{"id":1431,"date":"2016-02-04T11:45:19","date_gmt":"2016-02-04T10:45:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=1431"},"modified":"2016-02-04T11:52:29","modified_gmt":"2016-02-04T10:52:29","slug":"introduction-aux-ecrits-marials","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/introduction-aux-ecrits-marials\/","title":{"rendered":"Introduction aux \u00e9crits marials"},"content":{"rendered":"<p>Guillaume Joseph Chaminade utilise un grand nombre de sources fort diverses. Mais il n&#8217;indique pas toujours la r\u00e9f\u00e9rence des textes qu&#8217;il emprunte. En feuilletant ses \u00e9crits, on rencontre beaucoup de citations explicites de la Bible et des P\u00e8res. D&#8217;autres sources, implicites, d&#8217;auteurs plus contemporains sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par les notes.<\/p>\n<p>Pour expliquer ce fait, il faut prendre en compte la tournure de l&#8217;intelligence du P\u00e8re Chaminade. Ecrivant \u00e0 un jeune Ma\u00eetre des novices pour lui fixer les principes de la vie religieuse<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, le Fondateur lui exprime sa mani\u00e8re de proc\u00e9der en mati\u00e8re de sources.<br \/>\n&#8211; Lorsqu&#8217;il trouve dans ses lectures une expression correcte, claire et approuv\u00e9e de ses propres id\u00e9es, Chaminade n&#8217;h\u00e9site pas \u00e0 copier, exploiter et utiliser cette source.<br \/>\n&#8211; Il aime appuyer sa pens\u00e9e sur &#8220;de graves autorit\u00e9s&#8221;, \u00e9vitant &#8220;de parler d&#8217;opinions&#8221;. Esprit positif et sensible \u00e0 la tradition, il veut une base objetive \u00e0 son action.<br \/>\n&#8211; Cette objectivit\u00e9, il la cherche avant tout dans la R\u00e9v\u00e9lation. &#8220;Les v\u00e9rit\u00e9s de la foi et les cons\u00e9quences \u00e9videntes qu&#8217;on peut en tirer sont bien suffisantes pour nous conduire&#8230;&#8221;<\/p>\n<p>Chaminade r\u00e9v\u00e8le l\u00e0 son vrai temp\u00e9rament. Il ne fait pas de la th\u00e9orie pour la th\u00e9orie, mais il est homme d&#8217;action qui a besoin de principes pour avancer vers Dieu et entra\u00eener les autres avec lui.<\/p>\n<p>Dans les \u00e9crits marials autographes, trois s\u00e9ries de sources sont utilis\u00e9es\u00a0: l&#8217;Ecriture Sainte, les auteurs r\u00e9cents et les P\u00e8res, au sens le plus large de ce terme.<\/p>\n<h1 id=\"sources-bibliques\" >Sources bibliques<\/h1>\n<h2 id=\"lancien-testament\" >L&#8217;Ancien Testament<\/h2>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qu&#8217;on pourrait attendre d&#8217;un homme du d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, la pens\u00e9e mariale de Chaminade baigne constamment dans un climat scripturaire, d&#8217;o\u00f9 elle tire le meilleur d&#8217;elle-m\u00eame, ses racines les plus profondes<\/p>\n<p>La table des r\u00e9f\u00e9rences scripturaires donne 733 r\u00e9f\u00e9rences pour les Ecrits Marials I et II, dont 521 pour le volume I. Une analyse d\u00e9taill\u00e9e montre que l&#8217;Ancien Testament y est plus souvent cit\u00e9 que le Nouveau, avec 276 citations pour le premier et 245 pour le second. Et, dans l&#8217;Ancien Testament, certains livres \u00e9mergent nettement : la Gen\u00e8se (37 citations), les Psaumes (45), les Proverbes (35) et le Cantique des Cantiques (35), l&#8217;Eccl\u00e9siaste (47) et Isa\u00efe (16).<\/p>\n<p>Que peut signifier pareille distribution\u00a0? Pour la Gen\u00e8se, c&#8217;est l&#8217;utilisation des trois premiers chapitres et des tout derniers qui domine. Ceux-ci interviennent \u00e0 cause d&#8217;une application \u00e0 saint Joseph des textes concernant la b\u00e9n\u00e9diction des fils de Jacob.<\/p>\n<p>Dans les trois premiers chapitres, le troisi\u00e8me est pr\u00e9pond\u00e9rant avec ses versets 15, 16 et 20 concernant la chute d&#8217;Adam et d&#8217;Eve. Gen\u00e8se 3, 15 est cit\u00e9 cinq fois : <em>&#8220;Je mettrai des inimiti\u00e9s entre toi et la femme&#8230;&#8221;<\/em> Ainsi, par le jeu des statistiques, se d\u00e9gage le premier texte appliqu\u00e9 \u00e0 Marie.<\/p>\n<p>Dans les Psaumes, on constate de m\u00eame que les Psaumes 44 et 86, qui sont les plus suggestifs sur Marie, reviennent plus souvent.<\/p>\n<p>Les Proverbes, le Cantique des cantiques et l&#8217;Eccl\u00e9siastique sont eux aussi des domaines privil\u00e9gi\u00e9s. Marie a souvent \u00e9t\u00e9 compar\u00e9e \u00e0 la Sagesse et bien des versets de ces trois livres d\u00e9crivent merveilleusement la M\u00e8re de Dieu ou son action maternelle parmi nous. Proverbes 8, avec 25 citations sur 35 pour l&#8217;ensemble du livre, et Eccl\u00e9siastique 24, avec 36 citations sur 47, dominent largement. Ce sont les deux chapitres les plus utilis\u00e9s dans la liturgie mariale de l&#8217;Eglise. Chaminade recueille, continue un enseignement traditionnel, voire \u00e9labore.<\/p>\n<p>Reste le proph\u00e8te Isa\u00efe. On pense tout de suite \u00e0 Isa\u00efe 7, 14 :<em> &#8220;Voici qu&#8217;une Vierge concevra&#8230;&#8221;<\/em> Cette citation est utilis\u00e9e deux fois dans le volume\u00a0I des Ecrits marials. Mais les richesses mariologiques d&#8217;Isa\u00efe ne sont pas \u00e9puis\u00e9es avec ce premier texte. Les chants du Serviteur sont utilis\u00e9s (42, 8 et 53, 7), la <em>&#8220;tige de Jess\u00e9&#8221;<\/em> (11, 1-2), la pri\u00e8re liturgique de l&#8217;Avent : <em>&#8220;Cieux, r\u00e9pandez comme une ros\u00e9e&#8230;&#8221;<\/em> (45, 8), enfin Marie, assimil\u00e9e \u00e0 J\u00e9rusalem, rayonne comme elle sur le monde (2,2 et 60, 1.4).<\/p>\n<p>Cet aper\u00e7u permet de constater une certaine identit\u00e9 d&#8217;enseignement entre Chaminade et le Concile Vatican II. Ce dernier document cite notamment Gen\u00e8se 3, 15 et Isa\u00efe 7, 14, pour parler de Marie. Il la montre comme &#8220;la fille de Sion par excellence&#8221;<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce dernier th\u00e8me, sous sa formulation actuelle, est r\u00e9cent. Chaminade, selon l&#8217;enseignement de son temps appuy\u00e9 sur la liturgie, pr\u00e9f\u00e9rait contempler et faire admirer la &#8220;M\u00e8re du bel amour&#8221;, choisie par Dieu de toute \u00e9ternit\u00e9 et qui apporte sagesse et bonheur \u00e0 ceux qui la re\u00e7oivent, l&#8217;honorent et la suivent.<\/p>\n<p>A cette rapide pr\u00e9sentation des textes de l&#8217;Ancien Testament, il convient de joindre les figures de Marie. Elles sont nombreuses \u00e0 travers tout l&#8217;Ancien Testament\u00a0: Esther, Judith, Abiga\u00efl, Jahel, R\u00e9becca&#8230; Leur vie et leur comportement sont &#8220;types&#8221; de Marie. Enfin, certaines figures bibliques sont fr\u00e9quemment \u00e9voqu\u00e9es\u00a0: Adam et Eve, Abraham, Sara et Isaac, Mo\u00efse, David.<\/p>\n<p>Cette utilisation multiple et fructueuse de l&#8217;Ancien Testament est la garantie de la valeur dogmatique de l&#8217;enseignement marial de Chaminade.<\/p>\n<h2 id=\"le-nouveau-testament\" >Le Nouveau Testament<\/h2>\n<p>Comment parler valablement de Marie sans se r\u00e9f\u00e9rer souvent au Nouveau Testament\u00a0? Chaminade le cite 245 fois dans les Ecrits marials\u00a0I.<\/p>\n<p>La Table des r\u00e9f\u00e9rences bibliques montre la tr\u00e8s large utilisation des \u00e9vangiles de l&#8217;enfance : 9 citations de Matthieu\u00a01 (sur 20 en tout), 88 citations de Luc 1-2 (sur 109 citations en tout), dans ce volume I.<\/p>\n<p>Chaminade trouvait l\u00e0 ses textes privil\u00e9gi\u00e9s\u00a0:<br \/>\n&#8211; Matthieu 1, 16\u00a0: <em>&#8220;Marie de qui est n\u00e9 J\u00e9sus.&#8221;<\/em><br \/>\n&#8211; Luc 1, 28 : <em>&#8220;Salut, pleine de gr\u00e2ce, le Seigneur est avec toi.&#8221;<\/em><br \/>\n&#8211; Luc 1, 38 : <em>&#8220;Je suis la servante du Seigneur, qu&#8217;il m&#8217;advienne selon ta parole.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Surtout, il aimait commenter les &#8220;myst\u00e8res&#8221; du salut o\u00f9 Marie tenait sa place. Les \u00e9vangiles de l&#8217;enfance \u00e9taient donc un de ses domaines privil\u00e9gi\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais Chaminade avait un autre lieu de fr\u00e9quents rendez-vous\u00a0: le Calvaire. Le passage de Jean 19, 25-27 est souvent comment\u00e9, plus souvent que ne le font appara\u00eetre les 14 citations explicites. C&#8217;est un des lieux spirituels du Fondateur de la Famille Marianiste et tous les jours, \u00e0 trois heures de l&#8217;apr\u00e8s-midi, il y donne rendez-vous \u00e0 tous ses fils et filles pour contempler le myst\u00e8re du salut et remercier J\u00e9sus pour son testament.<\/p>\n<p>Il existe \u00e0 travers les \u00e9vangiles des textes souvent mal compris o\u00f9, comme l&#8217;exprime Vatican\u00a0II, <em>&#8220;le Fils, mettant le Royaume au-del\u00e0 des consid\u00e9rations et des liens de la chair et du sang, proclamait bienheureux ceux qui \u00e9coutent et gardent la parole de Dieu<\/em> (Marc\u00a03, 35 et Luc\u00a011, 27-28), <em>comme Marie le faisait fid\u00e8lement elle-m\u00eame<\/em> (Luc\u00a02, 19.51)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Chaminade n&#8217;a pas eu peur de ces textes, comme le montre un Sermon sur l&#8217;Assomption de la Sainte Vierge<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> (I, \u00a7\u00a0261).<\/p>\n<p>Dans l&#8217;enseignement marial de Chaminade, le Christ J\u00e9sus est toujours au centre. Il est le fondement m\u00eame de la d\u00e9votion \u00e0 Marie. Et nous n&#8217;aimons et n&#8217;honorons Marie que parce que J\u00e9sus l&#8217;a fait et veut continuer \u00e0 le faire en chaque baptis\u00e9. Il ne se trouve aucun texte, dans lequel Chaminade d\u00e9velopperait une exaltation indue de la Sainte Vierge. Son souci constant est de la mettre \u00e0 sa place par rapport \u00e0 Dieu, \u00e0 J\u00e9sus, son Fils, \u00e0 l&#8217;Eglise et \u00e0 chacun de nous, comme le fait l&#8217;Ecriture qui ne pr\u00e9sente jamais Marie de Nazareth pour elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re remarque s&#8217;impose\u00a0: Chaminade, dans ses Ecrits marials, ne cite jamais la Lettre aux Galates (4, 4), o\u00f9 saint Paul fait son unique allusion \u00e0 Marie\u00a0: <em>&#8220;Quand vint la pl\u00e9nitude du temps, Dieu envoya son Fils, n\u00e9 d&#8217;une femme&#8230;&#8221;.<\/em> On ne trouve non plus aucune insistance sur la Femme, telle que la pr\u00e9sente le chapitre\u00a012 de l&#8217;Apocalypse. Par contre, Marie est quelquefois compar\u00e9e \u00e0 la nouvelle J\u00e9rusalem (Apocalypse 21, cit\u00e9 8 fois).<\/p>\n<p>La mariologie de Chaminade, comme il appara\u00eet dans Ecrits marials I, s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e autour des textes sapientaux et \u00e9vang\u00e9liques, tout sp\u00e9cialement autour des textes de l&#8217;Annonciation. Que l&#8217;on ne voie l\u00e0 aucune \u00e9troitesse. N&#8217;est-ce pas l\u00e0 le lieu privil\u00e9gi\u00e9 de la R\u00e9v\u00e9lation divine, o\u00f9 Dieu, par son ange, entre en dialogue avec Marie de Nazareth et par elle avec le monde\u00a0? N&#8217;est-ce pas dans ce texte unique que l&#8217;Eglise a trouv\u00e9 l&#8217;essentiel du Je vous salue, Marie\u00a0?<\/p>\n<h1 id=\"sources-contemporaines\" >Sources contemporaines<\/h1>\n<p>Comme le Cur\u00e9 d&#8217;Ars et bien d&#8217;autres, comme fait chacun d&#8217;entre nous, Chaminade a utilis\u00e9 amplement les auteurs r\u00e9cents. Au d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, les livres chr\u00e9tiens \u00e9taient bien moins nombreux qu&#8217;aujourd&#8217;hui et l&#8217;on se reportait volontiers aux auteurs des dix-septi\u00e8me et dix-huiti\u00e8me si\u00e8cles.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Louis Lallemant, S.J. (1578-1635)<\/strong> traite De la gloire de la Sainte Vierge dans l&#8217;Incarnation, dont Chaminade s&#8217;inspire pour \u00e9crire De la Sainte Vierge comme M\u00e8re (EM\u00a0I, \u00a7\u00a7\u00a088 et 118). Certaines notions, comme l&#8217;\u00eatre de gr\u00e2ce, la d\u00e9pendance de J\u00e9sus par rapport \u00e0 sa M\u00e8re, sont communes \u00e0 Lallemant et \u00e0 Chaminade.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Jacques Marchant (vers 1587-1648)<\/strong> a essay\u00e9, \u00e0 l&#8217;intention des cat\u00e9chistes, controversistes, moralistes et pr\u00e9dicateurs, de sch\u00e9matiser la doctrine chr\u00e9tienne, sur le fondement de la Bible et des P\u00e8res, dans son Hortus Pastorum (Jardin des Pasteurs). Chaminade s&#8217;est souvent inspir\u00e9 de son commentaire de l&#8217;Ave Maria. Il trouve chez Marchant des textes bibliques et patristiques, dont il va se servir sans cesse.<\/p>\n<p>Promoteur, puis Pr\u00e9fet de la Congr\u00e9gation de Saint-Charles Borrom\u00e9e, Jacques Marchant eut le souci de la formation des pr\u00eatres. Il \u00e9crivit pour eux la Virga Aaronis florens, Le b\u00e2ton d&#8217;Aaron en fleur, dont la seconde fleur est, pour les pr\u00eatres, &#8220;une pi\u00e9t\u00e9 sp\u00e9ciale envers la Vierge M\u00e8re de Dieu&#8221;. De ce passage Chaminade s&#8217;est inspir\u00e9 (EM\u00a0I, \u00a7\u00a0230).<\/p>\n<p>Chaminade fait de Marchant un usage fort libre. D&#8217;autres pr\u00e9dicateurs ont aussi cueilli leurs fleurs dans le Hortus Pastorum, ce qui explique la libert\u00e9 avec laquelle Chaminade utilise Marchant qu&#8217;il pouvait rencontrer ailleurs que dans les livres m\u00eames de l&#8217;auteur.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Marie d&#8217;Agr\u00e9da (1602-1665),<\/strong> Abbesse espagnole, a, avec son livre La cit\u00e9 mystique de Dieu, voulu \u00e9difier et non faire \u0153uvre de critique historique. Le texte, qui a pour trame la vie de la Sainte Vierge, se r\u00e9f\u00e8re \u00e9galement \u00e0 des visions priv\u00e9es de l&#8217;auteur. Fort controvers\u00e9, le livre fut rejet\u00e9 par les uns et approuv\u00e9 par d&#8217;autres, ce qui laisse deviner qu&#8217;\u00e0 des erreurs d&#8217;ordre historique et \u00e0 un style propre \u00e0 l&#8217;\u00e9poque se m\u00ealent de l&#8217;\u00e9dification et des enseignements de valeur.<\/p>\n<p>Chaminade a utilis\u00e9 plusieurs fois le livre de Marie d&#8217;Agr\u00e9da, dans les Epoques de la vie de l&#8217;auguste Marie (EM\u00a0I, \u00a7\u00a7\u00a01-18) et dans un texte analogue concernant la vie de saint Joseph (EM\u00a0I, \u00a7\u00a7\u00a0297-299). A deux autres endroits apparaissent des emprunts \u00e0 Marie d&#8217;Agr\u00e9da (EM\u00a0I, \u00a7\u00a7\u00a0153 et 218, 222). Cependant il semble que Chaminade ne puise pas l\u00e0 directement \u00e0 La cit\u00e9 mystique de Dieu, mais utilise un auteur qui s&#8217;en est inspir\u00e9.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Jean-Louis Fromenti\u00e8res (1632-1684), f<\/strong>ut pr\u00e9dicateur \u00e0 la Cour de Louis\u00a0XIV. A plusieurs reprises, Chaminade utilise Fromenti\u00e8res pour des d\u00e9veloppements concernant la gr\u00e2ce de Marie, soit dans son Immacul\u00e9e Conception, soit dans sa Nativit\u00e9. Le sermon Sur la Nativit\u00e9 de la Sainte Vierge (EM\u00a0I, \u00a7\u00a7\u00a0386-392 et 484-505), o\u00f9 Chaminade s&#8217;inspire de Fromenti\u00e8res et d&#8217;autres auteurs, est un exemple typique de la libert\u00e9 avec laquelle il reprend et travaille ses sources.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Jacques B\u00e9nigne Bossuet (1627-1704)<\/strong> ne peut pas manquer \u00e0 cette liste, o\u00f9 figurent les grands pr\u00e9dicateurs du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle. Son Sermon Sur la d\u00e9votion \u00e0 la Sainte Vierge a model\u00e9 pour une part significative la formulation de Chaminade sur ce sujet. Il y revient \u00e0 trois reprises (I, \u00a7\u00a7\u00a067-71, 358, 359). Ce m\u00eame sermon lui a permis d&#8217;exposer la maternit\u00e9 spirituelle de Marie et la coop\u00e9ration de sa charit\u00e9 maternelle \u00e0 notre salut (I, \u00a7\u00a7\u00a077-78). Pour un enseignement analogue, Chaminade a utilis\u00e9 aussi le Sermon pour la f\u00eate du Saint Rosaire de Bossuet (I, \u00a7\u00a7\u00a081-85). De ce dernier sermon, Chaminade a encore tir\u00e9 un d\u00e9veloppement sur &#8220;Marie, l&#8217;Eve de la nouvelle Alliance&#8221; (I, \u00a7\u00a7\u00a090-92).<\/p>\n<p>La formulation doctrinale de Bossuet et la clart\u00e9 de sa pens\u00e9e ont d\u00fb plaire \u00e0 Chaminade qui revient plusieurs fois \u00e0 lui. Mais, \u00e0 regarder de pr\u00e8s, la pens\u00e9e de Chaminade et son analyse du r\u00f4le de Marie vont souvent plus loin et plus profond que celles du grand pr\u00e9dicateur.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Louis Bourdaloue, S.J. (1632-1704),<\/strong> est un des pr\u00e9dicateurs que Chaminade utilise volontiers\u00a0: huit fois dans le volume\u00a0I et une fois dans le volume\u00a0II. C&#8217;est un des rares qu&#8217;il cite explicitement (I, \u00a7\u00a0405\u00a0; II, \u00a7\u00a0352). Bourdaloue fournit \u00e0 Chaminade les expressions pour m\u00e9diter sur la gr\u00e2ce de Marie, la gr\u00e2ce qui permet \u00e0 Marie d&#8217;interc\u00e9der pour les hommes (I, \u00a7\u00a7\u00a065-66) et la fid\u00e9lit\u00e9 de Marie \u00e0 sa gr\u00e2ce, exemple de notre fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la n\u00f4tre (I, \u00a7\u00a7\u00a0158-161, 164-165, 495-496, 523-526), et pour pr\u00e9senter les vertus de Marie, surtout son humilit\u00e9 (I, \u00a7\u00a7\u00a0404-411, 453, 523-526).<\/p>\n<p>Ces citations n&#8217;ont rien d&#8217;une analyse abstraite. C&#8217;est \u00e0 travers la m\u00e9ditation des myst\u00e8res de Marie dans sa vie que se d\u00e9gagent ces enseignements\u00a0: Immacul\u00e9e Conception (I, \u00a7\u00a0158), Nativit\u00e9 de Marie (I, \u00a7\u00a7\u00a0164, 495). Annonciation et Incarnation (I, \u00a7\u00a7\u00a0351, 404), Assomption (I, \u00a7\u00a0523).<\/p>\n<p><strong>&#8211; Vincent Houdry, S.J. (1630-1729),<\/strong> donne dans sa Biblioth\u00e8que des Pr\u00e9dicateurs, en vingt-trois volumes, d&#8217;amples mat\u00e9riaux pour les sermons. Chaminade l&#8217;utilise cinq fois pour les d\u00e9veloppements suivants\u00a0: Marie qui est le livre de la g\u00e9n\u00e9alogie o\u00f9 sont inscrits tous les \u00e9lus (I, \u00a7\u00a7\u00a051-53 et 356-357), Marie dans son Immacul\u00e9e Conception (I, \u00a7\u00a7\u00a0378-382), la gr\u00e2ce sp\u00e9ciale de Marie \u00e0 sa Nativit\u00e9 (I, \u00a7\u00a7\u00a0501-504), Marie, couronn\u00e9e \u00e0 la mesure de sa gr\u00e2ce et de ses m\u00e9rites, dans son Assomption (I, \u00a7\u00a7\u00a0528-530).<\/p>\n<p>Houdry, comme Marchant, semble avoir marqu\u00e9 Chaminade en lui fournissant l&#8217;expression de v\u00e9rit\u00e9s qui lui tenaient sp\u00e9cialement \u00e0 c\u0153ur.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Jacques-Joseph Duguet (1649-1733)<\/strong> a beaucoup \u00e9crit avec la pr\u00e9occupation de pr\u00e9senter &#8220;la religion d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 propre \u00e0 consoler&#8221;, comme il l&#8217;exprime dans ses Lettres sur divers sujets de morale et de pi\u00e9t\u00e9. A un cur\u00e9 qui, pour cause d&#8217;abus, voulait supprimer la confr\u00e9rie du Saint Rosaire dans sa paroisse, il r\u00e9pond\u00a0: &#8220;Le peuple qui ne sait pas lire, et qui sait \u00e0 peine d&#8217;autres pri\u00e8res que le Pater et l&#8217;Ave, croit qu&#8217;on lui \u00f4te tout quand on lui \u00f4te le chapelet&#8230; Il faut lui faire conna\u00eetre J\u00e9sus Christ et ses myst\u00e8res\u00a0; le nourrir de la parole de Dieu&#8230;, apprendre combien on trouve de secours aupr\u00e8s de la Sainte Vierge quand on d\u00e9sire sinc\u00e8rement plaire \u00e0 son Fils&#8230; Et quand ces v\u00e9rit\u00e9s salutaires sont entr\u00e9es dans le c\u0153ur, tous les abus sont corrig\u00e9s.&#8221;<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a><\/p>\n<p>Dans cette ligne, Duguet composa le Trait\u00e9 sur la Croix ou Explication du myst\u00e8re de la Passion de N.S.J.C., en neuf tomes. Chaminade utilise le dernier tome de ce trait\u00e9 pour composer un sermon Sur la Sainte Vierge, M\u00e8re des chr\u00e9tiens (I, \u00a7\u00a7\u00a0521-539). Il y trouve quelques-unes des meilleures expressions d&#8217;une m\u00e9ditation qui lui est famili\u00e8re\u00a0: celle du Calvaire, ici en relation avec la proph\u00e9tie sur la &#8220;Femme&#8221; de Gen\u00e8se\u00a03, 15 (I, \u00a7\u00a7\u00a0535-536). Ces expressions favorites, trouv\u00e9es dans Duguet, Chaminade les reprend dans sa seizi\u00e8me m\u00e9ditation de la retraite de 1823 (II, \u00a7\u00a7\u00a0809-813, 816-817).<\/p>\n<p><strong>&#8211; Jean-Baptiste Massillon, Oratorien (1663-1742),<\/strong> est, avec Bourdaloue un des rares auteurs que Chaminade cite explicitement dans ses Ecrits marials (I, \u00a7\u00a7\u00a0468, 561). Les deux textes sont des notes concernant l&#8217;Assomption de Marie. Ils sont une utilisation libre du Sermon pour la f\u00eate de l&#8217;Assomption de la Sainte Vierge, o\u00f9 Massillon montre la triple gloire de Marie comme fruit d&#8217;un triple abaissement.<\/p>\n<p>&#8211; Saint Alphonse de Liguori (1696-1787) joue, dans les Ecrits marials de Chaminade, un r\u00f4le analogue \u00e0 celui de Monsieur Olier dans les Ecrits de direction. Avant\u00a01827, ann\u00e9e des premi\u00e8res \u00e9ditions fran\u00e7aises des Gloires de Marie, Chaminade semble ignorer les \u0153uvres du fondateur des R\u00e9demptoristes.<\/p>\n<p>Mais une fois d\u00e9couverts les livres des Gloires de Marie et du Selva, il les fait totalement siens, il les recommande \u00e0 tous les pr\u00eatres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et en fait usage dans certains \u00e9crits concernant la direction. Le P\u00e8re Fontaine qui, au nom et sous l&#8217;inspiration du Fondateur, \u00e9crit la longue introduction au Manuel du Serviteur de Marie de 1840-1844, conna\u00eet bien Alphonse de Liguori, le cite plusieurs fois (II, \u00a7\u00a7\u00a0469, 477, 513) et l&#8217;utilise dans son chapitre\u00a05, intitul\u00e9 Marie, M\u00e8re des chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Cependant cette influence de saint Alphonse sur Chaminade reste tardive. Elle n&#8217;est pas de celles qui ont contribu\u00e9 \u00e0 former sa pens\u00e9e mariale, mais, tel un catalyseur, les ouvrages de saint Alphonse ont comme cristallis\u00e9 certaines facettes de la pens\u00e9e mariale de Chaminade concernant surtout l&#8217;union maternelle de Marie aux myst\u00e8res de J\u00e9sus et son action sur nous.<\/p>\n<p>Tels sont les principaux auteurs des dix-septi\u00e8me et dix-huiti\u00e8me si\u00e8cles utilis\u00e9s par Chaminade et, rapidement esquiss\u00e9e, leur contribution au d\u00e9veloppement ou \u00e0 l&#8217;expression de la pens\u00e9e mariale du Fondateur.<\/p>\n<p>Cependant, ils ont eu un autre r\u00f4le encore, courant jusqu&#8217;au d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle\u00a0: celui de mettre \u00e0 la disposition de Chaminade la plupart des citations patristiques qu&#8217;il utilise.<\/p>\n<h1 id=\"sources-patristiques\" >Sources patristiques<\/h1>\n<p>Les textes des P\u00e8res, c&#8217;est-\u00e0-dire des auteurs chr\u00e9tiens des dix premiers si\u00e8cles, ainsi que des grands th\u00e9ologiens du Moyen \u00c2ge, sont bien connus aujourd&#8217;hui. Le Concile Vatican II les utilise largement et d&#8217;innombrables \u00e9tudes ont \u00e9t\u00e9 faites pour d\u00e9gager leur pens\u00e9e.<\/p>\n<p>Au temps de Chaminade, bien que l&#8217;\u00e9dition mauresque perm\u00eet de les consulter, les P\u00e8res \u00e9taient plut\u00f4t cit\u00e9s traditionnellement et sous une forme ramass\u00e9e. Les livres de Marchant et de Houdry, pour prendre deux exemples utilis\u00e9s par le Fondateur, se chargeaient de vulgariser des citations qu&#8217;eux-m\u00eames tiraient d&#8217;auteurs plus anciens. Les pr\u00e9dicateurs s&#8217;en servaient abondamment, au point que telle citation provoquait ou venait prouver tel d\u00e9veloppement pr\u00e9cis, toujours le m\u00eame.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 des imperfections de forme et de citations, Chaminade, avec ses contemporains et ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs, a une tr\u00e8s haute id\u00e9e du r\u00f4le des \u00e9crits patristiques dans la transmission de la foi et de l&#8217;enseignement de l&#8217;Eglise. La &#8220;preuve des P\u00e8res&#8221; fait partie, apr\u00e8s celle de l&#8217;Ecriture, de tout enseignement qui se veut s\u00e9rieux et bien fond\u00e9. En cela, les intuitions de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle rejoignent les n\u00f4tres.<\/p>\n<p>Dans les Ecrits marials de Chaminade, tous les P\u00e8res n&#8217;ont pas la m\u00eame importance. D&#8217;apr\u00e8s le nombre des citations, trois d&#8217;entre eux \u00e9mergent\u00a0: saint Bernard, saint Augustin et saint Ambroise.<\/p>\n<h2 id=\"saint-bernard\" >Saint Bernard<\/h2>\n<p>Il est cit\u00e9 65 fois dans les Ecrits marials. Les \u0153uvres de saint Bernard cit\u00e9es sont les suivantes.<\/p>\n<ul>\n<li>Le sermon sur l&#8217;Aqueduc : I, \u00a7\u00a7\u00a066, 107, 125, 248, 265, 520, 521\u00a0; II, \u00a7\u00a7\u00a077, 431, 504, 506, 508, 797, 830\u00a0; en tout 14 citations.<\/li>\n<li>Le sermon sur les douze \u00e9toiles ou les douze privil\u00e8ges\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a022, 217, 265, 445, 521, 546\u00a0; II, \u00a7\u00a7\u00a0389, 405, 466, 467, 479\u00a0; en tout 12 citations.<\/li>\n<li>Les sermons Super Missus est\u00a0; le premier : I, \u00a7\u00a7\u00a057, 355, 405, 453\u00a0; le second\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0125, 573\u00a0; II, \u00a7\u00a0162\u00a0; le troisi\u00e8me\u00a0: II, \u00a7\u00a0859.<\/li>\n<li>Le sermon 27 sur le Cantique : II, \u00a7\u00a0672.<\/li>\n<li>Les Lettres\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0139, 355, 372.<\/li>\n<li>Les sermons du temps de No\u00ebl ; sermon\u00a03 de la Vigile\u00a0: II, \u00a7\u00a7\u00a0418, 495\u00a0; sermon\u00a04 de la Vigile\u00a0: II, \u00a7\u00a0411\u00a0; sermon\u00a01 de No\u00ebl\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0408, 456.<\/li>\n<li>Les sermons du temps de l&#8217;Assomption\u00a0; sermon\u00a01 sur l&#8217;Assomption : I, \u00a7\u00a7\u00a062, 104\u00a0; sermon\u00a04 sur l&#8217;Assomption\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0365-366\u00a0; sermon du dimanche dans l&#8217;octave de l&#8217;Assomption\u00a0: I, \u00a7\u00a0221.<\/li>\n<li>Sermon de la Nativit\u00e9 de la Bienheureuse Vierge Marie : I, \u00a7\u00a0366.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Apr\u00e8s ces pr\u00e9cisions sur l&#8217;utilisation des textes de saint Bernard par Chaminade, il convient d&#8217;analyser l&#8217;apport du moine de Clairvaux.<\/p>\n<p>Les citations les plus nombreuses pr\u00e9sentent Marie comme notre M\u00e9diatrice aupr\u00e8s de J\u00e9sus Christ, car elle a \u00e9t\u00e9, comme nouvelle Eve, associ\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u0153uvre de salut du nouvel Adam. Ainsi Dieu a-t-il tout remis entre les mains de Marie.<\/p>\n<p>De l\u00e0 d\u00e9coulent de multiples cons\u00e9quences\u00a0: elle est une aide s\u00fbre dans notre vie, la &#8220;raison de notre esp\u00e9rance&#8221;, notre &#8220;\u00e9toile&#8221; capable de nous guider, la M\u00e8re de mis\u00e9ricorde et l'&#8221;\u00e9chelle des p\u00e9cheurs&#8221;.<\/p>\n<p>Saint Bernard a aussi glorifi\u00e9 la virginit\u00e9 et l&#8217;humilit\u00e9 de Marie. Enfin, c&#8217;est lui qui nous assure que contempler Marie est une joie bien douce pour celui qui l&#8217;aime.<\/p>\n<h2 id=\"saint-augustin\" >Saint Augustin<\/h2>\n<p>Une analyse des 29 citations de saint Augustin dans les Ecrits marials de Chaminade conduit aux r\u00e9sultats suivants\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>19 d&#8217;entre elles ne concernent pas directement la Sainte Vierge\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a052, 60, 74, 82, 169, 265, 357, 411, 447, 448, 456, 466, 547, 548, 552, 572\u00a0: II, \u00a7\u00a7\u00a0678, 717, 810. Elles corroborent la large utilisation de saint Augustin par les pr\u00e9dicateurs de tous les si\u00e8cles chr\u00e9tiens.<\/li>\n<li>5 autres citations sont des Pseudo-Augustin\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0308, 366, 445, 520, 546.<\/li>\n<li>5 citations authentiques concernent directement la Vierge Marie et reprennent toutes le m\u00eame texte, celui du De sancta virginitate, chapitre\u00a06 (PL\u00a040, 399)\u00a0:<br \/>\n<em>&#8220;Selon le corps, Marie est M\u00e8re du Christ seul. Mais selon qu&#8217;elle fait la volont\u00e9 de Dieu, elle est spirituellement s\u0153ur et m\u00e8re. Et ainsi, cette femme unique, est m\u00e8re et vierge, non seulement d&#8217;esprit mais de corps\u00a0: m\u00e8re en esprit, non de notre chef le Sauveur, dont elle est plut\u00f4t n\u00e9e spirituellement parce que tous ceux qui croient en lui sont appel\u00e9s \u00e0 juste titre fils de l&#8217;\u00e9poux\u00a0; mais elle est bel et bien m\u00e8re des membres que nous sommes, car elle a coop\u00e9r\u00e9 par la charit\u00e9 \u00e0 ce que les fid\u00e8les naissent dans l&#8217;Eglise, eux les membres dont il est la T\u00eate.&#8221;<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ce texte sur la maternit\u00e9 spirituelle de Marie a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 deux reprises par Vatican II dans le chapitre\u00a08 de Lumen Gentium (n\u00b0\u00a053 et 63). Chaminade y tenait beaucoup, mais ne l&#8217;a jamais r\u00e9ellement pr\u00e9sent\u00e9 dans son contexte. Il l&#8217;a re\u00e7u, semble-t-il, de Bossuet qui aimait \u00e0 insister sur le r\u00f4le de la charit\u00e9 de Marie. Dans ses \u00e9crits ult\u00e9rieurs, Chaminade utilise ce texte dans des passages plus personnels, telle une pr\u00e9cieuse acquisition qu&#8217;il fait sienne.<\/p>\n<h2 id=\"saint-ambroise\" >Saint Ambroise<\/h2>\n<p>Vient ensuite saint Ambroise avec 20 citations explicites. A part une (I, \u00a7\u00a0505) concernant J\u00e9sus Christ et cit\u00e9e par M.\u00a0Olier, toutes les autres s&#8217;appliquent \u00e0 Marie.<\/p>\n<ul>\n<li>L&#8217;exposition sur l&#8217;Evangile selon saint Luc a \u00e9t\u00e9 fort exploit\u00e9e. A la suite d&#8217;Ambroise, les si\u00e8cles chr\u00e9tiens ont aim\u00e9 m\u00e9diter l&#8217;Evangile de l&#8217;enfance, particuli\u00e8rement les myst\u00e8res de l&#8217;Annonciation et de la Visitation. Sur l&#8217;Annonciation, on trouve chez Chaminade deux citations\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0331, 361, et sur la Visitation six citations\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0111, 159, 415 (deux r\u00e9f\u00e9rences), 420, 422.<\/li>\n<li>Le livre Des vierges permet \u00e0 saint Ambroise de pr\u00e9senter la Vierge Marie comme mod\u00e8le aux vierges de son temps\u00a0: I, \u00a7\u00a7\u00a0172, 275, 455. Cette derni\u00e8re citation donne la r\u00e8gle souvent cit\u00e9e\u00a0: &#8220;Telle fut Marie que sa vie, \u00e0 elle seule, peut servir de mod\u00e8le \u00e0 tous&#8221; (PL\u00a016, 210).<\/li>\n<li>Reste le De Institutione virginis, qui a fourni bien des textes \u00e0 l&#8217;enseignement marial post\u00e9rieur\u00a0: sur le Nom de Marie (I, \u00a7\u00a0283\u00a0; II, \u00a7\u00a0842)\u00a0; sur la maternit\u00e9 spirituelle de Marie (I, \u00a7\u00a7\u00a070, 79).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un passage de cette \u0153uvre (14, 91) m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re. Ambroise y cite le d\u00e9but du chapitre\u00a07 du Cantique des cantiques\u00a0: ton sein est comme un monceau de froment environn\u00e9 de lys (7, 3). Il est question du myst\u00e8re de la g\u00e9n\u00e9ration de J\u00e9sus Christ et Marie est nomm\u00e9e en ce passage. Mais le &#8220;monceau de froment&#8221;, c&#8217;est J\u00e9sus, ce grain tomb\u00e9 en terre et qui porte beaucoup de fruit. L&#8217;interpr\u00e9tation est all\u00e9 son train. Le monceau de froment d\u00e9signe aussi les hommes engendr\u00e9s spirituellement par Marie, lorsqu&#8217;elle a engendr\u00e9 J\u00e9sus Christ. Et l&#8217;on donne cette explication comme \u00e9tant l'&#8221;application de saint Ambroise&#8221;.<\/p>\n<p>Chaminade suit la tradition qu&#8217;il lit soit dans Marchant (I, \u00a7\u00a7\u00a025, 99), soit dans saint Alphonse de Liguori pour les textes plus r\u00e9cents (II, \u00a7\u00a7\u00a0483, 633, 662).<\/p>\n<h1 id=\"en-conclusion\" >En conclusion<\/h1>\n<p><strong>Chaminade nous appara\u00eet comme un &#8220;mariologue&#8221; avant l&#8217;heure.<\/strong> Il a beaucoup re\u00e7u. L&#8217;Ecriture Sainte fut toujours la base de son enseignement. Il s&#8217;est enrichi de nombreuses lectures, comme en t\u00e9moigne le catalogue de sa biblioth\u00e8que. A travers ses lectures, il a pris contact avec les &#8220;P\u00e8res&#8221; dont il utilise de multiples citations.<\/p>\n<p>T\u00e9moin d&#8217;une longue tradition, Chaminade est un pasteur d&#8217;\u00e2mes proche du sens de la foi de ses fid\u00e8les. A l&#8217;\u00e9coute des besoins d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise secou\u00e9e par la R\u00e9volution et bascul\u00e9e dans les temps modernes, attentif aussi aux appels de l&#8217;Esprit Saint et aux besoins nouveaux de l&#8217;Eglise, il s&#8217;est empar\u00e9 du meilleur de l&#8217;enseignement marial du pass\u00e9 pour en faire la nourriture de sa g\u00e9n\u00e9ration issue de la R\u00e9volution et model\u00e9e par les bouleversements de l&#8217;Empire et de la Restauration.<\/p>\n<p>En homme d&#8217;action, il a su d\u00e9gager de la doctrine mariale traditionnelle des lignes de force, des principes pratiques, qui ont inspir\u00e9 ses fondations mariales et les inspirent encore dans l&#8217;Eglise d&#8217;aujourd&#8217;hui. Les traits marials du charisme de Chaminade ont leurs racines dans les \u00e9crits group\u00e9s dans le volume\u00a0I, mais c&#8217;est gr\u00e2ce au volume\u00a0II que le lecteur verra se modeler progressivement le profil marial de l&#8217;initiateur de la Famille Marianiste.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ecrits de Direction, II, \u00a7 103.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Constitution dogmatique Lumen Gentium 8, n\u00b0\u00a055.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Lumen Gentium 8, n\u00b0\u00a058.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Ecrits marials I, \u00a7\u00a0261.<br \/>\n<a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Lettres sur divers sujets de morale et de pi\u00e9t\u00e9, Paris, 1719-1782, t.\u00a02, pp.\u00a070-71. Cit\u00e9 par Paul Hoffer, S.M. La d\u00e9votion \u00e0 Marie au d\u00e9clin du XVIIe si\u00e8cle. Paris, Cerf, 1938, pp.\u00a0111-112.<\/p>\n","protected":false},"author":130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[153],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-1431","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-sources"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1431"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/130"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1431"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1431\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1436,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1431\/revisions\/1436"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1431"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=1431"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=1431"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}