la pers\u00e9cution religieuse, il se sent menac\u00e9 et d\u00e9cide d\u2019\u00e9migrer en Espagne o\u00f9 plus de 6000 pr\u00eatres, dispers\u00e9s dans plusieurs dioc\u00e8ses, trouvent refuge pendant la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Personnellement atteint par les effets de la R\u00e9volution, Chaminade acquiert rapidement la conviction qu\u2019il faut pr\u00e9parer l\u2019apr\u00e8s-R\u00e9volution et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la reconstruction religieuse de la France. L\u2019archev\u00eaque d\u2019Auch, Mgr de La Tour du Pin- Montauban, \u00e9galement r\u00e9fugi\u00e9 en Espagne, contribue \u00e0 attirer son attention sur ce point. C\u2019est lui qui conseille \u00e0 Chaminade de se rendre \u00e0 Saragosse, o\u00f9 vivent en exil plus de trois cents eccl\u00e9siastiques fran\u00e7ais dont un certain nombre de Bordelais. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 Saragosse que Chaminade d\u00e9couvre une exp\u00e9rience qui lui appara\u00eet de plus en plus comme une solution d\u2019avenir pour la reconstruction de l\u2019\u00c9glise de France: celle des missions dioc\u00e9saines.<\/p>\n<p>Il est alert\u00e9 sur ce point par l\u2019abb\u00e9 de Casteran qui est \u00e0 la fois d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019archev\u00eaque d\u2019Auch \u00e0 Saragosse et vicaire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Tarbes, Mgr Gain-Montaignac. Ce dernier a divis\u00e9 son dioc\u00e8se en missions qui comprenaient chacune plusieurs paroisses et \u00e9taient confi\u00e9es solidairement \u00e0 un groupe de pr\u00eatres sous la direction d\u2019une administration centrale. Cette formule n\u2019est pas isol\u00e9e ; on la retrouve dans d\u2019autres dioc\u00e8ses, comme celui de Lyon dont les missions de\u00a0l\u2019abb\u00e9 Linsolas ont \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9es.<\/p>\n<p>Outre cette exp\u00e9rience des missions, Chaminade prend connaissance, durant son s\u00e9jour \u00e0 Saragosse, d\u2019un projet qui va \u00e9galement contribuer \u00e0 m\u00fbrir le sien propre. Il \u00e9mane d\u2019un homme qu\u2019il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 pour avoir \u00e9t\u00e9 durant quelques mois son coll\u00e8gue<\/p>\n<p>\u00e0 Mussidan, juste avant la R\u00e9volution. Il s\u2019agit de Bernard Dari\u00e8s, \u00e9galement \u00e9migr\u00e9 en Espagne11, d\u00e8s 1792 quant \u00e0 lui, et non pas \u00e0 Saragosse mais d\u2019abord \u00e0 Madrid. Il n\u2019y reste que peu de temps, car le gouvernement espagnol impose aux Fran\u00e7ais de quitter<\/p>\n<p>Madrid pour d\u2019autres villes de la p\u00e9ninsule. C\u2019est ce qui am\u00e8ne Bernard Dari\u00e8s \u00e0 Tol\u00e8de o\u00f9, apr\u00e8s avoir cherch\u00e9 \u00e0 acc\u00e9der au sacerdoce, il change d\u2019orientation en se consacrant, comme m\u00e9decin, au soin des malades de l\u2019h\u00f4pital Saint-Jean-Baptiste de Tol\u00e8de.<\/p>\n<p>Ce qui retient l\u2019attention chez Bernard Dari\u00e8s, c\u2019est son projet de fondation d\u2019une Compagnie de Marie, \u00e0 l\u2019imitation de la Compagnie de J\u00e9sus. Sa d\u00e9votion mariale remonte \u00e0 son adolescence, mais le contexte politico-religieux de l\u2019heure\u00a0marque son projet de soci\u00e9t\u00e9 qui se pr\u00e9cise pendant qu\u2019il est \u00e0 Tol\u00e8de. Il r\u00e9dige alors les statuts de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie \u00e0 laquelle il songe et qui doit constituer \u00e0 ses yeux un noyau destin\u00e9 \u00e0 construire, par contagion, le \u00abpeuple de la Sainte Vierge\u00bb. Il envisage une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9partie en trois communaut\u00e9s distinctes.<\/p>\n<p><strong>La premi\u00e8re,<\/strong> qu\u2019il appelle\u00a0\u00abcommunaut\u00e9 du chant perp\u00e9tuel\u00bb, doit \u00eatre compos\u00e9e de contemplatifs vou\u00e9s uniquement au \u00abculte de la Sainte Vierge\u00bb, la louange \u00e0 la Vierge ne devant \u00eatre interrompue \u00abni de jour ni de nuit\u00bb, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de diviser cette communaut\u00e9 en diff\u00e9rents ch\u0153urs qui se succ\u00e8dent.<\/p>\n<p><strong>Les deux autres communaut\u00e9s<\/strong> sont vou\u00e9es l\u2019une \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de la jeunesse, l\u2019autre \u00e0 la pr\u00e9dication. Et l\u2019on retrouve un point qui a pris d\u00e8s le d\u00e9part une grande importance dans l\u2019intuition de Bernard Dari\u00e8s et qu\u2019il reprend d\u2019une tradition d\u00e9j\u00e0 ancienne: tous <em>\u00ables religieux feront v\u0153u de d\u00e9fendre le privil\u00e8ge de l\u2019Immacul\u00e9e Conception dans le sens que l\u2019\u00c9glise propose\u00bb.<\/em> Ce plan rencontre des \u00e9chos favorables aupr\u00e8s de pr\u00eatres \u00e9migr\u00e9s \u00e0 Tol\u00e8de. Mais on l\u2019a dit, Bernard Dari\u00e8s met fin \u00e0 l\u2019\u00e9bauche de vie communautaire qu\u2019il a commenc\u00e9 \u00e0 mener avec quelques proches. Il n\u2019emp\u00eache que son projet se diffuse largement parmi les pr\u00eatres fran\u00e7ais \u00e9migr\u00e9s en Espagne. L\u2019archev\u00eaque d\u2019Auch souligne son int\u00e9r\u00eat \u00e0 Guillaume-Joseph Chaminade qui, conjointement avec son fr\u00e8re Louis qu\u2019il retrouve \u00e0 Saragosse, aura\u00a0entre les mains le projet de Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de Bernard Dari\u00e8s 12.<\/p>\n<p>Les deux fr\u00e8res y ont\u00a0\u00e9t\u00e9 d\u2019autant plus attentifs qu\u2019ils d\u00e9veloppaient leur d\u00e9votion mariale au contact de la vierge du Pilar et arrivaient \u00e0 la conviction que l\u2019\u0153uvre de r\u00e9novation chr\u00e9tienne devait s\u2019appuyer sur Marie.<\/p>\n<p>La d\u00e9votion mariale de Guillaume-Joseph Chaminade n\u2019est pas n\u00e9e en Espagne. Il convient de rappeler notamment qu\u2019il existait, au coll\u00e8ge de Mussidan, une congr\u00e9gation mariale qui avait surv\u00e9cu \u00e0 la suppression de la Compagnie. \u00c9rig\u00e9e sous le titre de l\u2019Immacul\u00e9e Conception, elle \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment en lien avec une congr\u00e9gation bordelaise. C\u2019est donc impr\u00e9gn\u00e9 et m\u00eame pr\u00e9par\u00e9 par ce contexte local que Guillaume- Joseph Chaminade part pour l\u2019Espagne o\u00f9 la rencontre avec le projet de Bernard Dari\u00e8s et le culte de la vierge du Pilar le confortent dans une d\u00e9votion mariale dont il fait un pilier de la r\u00e9novation religieuse post-r\u00e9volutionnaire. Aussi, lorsqu\u2019il quitte l\u2019Espagne pour regagner Bordeaux, il part avec l\u2019id\u00e9e de fonder une soci\u00e9t\u00e9 de missionnaires d\u00e9di\u00e9s \u00e0 Marie, pour \u00e9vang\u00e9liser le dioc\u00e8se.<\/p>\n<p>En fait, le projet qu\u2019il r\u00e9alise finalement est un peu diff\u00e9rent, mais il int\u00e8gre \u00e0 la fois une dimension missionnaire et une dimension mariale. Il reprend, en effet, le mod\u00e8le des congr\u00e9gations mariales des j\u00e9suites, mais en l\u2019adaptant aux besoins de l\u2019heure, c\u2019est-\u00e0-dire en lui imprimant une dimension nettement missionnaire et en en faisant des cadres destin\u00e9s \u00e0 remplacer les paroisses alors compl\u00e8tement d\u00e9sorganis\u00e9es.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce but qu\u2019il fonde la congr\u00e9gation de Bordeaux. D\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019Immacul\u00e9e Conception, elle d\u00e9bute le 8 d\u00e9cembre 1800. \u00c0 la diff\u00e9rence de ce que faisaient les j\u00e9suites, Chaminade n\u2019\u00e9tablit pas plusieurs congr\u00e9gations distinctes, selon les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories, pour hommes, femmes, demoiselle, jeunes hommes, etc. Au contraire, \u00e0 l\u2019image de la vie paroissiale, tous, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, pr\u00eatres et la\u00efcs, artisans et bourgeois sont regroup\u00e9s au sein d\u2019une seule congr\u00e9gation comprenant n\u00e9anmoins plusieurs \u00abfractions\u00bb. Cette congr\u00e9gation se veut une mission permanente.<\/p>\n<p>L\u2019accent mis par exemple sur la formation des \u00abpr\u00e9tendants\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire ceux dont l\u2019\u00e9ducation religieuse est \u00e0 faire ou \u00e0 reprendre est une illustration de cette volont\u00e9 missionnaire, de m\u00eame l\u2019importance accord\u00e9e par Chaminade \u00e0 la qualit\u00e9 de missionnaire apostolique que le Saint-Si\u00e8ge lui reconna\u00eet le 22 mars 1802.<\/p>\n<p>La congr\u00e9gation de Bordeaux va \u00eatre effectivement une v\u00e9ritable p\u00e9pini\u00e8re pour les \u0153uvres du dioc\u00e8se ou d\u2019ailleurs. En ont fait notamment partie: Rauzan, futur fondateur des Missionnaires de France ; Bienvenu Noailles, fondateur de la Sainte- Famille de Bordeaux, Vlechmans, futur sup\u00e9rieur du s\u00e9minaire de Bordeaux ; Louis Lafargue et Guillaume Darbignac (les fr\u00e8res \u00c9loi et Paul) qui r\u00e9tablirent \u00e0 Bordeaux les Fr\u00e8res des \u00c9coles chr\u00e9tiennes. Et plusieurs congr\u00e9gations religieuses nouvelles sont n\u00e9es directement de la congr\u00e9gation mariale du p\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<p>Il en est ainsi des Filles de Marie Immacul\u00e9e d\u2019Agen. Cet institut a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on qui, \u00e0 son retour du Portugal o\u00f9 ses parents avaient \u00e9migr\u00e9, avait commenc\u00e9 \u00e0 organiser \u00e0 Agen, en 1801, une petite association de jeunes filles. En 1808, elle \u00e9tait entr\u00e9e en relation avec le p\u00e8re Chaminade pour \u00e9tablir des liens entre la congr\u00e9gation bordelaise et l\u2019association qu\u2019elle avait fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Un commun attachement \u00e0 la d\u00e9votion mariale \u00e9tait en lui-m\u00eame un facteur de rapprochement de m\u00eame qu\u2019une volont\u00e9 commune de participer \u00e0 la r\u00e9novation religieuse de la r\u00e9gion. Finalement, en 1815, Guillaume-Joseph Chaminade r\u00e9dige une r\u00e8gle pour Ad\u00e8le de Trenquell\u00e9on et ses compagnes, les invitant \u00e0 se r\u00e9unir en communaut\u00e9 pour devenir, au c\u0153ur de la ville d\u2019Agen, un centre de r\u00e9novation chr\u00e9tienne, gr\u00e2ce \u00e0 la direction de congr\u00e9gations mariales et l\u2019organisation d\u2019\u0153uvres compatibles avec la vie conventuelle.<\/p>\n<p>Les origines de la Mis\u00e9ricorde de Bordeaux sont aussi \u00e0 mettre en rapport avec la congr\u00e9gation mariale bordelaise. La fondatrice, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Charlotte de Lamourous, avait fait la connaissance du p\u00e8re Chaminade \u00e0 Bordeaux en 1795. Il \u00e9tait alors devenu son directeur spirituel et elle entretint avec lui une correspondance r\u00e9guli\u00e8re quand il dut partir pour l\u2019Espagne. En 1800, elle acceptait avec r\u00e9ticence, mais avec l\u2019accord de Chaminade, de prendre, \u00e0 la demande d\u2019une de ses amies, Germaine Pichon, la responsabilit\u00e9 d\u2019un asile de \u00abrepenties\u00bb pour lesquelles elle acheta en 1807 l\u2019ancien couvent des Annonciades. \u00c0 l\u2019origine, elle ne pensait pas fonder une congr\u00e9gation religieuse.<\/p>\n<p>Ses premi\u00e8res collaboratrices \u00e9taient tout simplement, comme elle, membres de la congr\u00e9gation de Bordeaux. Si elle s\u2019oriente finalement vers l\u2019id\u00e9e d\u2019une congr\u00e9gation, c\u2019est sans doute sous l\u2019influence de l\u2019institut des Filles de Marie Immacul\u00e9e. Car \u00e0 la demande de Chaminade, elle a particip\u00e9 \u00e0 la mise en place de cet institut, et la r\u00e8gle qu\u2019elle adopte pour la Mis\u00e9ricorde de Bordeaux est finalement inspir\u00e9e de celle des Filles de Marie Immacul\u00e9e.<\/p>\n<p>Ainsi, par l\u2019interm\u00e9diaire de la congr\u00e9gation mariale qu\u2019il a institu\u00e9e \u00e0 Bordeaux \u00e0 son retour d\u2019Espagne, Guillaume-Joseph Chaminade a particip\u00e9 aux origines de deux instituts religieux f\u00e9minins: les Filles de Marie Immacul\u00e9e d\u2019Agen et la Mis\u00e9ricorde de Bordeaux.<\/p>\n<p>Il fut \u00e9galement \u00e0 l\u2019origine directe d\u2019une congr\u00e9gation masculine. En 1817, en effet, il fonde la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Cette soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle il songeait, semble-t-il, de longue date, na\u00eet au lendemain de la grande mission pr\u00each\u00e9e \u00e0 Bordeaux par les Missionnaires du p\u00e8re Rauzan. Et elle na\u00eet du souci de quinze congr\u00e9ganistes soucieux de vie religieuse, mais d\u2019une vie religieuse en plein monde, qui soit comme l\u2019approfondissement de ce qu\u2019ils vivent d\u00e9j\u00e0 dans le cadre de la congr\u00e9gation mariale. Ce sera pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019originalit\u00e9 des Marianistes que de vouloir \u00eatre de v\u00e9ritables religieux, mais sans costume particulier, sans existence l\u00e9gale (\u00e0 l\u2019\u00e9poque), presque sans aucun cadre ext\u00e9rieur, pour mieux r\u00e9pondre aux diff\u00e9rents aspects que rev\u00eat l\u2019appel missionnaire de l\u2019heure. Leur d\u00e9votion mariale se traduit en particulier par un quatri\u00e8me v\u0153u, v\u0153u de cons\u00e9cration \u00e0 Marie, par lequel ils se constituent \u00ab d\u2019une mani\u00e8re permanente et irr\u00e9vocable dans l\u2019\u00e9tat de serviteurs de Marie \u00bb.<\/p>\n<p>Toutes ces initiatives du p\u00e8re Chaminade, qu\u2019elles aient \u00e9t\u00e9 directes ou indirectes, sont en rapport avec les besoins sp\u00e9cifiques de son \u00e9poque marqu\u00e9e par\u00a0l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9volutionnaire qui appelle des formes apostoliques renouvel\u00e9es. Elles puisent leurs racines profondes dans une d\u00e9votion mariale ancienne en lien avec la tradition des congr\u00e9gations mariales de la Compagnie de J\u00e9sus ; mais une strate plus r\u00e9cente a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9cisif, celle de l\u2019\u00e9migration qui a apport\u00e9 l\u2019influence de Bernard Dari\u00e8s et de l\u2019approfondissement du culte marial au pied de la vierge du Pilar car dans sa retraite \u00e0 Saragosse, Chaminade a compris le r\u00f4le de plus en plus important de la Vierge dans les luttes de l\u2019\u00c9glise.<\/p>\n<h1 id=\"le-cas-de-chaminade-nest-pas-isole\" >Le cas de Chaminade n\u2019est pas isol\u00e9<\/h1>\n<h2 id=\"un-autre-exemple-de-linfluence-de-bernard-daries-louis-marie-baudouin\" >Un autre exemple de l\u2019influence de Bernard Dari\u00e8s : Louis-Marie Baudouin<\/h2>\n<p>Louis-Marie Baudouin est contemporain du p\u00e8re Chaminade: il est n\u00e9 en Vend\u00e9e en 1765. Mais il est mort plus jeune en 1835. Ils ont un certain nombre de points communs. Ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1789, le p\u00e8re Baudouin qui refusa le serment \u00e0 la constitution civile du clerg\u00e9 fut emprisonn\u00e9 puis proscrit en septembre 1792 comme tous les pr\u00eatres r\u00e9fractaires. Il \u00e9migre alors en Espagne, s\u00e9journe \u00e0 Valence puis \u00e0 Madrid et aboutit \u00e0 Tol\u00e8de \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1793. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il rencontre Bernard Dari\u00e8s dont le projet contribue \u00e0 fortifier sa foi en l\u2019Immacul\u00e9e Conception qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 vive \u00e0 son arriv\u00e9e. En 1797, il croit pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un relatif apaisement et rentre en France. En fait, il arrive \u00e0 la veille de fructidor et c\u2019est dans la clandestinit\u00e9 qu\u2019il doit vivre aux Sables d\u2019Olonne o\u00f9 il se fixe alors.<\/p>\n<p>Le 15 ao\u00fbt 1798, il prononce, avec les fid\u00e8les qui l\u2019entourent, une profession de foi en l\u2019Immacul\u00e9e Conception. Parall\u00e8lement il m\u00fbrit l\u2019id\u00e9e de fonder une soci\u00e9t\u00e9 de pr\u00eatres destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de la jeunesse et aux missions. Et il veut faire de ces pr\u00eatres des \u00abenfants de Marie\u00bb, c\u2019est-\u00e0- dire \u00abd\u2019autres J\u00e9sus-Christ\u00bb, n\u00e9s de Marie-Immacul\u00e9e. En fait, pour diverses raisons, il ne peut pas faire aboutir de son vivant son projet de fondation masculine.<\/p>\n<p>Cependant, c\u2019est de ses diff\u00e9rentes tentatives que sortira la Soci\u00e9t\u00e9 des Enfants de Marie, pr\u00eatres auxiliaires du dioc\u00e8se de Lu\u00e7on, canoniquement institu\u00e9e en 1841. Ses constitutions sont directement inspir\u00e9es des r\u00e8gles r\u00e9dig\u00e9es par le p\u00e8re Baudouin et la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Immacul\u00e9e Conception, qui fut un trait permanent de sa spiritualit\u00e9, est exprim\u00e9e dans le nom m\u00eame de la congr\u00e9gation qui, apr\u00e8s la d\u00e9finition du dogme de l\u2019Immacul\u00e9e Conception, en 1854, prend le nom de Soci\u00e9t\u00e9 des Enfants de Marie Immacul\u00e9e.<\/p>\n<p>Si Louis-Marie Baudouin ne r\u00e9ussit pas de son vivant \u00e0 mettre sur pied la soci\u00e9t\u00e9 de pr\u00eatres \u00e0 laquelle il songeait de longue date, il put en revanche mener \u00e0 bien le projet qu\u2019il entendait r\u00e9aliser parall\u00e8lement: la fondation d\u2019un institut f\u00e9minin. Il s\u2019agit des Filles du Verbe incarn\u00e9 qui naissent \u00e0 Chavagnes-en-Paillers le 9 novembre 1803. Cette fondation na\u00eet de la rencontre entre Louis-Marie Baudouin et Charlotte Ranfray de la Rochette. Cette derni\u00e8re \u00e9tait entr\u00e9e, sous le nom de M\u00e8re Saint Beno\u00eet, chez les Hospitali\u00e8res de Notre-Dame en 1777. Elle avait fait la connaissance du p\u00e8re Baudouin aux Sables d\u2019Olonne o\u00f9 elle s\u2019\u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9e apr\u00e8s la dispersion de sa congr\u00e9gation au lendemain du d\u00e9cret du 13 f\u00e9vrier 1790.<\/p>\n<p>Lorsque devenu cur\u00e9 de Chavagnes-en-Paillers en 1801, Louis-Marie Baudouin, voulut ouvrir une \u00e9cole de filles, il fit appel \u00e0 la m\u00e8re Saint Beno\u00eet. Cette derni\u00e8re qui commen\u00e7ait \u00e0 reconstituer aux Sables une communaut\u00e9 se transporta \u00e0 Chavagnes avec plusieurs de ses compagnes et le petit groupe fut \u00e0 l\u2019origine d\u2019une nouvelle congr\u00e9gation institu\u00e9e le 4 novembre 1803.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Baudouin confiait pour t\u00e2ches \u00e0 l\u2019institut qu\u2019il venait de fonder d\u2019une part l\u2019\u00e9ducation des filles et d\u2019autre part l\u2019assistance aux pauvres. Sur le plan proprement spirituel, il lui donnait quatre fins sur lesquelles il a eu l\u2019occasion de s\u2019exprimer \u00e0 plusieurs reprises. Les membres de la congr\u00e9gation doivent \u00eatre des <em>\u00ab \u00e9pouses du Verbe incarn\u00e9 \u00bb\u00a0<\/em>: en tant que\u00a0telles, elles sont vou\u00e9es \u00e0 l\u2019adoration. Et comme c\u2019est en Marie que le Verbe s\u2019est fait chair, elles doivent \u00eatre vou\u00e9es \u00e0 Marie Immacul\u00e9e. L\u2019Incarnation \u00e9tant orient\u00e9e vers la r\u00e9demption, elles sont appel\u00e9es aussi \u00e0 \u00eatre les \u00ab\u00a0Nazar\u00e9ennes de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0\u00a0<em>\u00ab\u00a0s\u2019unir en victimes \u00e0 la passion de J\u00e9sus le Nazar\u00e9en pour apaiser la col\u00e8re divine \u00e0 cause des infid\u00e9lit\u00e9s de son peuple\u00a0\u00bb.<\/em> On voit combien cette orientation spirituelle qui met l\u2019accent sur la dimension expiatoire, en union avec la passion du Christ, est influenc\u00e9e par le contexte.<\/p>\n<h1 id=\"conclusion\" >Conclusion<\/h1>\n<p>Le mouvement de renaissance religieuse qui suit la R\u00e9volution s\u2019est pour une part pr\u00e9par\u00e9 d\u00e8s l\u2019\u00e9poque r\u00e9volutionnaire, non seulement en France, dans la clandestinit\u00e9, mais aussi dans l\u2019\u00e9migration. Ce mouvement puise ses racines dans des traditions religieuses anciennes telles que la d\u00e9votion au Sacr\u00e9 C\u0153ur et \u00e0 l\u2019Immacul\u00e9e Conception.<\/p>\n<p>Transmises dans diff\u00e9rents groupes de pi\u00e9t\u00e9, en particulier ceux dont la Compagnie de J\u00e9sus avait favoris\u00e9 l\u2019\u00e9closion, elles s\u2019\u00e9taient trouv\u00e9es raviv\u00e9es par le contexte r\u00e9volutionnaire qui provoqua dans les esprits non seulement le sens des exigences de r\u00e9paration, mais aussi le souci de pr\u00e9parer la reconstruction religieuse, en tenant compte d\u2019un contexte nouveau.<\/p>\n<p>Parmi les applications spirituelles de cette actualit\u00e9 nouvelle, il en est une qui est appel\u00e9e \u00e0 s\u2019\u00e9panouir sous des formes diverses au XIXe si\u00e8cle et au-del\u00e0: c\u2019est, en liaison avec la pers\u00e9cution religieuse, le d\u00e9veloppement du sens de la vie cach\u00e9e et d\u2019une certaine discr\u00e9tion apostolique, qui s\u2019accompagne d\u2019un renouveau de la d\u00e9votion mariale, d\u2019o\u00f9, notamment, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 Nazareth.<\/p>\n<p>Quant aux formes de vie religieuse envisag\u00e9es, elles sont \u00e9galement marqu\u00e9es par le contexte. Il appara\u00eet de plus en plus que ces exigences de vie cach\u00e9e et de discr\u00e9tion apostolique sont \u00e0 vivre en plein monde, sans marque de distinction particuli\u00e8re. Cet aspect est manifeste chez le p\u00e8re Chaminade.<\/p>\n<h3 id=\"telecharger-lensemble-du-document\" >T\u00e9l\u00e9charger l&#8217;ensemble du document<\/h3>\n\n<a href=\"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/05\/pretres-exiles-revolution.pdf\" class=\"pdfemb-viewer\" style=\"height:550px;\" data-width=\"max\" data-height=\"550\" data-toolbar=\"bottom\" data-toolbar-fixed=\"on\">pretres-exiles-revolution<\/a>\n<p class=\"wp-block-pdfemb-pdf-embedder-viewer\"><\/p>\n","protected":false},"author":145,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[95],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-343","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-fondateurs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/343"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/145"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=343"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/343\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2659,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/343\/revisions\/2659"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=343"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=343"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=343"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}