{"id":2224,"date":"2016-10-12T16:16:29","date_gmt":"2016-10-12T15:16:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=2224"},"modified":"2019-05-22T15:51:45","modified_gmt":"2019-05-22T14:51:45","slug":"session-de-pedagogie-marianiste-bouake-2014","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/session-de-pedagogie-marianiste-bouake-2014\/","title":{"rendered":"Session de p\u00e9dagogie marianiste &#8211; Bouak\u00e9 2014"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"le-regard\" >Le regard<\/h1>\n<h2 id=\"le-regard-dapres-sartre\" >Le regard d\u2019apr\u00e8s Sartre<\/h2>\n<p>Le regard saisit dans la conception sartrienne se d\u00e9voile \u00e0 travers l\u2019exp\u00e9rience de la honte. Lorsque j\u2019\u00e9pie quelqu\u2019un par le trou d\u2019une serrure. Je suis absorb\u00e9 par mon activit\u00e9,\u2026 je sens son regard se poser sur moi. J\u2019ai honte. Je suis pris. Voici qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent c\u2019est moi la chose, l\u2019objet regard\u00e9, je ne suis plus le ma\u00eetre; j\u2019ai conscience de l\u2019existence d\u2019une autre conscience. On ne d\u00e9couvre pas autrui en le regardant mais en se sachant regard\u00e9. Je d\u00e9pends de l&#8217;autre qui d\u00e9pend de moi. Ce cycle est infernal, c\u2019est le cycle infernal de l\u2019ali\u00e9nation : &#8221; l&#8217;enfer c&#8217;est les autres &#8220;, dira X dans Huis Clos. Et L&#8217;\u00eatre et le N\u00e9ant ajoute &#8220;l&#8217;essentiel des rapports entre les consciences, c&#8217;est le conflit&#8221;. Celui qui se sent lib\u00e9r\u00e9 a un regard lib\u00e9rateur sur les autres.<\/p>\n<p><strong>On communique par le regard<\/strong> avant m\u00eame de savoir parler (exemple du b\u00e9b\u00e9). Le regard me construit et peut me d\u00e9construire. Les mots n\u2019arrivent pas toujours \u00e0 corriger lorsque le regard est pass\u00e9. C\u2019est pourquoi il nous faut transformer le regard et cela, c\u2019est le c\u0153ur qui le r\u00e9alise.<\/p>\n<p><strong>Le regard est le fondement de notre langage<\/strong>. C\u2019est \u00e0 partir du regard des autres que nous nous assumons comme nous-m\u00eames. Le regard d&#8217;autrui \u2026 ne nous est jamais indiff\u00e9rent. S&#8217;il est m\u00e9prisant, il peut nous d\u00e9truire, \u2026, nous faire perdre confiance en nous. Mais aussi le r\u00f4le jou\u00e9 par le regard d&#8217;autrui \u2026 permet aux enfants de m\u00fbrir notamment \u00e0 travers le regard parental, ou celui de l\u2019enseignant, d&#8217;avoir confiance en eux, de d\u00e9velopper leur conscience et une identit\u00e9 propre. <strong>Le regard a donc une fonction constructrice, favorisant notre d\u00e9veloppement interne puisqu&#8217;il p\u00e9n\u00e8tre notre \u00e2me au plus profond de nous-m\u00eames.<\/strong><\/p>\n<p>Le regard que je porte sur moi-m\u00eame est constitu\u00e9 par le regard qu&#8217;autrui a sur moi.<\/p>\n<ul>\n<li>le regard est une notion complexe<\/li>\n<li>le regard a parl\u00e9 avant que j\u2019ai ouvert la bouche<\/li>\n<li>si la bouche dit autre chose que le regard\u2026. je ne suis pas cru.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"une-histoire\" >Une histoire<\/h2>\n<p>Un texte que j&#8217;ai trouv\u00e9 dans un auteur belge. <strong>Celui qui raconte son histoire voyage en train.<\/strong><br \/>Dans le compartiment \u00ab <em>il y a une femme, elle est blonde, ses cheveux sont ramen\u00e9s en arri\u00e8re, par deux peignes d&#8217;\u00e9caille. Elle tient sur ses genoux un tout jeune b\u00e9b\u00e9 de 9 ou 10 mois, d\u00e9guis\u00e9 en esquimau. La grande s\u0153ur de 6 ou 7 ans est l\u00e0, tr\u00e8s droite, tr\u00e8s sage dans son surv\u00eatement bleu clair. Je n&#8217;avais pas regard\u00e9 le papa, il est assis \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Je glisse un regard sur lui et alors je r\u00e9alise qu&#8217;ils sont laids. Tous les quatre. La maman a une bouche d\u00e9mesur\u00e9e, un menton qui fuit trop t\u00f4t, des joues lourdes, et ternes. Sa fille lui ressemble d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment&#8230; Visage rat\u00e9&#8230; Rat\u00e9, Le b\u00e9b\u00e9, l&#8217;est plus encore que la fillette, ses yeux globuleux m&#8217;apparaissent maintenant insoutenables. L&#8217;homme, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, ces yeux trop gros&#8230; Le fils, la m\u00e8re, la fille, tous aussi laids les uns que les autres. Une source de r\u00e9volte que je ne contr\u00f4le pas me soul\u00e8ve int\u00e9rieurement.<\/em> \u00bb<br \/>Nous n&#8217;avons peut-\u00eatre pas toujours des exemples aussi aigus mais spontan\u00e9ment nous avons ces r\u00e9actions. La suite&#8230;<br \/>\u00ab<em> Et tout d&#8217;un coup, un nuage s&#8217;est d\u00e9chir\u00e9. Tout est transfigur\u00e9. Mais que s&#8217;est-il donc pass\u00e9?&#8230; La petite fille si droite s&#8217;est tout \u00e0 coup tourn\u00e9e vers son petit fr\u00e8re, elle a pass\u00e9 ses bras autour du petit bonhomme emmitoufl\u00e9. Elle l&#8217;a embrass\u00e9 une fois, deux fois, trois fois, fougueusement. Il a tr\u00e9pign\u00e9 de plus belle en grima\u00e7ant de plaisir. La maman a plong\u00e9 son visage dans les blonds cheveux m\u00eal\u00e9s de ses deux enfants, et le p\u00e8re, l\u00e0, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, le p\u00e8re, au regard vide et \u00e0 la l\u00e8vre tombante, a souri. Et la fille et le b\u00e9b\u00e9 et la m\u00e8re ont souri en se regardant, se sont regard\u00e9s en souriant, et tous les quatre sont devenus soudain tr\u00e8s beaux. Alors j&#8217;ai souri, moi aussi, la petite fille l&#8217;a vu et m&#8217;a souri et ils l&#8217;ont vu et moi, pour dire quelque chose, j&#8217;ai dit &#8221; Il fait beau&#8221;, et le p\u00e8re,&#8221; Oui\u00a0!\u00a0 Tr\u00e8s beau<\/em>&#8221;\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Cette histoire nous rappelle que notre relation \u00e0 l&#8217;autre vient du c\u0153ur avant de venir des yeux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab C&#8217;est notre regard pos\u00e9 sur un enfant qui modifie notre regard sur les autres \u00bb, dit Mgr ROUET. Ainsi comprise, la parole atteint la profondeur des relations, atteint le myst\u00e8re des personnes, ma personne et celle que je rencontre<\/p>\n<h2 id=\"le-regard-dans-la-bible\" >Le regard dans la Bible<\/h2>\n<p>Nous d\u00e9couvrons dans la Bible que l\u2019admiration est la cl\u00e9 de l\u2019estime. L\u2019exemple le plus frappant est celui de <strong>Job<\/strong>. Dieu choisit Job pour narguer le Diable en l\u2019interrogeant\u00a0: \u00ab\u00a0<em>est-ce que tu as vu mon serviteur Job, il n\u2019a pas son pareil sur la terre<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Oui, m\u00eame Dieu est sensible \u00e0 l\u2019admiration<\/strong>. L&#8217;admiration est la cl\u00e9 de l&#8217;estime, et par cons\u00e9quent, de l&#8217;union entre les hommes. Dans la sc\u00e8ne avec le jeune homme riche, l\u2019\u00c9criture stipule que J\u00e9sus le regarda et l\u2019aima.<br \/>\u00ab <em>Comme le Christ devant le souffrant voit d\u00e9j\u00e0 le gu\u00e9ri, la m\u00e8re devant le nouveau-n\u00e9 est s\u00fbre de l&#8217;homme accompli. Et lentement elle l&#8217;achemine vers sa certitude : croissance, force et libert\u00e9. C&#8217;est un amour d&#8217;attente, qui regarde au visage et au-del\u00e0 du visage. Le meilleur exemple que j&#8217;en puis trouver est dans la relation qui unit Marie \u00e0 son Fils. Cet amour \u00e9clate dans l&#8217;\u00e9pisode apparemment mineur, rapport\u00e9 par saint Jean, des noces de Cana. J\u00e9sus ne s&#8217;est encore signal\u00e9 par rien, sinon par sa passion \u00e0 discuter avec les docteurs. Il n&#8217;a rien fait qui en lui nomme le Christ. Il ne va pas commencer avec cette occasion d&#8217;un mariage, encore moins \u00e0 propos de ce ridicule incident du vin qui manque. Or, Marie, \u00e9trangement, vient \u00e0 lui et dit : &#8220;Ils n&#8217;ont plus de vin.&#8221; Eh quoi ? Le jeune invit\u00e9 n&#8217;est pas le ma\u00eetre de maison, ni le responsable de cette erreur de calcul, ni le propri\u00e9taire d&#8217;une riche cave, ni m\u00eame l&#8217;habile pr\u00e9dicateur qui convertira ces gens \u00e0 boire de l&#8217;eau. Qu&#8217;attend donc Marie de J\u00e9sus, \u00e0 ce moment-l\u00e0 ? Elle a port\u00e9 les yeux plus haut que l&#8217;anecdote, et elle contemple son fils au-del\u00e0 de son fils, le Christ dans la profondeur de J\u00e9sus. Elle l&#8217;attend, et elle sait. La r\u00e9ponse de J\u00e9sus montre qu&#8217;il entre imm\u00e9diatement dans son intelligence\u2026 ! \u00c9tonnement du fils devanc\u00e9, devin\u00e9, pressenti par sa m\u00e8re, Il portait son secret. Et ce secret, elle le portait aussi, en secret de lui\u2026\u2026 Aimer n&#8217;est pas seulement sentir, mais aussi pressentir, fonder une esp\u00e9rance, voir ou poser des signes. Car l&#8217;acuit\u00e9 du regard est elle-m\u00eame cr\u00e9atrice de ce qu&#8217;elle regarde. Qui deviendra beau si quelqu&#8217;un avant lui n&#8217;a r\u00eav\u00e9 de beaut\u00e9 ? Qui sera grand si nul n&#8217;a form\u00e9 le dessein de sa grandeur ? L&#8217;amour maternel, mais aussi l&#8217;amour paternel et tout amour sont des \u0153uvres de la conviction, une \u00e9laboration de l&#8217;esprit, une proph\u00e9tie. Concevoir prend ici plus d&#8217;un sens&#8230;.<\/em>\u00a0 (France QU\u00c9R\u00c9, MARIE, pp 167-170)<\/p>\n<blockquote>\n<p>Tout amour est une proph\u00e9tie. Derri\u00e8re chacun de nous il y a un fils et une fille de Dieu. Tout homme est une cr\u00e8che o\u00f9 Dieu vient na\u00eetre.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2 id=\"un-regard-dadmiration\" >Un regard d\u2019admiration<\/h2>\n<p>J&#8217;ai lu autrefois les \u00ab Confessions \u00bb de Saint Augustin dans le texte latin, par plaisir et j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par une phrase que j&#8217;aime citer. Saint Augustin interroge ce monde dans lequel il vit. Il interpelle la mer, les nuages, les vents \u00ab <em>Est-ce que vous \u00eates Dieu ? &#8211; Non, nous ne sommes pas Dieu. Mais c&#8217;est Dieu qui nous a fait<\/em>.\u00bb Et il conclut cette qu\u00eate dramatique par cette phrase que je cite en latin. En quelques mots concis et forts, elle d\u00e9finit \u00e0 merveille une attitude qui fait la richesse de l&#8217;homme: \u00ab Interrogatio mea, intuitio mea, responsio earum, species earum \u00bb. Je traduis \u00e0 ma fa\u00e7on : \u00ab Je les interrogeais par mon admiration, elles me r\u00e9pondirent par leur beaut\u00e9\u00bb.<br \/><strong>L\u2019admiration lie les choses entre elles<\/strong>. Ce qu\u2019on voit nous d\u00e9passe. <strong>TAGORE<\/strong> disait: \u00ab<em>J&#8217;ai dit \u00e0 l&#8217;arbre : Parle-moi de Dieu et il s&#8217;est mis \u00e0 fleurir.<\/em>\u00a0\u00bb Seul celui qui regarde avec amour et bienveillance voit juste. On ne voit bien qu\u2019avec le c\u0153ur, l\u2019essentiel est invisible aux yeux.<\/p>\n<p>En outre, <strong>la charit\u00e9 ce n\u2019est pas seulement de la gentillesse<\/strong>. C\u2019est lorsqu\u2019on est regard\u00e9 avec amour que la beaut\u00e9 appara\u00eet.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Regarder avec amour c\u2019est aussi ne pas tout voir.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Vous connaissez &#8220;<strong>LE PETIT PRINCE<\/strong>&#8220;. Le renard demande au Petit Prince de l&#8217;apprivoiser, avant qu&#8217;il ne le quitte. Au moment des adieux, il donne la cl\u00e9 : \u00ab\u00a0<em>Regarde! Tu vois, la-bas, les champs de bl\u00e9 ? Je ne mange pas de pain. Le bl\u00e9 pour moi est inutile. Les champs de bl\u00e9 ne me rappellent\u00a0 rien. Et \u00e7a, c\u2019est triste. Mais tu as des cheveux couleur d&#8217;or. Alors ce sera merveilleux quand tu m\u2019auras apprivois\u00e9 ! Le bl\u00e9, qui est dor\u00e9, me fera souvenir de toi. Et j\u2019aimerai le bruit du vent dans le bl\u00e9 &#8230;<\/em> \u00bb. Je n&#8217;insiste pas. Le monde parle de l\u2019\u00eatre aim\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Un regard d\u2019un jour peut colorer tous les regards de la vie.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab <strong><em>\u00catre appel\u00e9<\/em>,<\/strong> &#8211; je cite Isabelle Parmentier &#8211; <em>\u00eatre nomm\u00e9, c&#8217;est rien moins qu&#8217;exister, le don du nom, le choix du pr\u00e9nom \u00e0 la naissance d&#8217;un enfant, tout autant que la voix tendre qui l&#8217;appelle et le nomme pour la premi\u00e8re fois, resteront grav\u00e9s pour toujours dans son \u00e2me&#8230; <strong>\u00catre nomm\u00e9 c&#8217;est \u00eatre distingu\u00e9<\/strong> parmi tous les autres, exister comme personne unique, \u00eatre reconnu dans une dignit\u00e9 inali\u00e9nable&#8230; Encore faut-il pour cela, \u00eatre assur\u00e9 que la voix qui appelle est une voix aimante, qui veut du bien, rien que du bien et du bonheur<\/em> \u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Comment est-ce que nous appellerons nos \u00e9l\u00e8ves, demain, dans la classe ? Ou quand nous parlerons d&#8217;eux dans la salle des professeurs?<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 id=\"questions\" >Questions<\/h3>\n<ul>\n<li>Est-ce qu\u2019il y a des attitudes et des actes p\u00e9dagogiques que je ne trouve pas Catholique\u00a0?<\/li>\n<li>Est-ce que je peux citer un regard qui m\u2019a paralys\u00e9 et\/ou continue de le faire\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"la-sanction\" >La sanction<\/h2>\n<p>La sanction est toujours comparaison. Il nous faut \u00e9viter que la sanction ne soit une sanction qui m\u00e8ne \u00e0 la comp\u00e9tition mais plut\u00f4t \u00e0 la comparaison. La sanction doit \u00eatre diff\u00e9rente pour tous car nous sommes irr\u00e9sistiblement personnels. Tous les hommes ont une \u00e9gale dignit\u00e9, mais chacun est radicalement diff\u00e9rent dans son irr\u00e9ductible alt\u00e9rit\u00e9.<br \/>&#8221; <em>Le don de l&#8217;Esprit, c&#8217;est d&#8217;\u00e9tablir la communion, de r\u00e9tablir la ressemblance en jouant avec les diff\u00e9rences<\/em> &#8221; \u00bb (Christian DE CHERG\u00c9, testament).<br \/>Se relier par des relations justes, dans une juste distance, une juste reconnaissance de la diff\u00e9rence des sexes et des g\u00e9n\u00e9rations dans une famille, des fonctions et des r\u00f4les dans un groupe ou une soci\u00e9t\u00e9, c&#8217;est permettre \u00e0 cette famille, \u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;exister. Reconnu par les autres, chacun peut alors saisir la chance de trouver sa place dans le projet collectif de construction du monde, sa juste place, dans le renoncement \u00e0 la toute-puissance et l&#8217;acceptation de la limite, de ses propres limites comme de celles d&#8217;autrui.<\/p>\n<h3 id=\"tout-regard-vous-lavez-compris-est-deja-sanction\" >Tout regard, vous l&#8217;avez compris, est d\u00e9j\u00e0 sanction.<\/h3>\n<p><strong>Un souvenir personnel aidera \u00e0 comprendre<\/strong> : la femme d&#8217;un des neveux sait tout faire de ses doigts. Un jour, en entrant dans leur maison, une aquarelle dans l&#8217;entr\u00e9e accroche mon regard ; une petite lueur d&#8217;admiration anime mon \u0153il. Mon neveu a saisi cette lueur : \u00ab <em>C&#8217;est Christine<\/em> -sa femme- <em>qui l&#8217;a faite<\/em> \u00bb. Je ne savais pas encore qu&#8217;elle s&#8217;\u00e9tait lanc\u00e9e dans l&#8217;aquarelle. Mais la lueur accroch\u00e9e \u00e0 mon regard a fait infiniment plus de plaisir \u00e0 mon neveu qu&#8217;un compliment que j&#8217;aurais adress\u00e9 \u00e0 Christine.<\/p>\n<blockquote>\n<p>On est toujours fier d&#8217;avoir une femme, &#8211; ou un mari, ou un p\u00e8re, ou une m\u00e8re, ou un enfant&#8230;- qui r\u00e9alise de belles choses et qu&#8217;on aime.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h3 id=\"letonnement-lincomprehension-dans-le-regard-sont-deja-une-sanction\" >L&#8217;\u00e9tonnement, l&#8217;incompr\u00e9hension dans le regard sont d\u00e9j\u00e0 une sanction.<\/h3>\n<p>Voir dans les mots: en latin despicere. On traduit : regarder de haut\u2026 = m\u00e9priser.<br \/>Il m\u2019a regard\u00e9 de travers\u2026 Nous connaissons la susceptibilit\u00e9 de certains jeunes devant un simple regard\u2026 Preuve qu\u2019ils se sentent condamn\u00e9s\u2026<\/p>\n<h3 id=\"il-y-a-pire-comme-sanction-ne-pas-voir\" >Il y a pire comme sanction: ne pas voir.<\/h3>\n<p>Le riche et le pauvre Lazare\u00a0: le riche ne voyait pas Lazare. Une star veut \u00e0 tout pris \u00eatre vue\u2026 m\u00eame en mal, plut\u00f4t que de ne pas \u00eatre vue. Faire comme si quelqu&#8217;un n&#8217;existait pas, c&#8217;est terrible pour lui.<\/p>\n<h4 id=\"quelques-precisions-sur-la-sanction\" >Quelques pr\u00e9cisions sur la sanction:<\/h4>\n<p><strong>La sanction est n\u00e9cessaire<\/strong>\u00a0: un feed-back ; besoin de rep\u00e8re;\u00a0\u00a0 \u00a0savoir o\u00f9 on est, o\u00f9 on va, o\u00f9 on ne doit pas aller.<br \/>L&#8217;\u00e9cole est un endroit premier o\u00f9 on apprend \u00e0 penser et \u00e0 juger, \u00e0 penser ce monde qui nous entoure, \u00e0 voir ses valeurs, \u00e0 discerner ses qualit\u00e9s et ses limites. Elle nous apprend l&#8217;esprit critique, \u00e0 ne pas prendre pour lanternes ce qui n&#8217;est, soyons polis, que ballons d\u00e9gonfl\u00e9s<\/p>\n<p><strong>La sanction se fait dans deux sens<\/strong> : il y a la sanction positive et la sanction n\u00e9gative\u2026. Celle qui dit, oui, c&#8217;est bien, et celle qui dit &#8220;non, c&#8217;est mal&#8221;<br \/>Celle qui fixe des limites, des interdits, des tabous.<br \/>La sanction situe, r\u00e9v\u00e8le une v\u00e9rit\u00e9<br \/>Avec deux risques\u00a0: orgueil ou culpabilisation et d\u00e9valorisation. Sanction qui se tourne en auto-sanction: paralysie, d\u00e9fiance de soi et de tout.\u00a0\u00a0 \u00a0Et finalement rien ne vaut, ou tout se vaut.<\/p>\n<h4 id=\"deux-ordres-de-sanctions\" >Deux ordres de sanctions:<\/h4>\n<p>&#8211;\u00a0 votre sp\u00e9cialiste vient r\u00e9parer votre machine \u00e0 laver: \u00e7a marche, \u00e7a fonctionne, c&#8217;est bien&#8230; (machine, habit, cuisine). La sanction est dans la chose<br \/>C\u2019\u00e9tait le bienfait des 4e et 3e technologique\u00a0: il y avait un objet \u00e0 fabriquer de sa conception \u00e0 la vente en magasin. Par exemple une petite perceuse. Si \u00e7a fonctionne, c\u2019est bon\u00a0; sinon, il faut s\u2019y reprendre.<br \/>&#8211;\u00a0 mais un projet, un devoir, c&#8217;est quelqu&#8217;un qui juge : version latine, dissertation. La sanction est dans le jugement de quelqu\u2019un et l&#8217;expression de ce jugement.<\/p>\n<p><strong>Remarquer que:<\/strong><br \/>Les deux sanctions sont souvent m\u00e9lang\u00e9es. <strong>Ca ne marche pas&#8230; et quelqu&#8217;un rit ou ricane<\/strong>. On n&#8217;aime pas faire rire. L\u00e0 aussi, attention \u00e0 la sanction spontan\u00e9e et sans piti\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves de la classe devant la bourde d&#8217;un \u00e9l\u00e8ve&#8230; Ce peut \u00eatre infiniment plus paralysant que les mots du professeur. <strong>Ou au contraire, \u00e7a marche, et on \u00e9clate en applaudissements<\/strong>.<br \/>La civilisation moderne tend de plus \u00e0 plus \u00e0 faire distancier la sanction et pendant des ann\u00e9es, elle sera de l&#8217;ordre du jugement, et cela est frustrant. et cela envahit abusivement des domaines.<\/p>\n<ul>\n<li>cf r\u00e9ussite dans la famille d&#8217;un amour<\/li>\n<li>choix d&#8217;un m\u00e9tier non approuv\u00e9<\/li>\n<li>choix d&#8217;un copain&#8230;<\/li>\n<li>choix d&#8217;une activit\u00e9 non approuv\u00e9e : musique, par ex&#8230;<\/li>\n<\/ul>\n<p>D&#8217;o\u00f9 la tentation: faire sauter le &#8220;censeur&#8221; ou se r\u00e9volter contre lui ou sombrer dans le d\u00e9couragement ou se contenter de la \u00ab moyenne \u00bb: La moyenne : \u00e0 moiti\u00e9 bien.<\/p>\n<p>Dans la \u00ab praxis, il n&#8217;y a pas de moyenne. Cf. la perceuse plus haut\u00a0: il y a une rayure\u2026. Dans le magasin, je change celui qui est ray\u00e9 par un objet parfait. Il faudrait supprimer cette notion fausse de \u00ab\u00a0moyenne\u00a0\u00bb, pour ne donner \u00e0 faire que des travaux d\u2019abord simple, mais les exiger parfait, et aller ensuite \u00e0 des travaux plus complexes et plus difficiles.<br \/><strong>Le d\u00e9couragement<\/strong> : TV, radio, etc. montrent un parfait inaccessible.<br \/>d&#8217;o\u00f9 importance de red\u00e9couvrir l&#8217;artisanat : une bouteille souffl\u00e9e ou industrielle&#8230; Quelle est la plus r\u00e9guli\u00e8re ? Les d\u00e9fauts de l&#8217;artisanale devienne ornements&#8230; (une assiette industrielle sans d\u00e9faut ne vaut pas grand chose&#8230; Une assiette artisanale, avec ses d\u00e9fauts, est sans prix.<\/p>\n<h4 id=\"il-faut-que-la-sanction-soit-juste\" >Il faut que la sanction soit juste<\/h4>\n<p>Ne jamais r\u00e9duire la sanction \u00e0 la sanction d\u2019un radar automatique.<\/p>\n<h4 id=\"sanctionner-ne-pas-sanctionner\" >Sanctionner, ne pas sanctionner<\/h4>\n<p>C\u2019est la pire des sanctions que de ne pas sanctionner. Nous devons \u00eatre \u00e9ducateurs tout le temps et non pas laisser faire lorsque nous rencontrons un mauvais comportement.<\/p>\n<h4 id=\"une-sanction-qui-respecte\" >Une sanction qui respecte<\/h4>\n<p>cf. crayon rageur qui transperce la copie.<br \/>ou au contraire\u00a0: \u00e9criture soign\u00e9e\u00a0: \u00e7a peut faire r\u00e9fl\u00e9chir.<br \/>regard sur les choix artistiques<br \/>m\u00e9priser les go\u00fbts de quelqu\u2019un = le m\u00e9priser.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\" >Conclusion<\/h2>\n<p>Nous sommes \u00e9ducateurs c&#8217;est-\u00e0-dire un compl\u00e9ment de l\u2019\u00e9ducation familiale. Nous devons donc aider les parents \u00e0 d\u00e9couvrir chez l\u2019enfant des dons qu\u2019ils n\u2019ont pas vus. L\u2019\u00e9cole permet de ne pas enfermer l\u2019enfant dans une \u00e9tiquette. L\u00e0 se dessine pour lui une nouvelle chance. Il y a des sanctions positives collectives. Une f\u00eate est une sanction collective positive.<br \/>\u00ab\u00a0<em>Je n\u2019aurai pas toujours fait ce qu\u2019on m\u2019a fait faire mais j\u2019ai toujours aim\u00e9 ce qu\u2019on m\u2019a fait faire<\/em>\u00a0\u00bb<br \/>L\u2019\u00e9ducation, c\u2019est aider chacun \u00e0 d\u00e9couvrir sa vocation.<\/p>\n<h5 id=\"lire-la-suite-du-document-24-pages\" >Lire la suite du document (24 pages)<\/h5>\n\n<a href=\"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2016\/10\/Pedagogie-session-bernard-vial-2014.pdf\" class=\"pdfemb-viewer\" style=\"height:550px;\" data-width=\"max\" data-height=\"550\" data-toolbar=\"bottom\" data-toolbar-fixed=\"on\">Pedagogie-session-bernard-vial-2014<\/a>\n<p class=\"wp-block-pdfemb-pdf-embedder-viewer\"><\/p>\n","protected":false},"author":147,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[155],"ht_kb_tag":[128],"class_list":["post-2224","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-education","ht_kb_tag-conference"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/2224"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/147"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2224"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/2224\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2607,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/2224\/revisions\/2607"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2224"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=2224"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=2224"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}