{"id":1026,"date":"2015-11-12T14:24:36","date_gmt":"2015-11-12T13:24:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/?post_type=ht_kb&#038;p=1026"},"modified":"2016-02-03T16:38:39","modified_gmt":"2016-02-03T15:38:39","slug":"notre-don-de-dieu-voeu-de-stabilite","status":"publish","type":"ht_kb","link":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/docs\/notre-don-de-dieu-voeu-de-stabilite\/","title":{"rendered":"Notre Don de Dieu  (v\u0153u de stabilit\u00e9)"},"content":{"rendered":"<p>Quand le v\u00e9n\u00e9rable Guillaume Joseph Chaminade, notre Fondateur, eut \u00e0 fixer la formule des v\u0153ux par lesquels les premiers disciples s\u2019engageraient dans la voie des conseils \u00e9vang\u00e9liques, les lois de l\u2019Eglise sur ce point exigeaient, peut-on dire, qu\u00a0\u00bbaux v\u0153ux de chastet\u00e9, de pauvret\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance, il ajout\u00e2t le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans l\u2019institut, ou une promesse \u00e9quivalente, s\u2019il voulait assurer \u00e0 sa fondation une base juridique de soci\u00e9t\u00e9 stable.<\/p>\n<p>Cette remarque est essentielle. En a-t-on suffisamment tenu compte jusqu\u2019ici\u00a0? Il ne semble pas. Autrement, aurions-nous au sujet de notre v\u0153u de stabilit\u00e9 tant d\u2019incertitudes diverses, qui d\u00e9routent ou \u00e9garent et risquent malheureusement de d\u00e9router ou d\u2019\u00e9garer encore \u00e0 l\u2019avenir, \u00e9tant regard\u00e9es et class\u00e9es comme documents de famille\u00a0?<\/p>\n<p>Rien pourtant n\u2019est plus simple. Il suffit de s\u2019en rapporter \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019\u00e9tat religieux dans l\u2019Eglise.<\/p>\n<p>Il fut inaugur\u00e9, nous le savons tous, par les Ap\u00f4tres, qui, \u00e0 l\u2019appel du Christ, abandonn\u00e8rent tout et le suivirent dans sa vie d\u2019ob\u00e9issance \u00e0 son P\u00e8re, de chastet\u00e9 virginale et de pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la R\u00e9surrection et durant les premiers si\u00e8cles du christianisme, il fut embrass\u00e9 spontan\u00e9ment et v\u00e9cu par les P\u00e8res du d\u00e9sert, qui, fuyant les mondanit\u00e9s du si\u00e8cle, cherch\u00e8rent dans la solitude une facilit\u00e9 plus grande pour vivre l\u2019Evangile aussi compl\u00e8tement que possible, apr\u00e8s s\u2019\u00eatre li\u00e9s \u00e0 Dieu et fix\u00e9s dans ce nouvel \u00e9tat de vie par des engagements adapt\u00e9s \u00e0 leur situation.<\/p>\n<p>Des groupes occasionnels se form\u00e8rent \u00e7\u00e0 et l\u00e0, due \u00e0 la rencontre de ces athl\u00e8tes en asc\u00e9tisme ou en saintet\u00e9, mais d\u00e9pourvus de toute structure, de toute organisation et, par le fait m\u00eame, de toute stabilit\u00e9. Des novices anachor\u00e8tes, des asc\u00e8tes en crise ou en qu\u00eate de conseils et d\u2019encouragements venaient s\u2019\u00e9tablir temporairement \u00e0 proximit\u00e9 de celui qu\u2019ils consid\u00e9raient comme un ma\u00eetre, allaient le visiter\u00a0; s\u2019\u00e9difiaient \u00e0 la voir vivre, se mortifier et prier, s\u2019ouvraient \u00e0 lui, recevaient ses avis, et reprenaient le chemin de leur solitude quand ils le jugeait \u00e0 propos, ou s\u2019en allaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019autres ermites, \u00e0 moins qu\u2019ils n\u2019aient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 vivre de mendicit\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Avant saint Beno\u00eet, \u00e9crit Don Calmet, les religieux n\u2019\u00e9taient pas fix\u00e9s \u00e0 un monast\u00e8re, ni m\u00eame \u00e0 un Ordre, ni \u00e0 une forme de vie particuli\u00e8re\u00a0; ils faisaient simplement profession de la vie monastique et avaient la libert\u00e9 de la pratiquer o\u00f9 ils jugeaient plus \u00e0 propos\u00a0; d\u2019o\u00f9 vient qu\u2019on voyait souvent des religieux \u00e9trangers aller par les provinces de monast\u00e8re en monast\u00e8re, et que saint Beno\u00eet dit dans sa r\u00e8gle que s\u2019ils voulaient se fixer dans les siens, il ne faut pas\u00a0les emp\u00eacher, parce que partout on sert le m\u00eame Dieu et qu\u2019on combat les enseignes du m\u00eame roi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Un religieux\u00a0; dit encore le m\u00eame auteur, ne pouvait sans sacril\u00e8ge quitter sa profession, mais rien ne l\u2019obligeait de vivre dans un monast\u00e8re plut\u00f4t qu\u2019un autre. La distinction des Ordres monastiques n\u2019\u00e9tait pas encore introduite.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On comprend sans peine que, dans ces conditions, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019\u00e9minentes personnalit\u00e9s, qui s\u2019\u00e9lev\u00e8rent \u00e0 la plus haute contemplation et \u00e0 la plus authentique saintet\u00e9 ait connu aussi les moines gyrovagues et leur conduite trop peu dignes parfois d\u2019un homme consacr\u00e9 \u00e0 Dieu.<\/p>\n<p>Ce fut le m\u00e9rite de saint Beno\u00eet de Nurcie, au VI \u00e8me si\u00e8cle, d\u2019obvier aux inconv\u00e9nients et aux abus de ce que l\u2019on pourrait appeler le vagabondage monastique, en imposant \u00e0 ses disciples l\u2019obligation vou\u00e9e de pers\u00e9v\u00e9rer jusqu\u2019\u00e0 la mort dans le monast\u00e8re de leur profession. <em>\u00ab\u00a0Celui qu\u2019on devra recevoir, lit-on dans la r\u00e8gle, promettra publiquement, dans l\u2019oratoire, sa stabilit\u00e9 dans le monast\u00e8re, la conversion de ses m\u0153urs et une enti\u00e8re ob\u00e9issance devant Dieu et ses saints, afin qu\u2019il sache que s\u2019il viole jamais sa promesse, il sera condamn\u00e9 de Dieu dont il se moque.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Par l\u00e0, ce que les avertissements d\u2019un saint Antoine et d\u2019autres P\u00e8res du d\u00e9sert, les Maximes qui forment la r\u00e8gle dite de S\u00e9rapion, Macaire et autres, les conciles d\u2019Agde, de Chalc\u00e9doine n\u2019avaient pas obtenu par leurs mises en garde, leurs bl\u00e2mes, leurs r\u00e8glementations, l\u2019initiative de beno\u00eet l\u2019obtint, les moines gyrovagues disparurent devant ceux que leur v\u0153u de stabilit\u00e9 rendaient stables en leur communaut\u00e9 de profession<\/p>\n<p>Le c\u00e9nobitisme \u00e9tait n\u00e9. L\u2019Eglise constata, approuva, ratifia. L\u2019exemple b\u00e9n\u00e9dictin s\u2019imposant de proche en proche, un temps vint o\u00f9 toute profession monastique de n\u2019importe quel ordre contint un v\u0153u explicite de stabilit\u00e9 soit dans l\u2019ordre, soit dans un monast\u00e8re d\u00e9termin\u00e9, ou bien cens\u00e9 en contenir un implicitement, comme l\u2019acceptation et la r\u00e9ception du sous-diaconat contenait un v\u0153u implicite et tacite de c\u00e9libat eccl\u00e9siastique. <em>\u00ab\u00a0Ce v\u0153u se fait dans tous les ordres, \u00e9crit Don M\u00e8ge, en 1687, quoiqu\u2019on ne l\u2019exprime que dans l\u2019Ordre de saint Beno\u00eet.\u00a0\u00bb<\/em> Et une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es plus tard, en 1734, Don Calmet lui fait \u00e9cho en d\u00e9clarant\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, tout religieux prof\u00e8s est cens\u00e9 avoir fait son v\u0153u de stabilit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Comment fallait-il interpr\u00e9ter ce v\u0153u\u00a0? Devait-on l\u2019entendre comme un v\u0153u de cl\u00f4ture plus ou moins stricte, ou comme un v\u0153u de simple pers\u00e9v\u00e9rance dans sa vocation monastique propre, telle qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9finie par les Constitutions\u00a0?<\/p>\n<p>Il y eut des tenants de l\u2019une et\u00a0l\u2019autre th\u00e8se.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Il est \u00e9vident, \u00e9crit l\u2019auteur des Devoirs de la vie monastique, en 1689, que l\u2019intention de saint Beno\u00eet a \u00e9t\u00e9 qu\u2019un religieux gard\u00e2t une r\u00e9sidence exacte et qu\u2019il demeur\u00e2t enferm\u00e9 dans son monast\u00e8re comme dans un lieu auquel sa sanctification \u00e9tait attach\u00e9e. C\u2019est pour cela qu\u2019il ordonne que toutes les choses n\u00e9cessaires pour l\u2019usage de la communaut\u00e9 se rencontrent dans l\u2019enceinte du monast\u00e8re, afin que les fr\u00e8res n\u2019aient ni pr\u00e9texte, ni occasion l\u00e9gitime d\u2019en sortir. Les moines donc, dans l\u2019esprit de cette r\u00e8gle, doivent se regarder dans leur monast\u00e8re comme dans leur tombeau\u00a0; ils s\u2019y enterrent tout vivants avec leurs passions et leurs cupidit\u00e9s ou plut\u00f4t ils y meurent et s\u2019y ensevelissent avec elles pour y mener une vie toute nouvelle et toute sainte, en attendant que J\u00e9sus-Christ les appelle et les r\u00e9veille de\u00a0leur sommeil.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Selon Turrecremata, \u00ab\u00a0le solitaire s\u2019oblige \u00e0 ne pas abandonner jamais l\u2019institut monastique et \u00e0 ne pas sortir de son monast\u00e8re sans n\u00e9cessit\u00e9 et sans la permission de son sup\u00e9rieur.\u00a0\u00bb Saint Bernard est du m\u00eame avis.<\/p>\n<p>Don M\u00e8ge, tout en reconnaissant que le v\u0153u de stabilit\u00e9 n\u2019est pas un v\u0153u de cl\u00f4ture perp\u00e9tuelle, soutient qu\u2019on le blesse et le viole quand on sort du monast\u00e8re \u00ab\u00a01\u00b0 sans permission\u00a0; 2\u00b0 quand c\u2019est pour retourner au monde\u00a0; 3\u00b0 quand, m\u00eame avec permission, c\u2019est par une pure curiosit\u00e9 et sans et sans une n\u00e9cessit\u00e9 bien juste\u00a0; 4\u00b0 enfin, lorsque c\u2019est par inconstance et par l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.\u00a0\u00bb Il admet d\u2019autre part, que si plusieurs monast\u00e8res forment un seul Ordre, le moine peut passer d\u2019une maison \u00e0 une autre avec l\u2019autorisation des sup\u00e9rieurs l\u00e9gitimes.<\/p>\n<p>Don Calmet veut que le terme stabilit\u00e9 \u00ab\u00a0renferme aussi la stabilit\u00e9 du c\u0153ur et de l\u2019esprit, dans une ferme r\u00e9solution de ne se d\u00e9partir jamais de l\u2019\u00e9tat qu\u2019on a embrass\u00e9, ni de la profession qu\u2019on a vou\u00e9e.\u00a0\u00bb <em>\u00ab\u00a0Cependant, conclut-il, le sens le plus simple et le plus litt\u00e9ral est celui qui l\u2019entend d\u2019une stabilit\u00e9 de lieu\u00a0: les anciens l\u2019ont entendue et pratiqu\u00e9e ainsi.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>En 1773, envisageant successivement l\u2019aspect canonique et l\u2019aspect asc\u00e9tique de notre probl\u00e8me dans une conf\u00e9rence ses confr\u00e8res, Don Vincent, de la congr\u00e9gation de saint Maur, leur dit\u00a0: \u00ab\u00a0En promettant la stabilit\u00e9, nous nous sommes engag\u00e9s \u00e0 \u00eatre stables dans l\u2019\u00e9tat que nous avons embrass\u00e9\u00a0; et voil\u00e0 pour le corps, et \u00e0 l\u2019\u00eatre dans nos devoirs et de nos r\u00e8gles\u00a0: voil\u00e0 pour l\u2019esprit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Plus pr\u00e8s de nous, en 1922, &#8211; ce sera la derni\u00e8re de ses citations, &#8211; l\u2019auteur anonyme de La Vie Cistercienne, avec imprimatur\u00a0: die Novembris II, nous fait lire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0 Le v\u0153u de stabilit\u00e9 nous oblige \u00e0 vivre et \u00e0 mourir non seulement dans la vie religieuse et l\u2019ordre, mais dans la maison pour laquelle nous l\u2019avons \u00e9mis. La stabilit\u00e9 nous fixe dans le chantier spirituel, pour que le travail ne soit jamais interrompu.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>On le voit, suivant les familles religieuses, la stabilit\u00e9 fut comprise, ici, comme incluant la cl\u00f4ture, l\u00e0, comme ne l\u2019incluant pas. Les Constitutions propres fix\u00e8rent.<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter toute contestation, surtout dans les monast\u00e8res de religieuses, on adopta g\u00e9n\u00e9ralement pour la profession une formule tr\u00e8s explicite, <em>\u00ab\u00a0Encore que, selon l\u2019opinion de plusieurs, lit-on dans le livre des R\u00e8gles de Font-Evrault promettre stabilit\u00e9 en ce lieu soit estim\u00e9 \u00eatre le m\u00eame que promettre la cl\u00f4ture, toutefois, parce que quelques-unes ont pens\u00e9 garder stabilit\u00e9 encore qu\u2019elles sortissent de leurs monast\u00e8res, tandis qu\u2019elles conservaient l\u2019intention d\u2019y retourner et ainsi entendaient largement ces termes, ne craignant pas m\u00eame converser parmi les hommes en leur \u00e9glise, clo\u00eetre ou monast\u00e8re, pour ces causes, suivant ce qui a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 par le droit aux religieuses, nous avons ajout\u00e9 ce mot sous cl\u00f4ture en leur v\u0153u, afin qu\u2019elles craignent davantage d\u2019enfreindre ce qu\u2019elles ont voulu de leur propre franchise express\u00e9ment vouer.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>De fait, la professions des moniales de Fontevrault, au XVII<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, se faisait en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Je, N\u2026. promets stabilit\u00e9 sous cl\u00f4ture, conversion de ses m\u0153urs, chastet\u00e9, pauvret\u00e9 et ob\u00e9issance, selon les statuts de la r\u00e9formation de Font Evrauld ordonn\u00e9s en ce lieu par le d\u00e9cret du Pape Sixte quatri\u00e8me, suivant la r\u00e8gle de saint Beno\u00eet en l\u2019honneur du Sauveur, de sa m\u00e8re et de saint Jean l\u2019Evang\u00e9liste, en votre pr\u00e9sence, M\u00e8re prieure du monast\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame lieu, &#8211; on sait qu\u2019\u00e0 Fontevrault, il y avait un couvent de religieux et un couvent de religieuses, &#8211; les religieux du m\u00eame ordre ne vouaient que la stabilit\u00e9, sans ajouter les deux mots\u00a0: sous cl\u00f4ture.<\/p>\n<p>Chez les chartreux, les P\u00e8res, tenus \u00e0 une stricte cl\u00f4ture, \u00e9mettaient leurs v\u0153ux en disant\u00a0: \u00ab\u00a0Moi, N\u2026promets stabilit\u00e9, ob\u00e9issance et conversion de mes m\u0153urs\u00a0\u00bb, tandis que les convers, appel\u00e9s \u00e0 sortir pour le service du monast\u00e8re, disaient\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Moi, Fr\u00e8re N\u2026, pour l\u2019amour et la crainte de Notre seigneur J\u00e9sus-Christ et le salut de mon \u00e2me, je promets ob\u00e9issance, conversion de mes m\u0153urs et pers\u00e9v\u00e9rance en cet ermitage tous les jours de ma vie, devant Dieu et ses saints et le reliques de cette maison qui est b\u00e2tie en l\u2019honneur de la Bienheureuse Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste, et en pr\u00e9sence de Don N\u2026, prieur. Que si j\u2019\u00e9tais assez hardi de m\u2019en aller et de m\u2019enfuir de ce lieu, les serviteurs de Dieu qui s\u2019y trouveront pourront de leur plein droit et autorit\u00e9 me rechercher et me contraindre par force et par violence de retourner \u00e0 leur service.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les religieuses de Port Royal ne vouaient que la stabilit\u00e9, mais dans ses Pens\u00e9es sur la Profession, un commentateur ou une commentatrice de la R\u00e8gle comprend manifestement la cl\u00f4ture dans la stabilit\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le v\u0153u de stabilit\u00e9, \u00e9crit l\u2019auteur, est une promesse que l\u2019on fait \u00e0 Dieu de demeurer jusqu\u2019\u00e0 la mort dans le monast\u00e8re ou l\u2019on a fait ses v\u0153ux, le regardant comme un tombeau qui est la maison \u00e9ternelle d\u2019un mort, comme l\u2019appelle l\u2019Ecriture, et c\u2019est en cela que les religieuses doivent voir la v\u00e9rit\u00e9 de cette parole du sage, que \u00ab\u00a0l\u2019amour est aussi puissant que la mort,\u00a0\u00bb en demeurant aussi immobiles et in\u00e9branlables dans leur lieu de profession o\u00f9 l\u2019amour de leur \u00e9poux les a renferm\u00e9es que les morts dans leur s\u00e9pulcre.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Autant de textes et d\u2019usages qui montrent \u00e0 l\u2019\u00e9vidence les rapports de droits du v\u0153u de stabilit\u00e9 et du v\u0153u de cl\u00f4ture. Dans la formule de profession, on en viendra facilement \u00e0 remplacer l\u2019expression stabilit\u00e9 sous cl\u00f4ture par le seul mot cl\u00f4ture. Qui voue le plus, voue le moins. La stabilit\u00e9 locale, qui est un des \u00e9l\u00e9ments du v\u0153u de cl\u00f4ture, comporte n\u00e9cessairement la stabilit\u00e9, la pers\u00e9v\u00e9rance dans la famille religieuse qui re\u00e7oit le v\u0153u et s\u2019en porte garant. Pour conna\u00eetre les obligations sp\u00e9cifiques de l\u2019\u00e9tat de vie auquel le v\u0153u de stabilit\u00e9 ou de cl\u00f4ture soumet pendant un temps d\u00e9termin\u00e9 ou jusqu\u2019\u00e0 la mort, il faut se reporter aux Constitutions propres \u00e0 chaque Ordre ou \u00e0 chaque monast\u00e8re, en remarquant bien que ces obligations ne sont pas vou\u00e9es et restent des devoirs d\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<p>Ainsi, faut-il dire, que soit sous la forme de v\u0153u de stabilit\u00e9 dans un Ordre ou dans un monast\u00e8re, soit sous la forme du v\u0153u de cl\u00f4ture, le v\u0153u dont la paternit\u00e9 remonte \u00e0 saint Beno\u00eet a puissamment contribu\u00e9 de si\u00e8cle en si\u00e8cle et d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, \u00e0 fixer et \u00e0 renforcer l\u2019individualisation et l\u2019identit\u00e9 des diverses familles religieuses. De leur c\u00f4t\u00e9, elles sont devenues des entit\u00e9s juridiques \u00e0 pleins droits. De son c\u00f4t\u00e9 le v\u0153u a pris un caract\u00e8re, nouveau et acquis un surcro\u00eet de force, notamment dans les instituts \u00e0 vie active ou \u00e0 vie mixte.<\/p>\n<p>Ce dernier fait est \u00e0 prendre s\u00e9rieusement en consid\u00e9ration. Dans une profession religieuse, le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans le monast\u00e8re ou dans l\u2019Ordre n\u2019est pas un v\u0153u comme les autres. L\u2019ignorer ou le m\u00e9conna\u00eetre, s\u2019est s\u2019interdire de comprendre exactement les liens qui unissent un prof\u00e8s \u00e0 ses sup\u00e9rieurs et le rendent membre\u00a0: d\u2019un corps constitu\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque de Chaminade, les v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance, aux yeux de l\u2019Eglise, m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient d\u00e9clar\u00e9s solennels, n\u2019\u00e9taient pas consid\u00e9r\u00e9s comme constituant un engagement vis-\u00e0-vis d\u2019un Ordre, d\u2019un monast\u00e8re ou d\u2019un sup\u00e9rieur quelconque, s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas accompagn\u00e9s d\u2019un v\u0153u explicite ou implicite de stabilit\u00e9 dans l\u2019Ordre ou dans le monast\u00e8re. En soi, pensait-on, ils n\u2019engageaient qu\u2019envers Dieu. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9mis publiquement liait aussi envers Dieu comme tout v\u0153u, mais en outre il liait envers le monast\u00e8re ou l\u2019Ordre ou l\u2019entit\u00e9 juridique au profit de qui il \u00e9tait prononc\u00e9. A la diff\u00e9rence des autres v\u0153ux de la profession, il \u00e9tait un v\u0153u en faveur d\u2019un tiers, pour employer le langage des moralistes et des canonistes.<\/p>\n<p>Dans les Constitutions de 1839 pour la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, Chaminade soulignait express\u00e9ment cette port\u00e9e du v\u0153u de stabilit\u00e9 dans l\u2019art. 20\u00a0: <em>\u00ab\u00a0On prononce aussi le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans les vues de ne jamais priver la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie de son concours \u00e0 l\u2019\u0153uvre entreprise. La dispense de ce v\u0153u peut donner lieu \u00e0 de graves injustices envers la Soci\u00e9t\u00e9. Les lettres apostoliques demandent que ceux qui sont int\u00e9ress\u00e9s dans un v\u0153u, interviennent pour la dispense\u00a0\u00bb.<\/em> Mais qui a compris ce texte\u00a0? Certainement ceux qui ont \u00e9tabli les deux traductions anglaises que je connais.<\/p>\n<p>Le v\u0153u au profit d\u2019un tiers est une double promesse, l\u2019une faite \u00e0 Dieu, l\u2019autre faite \u00e0 une tierce personne. Dans le v\u0153u au profit d\u2019un tiers,la promesse faite \u00e0 Dieu manifeste et garantit la promesse faite au tiers. Tout v\u0153u implique un engagement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Dieu\u00a0; s\u2019il est fait au profit d\u2019un tiers, il cr\u00e9e en outre un engagement et une obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard du tiers. L\u2019ex\u00e9cution de n\u2019importe quel v\u0153u se rattache \u00e0 la vertu de religion et son inex\u00e9cution comporte un manque de respect envers Dieu. Dans le cas d\u2019un v\u0153u au profit d\u2019un tiers, son ex\u00e9cution et son inex\u00e9cution rel\u00e8vent aussi de la vertu de justice. Sous certaines conditions, tous les v\u0153ux peuvent \u00eatre l\u2019objet d\u2019une commutation ou d\u2019une dispense\u00a0; mais s\u2019il s\u2019agit d\u2019un v\u0153u au profit d\u2019un tiers, la commutation ou la dispense ne peuvent \u00eatre accord\u00e9es que si le tiers donne pr\u00e9alablement son agr\u00e9ment ou n\u2019en sera pas l\u00e9s\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte juridique et moral, le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans un monast\u00e8re d\u00e9termin\u00e9 ou dans un Ordre \u00e9tant suppos\u00e9 ou inclus dans toute profession solennelle, on devine facilement l\u2019importance que ce v\u0153u put avoir et eut de fait dans l\u2019histoire de l\u2019\u00e9tat religieux. Il fut, on peut le dire sans exag\u00e9ration, le fondement et la garantie des caract\u00e8res sp\u00e9cifiques de chaque famille religieuse approuv\u00e9e par l\u2019Eglise3 Si, aujourd\u2019hui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des B\u00e9n\u00e9dictins, il y a des Dominicains, des Franciscains, des Capucins, des Camaldules, des Cisterciens, des Basiliens, des Carmes, des Servites, des minimes et autres Ordres tant de religieux que de religieuses \u00e0 spiritualit\u00e9 et organisation propres, n\u2019est-ce pas au v\u0153u b\u00e9n\u00e9dictin de stabilit\u00e9 que nous le devons, pour une grande part du moins\u00a0?<\/p>\n<p>Continuons \u00e0 interroger l\u2019histoire et \u00e0 \u00e9couter ce qu\u2019elle nous apprend. Longtemps, jusqu\u2019au milieu du XIX\u00e8me si\u00e8cle, &#8211; la question ne fut m\u00eame tranch\u00e9e d\u00e9finitivement qu\u2019avec la Constitution apostolique Conditae a Christo du 8 d\u00e9cembre 1900 \u2013 qui ne le sait ou ne devrait le savoir\u00a0? \u2013 la discipline de l\u2019Eglise ne reconnut comme religieux et religieuses que les seuls membres des familles religieuses auxquelles elle permettait des v\u0153ux dits solennels. L\u00e0 o\u00f9 on ne pronon\u00e7ait que des v\u0153ux dits simples, elle ne voyait que des congr\u00e9gations s\u00e9culi\u00e8res, o\u00f9 sans le v\u0153u de stabilit\u00e9 explicitement et publiquement \u00e9mis, rien ne liait les membres \u00e0 tel ou tel institut d\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019auteur d\u2019Histoire et pratique de la cl\u00f4ture des Religieuses, en 16744, nous le dit en toutes lettres\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Depuis un si\u00e8cle, on a \u00e9tabli beaucoup de communaut\u00e9 de Filles qui, par leur institut, sont charg\u00e9es de l\u2019instruction des personnes de leur sexe (\u2026), d\u2019autres sont occup\u00e9es au soulagement des pauvres malades dans les h\u00f4pitaux et chez les bourgeois. Mais il faut observer que ces filles n\u2019ont fait au plus que des v\u0153ux simples, quoique publics et non les v\u0153ux solennels de religion\u00a0; qu\u2019ainsi elles ne sont pas religieuses, que leur \u00e9tat n\u2019est point fixe et qu\u2019elles peuvent, avec l\u2019agr\u00e9ment des prieures majeures,\u00a0le quitter, m\u00eame pour rentrer dans le monde et y vivre comme les s\u00e9culiers\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>En disant\u00a0: \u00ab\u00a0avec l\u2019agr\u00e9ment des sup\u00e9rieures majeures\u00a0\u00bb, l\u2019auteur nous apprend indirectement que les communaut\u00e9s dont il parle ont n\u00e9anmoins trouv\u00e9 un moyen de contracter une obligation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs sup\u00e9rieures. Lequel, pr\u00e9cis\u00e9ment celui auquel saint Beno\u00eet avait eu recours au VI \u00e8me si\u00e8cle pour rendre s\u00e9dentaires les moines nomades\u00a0: le v\u0153u de stabilit\u00e9, qui essentiellement un v\u0153u de pers\u00e9v\u00e9rance.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0En ce qui concerne les instituts \u00e0 v\u0153ux simples, explique saint Alphonse de Liguori, la stabilit\u00e9 qui ne procure pas le droit canon est remplac\u00e9e parfois, comme dans la Congr\u00e9gation du tr\u00e8s Saint R\u00e9dempteur par le v\u0153u et le serment de pers\u00e9v\u00e9rance. Ce v\u0153u et ce serment \u00e9tablissent un contrat mutuel particulier en vertu duquel le religieux s\u2019engage \u00e0 demeurer dans la congr\u00e9gation jusqu\u2019\u00e0 la mort, tandis qu\u2019en retour la Congr\u00e9gation s\u2019engage \u00e0 ne renvoyer le religieux que s\u2019il survient une raison tr\u00e8s s\u00e9rieuse.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>De fait, les Constitutions ligoriennes stipulent qu\u2019apr\u00e8s le noviciat, les sujets admis \u00e0 la profession font \u00ab\u00a0les v\u0153ux simples de chastet\u00e9, de pauvret\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance avec le v\u0153u et le serment de pers\u00e9v\u00e9rance en faveur de la Congr\u00e9gation qui les accepte.\u00a0\u00bb Un autre article pr\u00e9cise ainsi la port\u00e9e de l\u2019engagement\u00a0: <em>\u00ab\u00a0par ce v\u0153u, les sujets s\u2019obligeront \u00e0 vivre jusqu\u2019\u00e0 la mort dans la communaut\u00e9 et \u00e0 ne demander la dispense de leurs v\u0153ux qu\u2019au Souverain Pontife ou au Recteur majeur. Cependant le Recteur majeur conservera toujours la libert\u00e9 de renvoyer les sujets qui ne seront pas \u00ab\u00e9difiants\u00a0; toutefois, il devra en peser s\u00e9rieusement les raisons devant Dieu\u00a0; et sp\u00e9cialement en ceci, il proc\u00e9dera avec la plus grande droiture et sans aucune passion.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Simplifiant un peu le droit canonique, Anne de Xainctonge, fondatrice des Ursulines de Dole avait raisonn\u00e9, au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, comme saint Alphonse de Liguori, quand elle avait \u00e9crit\u00a0:\u00a0<em>\u00bb Les Religieuses clo\u00eetr\u00e9es, par leurs v\u0153ux solennels, s\u2019\u00f4tent la possibilit\u00e9 de revenir en arri\u00e8re. Nous y renon\u00e7ons librement par notre v\u0153u de stabilit\u00e9. Voil\u00e0 toute la diff\u00e9rence.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Que les Passionnistes aient cherch\u00e9 le m\u00eame effet dans leur v\u0153u de stabilit\u00e9 c\u2019est ce que l\u2019on peut inf\u00e9rer des lignes que leur consacre Migne dans son Dictionnaire des Ordres religieux\u00a0\u00bb\u00a0; <em>\u00ab\u00a0il est bon d\u2019observer, pouvons-nous lire, que, quoique les religieux de la tr\u00e8s Sainte Croix et Passion de Notre Seigneur J\u00e9sus-Christ ne soient pas li\u00e9s par les v\u0153ux solennels, ils ne sont pas pour cela libres\u00a0; car, le jour m\u00eame de leur profession, ils font v\u0153u de pers\u00e9v\u00e9rance dans la Congr\u00e9gation. Par cons\u00e9quent, \u00e0 moins d\u2019un motif r\u00e9el et grave, approuv\u00e9 par le Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral, les passionnistes ne peuvent quitter la congr\u00e9gation, ni la Congr\u00e9gation ne peut les exclure de son sein.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>La pratique de la Curie romaine concordait avec ces vues. Une famille religieuse \u00e0 v\u0153ux simples devenait-elle un ordre \u00e0 v\u0153ux solennels\u00a0? Ces membres cessaient d\u2019\u00e9mettre le v\u0153u de stabilit\u00e9, qui devenait implicite.<\/p>\n<p>Le contraire advenait-il\u00a0? Un ordre devenait-il une congr\u00e9gation s\u00e9culi\u00e8re\u00a0? Les membres<\/p>\n<p>Pronon\u00e7aient des v\u0153ux simples et, parmi ces v\u0153ux, celui de stabilit\u00e9 ou de pers\u00e9v\u00e9rance. De pieuses personnes voulaient-elles se former en communaut\u00e9 sans cl\u00f4ture\u00a0? Elles vouaient la stabilit\u00e9 et des v\u0153ux simples. Voulaient-elles vivre sous cl\u00f4ture\u00a0? Elles vouaient la cl\u00f4ture avec des voeux solennels. Il n\u2019y a pas d\u2019exemple o\u00f9 la cl\u00f4ture et la stabilit\u00e9 aient \u00e9t\u00e9 vou\u00e9es ensemble. C\u2019\u00e9tait l\u2019une ou l\u2019autre. Tout au plus trouve-t-on quelquefois l\u2019expression \u00ab\u00a0stabilit\u00e9 sans cl\u00f4ture\u00a0\u00bb pour dire simplement cl\u00f4ture.<\/p>\n<h2 id=\"quelques-exemples\" >Quelques exemples<\/h2>\n<p>Les Clercs des Ecoles Pies, dit Migne, avaient \u00e9t\u00e9 mis au nombre des Ordres religieux par le Pape Gr\u00e9goire XV, l\u2019an 1621, et celui-ci leur avait permis de faire des v\u0153ux solennels. Mais Alexandre VII, l\u2019an 1656, les remit dans leur premier \u00e9tat s\u00e9culier, voulant qu\u2019\u00e0 l\u2019avenir, ils ne fissent plus que des v\u0153ux simples avec un serment de pers\u00e9v\u00e9rer dans la Congr\u00e9gation, ce qui ne dura que jusqu\u2019en l\u2019an 1669. Le pape Cl\u00e9ment XI les r\u00e9tablit alors dans leur \u00e9tat r\u00e9gulier.<\/p>\n<p>De 1608 \u00e0 1618, les Ursulines de Bordeaux entrent en communaut\u00e9 par <em>\u00ab\u00a0les v\u0153ux simples de perp\u00e9tuelle chastet\u00e9, ob\u00e9issance, pauvret\u00e9 et stabilit\u00e9 en la m\u00eame compagnie.\u00a0\u00bb<\/em> En 1618, elles demandent l\u2019\u00e9rection de leur maison\u00a0\u00bb en monast\u00e8re de religieuses de l\u2019ordre de saint Augustin.\u00a0\u00bb Paul V acc\u00e8de \u00e0 leur d\u00e9sir, et d\u00e8s lors, elles ne vouent plus que \u00ab\u00a0chastet\u00e9, ob\u00e9issance, pauvret\u00e9 perp\u00e9tuelle en l\u2019Ordre de saint Augustin, sous le nom et invocation de sainte ursule.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En 1826, les s\u0153urs du Sacr\u00e9 C\u0153ur de J\u00e9sus fond\u00e9es par sainte Sophie Barat demand\u00e8rent l\u2019approbation de leurs Constitutions. Elles d\u00e9siraient des v\u0153ux solennels. Rome les leur refusa, parce qu\u2019elles ne voulaient pas la cl\u00f4ture papale. En compensation, elles se virent gratifi\u00e9es du v\u0153u de stabilit\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 au Souverain Pontife<\/p>\n<p>Inversement, le 13mai 1888, examinant les Constitutions des oblates du Sacr\u00e9 C\u0153ur de moulins et y trouvant mentionn\u00e9 le v\u0153u de stabilit\u00e9, la Curie romaine en demanda la suppression en disant\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Le v\u0153u de stabilit\u00e9 est renferm\u00e9 dans la profession perp\u00e9tuelle.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Vers le m\u00eame temps, le P. Simler va recevoir la m\u00eame r\u00e9ponse \u00e0 propos des constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>De toute \u00e9vidence, de 1826 \u00e0 1888, une \u00e9volution s\u2019est produite en cour de Rome au sujet de la valeur des v\u0153ux simples et de la profession religieuse. La Constitution Conditea a Christo du 8 d\u00e9cembre 1900 est en gestation. Les faits l\u2019annoncent.<\/p>\n<p>Nous pourrions passer d\u00e8s maintenant au cas du P. Chaminade. Une derni\u00e8re remarque auparavant. Dans certaines congr\u00e9gations, comme chez les Ursulines de Dole, on ne recourait qu\u2019au v\u0153u perp\u00e9tuel de stabilit\u00e9, dans d\u2019autres, le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9tait temporaire ou perp\u00e9tuel comme les autres v\u0153ux<\/p>\n<p>Ce v\u0153u temporaire de stabilit\u00e9 r\u00e9pugne \u00e0 certains esprits. Un \u00e9tat limit\u00e9 dans le temps est-il encore un \u00e9tat\u00a0? Pourquoi pas. La notion d\u2019\u00e9tat ne comporte pas n\u00e9cessairement une dur\u00e9e illimit\u00e9e. Le v\u0153u perp\u00e9tuel lui-m\u00eame s\u2019\u00e9nonce au moyen d\u2019expressions qui ont un caract\u00e8re temporaire\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 la fin de ma vie, jusqu\u2019\u00e0 ma mort, jusqu\u2019\u00e0 la fin de ses jours.\u00a0\u00bb<\/em> Pour qu\u2019il y ait \u00e9tat, il suffit que les termes \u00e0 quo et ad quem ne soient pas laiss\u00e9s au hasard, qu\u2019une dur\u00e9e constante dans une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre soit assur\u00e9e, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, peu importe la longueur de cette dur\u00e9e. Il y a des \u00e9tats de longue dur\u00e9e et des \u00e9tats de courte dur\u00e9e. Le jeune homme qui souscrit un engagement dans l\u2019arm\u00e9e pour 5 ans entre dans l\u2019\u00e9tat militaire comme celui qui s\u2019engage pour 15 ans ou pour la dur\u00e9e d\u2019une guerre. Si l\u2019on peut s\u2019engager par v\u0153u \u00e0 vivre selon les exigences de la pauvret\u00e9, de la chastet\u00e9 et de l\u2019ob\u00e9issance pendant un, deux, cinq ou dix ans, pourquoi ne pourrait-on pas s\u2019engager aussi par v\u0153u \u00e0 demeurer entre de tel ou tel institut pendant le m\u00eame temps\u00a0?<\/p>\n<p>Ainsi, d\u2019apr\u00e8s leur R\u00e8gle, au temps de Chaminade, les Fr\u00e8res des Ecoles chr\u00e9tiennes, au sortir du noviciat faisaient pour 4 ans, v\u0153u \u00ab\u00a0de pauvret\u00e9, chastet\u00e9, et ob\u00e9issance et stabilit\u00e9 dans ladite soci\u00e9t\u00e9 et d\u2019enseigner gratuitement conform\u00e9ment \u00e0 la Bulle d\u2019approbation de l\u2019institut accord\u00e9e par Beno\u00eet XIII.\u00a0\u00bb C\u2019\u00e9tait seulement apr\u00e8s cette p\u00e9riode de 3 ans qu\u2019ils pronon\u00e7aient les m\u00eames v\u0153ux \u00ab\u00a0pour la dur\u00e9e de leur vie.\u00a0\u00bb De leur c\u00f4t\u00e9, leurs Constitutions expliquaient ainsi l\u2019engagement de stabilit\u00e9\u00a0: <em>\u00ab\u00a0par le v\u0153u de stabilit\u00e9, on s\u2019engage \u00e0 demeurer stable dans ladite soci\u00e9t\u00e9 pendant tout le temps pour lequel on aura fait des v\u0153ux, et on ne peut pendant ledit temps ni sortir, ni vouloir absolument sortir de soi-m\u00eame, ni vouloir obliger \u00e0 \u00eatre renvoy\u00e9 sous quelque pr\u00e9texte que ce soit, sans violer son v\u0153u.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Nous avons l\u00e0 le type du v\u0153u temporaire de stabilit\u00e9 dans l\u2019institut, tel que nous le trouvons du XVII\u00e8me au XIX\u00e8<sup>me<\/sup> si\u00e8cle dans un grand nombre de congr\u00e9gations. Bien rares sont celles o\u00f9 cet engagement ne se rencontre pas<\/p>\n<p>Il existe m\u00eame parfois sans les v\u0153ux ordinaires, tant il est per se le constitutif des soci\u00e9t\u00e9s religieuses<\/p>\n<p>Avant la Bulle de Beno\u00eet XIII, les Fr\u00e8res des Ecoles chr\u00e9tiennes ne vouaient que l\u2019ob\u00e9issance et la stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Les Pr\u00eatres missionnaires du Saint-Sacrement, fond\u00e9s,au XVII\u00e8me si\u00e8cle, pronon\u00e7aient, \u00e0 la fin de leur noviciat la formule suivante <em>\u00ab\u00a0En pr\u00e9sence de la Tr\u00e8s Sainte Trinit\u00e9, P\u00e8re, Fils, et Saint-Esprit Dieu vivant et v\u00e9ritable et de Notre Seigneur j\u00e9sus-Christ, qui est ici pr\u00e9sent\u00a0: dans le tr\u00e8s aimable sacrement de l\u2019Eucharistie que je prends pour t\u00e9moin de l\u2019action que je vais faire et que j\u2019attends comme celui qui me doit juger, je promets et je jure par son amour stabilit\u00e9 dans cette congr\u00e9gation du Saint-Sacrement jusqu\u2019au dernier jour de ma vie. Dieu me soit en aide et ses saints Evangiles\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les Filles de l\u2019Enfance de j\u00e9sus, au XVII si\u00e8cle encore, s\u2019expriment en ces termes\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Je promets sinc\u00e8rement et librement, et je voue \u00e0 l\u2019honneur de la sainte et sacr\u00e9e enfance de Notre Seigneur J\u00a0\u00e9sus-Christ, stabilit\u00e9 perp\u00e9tuelle dans la congr\u00e9gation des Filles de l\u2019Enfance, pour y vivre le reste de nos jours, conform\u00e9ment \u00e0 ses statuts, r\u00e8glements, sans cl\u00f4ture et sans aucune liaison de v\u0153ux solennels et sans affectation d\u2019habit singulier. Dieu me fasse la gr\u00e2ce d\u2019y \u00eatre fid\u00e8le.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Les Filles de l\u2019Enfant J\u00e9sus, au ferme propos de pratiquer la pauvret\u00e9, la charit\u00e9 et l\u2019ob\u00e9issance, ajoutent le v\u0153u \u00ab\u00a0de pers\u00e9v\u00e9rer jusqu\u2019\u00e0 la mort dans la Congr\u00e9gation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les Lazaristes \u00e9mettent les 4 v\u0153ux simples de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9, d\u2019ob\u00e9issance et de stabilit\u00e9, mais les trois premiers n\u2019ont que la port\u00e9e de v\u0153ux priv\u00e9s non \u00e9mis, par le fait en faveur de personne. Les Fils de Saint Vincent de Paul forment donc une congr\u00e9gation s\u00e9culi\u00e8re et leur seul v\u0153u de stabilit\u00e9 les lie devant Dieu et en justice \u00e0 la Petite Compagnie.<\/p>\n<p>Tel quel, temporaire ou perp\u00e9tuel, ce v\u0153u est toujours un v\u0153u au profit d\u2019un tiers, au profit ici d\u2019une entit\u00e9 juridique, une congr\u00e9gation, qui re\u00e7oit l\u2019engagement \u00e0 titre on\u00e9reux. Il cr\u00e9e, pour celui qui l\u2019\u00e9met, une obligation de religion \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Dieu et en m\u00eame temps une obligation de justice \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la congr\u00e9gation aux yeux de laquelle il vaut comme un quasi-contrat et qui, en contrepartie prend en charge le sujet. D\u00e8s lors, il ne peut \u00eatre commu\u00e9 sans le consentement du tiers auquel la consultation porterait pr\u00e9judice. \u00ab\u00a0En soi, dit \u00e0 ce propos saint Alphonse de Liguori, le Souverain pontife lui-m\u00eame ne peut en dispenser d\u2019une mani\u00e8re absolue\u00a0; car, il n\u2019a pas le pouvoir de l\u00e9ser autrui. Parfois pourtant, en vertu de sa juridiction supr\u00eame, il peut dispenser du droit conf\u00e9r\u00e9. Il en est aussi, par exemple, dans le cas du droit acquis par un institut eccl\u00e9siastique ou par une congr\u00e9gation religieuse sur chacun de ses membres par le v\u0153u ou le serment de pers\u00e9v\u00e9rance\u00a0; quand il y a lieu, le Souverain Pontife peut alors accorder une dispense totale. Mais aux autres personnes qui ont re\u00e7u le pouvoir de dispenser des v\u0153ux, il est absolument interdit de donner dispense des v\u0153ux dont nous parlons, sauf du consentement des parties int\u00e9ress\u00e9es, si le Souverain Pontife ne s\u2019est pas sp\u00e9cialement r\u00e9serv\u00e9 cette cat\u00e9gorie d\u2019engagements.<\/p>\n<h2 id=\"g-j-chaminade-et-le-voeu-de-stabilite\" >G.-J. Chaminade et le v\u0153u de stabilit\u00e9.<\/h2>\n<p>G.-J. Chaminade a v\u00e9cu de 1761 \u00e0 1850. Son activit\u00e9 de fondateur couvre les quarante premi\u00e8res ann\u00e9es du XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle. Elle ne peut \u00eatre jug\u00e9e dans le contexte canonique d\u2019aujourd\u2019hui ni d\u2019un autre temps que le sien.Il conna\u00eet le droit eccl\u00e9siastique en vigueur \u00e0 son \u00e9poque et l\u2019incertitude qui plane encore sur la valeur et les effets contractuels des v\u0153ux simples.<\/p>\n<p>Il agit et r\u00e9agit en cons\u00e9quence comme ses contemporains. En fondant, il d\u00e9sire des v\u0153ux solennels pour ses religieux et pour ses religieuses, et il n\u2019ignore pas qu\u2019en ce cas il ne serait pas n\u00e9cessaire de leur faire prononcer un v\u0153u explicite de stabilit\u00e9 pour leur faire contracter une obligation de pers\u00e9v\u00e9rance dans l\u2019\u00e9tat particulier que d\u00e9finiront leurs constitutions\u00a0; mais il n\u2019ignore pas non plus que l\u2019explicitation de cette obligation assum\u00e9e ipso facto dans une profession solennelle reste toutefois autoris\u00e9e, tandis qu\u2019aussi longtemps que les v\u0153ux resteront simples, cette obligation n\u2019existera s\u00fbrement que si elle est l\u2019objet d\u2019un v\u0153u explicite. C\u2019est donc pour stabiliser ses \u0153uvres d\u00e8s le premier jour de leur existence qu\u2019il recourt \u00e0 ce v\u0153u comme l\u2019ont fait tant de fondateurs avant lui.<\/p>\n<p>Il n\u2019innove pas\u00a0; il imite. Il utilise les propri\u00e9t\u00e9s du v\u0153u telles qu\u2019elles sont, sans y rien ajouter. Il sait de l\u2019Evangile qu\u2019il ne faut pas mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, ni coudre un morceau d\u2019\u00e9toffe neuve sur un vieux v\u00eatement. Tel qu\u2019il le fait prononcer, soit sous la forme d\u2019un v\u0153u de cl\u00f4ture, soit sous la forme d\u2019un v\u0153u de stabilit\u00e9 sans cl\u00f4ture, le v\u0153u a toujours pour effet imm\u00e9diat et direct de garantir la pers\u00e9v\u00e9rance de la volont\u00e9 au moyen d\u2019une promesse faite \u00e0 Dieu et d\u2019un contrat qui cr\u00e9\u00e9e une obligation de justice \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un corps religieux.<\/p>\n<p>Une premi\u00e8re preuve que c\u2019est bien la pens\u00e9e de G.-J. Chaminade, c\u2019est qu\u2019il a toujours pris soin de pr\u00e9ciser de quelle stabilit\u00e9 il entendait parler. Il ne s\u2019agit ni d\u2019une stabilit\u00e9 myst\u00e9rieuse et ind\u00e9termin\u00e9e, ni d\u2019une stabilit\u00e9 purement spirituelle, ni d\u2019une stabilit\u00e9 dans l\u2019enceinte d\u2019un monast\u00e8re, ce qui est vou\u00e9e sur les Saints Evangiles et entre les mains d\u2019un repr\u00e9sentant de l\u2019Eglise, c\u2019est <em>\u00ab\u00a0La stabilit\u00e9 dans l\u2019institut, qui n\u2019est autre que la pers\u00e9v\u00e9rance au sein de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie ou de l\u2019Institut des Filles de Marie est bien probable qu\u2019on parlait couramment du v\u0153u de stabilit\u00e9, sans autre pr\u00e9cision, mais quand le compl\u00e9ment \u00ab\u00a0dans l\u2019institut\u00a0\u00bb<\/em> manquait dans une pi\u00e8ce importante, comme dans une formule de v\u0153ux ou dans une copie des Constitutions, le fondateur l\u2019ajoutait de sa propre main N\u2019est-ce pas significatif\u00a0?<\/p>\n<p>Si nous consultons les notes autographes qui nous le montrent cherchant une d\u00e9finition de v\u0153u de stabilit\u00e9, nous arrivons \u00e0 la m\u00eame conclusion. C\u2019est un v\u0153u qui a pour fin et effet directs ou imm\u00e9diats de rendre irr\u00e9vocables, pendant un temps d\u00e9termin\u00e9 ou \u00e0 jamais, l\u2019acte par lequel la volont\u00e9 a embrass\u00e9 l\u2019\u00e9tat de vie marianiste.<\/p>\n<p>C\u2019est un v\u0153u qui est inh\u00e9rent \u00e0 toute profession solennelle, mais qui peut n\u2019y \u00eatre qu\u2019implicite et tacite. Explicite dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie o\u00f9 les v\u0153ux ne sont que simples, il le restera, en l\u2019honneur de Marie, si les v\u0153ux deviennent solennels. Il oblige \u00e0 la pers\u00e9v\u00e9rance dans l\u2019institut au nom de la vertu de religion, comme n\u2019importe quel v\u0153u, mais aussi au nom de\u00a0la vertu de justice, parce qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence des autres v\u0153ux, il est un v\u0153u au profit d\u2019un tiers. <em>\u00ab\u00a0Il se r\u00e9alise par le fait\u00a0\u00bb,<\/em> quel fait\u00a0? celui de pers\u00e9v\u00e9rer dans sa vocation au sein de l\u2019Institut. <em>\u00ab\u00a0Il ne demande que l\u2019attachement constant de la volont\u00e9 \u00e0 cette promesse\u00a0\u00bb de stabilit\u00e9, \u00ab\u00a0et du, reste aucune habitude sp\u00e9ciale qui entre dans la mani\u00e8re de vivre\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Parce qu\u2019il lie \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, par une obligation de justice, nul, la Pape except\u00e9 ne peut en accorder la dispense ou la commutation sans l\u2019accord du repr\u00e9sentant qualifi\u00e9 de cette soci\u00e9t\u00e9, car nul ne peut l\u00e9ser qui que ce soit, et si le Pape peut commuer ou dispenser ici, ce n\u2019est qu\u2019en qualit\u00e9 de chef supr\u00eame de toutes les soci\u00e9t\u00e9s religieuses.<\/p>\n<p>Si telle est la pens\u00e9e du V\u00e9n. G.-J. Chaminade, ne semble-t-il pas commenter les obligations du v\u0153u de stabilit\u00e9 que l\u2019on trouve chez les fr\u00e8res des Ecoles chr\u00e9tiennes, chez les Passionnistes et tant d\u2019autres congr\u00e9gations\u00a0? N\u2019est-ce pas la preuve que, dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, le v\u0153u de stabilit\u00e9 est, en soi, comme ailleurs, un v\u0153u de pers\u00e9v\u00e9rance dans l\u2019institut qui re\u00e7oit le v\u0153u\u00a0?<\/p>\n<p>Veut-on une autre preuve\u00a0? Nous l\u2019avons dans la mani\u00e8re dont ce v\u0153u a \u00e9t\u00e9 compris par les disciples imm\u00e9diats du fondateur. Tous ceux dont nos archives r\u00e9v\u00e8lent le jugement ont cru et voulu vouer la pers\u00e9v\u00e9rance temporaire ou perp\u00e9tuelle dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, comme le faisaient \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, les Fr\u00e8res des Ecoles chr\u00e9tiennes, les Ursulines de Dole, de Parme, de Plaisance etc. dans leur propre institut<\/p>\n<p>Rome, enfin, nous fournit un texte qui, \u00e0 lui seul, devrait suffire pour diriger tout d\u00e9bat \u00e0 ce sujet\u00a0: c\u2019est le d\u00e9cret m\u00eame d\u2019approbation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie qui parlant des membres de celle-ci dit\u00a0: \u00ab\u00a0Ils \u00e9mettent les 3 v\u0153ux simples ordinaires de pauvret\u00e9, d\u2019ob\u00e9issance et de chastet\u00e9, y ajoutant aussi un quatri\u00e8me v\u0153u par lequel ils s\u2019obligent \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer \u00e0 dans le pieux institut et \u00e0 demeurer soumis \u00e0 la direction du Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0\u00bb Quand il s\u2019agit d\u2019un v\u0153u public, comme c\u2019est ici le cas, n\u2019est-ce pas \u00e0 l\u2019Eglise d\u2019en fixer souverainement le sens et les obligations\u00a0? O\u00f9 ce d\u00e9cret n\u2019est-il pas un texte officiel\u00a0? Il \u00e9tait pourtant imprim\u00e9 dans les Constitutions qu\u2019on nous a distribu\u00e9es au sortir du noviciat. Ou bien les Sup\u00e9rieurs de la Soci\u00e9t\u00e9 ont-ils protest\u00e9 contre ce d\u00e9cret\u00a0? Un autre d\u00e9cret est-il intervenu\u00a0? Connaissaient-ils ce d\u00e9cret, les religieux marianistes qui dans un chapitre g\u00e9n\u00e9ral pas tr\u00e8s ancien ont demand\u00e9 que les membres qui obtiendraient la dispense de leurs v\u0153ux puissent garder celui de stabilit\u00e9\u00a0? Qu\u2019ont-ils donc promis \u00e0 Dieu au jour de leur profession\u00a0?<\/p>\n<p>Dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, le Petit cat\u00e9chisme de l\u2019\u00e9tat religieux, publi\u00e9 par le P. Simsler, en 1866, enseignait express\u00e9ment\u00a0:<\/p>\n<p>La profession religieuse renferme toujours implicitement le v\u0153u de stabilit\u00e9, quelquefois m\u00eame ce v\u0153u est \u00e9mis d\u2019une fa\u00e7on explicite.<\/p>\n<h2 id=\"quest-ce-que-le-voeu-de-stabilite\" >Qu\u2019est-ce que le v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0?<\/h2>\n<p>Le v\u0153u de stabilit\u00e9 est une promesse que l\u2019on fait \u00e0 Dieu de pers\u00e9v\u00e9rer dans l\u2019Ordre dans lequel on fait profession.<\/p>\n<p>N\u2019est-il pas possible de faire profession religieuse sans \u00e9mettre le v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Non. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 est ins\u00e9parable de la profession religieuse, qu\u2019il soit exprim\u00e9 ou non dans la formule de profession.<\/p>\n<h2 id=\"quel-est-leffet-de-voeu-de-stabilite\" >Quel est l\u2019effet de v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0?<\/h2>\n<p>Le v\u0153u de stabilit\u00e9 attache le religieux \u00e0 l\u2019Ordre dans lequel il entre pour tout le temps de la dur\u00e9e de ses v\u0153ux. Par suite de ce v\u0153u, le religieux doit \u00e0 son Ordre l\u2019estime, l\u2019amour, le d\u00e9vouement et le fruit de ses travaux.<\/p>\n<p>Pourquoi prononce-t-on d\u2019une mani\u00e8re explicite le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0?<\/p>\n<p>Pour rappeler solennellement \u00e0 tous les religieux les graves obligations et les pr\u00e9cieux privil\u00e8ges qui sont attach\u00e9s \u00e0 ce v\u0153u.<\/p>\n<p>Quelles sont les principales obligations attach\u00e9es au v\u0153u de stabilit\u00e9 dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0?<\/p>\n<p>Ce v\u0153u produit d\u2019abord les effets qu\u2019il a dans tous les Ordres religieux\u00a0: ainsi il attache le religieux \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 pour tout le temps de la dur\u00e9e de ses v\u0153ux\u00a0; il lui fait un devoir de concourir dans la mesure de ses forces \u00e0 l\u2019\u0153uvre entreprise etc. par cons\u00e9quent, d\u2019aimer, d\u2019estimer et de servir la Soci\u00e9t\u00e9 comme une m\u00e8re qui l\u2019a adopt\u00e9 pour son enfant.<\/p>\n<p>Quelles sont les obligations du v\u0153u de stabilit\u00e9s particuli\u00e8res \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0?<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, par le v\u0153u de stabilit\u00e9 le religieux se constitue d\u2019une mani\u00e8re permanente dans l\u2019\u00e9tat de serviteur de Marie\u00a0; il engage sa vie au service de la tr\u00e8s sainte Vierge dans le pieux dessein de propager sa connaissance, de perp\u00e9tuer son amour et son culte, autant que possible, par lui-m\u00eame et par les autres\u00a0; en second lieu, le religieux est si \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019il ne peut plus la quitter, pas m\u00eame pour passer dans un Ordre ou un institut plus s\u00e9v\u00e8re, sans le consentement du Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et sans une dispense que le Souverain Pontife peut seul donner.<\/p>\n<p>Evidemment\u00a0dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et chez les Filles de Marie, ce v\u0153u a un aspect marial qu\u2019il n\u2019a pas ailleurs. Mais cet aspect marial, il ne le tient pas de sa nature ou de sa port\u00e9e naturelle, sans quoi il aurait aussi cet aspect dans toutes les familles religieuses o\u00f9 il est \u00e9mis<\/p>\n<p>Il ne le tient pas non plus d\u2019une modification de sens que Chaminade lui aurait fait subir en avertissant ses religieux avant la profession, car, en ce cas, Chaminade n\u2019aurait pas pu dire, comme il l\u2019a dit que ce v\u0153u est dans toute la profession, puisque manifestement il ne se produit pas partout cet aspect marial.<\/p>\n<p>Une seule explication reste possible\u00a0: il le tient, cet aspect marial, de l\u2019\u00e9tat marianiste par rapport auquel il exerce ses effets propres comme partout ailleurs, et il ne le tient que de l\u00e0.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il a en propre, c\u2019est, pour le redire, de fixer une volont\u00e9 \u00e0 un \u00e9tat religieux pr\u00e9existant. L\u00e0 o\u00f9 cet \u00e9tat religieux pr\u00e9existant est marial, il a un aspect marial et produit des effets marials. L\u00e0 o\u00f9 cet \u00e9tat religieux pr\u00e9existant n\u2019est pas marial, il n\u2019a aucun aspect marial et ne produit aucun effet marial. Rien de plus naturel.<\/p>\n<p>Le mariage n\u2019a en propre que le pouvoir d\u2019unir un homme et une femme d\u2019une mani\u00e8re permanente, mais quand l\u2019homme qu\u2019il unit est un roi, il fait une reine, quand l\u2019homme est un prince, il fait une princesse, quand l\u2019homme est un duc, il fait une duchesse, quand l\u2019homme est un comte, il fait une comtesse\u00a0; quand l\u2019homme n\u2019est qu\u2019un marquis, il ne fait qu\u2019une marquise, et ainsi de suite. Dans tous les mariages, il produit l\u2019\u00e9tat de mariage, mais chaque \u00e9tat de mariage \u00e0 ses caract\u00e8res propres et sp\u00e9cifiques, dont il faut chercher la source hors du mariage proprement dit.<\/p>\n<p>Ainsi en va-t-il du v\u0153u de stabilit\u00e9. Dans toutes les professions religieuses, il consolide et stabilise l\u2019insertion dans un \u00e9tat religieux pr\u00e9existant. Il garantit, consolide et stabilise la participation au caract\u00e8re marial de cet \u00e9tat, si ce caract\u00e8re existe et dans la mesure o\u00f9 il existe.<\/p>\n<p>Il garantit, consolide et stabilise une cons\u00e9cration mariale, si l\u2019\u00e9tat religieux pr\u00e9existant auquel il fait appartenir d\u2019une mani\u00e8re permanente et continue la procure \u00e0 ses membres\u00a0; il ne la cr\u00e9e pas. Il n\u2019en est pas la source. Il ne peut pas l\u2019\u00eatre. L\u2019ancre qui immobilise un bateau et le maintient fixe en un point de la mer n\u2019est pas le bateau lui-m\u00eame et ne peut l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Le v\u0153u de stabilit\u00e9 stabilise le choix d\u2019un \u00e9tat de vie, quel qu\u2019il soit. Mais cet \u00e9tat de vie ne lui doit ni son existence, et aucun de ses caract\u00e8res, ni aucun de ses devoirs d\u2019\u00e9tat proprement dits.<\/p>\n<p>Or, pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9tat de vie du religieux et de la religieuse marianiste est radicalement, fonci\u00e8rement, fondamentalement marial. D\u2019o\u00f9 lui vient ce caract\u00e8re\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut le chercher dans son fondateur, dans son origine, dans ses Constitutions, dans l\u2019approbation de l\u2019Eglise. Son fondateur, le V\u00e9n. G.-J. Chaminade, \u00e0 qui le ciel l\u2019inspire, fut, nul ne peut en douter, un grand serviteur de la Vierge Marie. \u00ab\u00a0Par la grande mis\u00e9ricorde de Dieu sur moi et sur les autres, \u00e9crivait-il le 5 d\u00e9cembre 1825, depuis longtemps je ne vis et ne respire que pour propager le culte de cette auguste Vierge\u00a0\u00bb il venait de dire dans la m\u00eame lettre\u00a0: \u00ab\u00a0Ma plus douce consolation sera d\u2019avoir engendr\u00e9 \u00e0 J\u00e9sus-Christ des enfants qui seront aussi des enfants de Marie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Form\u00e9 de bonne heure \u00e0 l\u2019oraison par son fr\u00e8re Jean Baptiste, il s\u2019est fait l\u00a0\u00bbap\u00f4tre d\u2019une spiritualit\u00e9 qui pivote sur l\u2019indissociabilit\u00e9 de j\u00e9sus et de Marie.<\/p>\n<p>Le oui de l\u2019Annonciation a \u00e9t\u00e9 \u00e0 ses yeux un oui sponsal en m\u00eame temps qu\u2019un oui maternel. Accepta,t d\u2019\u00eatre la m\u00e8re virginale du Fils de dieu, qui voulait s\u2019incarner pour devenir le P\u00e8re d\u2019une humanit\u00e9 nouvelle, elle devenait volontairement son associ\u00e9e dans le plan divin de la R\u00e9demption, la nouvelle Eve \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du nouvel Adam, la m\u00e8re de tous ceux que le Sauveur venait appeler \u00e0 former son peuple de sauv\u00e9s.<\/p>\n<p>Associ\u00e9e \u00e0 l\u2019instant \u00e0 toutes pens\u00e9es \u00e0 tous les sentiments du Verbe divin, p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e de ce z\u00e8le pour le salut des hommes qui d\u00e9terminait l\u2019incarnation, elle se sentit \u00e9pouse du nouvel Adam et se pr\u00eata docilement \u00e0 son action transformante pour devenir aussi semblable \u00e0 lui que possible<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Outre un nombre incalculable de qualit\u00e9s et pr\u00e9rogatives selon lesquelles Notre Seigneur habite en sa tr\u00e8s sainte m\u00e8re, \u00e9crit M. Olier, il est en elle source de vie pour l\u2019Eglise. Et comme ayant donn\u00e9 \u00e0 son Fils, en r\u00e9compense de ce qu\u2019il \u00e9tait mort pour les hommes, la qualit\u00e9 de p\u00e8re du si\u00e8cle futur et l\u2019ayant mis \u00e0 sa place pour \u00eatre plus naturellement et plus sortable ment \u00e0 notre \u00e9tat le P\u00e8re des vivants. Dieu lui a donn\u00e9 la pl\u00e9nitude de vie qui doit nourrir les hommes, de m\u00eame vivant en sa M\u00e8re, j\u00e9sus la met en communion de sa vie pour l\u2019Eglise.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0C\u2019est ne pas conna\u00eetre le myst\u00e8re de J\u00e9sus Christ que de ne pas voir la tr\u00e8s pure marie dans toute l\u2019\u00e9conomie de la religion.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0J\u00e9sus christ y a tout dispos\u00e9 de mani\u00e8re qu\u2019elle a particip\u00e9 et coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 tout.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Nous sommes n\u00e9s d\u2019elle spirituellement, par suite de son ineffable union avec J\u00e9sus Christ, P\u00e8re de nos \u00c2mes.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Certes, J\u00e9sus Christ fut \u00e0 coup s\u00fbr, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Marie, le fils le plus tendre, le plus aimant, le plus respectueux. Si cependant, il ne lui donna jamais que le nom de Femme, m\u00eame au moment le plus sublime de sa vie, sur l\u2019autel de la croix, il faut bien qu\u2019il n\u2019en trouv\u00e2t pas de plus appropri\u00e9 \u00e0 la position de Marie envers les hommes et envers lui-m\u00eame. Sans pr\u00e9tendre \u00e0 justifier de rudesse sur e point les proc\u00e9d\u00e9s du Fils de Dieu, ne peut-on pas dire que la grande raison qui a port\u00e9 le Sauveur \u00e0 n\u2019appeler sa M\u00e8re que du nom de Femme, \u00e7\u2019\u00e0 a \u00e9t\u00e9 de nous faire comprendre qu\u2019elle \u00e9tait la nouvelle Eve ou la Femme promise en m\u00eame temps que le R\u00e9dempteur.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Dans le ciel, elle continue de coop\u00e9rer \u00e0 la grande \u0153uvre de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration. Tout se fait par elle, et c\u2019est par elle que tout nous vient.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Tous les jours elle verse en nos \u00e2mes la gr\u00e2ce qui doit les nourrir, les fortifier et les faire parvenir jusqu\u2019\u00e0 la pl\u00e9nitude de l\u2019\u00e2ge parfait.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>J\u00e9sus Christ, il est vrai, de qui vient toute notre suffisance a pu seul m\u00e9riter ces gr\u00e2ces par sa mort\u00a0; il a, comme p\u00e8re, abondamment pourvu \u00e0 tout ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 la vie de nos \u00e2mes, \u00e0 l\u2019accroissement des forces, \u00e0 la gu\u00e9rison des maladies, au d\u00e9veloppement de la foi et de toutes les vertus. Mais, comme il n\u2019entend pas exercer les droits qui d\u00e9rivent de la maternit\u00e9, il a remis les tr\u00e9sors des b\u00e9n\u00e9dictions acquises par son sang entre les mains de Marie, qui, comme m\u00e8re de la grande famille, distribue toutes choses selon les besoins, selon les circonstances et la fid\u00e9lit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Elle ne se borne pas \u00e0 conserver et \u00e0 entretenir en nous la vie de la gr\u00e2ce que, par elle, nous avons re\u00e7ue de J\u00e9sus Christ. Elle travaille en m\u00eame temps \u00e0 nous faire devenir conforme au divin mod\u00e8le. Avec un amour inconcevable, elle nous porte toujours, comme des petits enfants, dans ses chastes entrailles. Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ayant form\u00e9 en nous les premiers traits de son Fils, elle nous enfante comme lui, elle ne cesse de nous r\u00e9p\u00e9ter ces belles paroles de saint Paul\u00a0: Filioli, quos parturio, donec formetur Christus in vobis.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Fort de ces id\u00e9es fondamentales, Chaminade avait conclut\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0 Si la M\u00e8re est partout o\u00f9 est le Fils, comment seraient-je assez aveugle pour ne pas la voir\u00a0? Comment surtout serais-je assez insens\u00e9, assez t\u00e9m\u00e9raire, pour vouloir s\u00e9parer du Fils une M\u00e8re qui n\u2019en a jamais \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9e\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Avant le P Faber, il avait compris que \u00ab\u00a0N\u00e9gliger Marie\u2026, c\u2019est blesser J\u00e9sus, parce qu\u2019elle est sa m\u00e8re, que la d\u00e9votion \u00e0 Marie \u00ab\u00a0n\u2019est pas un simple ornement du syst\u00e8me catholique, un enjolivement, un hors d\u2019 \u0153uvre, ni m\u00eame ni m\u00eame un secours parmi tant d\u2019autres, dont nous puissions nous servir ou non \u00e0 volont\u00e9, mais que c\u2019est une partie int\u00e9grante du christianisme, et que, sans elle, \u00e0 proprement parler, une religion n\u2019est plus chr\u00e9tiennes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avant Mgr Gay, il s\u2019\u00e9tait convaincu que \u00ab\u00a0ceux qui ne font \u00e0 Marie, dans le christianisme, que la place d\u2019une d\u00e9votion, m\u00eame d\u2019une d\u00e9votion principale, n\u2019entendent pas bien l\u2019\u0153uvre de Dieu et n\u2019ont pas le sens du Christ.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avant le P. Sauv\u00e9, il avait vu nettement que Marie ne doit pas \u00eatre \u00ab\u00a0dans un coin de la vie, \u00e0 un autel lat\u00e9ral de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb, mais bien \u00ab\u00a0\u00e0 l\u2019autel principal, unie comme la m\u00e8re \u00e0 son divin Fils, dans les myst\u00e8res de l\u2019Incarnation et de Bethl\u00e9em, comme la nouvelle Eve au nouvel Adam sur le Calvaire et, avec lui, rayonnant partout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comprise ainsi la d\u00e9votion \u00e0 Notre-Dame ne se juxtapose plus aux pratiques du christianisme. Elle fait corps avec lui. Elle informe toute la vie chr\u00e9tienne, en devient un attrait et un des plus puissants ressorts psychologiques, sans alt\u00e9rer d\u2019aucune fa\u00e7on le dogme et sans cesser jamais de s\u2019appuyer sur lui comme sur la seule base solide\u00a0: Ubique vitam christianam agimus, ubique vitam agimus Mariae filiorum.<\/p>\n<p>A Mussidan, o\u00f9 se forme son \u00e2me sacerdotale et o\u00f9 s\u2019exer\u00e7a son z\u00e8le de jeune pr\u00eatre pendant cinq ans, Chaminade est inscrit dans la confr\u00e9rie paroissiale du Rosaire, et au s\u00e9minaire m\u00eame o\u00f9 il est directeur, syndic, professeur de math\u00e9matiques et de philosophie, une congr\u00e9gation mariale, type J\u00e9suite, lui donne occasion de m\u00fbrir ses id\u00e9es et de commencer \u00e0 les communiquer. Bernard Daries en est une preuve.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution se fait spoliatrice de ce coll\u00e8ge s\u00e9minaire o\u00f9 il comptait passer sa vie avec ses deux fr\u00e8res. Il gagne Bordeaux et la premi\u00e8re d\u00e9marche qu\u2019il fait pour continuer son minist\u00e8re en usant du reste de libert\u00e9 que les lois laissent pour le moment aux pr\u00eatres r\u00e9fractaires, c\u2019est d\u2019acqu\u00e9rir les statues de la Vierge et de l\u2019archange Gabriel, en vue d\u2019orner l\u2019oratoire qu\u2019il se propose d\u2019ouvrir.<\/p>\n<p>La pers\u00e9cution, le r\u00e8gne de la Terreur succ\u00e8dent \u00e0 la spoliation\u2026Il faut prendre la route de l\u2019exil\u2026 Le proscrit dirige ses pas vers Saragosse, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autres ressources, il aura celle de pouvoir s\u2019agenouiller devant la statue v\u00e9n\u00e9r\u00e9e de Notre Dame del. Pilar<\/p>\n<p>Quand la m\u00e8re patrie lui rouvre ses portes, trois fois il a vu avec quelle splendeur et quelle d\u00e9votion le peuple saragossain c\u00e9l\u00e9brait chaque ann\u00e9e sa patronne\u00a0; trois ans durant, il a m\u00e9dit\u00e9 longuement sur la place qui revient \u00e0 Marie dans la vie chr\u00e9tienne. Sa r\u00e9solution est prise\u00a0: il se consacrera d\u00e9sormais \u00e0 la faire conna\u00eetre, aimer et servir, \u00e0 faire vivre marialement le christianisme.<\/p>\n<p>A peine de retour \u00e0 Bordeaux, il ouvre un oratoire et y organise une congr\u00e9gation mariale telle que la Compagnie de J\u00e9sus en dirigeant dans les villes, avant sa suppression. Il y appelle les jeunes gens, les jeunes filles les p\u00e8res et les m\u00e8res de famille group\u00e9s organiquement, \u00ab\u00a0sans confusion\u00a0\u00bb, pour pratiquer aussi int\u00e9gralement que possible, en se soutenant mutuellement, tous les devoirs du chr\u00e9tien, en dignes enfants du nouvel Adam et de la nouvelle Eve.<\/p>\n<p>Mgr d\u2019Aviau approuve et encourage. Plusieurs paroisses veulent avoir leur congr\u00e9gation et prennent mod\u00e8le sur bordeaux. La congr\u00e9gation de Bordeaux fait figure de congr\u00e9gation m\u00e8re. Elle a des filles du Mans \u00e0 N\u00eemes, de Bayonne \u00e0 Rennes. En 1803, le l\u00e9gat lui a transf\u00e9r\u00e9 les indulgences dont jouissait avant la R\u00e9volution une congr\u00e9gation bordelaise \u00e9rig\u00e9e dans l\u2019enclos des Capucins. Elle est une entit\u00e9 juridique, un corps social dans l\u2019Eglise, \u00ab\u00a0Une sainte milice qui s\u2019avance au nom de Marie et qui entend bien combattre les puissances infernales sous la conduite m\u00eame et par l\u2019ob\u00e9issance de celle qui doit \u00e9craser la t\u00eate du serpent.\u00a0\u00bb Elle a son r\u00e8glement et son organisation. Ceux qui s\u2019agr\u00e8gent \u00e0 elle apr\u00e8s un stage de formation et par une d\u00e9claration publique acqui\u00e8rent par la m\u00eame une sorte d\u2019identit\u00e9 nouvelle au sein du christianisme. Ils sont chr\u00e9tiens aux ordres imm\u00e9diats de Maria, Maria duce.<\/p>\n<p>Comment Chaminade ne se r\u00e9jouirait-il pas\u00a0? Il r\u00eave d\u2019une France couverte de congr\u00e9gations mariales semblables \u00e0 celle de Bordeaux. Mais il n\u2019est pas immortel. Il vieillit. Apr\u00e8s lui, qui animera ces congr\u00e9gations\u00a0? \u00ab\u00a0Il faut un homme qui ne meure pas.\u00a0\u00bb Dieu y pourvoira\u2026 Suivons Chaminade\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Les congr\u00e9ganistes, de quelque \u00e2ge et de quelque sexe qu\u2019ils soient, peuvent y \u00eatre conduits \u00e0 la plus haute perfection par la pratique des conseils \u00e9vang\u00e9liques. Il pourrait y avoir diff\u00e9rents degr\u00e9s, connus du seul directeur\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Plusieurs jeunes personnes vivent en religieuses, font des v\u0153ux, portent un habit religieux sous leurs v\u00eatements ordinaires, et\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0La plupart des chefs de la congr\u00e9gation forment cette association religieuse\u00a0; les congr\u00e9ganistes en ignorent l\u2019existence\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Plusieurs de ces religieux ont d\u00e9sir\u00e9 de vivre ensemble\u00a0: il n\u2019y avait que de l\u2019avantage pour le but\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Actuellement, plusieurs voudraient vivre en communaut\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re, abandonnant toute affaire temporelle. Il faut suivre cette inspiration, mais prendre garde qu\u2019elle ne d\u00e9nature pas l\u2019\u0153uvre de la congr\u00e9gation et au contraire qu\u2019elle lui serve\u2026\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quoique jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, je me sois occup\u00e9 habituellement de tous les corps de la congr\u00e9gation, j\u2019ai cependant donn\u00e9 plus de soin \u00e0 celui des jeunes gens comme le plus difficile, et n\u00e9anmoins celui qui pouvait le plus contribuer \u00e0 la fin que je m\u2019\u00e9tais propos\u00e9e la mission.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bbTous les points fondamentaux pour les jeunes personnes, pour les dames de la retraite sont assez fix\u00e9s pour que nous puissions aller prochainement de l\u2019avant.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Renouvelez toutes, tous les jours, l\u2019acte de votre cons\u00e9cration \u00e0 la sainte Vierge. Vous allez donc \u00eatre les Filles de Marie et para\u00eetre telles publiquement. Il vous est permis de livrer votre c\u0153ur \u00e0 la joie et de commencer \u00e0 vous r\u00e9pandre en actions de gr\u00e2ces.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0vous serez r\u00e9ellement religieuses, puisque vous ferez les v\u0153ux qu\u2019on appelle de religion, et que vous aurez \u00e0 pratiquer les vertus qui vous les auront inspir\u00e9s et qui doivent en \u00eatre les soutiens. Marie, l\u2019auguste M\u00e8re de J\u00e9sus doit \u00eatre votre mod\u00e8le, comme elle doit \u00eatre votre patronne. De l\u00e0, les exercices ou pratiques les plus essentielles de la vie religieuse. Quant \u00e0 ce qui vous doit distinguer des autres Ordres, c\u2019est le z\u00e8le pour le salut des \u00e2mes\u00a0: il faut faire conna\u00eetre les principes de la religion et de la vertu\u00a0: il faut multiplier les chr\u00e9tiennes.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Le 25 juillet 1817, apr\u00e8s plus d\u2019un an de noviciat et avec l\u2019agr\u00e9ment de l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Agen, 9 congr\u00e9ganistes fondaient l\u2019Institut des Filles de Marie en \u00e9mettant les v\u0153ux de chastet\u00e9, de pauvret\u00e9, d\u2019ob\u00e9issance, de cl\u00f4ture et d\u2019enseignement de la foi et des s\u0153urs chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>Le 4 septembre 1818, apr\u00e8s avoir d\u00e9clar\u00e9 que le nouvel Ordre qu\u2019ils entendaient fonder, sous l\u2019autorit\u00e9 de G.-J. Chaminade serait \u00ab\u00a0sous la protection et comme la propri\u00e9t\u00e9 de la sainte Vierge, 7 congr\u00e9ganistes jetaient les fondements officiels de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, en \u00e9mettant avec l\u2019autorisation de Mgr d\u2019Aviau, les v\u0153ux de chastet\u00e9, de pauvret\u00e9, d\u2019ob\u00e9issance, de stabilit\u00e9 dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et d\u2019enseignement de la foi et des m\u0153urs chr\u00e9tiennes.<\/p>\n<p>Ainsi \u00e0 l\u2019\u00e9cole de Chaminade, des jeunes gens et des jeunes filles ont compris que si marie \u00e9tait indissolublement unie \u00e0 j\u00e9sus dans le grand \u0153uvre de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du genre humain, elle avait besoin d\u2019aides, d\u2019auxiliaires, de missionnaires, et c\u2019est afin d\u2019\u00eatre ces aides, ces auxiliaires, ces missionnaires qu\u2019ils ont renonc\u00e9 \u00e0 un \u00e9tat de vie temporel pour se constituer en entit\u00e9s juridiques sp\u00e9cifiques qui ont \u00e9t\u00e9 reconnues par l\u2019Eglise comme congr\u00e9gations religieuses et au sein desquelles ils se sont fix\u00e9s, les uns \u00e0 temps, les autres \u00e0 vie, en \u00e9mettant outre les v\u0153ux ordinaires de religion, le v\u0153u de n\u2019en pas sortir pendant la dur\u00e9e de leurs engagements.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire de combien d\u2019Ordres ou de congr\u00e9gations religieuses, les choses se sont-elles pass\u00e9es ainsi\u00a0? Dans combien de cas est-ce la conscience de la mission de Marie dans l\u2019Eglise qui a provoqu\u00e9 la naissance d\u2019un Ordre ou d\u2019une congr\u00e9gation religieuse\u00a0?<\/p>\n<p>Une telle congr\u00e9gation religieuse, un tel Ordre, ne sont-ils pas sp\u00e9cifiquement qarials\u00a0? Les membres d\u2019une telle congr\u00e9gation ou d\u2019un tel ordre ne sont-ils pas les religieux de Marie \u00e0 un titre sp\u00e9cial du seul fait qu\u2019ils appartiennent \u00e0 cette congr\u00e9gation et \u00e0 cet Ordre\u00a0?<\/p>\n<p>D\u00e8s le premier janvier 1819, 4 mois seulement apr\u00e8s l\u2019\u00e9mission des premiers v\u0153ux prononc\u00e9s par les fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Chaminade pr\u00e9sentait \u00e0 S.S. Pie VII les \u00ab\u00a0deux r\u00e9unions sorties du sein des congr\u00e9gations mariales\u00a0\u00bb de bordeaux et d\u2019Agen, et il sollicitait pour elles les indulgences que le Saint Si\u00e8ge accorde habituellement aux congr\u00e9gations religieuses naissantes.<\/p>\n<p>Le 25 mai suivant, les faveurs d\u00e9sir\u00e9es \u00e9taient accord\u00e9es \u00ab\u00a0aux enfants de la Bienheureuse Vierge Marie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le 16 septembre 1838, en sollicitant l\u2019approbation des Constitutions de ses deux familles religieuses, le Fondateur \u00e9crivait \u00e0 Gr\u00e9goire XVI\u00a0: \u00ab\u00a0Ces deux Ordres ont pris pour nom distinctif celui de l\u2019Auguste Marie\u00a0; puissent-ils la faire conna\u00eetre, louer et ch\u00e9rir par toute la terre\u00a0! Car, je suis intimement convaincu que Notre Seigneur a r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 sa sainte M\u00e8re la gloire d\u2019\u00eatre particuli\u00e8rement le soutien de l\u2019Eglise dans ces derniers temps.\u00a0\u00bb En r\u00e9ponse, le 12 avril 1839, Gr\u00e9goire XVI signait le d\u00e9cret de louange en faveur des deux nouvelles congr\u00e9gations et Chaminade lan\u00e7ait sa lettre du 24 ao\u00fbt 1839 aux pr\u00e9dicateurs des retraites annuelles.<\/p>\n<p>Le 11 ao\u00fbt 1865, Pie IX approuvait \u00ab\u00a0le pieux institut fond\u00e9 au dioc\u00e8se de Bordeaux et portant le nom de Soci\u00e9t\u00e9 de la Bienheureuse Vierge Marie\u00a0\u00bb comme congr\u00e9gation \u00e0 v\u0153ux simples. Par le m\u00eame d\u00e9cret, il pr\u00e9cisait que le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9tait un v\u0153u de pers\u00e9v\u00e9rance dans l\u2019\u00e9tat religieux marianiste.<\/p>\n<p>Le 10 juillet 1891 enfin, un d\u00e9cret du Pape L\u00e9on XIII approuvait d\u00e9finitivement les Constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, dans lesquelles le prof\u00e8s est appel\u00e9 couramment \u00ab\u00a0l\u2019enfant de Marie\u00a0\u00bb, o\u00f9 l\u2019art. 378 se lit\u00a0: \u00ab\u00a0Etabli pour gouverner la famille de marie, le Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral se consid\u00e8re comme le ministre de l\u2019Auguste Vierge,\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019art. 55 indiquait en ces termes l\u2019effet marial que la nature essentiellement mariale de la Soci\u00e9t\u00e9 conf\u00e9rait au v\u0153u de stabilit\u00e9 ou de pers\u00e9v\u00e9rance approuv\u00e9 par Pie IX le 11 ao\u00fbt 1865.<\/p>\n<p>Si tels sont bien l\u2019origine, l\u2019histoire et le caract\u00e8re marial des deux instituts religieux fond\u00e9s par le V\u00e9n. G.-J. Joseph Chaminade, celui-ci exag\u00e9rait-il quand, dans les premi\u00e8res constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, il \u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie dans l\u2019ordre de la religion\u00a0? C\u2019est une r\u00e9union des enfants de Marie les plus prononc\u00e9s, qui, sans aucun respect humain, s\u2019associent pour soutenir les int\u00e9r\u00eats de leur Auguste M\u00e8re, d\u2019abord en eux-m\u00eames, puis dans tout ceux avec qui ils ont des rapports.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Exag\u00e9rait-il quand, sous une forme plus oratoire, il s\u2019adressait \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Perrodin qui allait faire profession dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, et lui disait\u00a0: \u00ab\u00a0J\u00e9sus-Christ vous donne \u00e0 Marie comme son ministre fid\u00e8le et son valeureux soldat. Le roi du c\u00e9leste empire vous enr\u00f4le \u00e0 jamais dans la garde de la Reine. D\u00e9sormais vous le servirez en servant celle qu\u2019il a associ\u00e9e \u00e0 sa couronne et \u00e0 sa gloire, et vous serez plus sp\u00e9cialement le soldat de Marie et le missionnaire aupr\u00e8s des peuples de cette Vierge Immacul\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Exact, le langage que Chaminade tenait \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Perrodin est \u00e9clairant. Il permet de comprendre ce qu\u2019est notre cons\u00e9cration \u00e0 Marie et la port\u00e9e du v\u0153u de stabilit\u00e9 inclus dans la formule de notre profession religieuse.<\/p>\n<p>Du moment que\u00a0la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie est dans l\u2019Eglise une entit\u00e9 juridique d\u00e9di\u00e9e consacr\u00e9e \u00e0 Marie comme le sont certaines \u00e9glises est enr\u00f4l\u00e9e dans cette entit\u00e9, dans ce corps, participe \u00e0 cette cons\u00e9cration comme toute recrue d\u2019un r\u00e9giment participe \u00e0 tous les caract\u00e8res propres \u00e0 ce r\u00e9giment, d\u00e8s son incorporation et aussi longtemps qu\u2019il appartient \u00e7 ce r\u00e9giment.<\/p>\n<p>Comme chacun sait, aujourd\u2019hui comme autrefois, dans les congr\u00e9gations religieuses comme dans les Ordres, l\u2019incorporation religieuse r\u00e9sulte de la profession publique re\u00e7ue au nom de l\u2019Eglise. Mais, comme nous l\u2019avons vu, au temps du P. Chaminade, quand il s\u2019agissait des v\u0153ux simples, la stabilit\u00e9 dans la congr\u00e9gation qui les recevait devait \u00eatre assur\u00e9e par un engagement sp\u00e9cial, qui \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement le v\u0153u de stabilit\u00e9 dans ladite congr\u00e9gation.<\/p>\n<h2 id=\"tirons-de-la-quelques-conclusions-obvies\" >Tirons de l\u00e0 quelques conclusions obvies.<\/h2>\n<p>Le mot cons\u00e9cration d\u00e9signe un acte et un \u00e9tat.<\/p>\n<p>Comme \u00e9tat, la cons\u00e9cration des Marianistes r\u00e9sulte de leur incorporation, de leur appartenance \u00e0 un corps religieux de nature mariale. Il consiste dans l\u2019emprise dont la Vierge Marie jouit sur tout marianiste par l\u2019entretien d\u2019un institut qui soutient ses int\u00e9r\u00eats et dont les Sup\u00e9rieurs sont des repr\u00e9sentants.<\/p>\n<p>Comme acte, la cons\u00e9cration des Marianistes est l\u2019acte m\u00eame par lequel ils embrassent l\u2019\u00e9tat de vie propre \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et se fixent dans cette Soci\u00e9t\u00e9 par un v\u0153u qui, au temps de leur Fondateur devait \u00eatre explicite dans la profession temporaire comme dans la profession d\u00e9finitive et qui aujourd\u2019hui n\u2019est qu\u2019implicite dans la profession temporaire<\/p>\n<p>Cette cons\u00e9cration est donc indirecte, comme Chaminade le faisait remarquer \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Fontaine, en 1837\u00a0: <em>\u00ab\u00a0En faisant le v\u0153u de stabilit\u00e9, on ne fait pas directement le v\u0153u de cons\u00e9cration \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge\u00a0; mais il y est indirectement puisqu\u2019on s\u2019engage \u00e0 demeurer perp\u00e9tuellement, &#8211; (en cas de profession perp\u00e9tuelle \u00e9videmment) \u2013 dans une soci\u00e9t\u00e9 qui lui enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Dans cette remarque, notre Fondateur distinguait clairement l\u2019objet propre et direct du v\u0153u\u00a0:\u00a0\u00bbdemeurer perp\u00e9tuellement\u00a0\u00bb dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et la cons\u00e9quence n\u00e9cessaire d\u2019un tel v\u0153u,, son effet indirect\u00a0: la cons\u00e9cration \u00e0 Marie en raison des liens qui unissent la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 Marie. Le jeune prince qui s\u2019unit en mariage \u00e0 la fille d\u2019un roi devient directement le mari de cette fille et indirectement le gendre du roi en raison du lien de parent\u00e9 qui unit sa femme au roi.<\/p>\n<p>A la diff\u00e9rence des cons\u00e9crations en forme directe, qui ne sont qu\u2019une offrande, une r\u00e9solution, un ferme propos, cette cons\u00e9cration est constitutive. Elle \u00e9tablit le prof\u00e8s dans un \u00e9tat de vie durable, dont les devoirs et les obligations sont fix\u00e9s et pr\u00e9cis\u00e9s par la r\u00e8gle de cet \u00e9tat et les directives des responsables de cet \u00e9tat. Par le fait, cette cons\u00e9cration est plus concr\u00e8te, plus r\u00e9aliste, plus objective qu\u2019une cons\u00e9cration directe, comme celle des congr\u00e9ganistes s\u00e9culiers dont l\u2019ex\u00e9cution est laiss\u00e9s \u00e0 l\u2019initiative et au jugement de chacun..<\/p>\n<p>La lettre adress\u00e9e par le V\u00e9n. G.-J. Chaminade, sous la date du 24 ao\u00fbt 1839, aux pr\u00e9dicateurs de retraites a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e lettre sur le v\u0153u de stabilit\u00e9. Cet intitul\u00e9 ne r\u00e9pond pas au contenu. Dans un style cic\u00e9ronien, la lettre est une pr\u00e9sentation apolog\u00e9tique de l\u2019\u00e9tat religieux qui est propre aux Marianistes et qui, contrairement \u00e0 ce que certains pr\u00e9tendaient alors, n\u2019est inf\u00e9rieur, dit le Fondateur \u00e0 aucun autre, puisqu\u2019il comporte la pratique des v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance aussi strictement que les autres, et puisque, de plus, ceux qui l\u2019embrassent peuvent se dire, \u00e0 un titre sp\u00e9cial, les religieux et les missionnaires de la Vierge Marie<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 jusqu\u2019ici la seule pr\u00e9sentation d\u2019ensemble que nous ayons de l\u2019\u00e9tat religieux marianiste. Une autre, en un style plus simple, plus d\u00e9pouill\u00e9 et en m\u00eame temps plus technique ne serait pas de refus, de nos jours. Elle serait m\u00eame utile et bienvenue.<\/p>\n<p>Il est regrettable que la r\u00e9vision des Constitutions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de revenir \u00e0 l\u2019explication du v\u0153u de stabilit\u00e9 dans la profession temporaire comme dans la profession d\u00e9finitive, et de substituer au terme stabilit\u00e9 celui de pers\u00e9v\u00e9rance, qui a exactement le m\u00eame sens, mais qui est plus compr\u00e9hensible de nos jours et pr\u00eate moins aux interpr\u00e9tations subjectives.<\/p>\n<p>L\u2019appartenance \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et la cons\u00e9cration individuelle des membres de la Vierge elle-m\u00eame sont ins\u00e9parables. On ne peut appartenir \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie sans \u00eatre consacr\u00e9 \u00e0 Marie. Mais cette cons\u00e9cration individuelle vient de l\u2019appartenance \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9, elle-m\u00eame consacr\u00e9e fonci\u00e8rement \u00e0 Marie et ne vient que de l\u00e0. Supprimez l\u2019appartenance, il n\u2019y a plus de cons\u00e9cration. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 ne fait que rendre celle-l\u00e0.<\/p>\n<p>L\u2019appartenance, et par suite celle-ci, la cons\u00e9cration, plus ferme, plus solide, plus stable.<\/p>\n<p>Le v\u0153u d\u2019\u00eatre stable dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie est \u00e0 notre \u00e9tat religieux marianiste et donc \u00e0 notre cons\u00e9cration \u00e0 marie elle-m\u00eame, ce qu\u2019un contrefort est \u00e0 une cath\u00e9drale. M\u00eame s\u2019il contribue \u00e0 la solidit\u00e9 de la cath\u00e9drale, un contrefort, si \u00e9l\u00e9gant, si artistique soit-il, ne vaut pas la cath\u00e9drale. Ce qui doit \u00eatre regard\u00e9 comme le don de Dieu \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie est \u00e0 l\u2019Institut des Filles de Marie Immacul\u00e9e, c\u2019est non pas le v\u0153u de stabilit\u00e9 ou de pers\u00e9v\u00e9rance, mais la nature mariale de l\u2019\u00e9tat religieux marianiste, puisque notre cons\u00e9cration mariale personnelle est fonction de notre appartenance \u00e0 cet \u00e9tat sp\u00e9cifique, et n\u2019est autre que la relation qui existe entre nous et la Vierge en vertu de notre appartenance \u00e0 cet \u00e9tat<\/p>\n<h1 id=\"annexes\" >ANNEXES<\/h1>\n<p>REPONSE du P. Arc. Larraona, C.M.F., futur cardinal, \u00e0 une consultation relative \u00e0 notre v\u0153u de stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 13 avril 1920, l\u2019abb\u00e9 Paul Marie Verrier sup\u00e9rieur du S\u00e9minaire marianiste de Fribourg (Suisse), avait consult\u00e9 la revue Commentarium pro religiossis sur le sens et les obligations de notre v\u0153u de stabilit\u00e9. Dans sa demande, il n\u2019avait pas cach\u00e9 que personnellement il consid\u00e9rait ce v\u0153u comme un v\u0153u qui consacrait directement \u00e0 Marie et entra\u00eenait les obligations d\u2019une cons\u00e9cration directe. A l\u2019appui de son opinion, il avait envoy\u00e9 la documentation sur laquelle il se fondait\u00a0: nos constitutions, le ch. II de l\u2019Esprit de notre Fondation, la lettre de Chaminade aux pr\u00e9dicateurs des retraites annuelles de 1839. En juin de la m\u00eame ann\u00e9e, il re\u00e7ut du P. Arc Larraona la r\u00e9ponse ci-dessous, qui certainement aurait \u00e9t\u00e9 plus facile et plus formelle si la documentation avait fourni\u00a0:<\/p>\n<p>1\u00b0 le d\u00e9cret romain du 11 ao\u00fbt 1965\u00a0;<\/p>\n<p>2\u00b0 la citation compl\u00e8te du texte extrait d\u2019une lettre du P. Chaminade \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Fontaine en 1837\u00a0: \u00ab\u00a0En faisant le v\u0153u de stabilit\u00e9, on ne fait pas directement le v\u0153u de cons\u00e9cration \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge, mais il y est indirectement \u2026.\u00a0\u00bb\u00a0;<\/p>\n<p>3\u00b0 le texte extrait de la circulaire n\u00b0 81, du P. Caillet\u00a0: \u00ab\u00a0Les v\u0153ux obligent le religieux pour tout ce \u00e0 qui il s\u2019est engag\u00e9 devant Dieu\u00a0; or, il a promis d\u2019\u00eatre chaste, d\u2019ob\u00e9ir au Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 ses d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, d\u2019\u00eatre pauvre, d\u2019\u00eatre stable dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0: le Saint-P\u00e8re a-t-il ajout\u00e9 d\u2019autres obligations\u00a0? \u00ab\u00a0On peut m\u00eame se demander si, connaissant ces textes, l\u2019abb\u00e9 P.-M. Verrier aurait eu recours au commentarium\u00a0\u2026 \u00ab\u00a0 quoiqu\u2019il en soit, voici le texte du P. Arc Larraona\u00a0:<\/p>\n<p>Cum agatur de interpretatione voti publici ad sensum iuris quae ut vim obtimere posset demum S. Sedi subiicienda esset, iuvabit prae primis Curiae stylum hac de re deponere (I), postea allata documenta ad examen revocabimus (II), et inde quid practice propositis quaestionibus respondendus sit concludemus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>a)Stylus Curiae a dimidio fere elapsi saeculi votis quae tribus essentialibus in congregationibus frequenter adjiciebantur adversari coepit Decursus temporis usque adeo processit haec adversatio ut vota adjuncta, nisi per exceptionem, non admiterentur. \u00ab (2)<\/p>\n<ol>\n<li>b) Vota tamen sive iuramenta quae\u00a0\u00a0 in congr\u00e9gationibus anterioris epocae ad huiusmodi styli formationem approbata iam eramt S. Sedes generatim\u00a0\u00a0 non abolevit, sed interpretatio ipsorum sive ad vota religiosa determinanda sive ad complenda aut confirmanda ordinentur, restricta facta fuit (3)<\/li>\n<li>c) Ut documentis S. Sedes illis praecipue adiunctis votis opponitur quae ad ea sese referunt\u00a0: 1) quae contineri vidantur in ipsa natura professionis perpetuae\u00a0; 2) quae in ipao fine Religionis prout ipae in Constitutionibus abunde describitur inclusa iam apparent ; 3) quae nova, non omino determinate, quae latiorem ambitu habent, quorus material potius ascetica quam luridica videatur (4).<\/li>\n<li>d) Huic non admittuntur ex 1\u00b0 votus perseverantiae stabilitatis, perfectionis, etc., quia status religionus totus est in speciali obligatione ad, perfectionem per tria consilia generalia voto firmata obtinendam et quia proffessio prout fit in Ecolesia importa traditionem et incorporationem Religioni et quedem perpetuam ac definitivam si de professione perpetua sermo sit (5) ; ex 2\u00b0 : votum instructionis et similia (6) ; ex 3\u00b0 : votum zeli, votum sese exercendi in animarum salute, votus curandi de proximis, etc. (7).<\/li>\n<li>e) Hae ipsae, regulas observantur in addendis votis pro Congregationibus quae iam habetant et interpretandis illa quae hucusque emittebantur in casibus dublis (8).<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-II-<\/p>\n<p>Documenta allegata probare certo saltem non videntur mentem fuisse Ven, Fundatoris hunc tribuere sensum voto stabilitatis quem benevolus orator propugnat. Sane loca citata in rextu et contextu considerata commode explicari possunt quin dicamus votus stabilitatis esse formaliter votum perpetuae cons\u00e9crationis erga B. Virginem Mariam<\/p>\n<p>a)Negative. Attente et diligenter perlegi semel atque iterum documenta, et textum clarum unde votum sensu dictu eruatur non inveni. Ipsum non probant, ut opinor, nn. 3,4, 6, 14, 55, 293, 294, 296 Const., quaeloca sunt clariora.<\/p>\n<ol>\n<li>b) positive. In allaris documentis loca inveniuntur quae excludere videntur votum sensu explicato.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dicitur, e, gr, 1\u00b0 in notis anno 1828 ad D Lalanne missis ; \u201cLe voeu de stabilit\u00e9 est referm\u00e9 dans l\u2019\u00e9mission des trios voeux d\u2019ob\u00e9issance, de pauvret\u00e9 et de chastet\u00e9 faits et re\u00e7us dans la Soci\u00e9t\u00e9\u00a0; il n\u2019est distinctement prononc\u00e9 que par d\u00e9votion \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge, et dans le pieux dessein de perp\u00e9tuer autant que possible son entier d\u00e9vouement \u00e0 son service.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>2\u00b0 In notis quae afferuntur anni 1832, auctor sensum quo votum stabilitatis accipiebatur explicans ait\u00a0: \u00ab\u00a0 L\u2019\u00e9mission des v\u0153ux de religion, dans quelque Ordre que ce soit, suppose toujours le v\u0153u de stabilit\u00e9, qu\u2019il soit exprim\u00e9 oui ou non, mais il engage bien plus express\u00e9ment dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, non pas simplement parce qu\u2019on le fait explicitement comme dans l\u2019ordre de saint Beno\u00eet\u00a0: promitto stabilitatem\u00a0; ce v\u0153u a de meilleurs avantages, il sert le frein \u00e0 la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et \u00e0 l\u2019inconstance naturelle de notre esprit\u2026Il est une marque de notre d\u00e9vouement entier \u00e0 l\u2019auguste Marie, puisqu\u2019il se fait principalement en son honneur et pour sa gloire.<\/p>\n<p>3\u00b0 in litterie datis a V. D. Fontaine, Loquendo de voto stabilitatis dicitur\u00a0: \u00ab\u00a0Le v\u0153u de cons\u00e9cration \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge y est indirectement (hoc sensu scilicet), puisqu\u2019on s\u2019engage \u00e0 demeurer perp\u00e9tuellement dans une soci\u00e9t\u00e9 qui lui est enti\u00e8rement d\u00e9vou\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>4\u00b0 Par le v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0\u00a0 (dicitur in Const. nn. 19-20) on entend (ad hoc votum ordinatur) se constituer d\u2019une mani\u00e8re permanente et irr\u00e9vocable dans l\u2019\u00e9tat de serviteur de Marie. C\u2019est proprement un d\u00e9vouement \u00e0 la sainte Vierge, avec le pieux dessein de propager sa connaissance et de perp\u00e9tuer son amour et son culte, autant que possible, par soi et par les autres, en quelque circonstance de la vie que ce soit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>In his locis, adhibita stricta interpretatione, nihil aliud sequitur nisi quod votum stabilitatis in Societate Mariae, etsi a votis religiosis non differat, fit tamen expresse devotionis ergo ad Virginem\u00a0: 1\u00b0 pignus est consecrationis erga sactissimam Virginem in culus honorem et gloriam praecipue pronuntiatur\u00a0; 2\u00b0 quia finis Societatis totus est in honore et gloria B. Virginis, dum quis perpetuo promittit in hac societate perseverare indirecte et exercite sese devovet B. Virginis\u00a0; 3\u00b0 immo hoc praecise intenditur dum votum immitutur et ad hoc expresse ipsum ordinatur ad irr\u00e9vocabilem consecrationem B. Virginis in objectum ad quod Societate constitua fuit.<\/p>\n<p>Non negamus in his aliisve locis, si interpretatio stricta non esset, inveniri posse sensum quem voto tribuit amabilis consulens, sed quia non neccessario optatus ille sensus ex testibus promanat adhibita stricta interpretatione ad quam certo ex stylo curiae cogimur, recipi non potest.<\/p>\n<p>Votum igitur stabilitatis in Societate Mariae est votum quo professio religiosa et incorporatio Societati confirmatur. Quia talis est intentio voventium ab ecclesia admissa et religionis scopus ad quam professus incorporetur, votum specialiter attingit consecrationem ad B. Virginem<\/p>\n<p>Des obligations directes et des obligations indirectes ou d\u00e9riv\u00e9es. Dans la lettre du 24 ao\u00fbt 1839, il \u00e9carte m\u00eame cette distinction comme une source de m\u00e9diocrit\u00e9\u00a0; de ti\u00e9deur et finalement d\u2019apostasie pour le religieux et la religieuse. Il s\u2019adresse au c\u0153ur tout autant et m\u00eame plus qu\u2019\u00e0 la froide raison. Il n\u2019est pas pr\u00e9occup\u00e9 de pr\u00e9ciser des points de droit, mais il l\u2019est de montrer, pour r\u00e9pondre \u00e0 ceux et \u00e0 celles qui doutent de pouvoir se sanctifier dans la Soci\u00e9t\u00e9 ou dans l\u2019Instituts, quels horizons magnifiques s\u2019ouvrent aux religieux et aux religieuses de ces soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le concret, toutefois, par exemple quand il s\u2019agit d\u2019un religieux qui demande a \u00eatre relev\u00e9 de ses v\u0153ux, il sait \u00e0 quoi s\u2019en tenir et fait les distinctions voulues. La preuve en est que ses disciples imm\u00e9diats, comme le P. Caillet, ont su, eux aussi, \u00e0 quoi s\u2019en tenir. Les exag\u00e9rations, les confusions ne sont apparues que chez les commentateurs de la fin du XIX \u00e8me si\u00e8cle et les publications du XX \u00e8me.<\/p>\n<p>Avec la th\u00e8se du P. Komescher, la seconde \u00e9dition de Notre Don de dieu, par le p E. Neubert, la parution de La Vie spirituelle d\u2019apr\u00e8s les Ecrits du P. Chaminade, par la P. P.-J. HOFFER\u00a0? Sup2rieur g\u00e9n\u00e9ral de la Soci\u00e9t\u00e9 de marie, on pouvait croire qu\u2019on \u00e9tait revenu sur la bonne piste. L\u2019\u00e9tude plus r\u00e9cente du P. L. Amigo, traduite en italien sous le titre La figura di Maria nella nostra regula di vita et en anglais sous un titre \u00e9quivalent est l\u00e0 pour nous d\u00e9tromper. Ce travail nous ram\u00e8ne aux jours des affirmations les plus d\u00e9routantes et des confusions les plus regrettables. Pour en trouver de semblables, il faut remonter aux articles ou \u00e0 la brochure du P. H. Lebon. Inutile d(insister. J\u2019ai dit ailleurs ce que j\u2019en pensais.<\/p>\n<p>Pour comprendre ce qu\u2019est exactement notre cons\u00e9cration \u00e0 Marie telle que l\u2019a con\u00e7ue notre fondateur, il faut partir de la nature essentiellement, radicalement, fondamentalement mariale de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de l\u2019institut des Filles de Marie telles que les a voulues le V\u00e9n. G.-J. Chaminade. Scilicet quatenus consecratio ad Ipsam est causa motiva et finalis voventis ac voti ipsius, et cum Societas tota sit in honore et gloria B. Virginis, etiam consecratio et cultus B. Virginis est etiam aliquo modo causa materialis voti\u00a0; formaliter tamen votum stabilitatis remanet votum perseverentiae et finis its voti sub voto non cadit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>-III-<\/p>\n<p>Hinc non concluderem respondendo propositis quaestionibus\u00a0:<\/p>\n<p>1\u00b0 Adest arcta et intima relatio in Societate Mariae inter votum stabilisatis et consecrationem ad B. Virginem\u00a0; 2\u00b0 Haec relatio finalis, materialis, motiva est\u00a0; tamen adhibita stricta interpretatione, profari certo non potest quod formalis sit\u00a0; 3\u00b0 praxis praescriptae devotionis et apostolatus marialis non obligant directe ex voto stabilitatis, sunt materia voti obedientiae\u00a0; 4\u00b0 potest quidem opi io contraria ut probabilis, et si libet, ut probabilior sustineri, tamen practise, ut credo, quia certa non est et stylus Curiae non favet his votis, difficulter admittetur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Notulas<\/p>\n<p>(I)Cfr. Bizzari \u00b2 , p. 782-784 (et 14 et 20)\u00a0; Battandier 5, n. 185\u00a0; Vicente, C.M.F.. Recentia, nn. 145, 177, p. 63, 75\u00a0; Bastien\u00b2, n. 147\u00a0; Bachofen, p. 370.\u00a0\u00a0 Citantur inter alia documenta\u00a0: S.C. 6 et 9 iunil 1860, 16 sept. 1888\u00a0; 13 Aug. 1887\u00a0; 22 sept. 1892\u00a0; Normae, art. 102.<\/p>\n<p>(2) Cfr. Battandier 5, n. 188.<\/p>\n<p>(3) Cfr. Battendier 5, n. 186 ; Const. Fr. Schol. Christ, p. 181 (Bulla) In Apostolicae dignitatis solio : nono) Redemptoristarum, p. 2, c. I,1\u00b0, Passionistarum, c. XI, Oblatorum M. I, nn. 258-260, MM. Fil. Imm. Cordis B.M.V. (Formula profess.) Rel. S. Petri ad Vincula, etc. etc.<\/p>\n<p>(4) Cfr. Not. Seq.<\/p>\n<p>(5) S.C. 13 mai 1888\u00a0; ad 3. Cfr. Etiam Const. Oblatorum.<\/p>\n<p>(6) S.C. 17 iun. 1865 ad 16\u00a0; 1896 ad 1 ; 27 sept. 1861.<\/p>\n<p>(7) S.C. 16 iun 1876 ad 6 ; 21 avril 1870, ad 5 ; 23 iul 1860 ad 3, 16 iun 1871 ad I.<\/p>\n<p>(8) Cfr. In Battendier 5 n. 187, exemplum Uraulinarus.<\/p>\n<h3 id=\"ii-reponse-du-p-vermeersch-s-j-a-une-consultation\" >II\u00a0REPONSE du P. Vermeersch, S.J. \u00e0 une consultation<\/h3>\n<p>Sur le m\u00eame sujet<\/p>\n<p>Le 26 avril 1920, le m\u00eame abb\u00e9 Paul-Marie verrier avait consult\u00e9 aussi le P. Vermeersch au sujet de notre v\u0153u de stabilit\u00e9. Il re\u00e7ut la r\u00e9ponse suivante, dat\u00e9e de Rome 16 juin 1920\u00a0:<\/p>\n<p>Mon R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re,<\/p>\n<p>Je m\u2019excuse d\u2019abord d\u2019avoir tant tard\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 votre bonne lettre du 26 avril\u00a0; mais l\u2019arriv\u00e9e en co\u00efncida avec un encombrement exceptionnel.<\/p>\n<p>Voici, au sujet de la question que vous voulez bien me poser, mon humble sentiment.<\/p>\n<p>Par le v\u0153u de stabilit\u00e9, les P\u00e8res, Fr\u00e8res et S\u0153urs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie s\u2019interdisant de passer dans un autre institut, ce qui, avant le Code n\u2019exigeait pas toujours l\u2019intervention du Saint-Si\u00e8ge. A part cela, ce v\u0153u n\u2019a pas de m\u00a0mati\u00e8re sp\u00e9ciale. Mais, comme le dit tr\u00e8s bien votre art. 54, il exprime formellement ce qui est d\u00e9j\u00e0 contenu dans les trois v\u0153ux substantiels de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Il ne porte pas sur une cons\u00e9cration directe et imm\u00e9diate \u00e0 Marie, mais il \u00e9quivaut \u00e0 une cons\u00e9cration personnelle de chacun, parce que la Soci\u00e9t\u00e9 est elle-m\u00eame une soci\u00e9t\u00e9 qui se d\u00e9voue \u00e0 la sainte Vierge (art. 55). Avant le code, il produisait un effet canonique sp\u00e9cial, signal\u00e9 \u00e0 l\u2019art. 56.<\/p>\n<p>Cette conception de v\u0153u s\u2019appuie\u00a0;<\/p>\n<ul>\n<li>sur l\u2019origine historique du v\u0153u. Votre v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Fondateur s\u2019est inspir\u00e9 de saint Beno\u00eet, lequel par le v\u0153u de stabilit\u00e9, a voulu pr\u00e9venir des changements jadis permis, de monast\u00e8re.<\/li>\n<li>Sur le mot lui-m\u00eame Le terme serait tr\u00e8s impropre s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une cons\u00e9cration imm\u00e9diate \u00e0 Marie. Et pourquoi la mention de cette cons\u00e9cration aurait-elle \u00e9t\u00e9 omise\u00a0?<\/li>\n<li>Sur les art. 54-56 des constitutions.<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>sur l\u2019effet canonique indiqu\u00e9 \u00e0 l\u2019art. 56.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La lettre du V\u00e9n\u00e9r\u00e9 Fondateur confirme cette interpr\u00e9tation. Voyez comme il entend pr\u00e9venir les d\u00e9fections de ceux qui, sous pr\u00e9texte d\u2019une plus haute perfection, songeraient \u00e0 quitter l\u2019Institut.<\/p>\n<p>Reprenant maintenant vos questions, je crois devoir y r\u00e9pondre comme suit\u00a0:<\/p>\n<p>I.Ce v\u0153u ne peut-il pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme partie essentielle de la profession religieuse dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie,) \u2013 Aux yeux de votre v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Fondateur, la cons\u00e9cration \u00e0 Marie manquerait d\u2019un compl\u00e9ment si le v\u0153u de stabilit\u00e9 ne la rendait pas particuli\u00e8rement irr\u00e9vocable. En ce sens, on peut voir, dans ce v\u0153u, une note caract\u00e9ristique de votre profession religieuse, une note essentielle de cette profession.<\/p>\n<ol>\n<li>(Le service de marie auquel s\u2019engage le Prof\u00e8s est-il suffisamment d\u00e9termin\u00e9 soit par les expressions de l\u2019art. 56, soit par la formule m\u00eame de la profession\u00a0? ou cette d\u00e9termination reste-t-elle \u00e0 faire d\u2019apr\u00e8s les r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales en usage\u00a0?) \u2013 Le service de marie est d\u00e9termin\u00e9 par la profession des trois v\u0153ux au sein de la Soci\u00e9t\u00e9 de marie et les constitutions de cette soci\u00e9t\u00e9.<\/li>\n<\/ol>\n<p>III. (Premier cas\u00a0: le v\u0153u engage le prof\u00e8s au service de Marie en g\u00e9n\u00e9ral, mais pas au service de Marie tel que l\u2019entendent la S.M. et ses Constitutions. Dans ce cas, quel serait la mati\u00e8re de ce v\u0153u\u00a0?) \u2013 j\u2019estime qu\u2019il faut \u00e9carter la premi\u00e8re hypoth\u00e8se ou le premier cas.<\/p>\n<ol>\n<li>(Deuxi\u00e8me cas\u00a0: le v\u0153u engage au service de Marie tel que l\u2019entendent la S.M. et ses constitutions. Le prof\u00e8s est tenu \u00e0 ce service en toute hypoth\u00e8se , m\u00eame sans le v\u0153u de stabilit\u00e9, par le fait de son incorporation et des constitutions. Y est-il tenu en plus, par son v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0?) \u2013 Le service de Marie est celui que d\u00e9terminent les Constitutions et n\u2019a pas ind\u00e9pendamment de celles-ci, de caract\u00e8re obligatoire. Aucun acte particulier n\u2019est directement prescrit ou promis en suite de ce v\u0153u, sinon l\u2019art. 54 serait erron\u00e9. P. ex. la r\u00e9citation du Petit office oblige comme le veulent les constitutions et celui qui le n\u00e9glige n\u2019a pas \u00e0 s\u2019accuser d\u2019avoir manqu\u00e9 \u00e0 son v\u0153u de stabilit\u00e9. Celui-ci, je le r\u00e9p\u00e8te, n\u2019a pas de mati\u00e8re sp\u00e9ciale, sauf l\u2019interdiction de passer dans un autre ordre ou Institut, du moins sans dispense du Saint-Si\u00e8ge, Voil\u00e0 ce que je crois devoir vous r\u00e9pondre.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Il vous int\u00e9ressera peut-\u00eatre de savoir que, selon toute probabilit\u00e9, je passerai un jour \u00e0 Fribourg, vers le 20 juillet de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>En vous remerciant de votre confiance, et me recommandant \u00e0 vos bonnes pri\u00e8res \u00e0 la sainte Vierge, je vous prie d\u2019agr\u00e9er\u2026.<\/p>\n<p>L\u2019abb\u00e9 P.-M. Verrier ne fut pas convaincu. A la date du 23 juin, il envoya au P. Vermeersch la lettre suivante\u00a0:<\/p>\n<p>Mon R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re,<\/p>\n<p>Je m\u2019empresse de vous remercier de votre bonne et aimable lettre du 16 juin dernier sur notre v\u0153u de stabilit\u00e9. Elle m\u2019est parvenue au soir de la f\u00eate de saint Louis de Gonzague et j\u2019ai vu dans cette co\u00efncidence une attention de votre jeune saint auquel j\u2019ai vou\u00e9, depuis son passage \u00e0 la Gr\u00e9gorienne, une d\u00e9votion sp\u00e9ciale.<\/p>\n<p>Comme vous m\u2019annoncez votre prochain passage \u00e0 Fribourg, je serais heureux d\u2019avoir avec vous, \u00e0 ce moment-l\u00e0, un entretien, quelque court qu\u2019il soit, sur le v\u0153u en question.<\/p>\n<p>Je me permets de vous soumettre d\u00e8s maintenant, un certain nombre de r\u00e9flexions sur les conclusions auxquelles un premier examen vous a fait aboutir. Pour plus de clart\u00e9, je suivrai l\u2019ordre m\u00eame de votre lettre.<\/p>\n<p>Pour vous le dire tout de suite, nous avons toujours enseign\u00e9, dans nos maisons de formation, que notre v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9tait bien un v\u0153u de cons\u00e9cration \u00e0 Marie, et que ce v\u0153u avait un double objet\u00a0: la pratique d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 filiale insigne envers la tr\u00e8s sainte Vierge consid\u00e9r\u00e9e comme M\u00e8re des \u00e2mes, et l\u2019apostolat marial qui nous met au service de Marie comme ses missionnaires travaillant au salut des \u00e2mes par la diffusion de la connaissance, de l\u2019amour et du service de marie. Nous sommes tenus \u00e0 tout cela par le fait de notre incorporation \u00e0 un Institut qui a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 \u00e0 cette double fin\u00a0; mais par le v\u0153u de stabilit\u00e9, chacun de nous fait sienne cette double fin et s\u2019engage \u00e0 y tendre. Tel est l\u2019enseignement commun chez nous.<\/p>\n<p>Ce que nous voulions tirer au clair, ces derniers temps, c\u2019\u00e9taient les limites pr\u00e9cises au-dessous desquelles nous ne pouvions descendre sans violer notre v\u0153u.<\/p>\n<p>Notre v\u0153u nous oblige \u00e0 une pi\u00e9t\u00e9 filiale insigne envers Marie\u00a0; cela veut dire qu\u2019il nous oblige,\u00e0 tendre, \u00e0 la perfection de cette vertu\u00a0; mais quels sont les actes qui constituent le minimum impos\u00e9 dans le domaine de la vertu dont il s\u2019agit\u00a0? Le v\u0153u de pauvret\u00e9 est un moyen de tendre \u00e0 la perfection de la vertu de pauvret\u00e9, et il impose certains actes de pauvret\u00e9, qui sont un minimum et en m\u00eame temps un moyen de tendre \u00e0 une pauvret\u00e9 plus haute. Le m\u00eame ici. D\u2019autre part l\u2019objet de notre apostolat est de pr\u00eacher Marie, de la faire conna\u00eetre, aimer et servir. Mais \u00e0 quels actes sommes-nous tenus dans cet autre domaine de l\u2019apostolat marial, par notre v\u0153u\u00a0?<\/p>\n<p>Des explications, mon R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re, vous feront comprendre la position que j\u2019avais prise en vous posant mes questions du 26 avril.<\/p>\n<p>Votre r\u00e9ponse renverse de fond en comble cette position. Il peut se faire qu\u2019elle soit r\u00e9ellement renversable. Pourtant, plus je relis vos arguments, plus je crois que l\u2019on y peut r\u00e9pondre. Je vous serais donc tr\u00e8s oblig\u00e9 de pr\u00eater un peu de votre attention aux r\u00e9flexions et arguments que je me permets de vous soumettre. Cela vous fera mieux conna\u00eetre notre esprit et me permettra \u00e0 moi-m\u00eame de v\u00e9rifier ou la solidit\u00e9 ou la caducit\u00e9 de mes arguments.<\/p>\n<p>Daigne la tr\u00e8s sainte Vierge, sur laquelle vous avez si bien \u00e9crit, vous inspirer les solutions qui se rapprochent le plus de la v\u00e9rit\u00e9, que cette v\u00e9rit\u00e9 soit dans la solution que vous venez de me donner ou qu\u2019elle se trouve dans une solution nouvelle \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<p>En vous remerciant d\u00e8s maintenant de vos bont\u00e9s pour nous, je vous prie, mon R\u00e9v\u00e9rend P\u00e8re, d\u2019agr\u00e9er\u2026<\/p>\n<p>L\u2019entretien sollicit\u00e9 eut lieu \u00e0 Fribourg, probablement le 26 juillet. Sous cette date et sous l\u2019intitul\u00e9 Entretien avec le P. Vermeersch, l\u2019abb\u00e9 P.-M. Verrier nous a laiss\u00e9 cette note\u00a0:<\/p>\n<p>Le P\u00e8re s\u2019en tient au seul texte des Constitutions. Il insiste sur le mot \u00ab\u00a0implicitement\u00a0\u00bb de l\u2019art. 53, lequel devient \u00ab\u00a0express\u00e9ment\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019art. 54. L\u2019art. 55 n\u2019ajoute rien qui puisse faire croire \u00e0 une cons\u00e9cration \u00ab\u00a0imm\u00e9diate\u00a0\u00bb du prof\u00e8s. Le mot n\u2019y est pas\u00a0: pourquoi avoir garde ce mot de stabilit\u00e9 qui n\u2019a \u00e9videmment pas le sens d\u2019une cons\u00e9cration\u00a0? La chose, non plus. Il y a bien l\u2019\u00e9quivalent dans les expressions \u00ab\u00a0d\u2019une mani\u00e8re permanente et irr\u00e9vocable dans l\u2019\u00e9tat de serviteur de Marie\u00a0\u00bb\u00a0; mais cet \u00e9quivalent n\u2019existe que par le moyen de la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle se lie le prof\u00e8s, puisque apr\u00e8s les mots cit\u00e9s, il y a\u00a0: \u00ab\u00a0\u00e0 qui la Soci\u00e9t\u00e9 est sp\u00e9cialement consacr\u00e9e. Il ne s\u2019agit toujours pas d\u2019une cons\u00e9cration imm\u00e9diate, mais m\u00e9diate.<\/p>\n<p>Peu importe le sens nouveau, in\u00e9dit, que le P. Chaminade a entendu donner au mot de stabilit\u00e9. Ce qui fait foi, dans ces questions, c\u2019est le seul texte des constitutions approuv\u00e9es. L\u00e0, les mots sont pris dans leur sens obvie, et, dans le nouveau Codex, il y a un canon pour dire qu\u2019il faut laisser aux mots leur sens ordinaire.<\/p>\n<p>Le prof\u00e8s est donc tenu au service de Marie, tel qu\u2019il est entendu dans la Soci\u00e9t\u00e9, suivant les Constitutions. Ce service peut \u00eatre exig\u00e9 au nom du v\u0153u d\u2019ob\u00e9issance. Le refuser, dans le cas d\u2019un ordre re\u00e7u serait manquer au v\u0153u d\u2019ob\u00e9issance, et peut-\u00eatre aussi, probablement, au v\u0153u de stabilit\u00e9. Rester habituellement indiff\u00e9rent \u00e0 ce qui touche le service de marie serait vivre en \u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9 v\u00e9niel habituel.<\/p>\n<p>L\u2019argument tir\u00e9 du maximum de cons\u00e9cration auquel le congr\u00e9ganiste s\u00e9culier entendait aboutir par le v\u0153u de stabilit\u00e9, ne vaut pas en faveur d\u2019une cons\u00e9cration imm\u00e9diate. Car, lors m\u00eame que cette cons\u00e9cration imm\u00e9diate n\u2019existerait pas, ce maximum est atteint. Le service de Marie dans un institut qui lui est vou\u00e9, o\u00f9 tout est organis\u00e9 en vue de ce service, avec tous les avantages de l\u2019association (communion des m\u00e9rites, convergences des efforts, entra\u00eenement mutuel) est plus parfait que celui que peut lui devoir un consacr\u00e9 isol\u00e9, livr\u00e9 \u00e0 ses propres ressources. D\u2019autre part, embrasser l\u2019\u00e9tat religieux afin d\u2019\u00eatre plus totalement \u00e0 Marie, c\u2019est donner une preuve d\u2019amour plus radical que si l\u2019on restait dans la vie commune. Le service de Marie sera obtenu tel que les Constitutions le demandent par l\u2019amour, la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit d\u2019exciter et d\u2019entretenir.<\/p>\n<p>Tout dans l\u2019Institut contribuent \u00e0 ce service, p ex, le fr\u00e8re cuisinier, en soutenant ceux qui travaillent plus directement \u00e0 pr\u00eacher Marie. Toute la vie est inform\u00e9e par le v\u0153u de stabilit\u00e9 et tous les actes en ont le m\u00e9rite.<\/p>\n<h3 id=\"iii-extrait-dune-presentation-de-lapotre-de-marie\" >III\u00a0Extrait d\u2019une pr\u00e9sentation de l\u2019APOTRE DE MARIE<\/h3>\n<p>AU XIX SIECLE, par le P. Henri Rousseau, SM, assistant<\/p>\n<p>G\u00e9n\u00e9ral, in L\u2019Ap\u00f4tre de Marie n\u00b0 4 Novembre D\u00e9cembre 1904<\/p>\n<p>Le premier devoir d\u2019une \u00e2me apostolique, c\u2019est de tout quitter pour la cause qu\u2019elle entend servir. La parole \u00e9vang\u00e9lique ne laisse pas de place au moindre doute \u00e0 cet \u00e9gard. Ce que le divin ma\u00eetre avait d\u00e9clar\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 tout homme \u00e9pris du d\u00e9sir de le suivre, doit aussi bien s\u2019entendre du service de la Reine du ciel. C\u2019est pourquoi le P. Chaminade n\u2019a jamais vari\u00e9 d\u2019un iota sur la n\u00e9cessit\u00e9 pour ses enfants de faire les trois v\u0153ux de religion, aussi \u00e9tendus que la comporte la nouvelle l\u00e9gislation de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>Restait \u00e0 trouver un moyen d\u2019imprimer \u00e0 cette profession ce cachet sp\u00e9cial qu\u2019avait indiqu\u00e9 Notre-Dame del pilar. Le Fondateur y r\u00e9ussit en imposant aux soci\u00e9taires un quatri\u00e8me v\u0153u qui est la d\u00e9terminante des trois autres et en fonction duquel ils promettent pauvret\u00e9, chastet\u00e9 et ob\u00e9issance. Cet engagement sacr\u00e9 constitue celui qui l\u2019\u00e9met dans l\u2019\u00e9tat de serviteur de Marie d\u2019une fa\u00e7on permanente et irr\u00e9vocable. Il n\u2019est pas une simple d\u00e9marche de d\u00e9sir et d\u2019affection, par laquelle d\u2019esprit et d\u2019intention le prof\u00e8s se d\u00e9tache de soi-m\u00eame et de ses biens ext\u00e9rieurs\u00a0; c\u2019est un acte de d\u00e9pouillement, de d\u00e9sappropriation tr\u00e8s effective, par lequel il livre \u00e0 Marie son corps, son \u00e2me, ses biens et ses \u0153uvres afin qu\u2019elle s\u2019en serve selon son bon plaisir et pour l\u2019honneur de la tr\u00e8s sainte trinit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce v\u0153u reconnut par l\u2019Eglise avec cette signification bien explicite prit d\u00e8s l\u2019abord le nom de stabilit\u00e9, par analogie avec d\u2019autres soci\u00e9t\u00e9s qui ont admis un quatri\u00e8me v\u0153u\u00a0; mais cette identit\u00e9 de nom n\u2019entra\u00eena la ressemblance de fond. Toutes les d\u00e9clarations du fondateur sont expresses sur ce point\u00a0: son dessein, au contraire, fut de placer \u00e0 cet endroit pr\u00e9cis la ligne de d\u00e9marcation qui s\u00e9pare son institut de tous les autres. (L\u2019Ap\u00f4tre de Marie, n\u00b0 4, Novembre D\u00e9cembre 1904, p. 114-115)<\/p>\n<h3 id=\"iv-extrait-de-e-neubert-notre-don-de-dieu-tours-1954\" >IV\u00a0Extrait de E. NEUBERT, Notre Don de Dieu, Tours, 1954,<\/h3>\n<ol>\n<li>58-62.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, le v\u0153u de stabilit\u00e9 se trouve joint aux trois v\u0153ux de religion. Avec eux il constitue une congr\u00e9gation \u00e0 Marie la plus parfaite qu\u2019on puisse concevoir.<\/p>\n<p>CE Q\u2019IL APPORTE A LA PROFESSION RELIGIEUSE.<\/p>\n<p>Quelle place occupe-t-il dans cette cons\u00e9cration \u00e0 Marie\u00a0? La pauvret\u00e9 consacre \u00e0 Marie nos biens temporels\u00a0; la chastet\u00e9, notre corps et notre c\u0153ur\u00a0; l\u2019ob\u00e9issance, toute notre volont\u00e9 et toute notre activit\u00e9, pratiquement tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons. Et le v\u0153u de stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019apporte aucune offrande nouvelle \u00e0 l\u2019holocauste constitu\u00e9 par les trois autres v\u0153ux, mais il r\u00e9sume en lui-m\u00eame cet holocauste et apporte\u00a0: Au point de vue canonique, une nouvelle obligation, une plus grande saintet\u00e9, un caract\u00e8re marial plus manifeste. Par le fait que les trois autres v\u0153ux ont chacun un objet pr\u00e9cis\u00a0: les biens ext\u00e9rieurs, le corps, la volont\u00e9, ils attirent directement l\u2019attention sur cet objet. Par contre, la pers\u00e9v\u00e9rance ou stabilit\u00e9 n\u2019a aucun objet sp\u00e9cial\u00a0; elle peut s\u2019appliquer \u00e0 tout ce qui est et \u00e0 tout ce qui se fait. En l\u2019appliquant au service de Marie, elle attire naturellement l\u2019attention toute enti\u00e8re sur le service marial.<\/p>\n<p>Au point de vue spirituel, ce v\u0153u apporte bien autre chose encore. Nous le verrons plus loin.<\/p>\n<p>EST-IL \u00ab\u00a0LA DETERMINANTE DE NOTRE PROFESSION\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que le v\u0153u de stabilit\u00e9 exprime notre volont\u00e9 d\u2019entier d\u00e9vouement \u00e0 Marie et que ce d\u00e9vouement est la raison d\u2019\u00eatre de notre profession, peut-on dire que le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00ab\u00a0est la d\u00e9terminante des trois autres v\u0153ux, celui en fonction duquel (les religieux de Marie) permettent pauvret\u00e9, chastet\u00e9 et ob\u00e9issance\u00a0\u00bb (L\u2019Ap\u00f4tre de Marie), 1904, Henri Rousseau)\u00a0? La pens\u00e9e qui est derri\u00e8re la formule est sans doute orthodoxe, mais la formule elle-m\u00eame ne l\u2019est pas. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 exprime de d\u00e9vouement marial\u00a0: il n\u2019est pas ce d\u00e9vouement marial. La volont\u00e9 de d\u00e9vouement marial a pr\u00e9exist\u00e9 \u00e0 la fondation de nos deux soci\u00e9t\u00e9s, et ces soci\u00e9t\u00e9s une fois cr\u00e9es, elle a exist\u00e9 chez les Filles de Marie avant leur \u00e9mission de v\u0153u de stabilit\u00e9 le 27 d\u00e9cembre 1947, &#8211; et elle existe chez tous les vrais religieux temporaires des deux Soci\u00e9t\u00e9s. C\u2019est cette volont\u00e9 de d\u00e9vouement perp\u00e9tuel au service de marie qui est la d\u00e9terminante de nos trois v\u0153ux ordinaires, comme elle est aussi et surtout la d\u00e9terminante de notre v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0; bien plus elle est la d\u00e9terminante de la cr\u00e9ation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 ne la cr\u00e9e pas, mais il l\u2019exprime, la rend plus sacr\u00e9e, plus inviolable, plus g\u00e9n\u00e9reuse, plus active.<\/p>\n<p>On ne peut pas dire non plus que le v\u0153u de stabilit\u00e9 est la fin des t\u2019ois autres v\u0153ux. Comme nous l\u2019avons vu, ces trois v\u0153ux sont n\u00e9cessaires pour nous constituer dans l\u2019\u00e9tat religieux\u00a0; ils nous font religieux de Marie. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 ne nous ferait qu\u2019oblats de Marie. Uni aux trois autres, il nous fait plus nettement, plus joyeusement, plus dynamiquement religieux de Marie.<\/p>\n<p>V\u0152U DE CONSECRATION INDIRECTE A MARIE<\/p>\n<p>Dans sa r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019abb\u00e9 fontaine, au sujet du v\u0153u de stabilit\u00e9, le P. Chaminade affirme que \u00ab\u00a0le v\u0153u de cons\u00e9cration y est indirectement\u00a0\u00bb.(E.F. I, (100). Qu\u2019est-ce dire\u00a0? Le P. Chaminade explique\u00a0: \u00ab\u00a0puisqu\u2019on s\u2019engage \u00e0 demeurer perp\u00e9tuellement dans une soci\u00e9t\u00e9 qui lui est intimement d\u00e9vou\u00e9e.\u00a0\u00bb Le v\u0153u de stabilit\u00e9 nous fait perp\u00e9tuer notre don \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de marie. Mais puisque cette Soci\u00e9t\u00e9 ne travaille que pour la sainte Vierge, par l\u2019interm\u00e9diaire de cette Soci\u00e9t\u00e9, &#8211; donc indirectement, &#8211; il nous donne \u00e0 la sainte Vierge. Le cas est identique \u00e0 celui du chr\u00e9tien qui veut se donner tout entier \u00e0 Dieu\u00a0: pour r\u00e9aliser son don, il se donne \u00e0 lui non pas par une offrande directe entre Dieu et lui, mais en se donnant \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 religieuse. Son don est indirect.<\/p>\n<p>MAIS CONSECRATION D\u2019AUTANT PLUS EFFICACE<\/p>\n<p>Cons\u00e9cration indirecte ne veut pas dire imparfaite. Tout au contraire. Une cons\u00e9cration indirecte \u00e0 Marie ou \u00e0 Dieu est bien plus r\u00e9elle, plus totale, plus continue qu\u2019une cons\u00e9cration directe.<\/p>\n<p>Celle-ci, m\u00eame si elle est tr\u00e8s sinc\u00e8re, sera un acte de donation g\u00e9n\u00e9reuse, dont on se souviendra plus ou moins souvent dans le cours de sa vie, mais qu\u2019on ne peut pas constamment songer \u00e0 vivre\u00a0; de plus, elle laisse de fait au consacr\u00e9 la disposition de ses biens de son corps, de sa volont\u00e9 surtout et de son activit\u00e9. Sa situation ext\u00e9rieure ne change pas. Par la cons\u00e9cration indirecte, au contraire, on abandonne tout et en toute r\u00e9alit\u00e9\u00a0: bien ext\u00e9rieurs, corps, \u00e2me, toute l\u2019activit\u00e9 jusqu\u2019au dernier moment, tout est donn\u00e9 \u00e0 Marie dans la Soci\u00e9t\u00e9 qui la repr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Les conditions ont enti\u00e8rement chang\u00e9\u00a0; lieu d\u2019habitation, costume, r\u00e9gime, exercices de pi\u00e9t\u00e9 r\u00e8glement journalier, travaux, buts, compagnons, tout est devenu diff\u00e9rent par suite de cette donation indirecte. Dans la cons\u00e9cration directe, on ne peut gu\u00e8re donner que la bonne intention\u00a0; dans la donation indirecte, avec l\u2019intention, on donne la substance m\u00eame des choses ou des actions. C\u2019est vraiment un holocauste d\u2019amour.<\/p>\n<p>DANS L\u2019INTENTION\u00a0; LA PENSES DE MARIE EST PREMIERE<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Si, dans l\u2019ordre de l\u2019ex\u00e9cution, on se donne directement \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et indirectement \u00e0 la vierge, dans l\u2019ordre de l\u2019intention, la pens\u00e9e de Marie est premi\u00e8re. On veut se donner \u00e0 Marie, et pour se donner \u00e0 elle le plus efficacement, on se donne \u00e0 sa Soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 un caract\u00e8re unique de la stabilit\u00e9 dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Dans les autres instituts, par le v\u0153u de stabilit\u00e9 on veut se donner tout d\u2019abord \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9. On fait les v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance pour se donner \u00e0 Dieu. On fait le v\u0153u de stabilit\u00e9 pour se lier \u00e0 l\u2019Institut. C\u2019est l\u00e0 l\u2019origine de ce v\u0153u dans les associations \u00e0 v\u0153ux simples qui ont surgi depuis le Concile de Trente. Ainsi la V\u00e9n\u00e9rable Anne de Xaintonge, fondatrice des ursulines de Dole auxquelles se rattachent celles de Fribourg, ayant \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 diverses objections soulev\u00e9es contre sa fondation, en particulier \u00e0 celle-ci\u00a0: \u00ab\u00a0Le v\u0153u de stabilit\u00e9 est une innovation\u00a0; il ne signifie rien, puisqu\u2019un \u00e9v\u00eaque peut en d\u00e9lier les religieuses\u00a0\u00bb,elle expliqua\u00a0: \u00ab\u00a0Si les trois autres v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance lient ses filles envers Dieu, celui de stabilit\u00e9 les attache entre elles et \u00e0 l\u2019institut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Or, dans la Soci\u00e9t\u00e9 de marie, nous l\u2019avons entendu affirmer au P. Chaminade, \u00ab\u00a0le v\u0153u de stabilit\u00e9 n\u2019est distinctement prononc\u00e9 que par d\u00e9votion \u00e0 la sainte Vierge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h3 id=\"v-pour-la-petite-histoire\" >V\u00a0Pour la petite histoire.<\/h3>\n<ol>\n<li>a) Lettre du P. P. Resch, S. M, sup\u00e9rieur provincial de la<\/li>\n<\/ol>\n<p>Province de Saint-Louis, au P. J. Verrier<\/p>\n<p>Maryhurat, le 24 avril 1952<\/p>\n<p>Mon cher P\u00e8re,<\/p>\n<p>Hier soir, j\u2019ai attir\u00e9 l\u2019attention du P. Fee sur l\u2019erreur qu\u2019on a exprim\u00e9 dans l\u2019enseignement du Second Noviciat de Marycliffe. Il a pris votre travail sur la Stabilit\u00e9 avec lui. Je n\u2019avais jamais vu le document du second noviciat que vous avez cit\u00e9 \u00e0 la fin de votre r\u00e9cent travail.<\/p>\n<p>Certainement cet enseignement va contrer le statut du chapitre g\u00e9n\u00e9ral de 1946 et va contre tout ce que nous avons toujours enseign\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019obligation de notre v\u0153u de stabilit\u00e9. Le r\u00e9dacteur du Chapitre n\u2019avait pas le temps sans doute de contr\u00f4ler les \u00e9ditions et les titres, mais, comme vous avez suppos\u00e9, les membres voulaient indiquer clairement que la vraie doctrine sur les obligations du v\u0153u de stabilit\u00e9 se trouvait non pas dans la premi\u00e8re expression (\u00e9dition) du P. Schellhorn, mais dans sa derni\u00e8re expression (\u00e9ditiion).<\/p>\n<p>Je me rappelle bien la discussion que j\u2019avais eue par \u00e9crit avec leP. Schellhorn sur ce texte. Il fit la suppression de ces obligations suppl\u00e9mentaires par ordre du bon P\u00e8re Sorret.<\/p>\n<p>Ce qu\u2019il faut craindre, ce sont les mauvaises interpr\u00e9tations des disciples, comme celles du Second noviciat, comme celles des s\u00e9minaristes, &#8211; certains de Saint Meinrad, &#8211; qui ne voulant pas accepter l\u2019explication de leur sup\u00e9rieur, &#8211; l\u2019explication m\u00eame de votre travail \u2013 se sont adress\u00e9s au chapitre g\u00e9n\u00e9ral de 1946.<\/p>\n<p>Vous avez sans doute envoy\u00e9 un exemplaire de votre \u00e9tude au P. Hoffer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol>\n<li>b) Lettre du P. Hoffer, assistant g\u00e9n\u00e9ral du P. Juergens<\/li>\n<\/ol>\n<p>au P. J. Verrier, S.M.<\/p>\n<p>Rome, novembre 1955<\/p>\n<p>Cher ami,<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Un petit mot par occasion. Ces jours-ci, \u00e0 propos d\u2019un cas personnel, le P. Scherrer a parl\u00e9 du v\u0153u de stabilit\u00e9 aux PP Larranoa et Creusen. Les deux lui ont dit qu\u2019il ne peut s\u2019agir d\u2019un objet strict. La pers\u00e9v\u00e9rance dans la Soci\u00e9t\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 vou\u00e9e par la profession religieuse ordinaire .Le v\u0153u de stabilit\u00e9 n\u2019ajoute rien \u00e0 cette obligation. Pour eux, c\u2019est un beau geste et c\u2019est tout. En somme, une affirmation d\u2019entier d\u00e9vouement \u00e0 la sainte Vierge. Je vous livre la chose comme elle a \u00e9t\u00e9 dite Vous \u00eates plus savant que moi pour en profiter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol>\n<li>c) Lettre du P. E. Neubert au P. au P.P. HOFFER.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Grangeneuve, le 6 juin 1952<\/p>\n<p>Cher monsieur le Sup\u00e9rieur,<\/p>\n<p>Je vous renvoie les remarques du P. Verrier sur le Petit trait\u00e9 de Marialogie du P. Schellhorn. Il m\u2019en avait d\u00e9j\u00e0 soumis d\u2019autres sur le m\u00eame trait\u00e9 ainsi que sur le Cat\u00e9chisme de l\u2019Etat religieux et sur la Vie Int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>J\u2019y avais r\u00e9pondu en accordant qu\u2019il y avait quelques expressions \u00e0 modifier et en faisant valoir que celles qui paraissaient impr\u00e9cises \u00e0 tel endroit du livre \u00e9taient \u00e0 interpr\u00e9ter en fonction des explications donn\u00e9es \u00e0 tel autres\u00a0; que du reste, il ne fallait pas demander \u00e0 un trait\u00e9 de spiritualit\u00e9 destin\u00e9 \u00e0 des novices la rigueur philosophique ou juridique. (J\u2019ai profit\u00e9 de quelques-unes des remarques du P. verrier dans la refonte que je fais actuellement de \u00ab\u00a0Notre Don de Dieu.\u00a0\u00bb Je vois par les nouvelles remarques que la tournure d\u2019esprit du P. Verrier n\u2019a pas chang\u00e9. Je vous soumets deux pages d\u2019observations\u00a0; une foule d\u2019autres affirmations demanderaient des rectifications.<\/p>\n<p>Le P. Verrier parle des \u00ab\u00a0incertitudes manifest\u00e9es p\u00e9riodiquement par les religieux sur la port\u00e9e du v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0\u00bb et il en cherche la cause dans l\u2019impr\u00e9cision des enseignements donn\u00e9s. J\u2019ai entendu parler \u00e0 plusieurs reprises de ces incertitudes, mais ceux qui en parlaient se r\u00e9clamaient des remarques qu\u2019ils attribuaient au P. Verrier. Je viens de recevoir une carte de M. Kohmescher. Il me dit dans un P.S.: I hear Fr Verrier \u00ab\u00a0objects\u00a0\u00bb to the Mariology taught at Glencoe by Fr. Fee!\u201d\u2026<\/p>\n<ol>\n<li>d) Extrait de la r\u00e9ponse du P E Neubert aux observations du P. J . Verrier sur la brochure du P H. Lebon\u00a0: Notre v\u0153u de stabilit\u00e9 et notre cons\u00e9cration \u00e0 Marie.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00ab\u00a0Quand il parlait de la tr\u00e8s Sainte Vierge, le P. Lebon donnait libre cours aux inspirations de son c\u0153ur\u00a0; il s\u2019enthousiasmait et cherchait \u00e0 gagner les autres \u00e0 son enthousiasme, sans se pr\u00e9occuper de l\u2019exactitude th\u00e9ologique et canonique des termes qu\u2019il employait.<\/p>\n<p>Tel a \u00e9t\u00e9 le cas en particulier dans les articles qu\u2019il a donn\u00e9s \u00e0 L\u2019Ap\u00f4tre de Marie en 1923. Il \u00e9tait au comble de l\u2019enthousiasme \u00e0 cause de la r\u00e9cente r\u00e9introduction officielle du texte du fondateur dans nos Constitutions (voir \u00e0 la pr\u00e9face). Si d\u2019ailleurs il parlait en pr\u00e9dicateur, ici il parle en pan\u00e9gyriste, d\u00e9sireux de faire admirer de tous les membres de la S.M., le don de Dieu \u00e0 notre Soci\u00e9t\u00e9. Il m\u00eale les notions de cons\u00e9cration et de v\u0153u, d\u2019obligations et d\u2019esprit de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Ama et fac quod vis, pensait-il, sans doute. Mais s\u2019il est permis \u00e0 un pr\u00e9dicateur, \u00e0 un pan\u00e9gyriste surtout de recourir \u00e0 des hyperboles et de n\u00e9gliger les distinctions, cela est dangereux dans un texte imprim\u00e9 qui devra \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 et m\u00e9dit\u00e9 \u00e0 froid.<\/p>\n<p>Cependant, si l\u2019on veut juger \u00e9quitablement la doctrine du P. Lebon sur notre cons\u00e9cration mariale, il faut prendre celle que le P. Schellhorn a exprim\u00e9e dans son \u00ab\u00a0Petit trait\u00e9 de Mariologie laquelle a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9e avec le P. Lebon et approuv\u00e9e par ce dernier comme \u00e9tant la doctrine de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<ol start=\"91\">\n<li>e) Extrait de Paul Joseph HOFFER, S.M., La Vie spirituelle d\u2019apr\u00e8s les \u00e9crits du P\u00e8re Chaminade. Rome 1968, p. 89-91.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\u00ab\u00a0Par elle-m\u00eame, la profession religieuse dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie \u00e9quivaut donc \u00e0 une cons\u00e9cration mariale de caract\u00e8re apostolique. On ne fait pas la profession et, en plus, une cons\u00e9cration \u00e0 Marie. En v\u00e9rit\u00e9, les deux s\u2019identifient. L\u2019\u00e9tat religieux marianiste n\u2019est qu\u2019une mani\u00e8re plus parfaite de remplir toute l\u2019\u00e9tendue de la cons\u00e9cration \u00e0 Marie. \u00ab\u00a0Ce que je regarde comme le crat\u00e8re propre de nos ordres, dit le Fondateur, et ce qui me para\u00eet sans exemple dans les fondations connues, c\u2019est que c\u2019est en son nom et pour sa gloire que nous embrassons l\u2019\u00e9tat religieux, c\u2019est pour nous d\u00e9vouer \u00e0 elle corps et biens, pour la faire conna\u00eetre aimer et servir.\u00a0\u00bb Toute alliance, du reste, suppose la r\u00e9ciprocit\u00e9\u00a0: au religieux qui se livre \u00e0 Marie, Marie communique \u00e0 son tour toute la richesse de sa pri\u00e8re et de ses m\u00e9rites \u00e0 elle. La fid\u00e9lit\u00e9 aux v\u0153ux et \u00e0 la r\u00e8gle implique donc une signification sp\u00e9cifiquement mariale, et il ne tient qu\u2019au religieux d\u2019entrer consciemment dans cette orientation.<\/p>\n<p>Le v\u0153u de stabilit\u00e9<\/p>\n<p>Il semble qu\u2019on ne puisse pousser plus loin la cons\u00e9cration \u00e0 Marie<\/p>\n<p>C\u2019est pourtant ce que le P. Chaminade entendait faire en ajoutant aux trois v\u0153ux ordinaires le v\u0153u de stabilit\u00e9. Encore une fois, celui-ci est d\u00e9j\u00e0 implicitement \u00ab\u00a0renferm\u00e9 dans l\u2019\u00e9mission des trois v\u0153ux d\u2019ob\u00e9issance, de pauvret\u00e9 et de chastet\u00e9 faits et re\u00e7us dans la Soci\u00e9t\u00e9\u00a0; il n\u2019est distinctement prononc\u00e9 que par d\u00e9votion \u00e0 la tr\u00e8s sainte Vierge et dans le pieux dessein de perp\u00e9tuer autant que possible son entier d\u00e9vouement \u00e0 mon service\u00a0\u00bb. M\u00eame si la Soci\u00e9t\u00e9 devait un jour perdre ce v\u0153u o_ si la R\u00e8gle n\u2019en parlait pas, du moment que la Soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e pour aider Marie dans sa mission apostolique, chaque religieux s\u2019oblige \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer au service de Marie en \u00e9mettant les trois v\u0153ux ordinaires qui incluent, d\u2019apr\u00e8s l\u2019actuelle l\u00e9gislation canonique, l\u2019obligation de pers\u00e9v\u00e9rer dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. En d\u2019autres termes, la cons\u00e9cration \u00e0 Marie est contenue dans la profession des trois v\u0153ux. Ce n\u2019est donc pas le v\u0153u de stabilit\u00e9 qui cr\u00e9e cette cons\u00e9cration\u00a0; il n\u2019apporte aucune offrande nouvelle \u00e0 l\u2019holocauste des trois autres v\u0153ux. Par l\u2019\u00e9mission de ces derniers, le religieux se met \u00e0 la disposition de Marie pour l\u2019assister dans sa mission providentielle, pour lutter \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s \u00ab\u00a0dans sa noble lutte contre l\u2019enfer\u00a0\u00bb. Aussi bien les prof\u00e8s temporaires, qui n\u2019ont pas prononc\u00e9 le v\u0153u de stabilit\u00e9, sont-ils, eux aussi, engag\u00e9s au service de Marie.<\/p>\n<p>En ce cas, pourquoi prononcer encore un v\u0153u de stabilit\u00e9\u00a0? Bien qu\u2019il soit d\u00e9j\u00e0 implicitement contenu dans la profession des trois v\u0153ux ordinaires, le v\u0153u de stabilit\u00e9 rend plus explicite notre cons\u00e9cration et proclame solennellement la volont\u00e9 de pers\u00e9v\u00e9rer dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. Il ne cr\u00e9e pas l\u2019obligation de pers\u00e9v\u00e9rer, celle-ci \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 contenue dans la profession des v\u0153ux, mais il l\u2019exprime avec plus de solennit\u00e9, la rend plus sacr\u00e9e et plus inviolable. Il n\u2019impose pas des actes pr\u00e9cis de pi\u00e9t\u00e9 filiale, mais met en relief la volont\u00e9 de pers\u00e9v\u00e9rer dans la \u00ab\u00a0Famille de Marie\u00a0\u00bb en vue du service de Marie. Inspir\u00e9 par la pi\u00e9t\u00e9 filiale, ce v\u0153u n\u2019est donc pas \u00e0 proprement parler un v\u0153u de pi\u00e9t\u00e9 filiale ou de cons\u00e9cration \u00e0 Marie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h3 id=\"pour-finir\" >POUR\u00a0\u00a0 FINIR<\/h3>\n<p>Que ressort-t-il de ce d\u00e9bat\u00a0?<\/p>\n<p>Faute de comprendre exactement la pens\u00e9e de notre Fondateur, faute de distinguer le plan asc\u00e9tique et moral du plan juridique et canonique, faute aussi de tenir compte de l\u2019\u00e9volution survenue dans la l\u00e9gislation de l\u2019Eglise au sujet des congr\u00e9gations \u00e0 v\u0153ux simples, on a trop insist\u00e9, au dam de la nature de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de l\u2019Institut des Filles de Marie, sur l\u2019importance du v\u0153u de stabilit\u00e9 dans ces deux soci\u00e9t\u00e9s<\/p>\n<p>En contemplant l\u2019arc-boutant, on a n\u00e9glig\u00e9 la cath\u00e9drale\u00a0; en voyant l\u2019ancre, on a oubli\u00e9 le paquebot\u00a0; l\u2019arbre a cach\u00e9 la for\u00eat.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de tout v\u0153u de stabilit\u00e9, les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et ceux de l\u2019Institut des Filles de Marie Immacul\u00e9e sont consacr\u00e9s \u00e0 Marie par le fait m\u00eame de leur profession religieuse.<\/p>\n<p>Toute profession religieuse, en effet, outre la promesse faite \u00e0 Dieu de vivre dans la pauvret\u00e9, la chastet\u00e9 et l\u2019ob\u00e9issance aux Sup\u00e9rieurs d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 religieuse reconnue par l\u2019Eglise et juridiquement d\u00e9sign\u00e9e, comporte un contrat implicite par lequel le prof\u00e8s exprime sa volont\u00e9 d\u2019\u00eatre incorpor\u00e9 dans cette soci\u00e9t\u00e9 religieuse, tandis que, de son c\u00f4t\u00e9, cette soci\u00e9t\u00e9 l\u2019agr\u00e9e \u00e0 titre de membre.<\/p>\n<p>Puisque la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et l\u2019Institut des Filles de Marie Immacul\u00e9e sont officiellement et constitutionnellement des soci\u00e9t\u00e9s religieuses consacr\u00e9es \u00e0 Marie et comme \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 de Marie\u00a0\u00bb, il est obvie que tous et chacun de leurs membres sont ipso facto consacr\u00e9e \u00e0 Marie par l\u2019emprise effective et r\u00e9elle que Marie a sur tous et chacun d\u2019eux par l\u2019interm\u00e9diaire des Sup\u00e9rieurs de ces Soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette cons\u00e9cration est compl\u00e8te. Le v\u0153u de stabilit\u00e9 n\u2019y ajoute rien.Ce qu\u2019il a de propre c\u2019est de la rendre plus ferme, plus irr\u00e9vocable, plus in\u00e9branlable, plus solide en un mot aux yeux de la conscience et du monde<\/p>\n<p>Par le fait m\u00eame, le v\u0153u de stabilit\u00e9 soumet ceux qui l\u2019\u00e9mettent \u00e0 tous les devoirs de l\u2019\u00e9tat marianiste d\u2019une mani\u00e8re plus irr\u00e9vocable, mais ne change en rien l\u2019obligation inh\u00e9rente \u00e0 ces devoirs. Tout en \u00e9tant la fin de ce v\u0153u, comme ils le sont d\u00e9j\u00e0 de la profession elle-m\u00eame, ces devoirs ne sont pas l\u2019objet promis \u00e0 Dieu par le v\u0153u. L\u2019objet propre du v\u0153u est pr\u00e9alable aux devoirs de l\u2019\u00e9tat marianiste, c\u2019est l\u2019engagement de rester d\u2019une mani\u00e8re continue dans cet \u00e9tat ou, si l\u2019on veut, de ne pas embrasser un autre \u00e9tat. En cons\u00e9quence, les manquements aux devoirs d\u2019\u00e9tat rel\u00e8vent du v\u0153u de stabilit\u00e9 s\u2019ils mettent en question la permanence dans l\u2019\u00e9tat, la pers\u00e9v\u00e9rance, mais pas autrement.<\/p>\n<p>C\u2019est ce que notre fondateur a d\u00e9clar\u00e9 express\u00e9ment dans les Constitutions de 1839,<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le v\u0153u de stabilit\u00e9, se r\u00e9alisant par le fait, ne demande que l\u2019attachement constant de la volont\u00e9 cette promesse, et du reste, aucune habitude sp\u00e9ciale qui entre dans la mani\u00e8re de vivre.\u00a0\u00bb (Constitutions SM, art. 233)<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le v\u0153u de cl\u00f4ture, se r\u00e9alisant par le fait, ne demande que l\u2019attachement constant de la volont\u00e9 \u00e0 la promesse qui le constitue. Il en est de m\u00eame pour le v\u0153u de stabilit\u00e9 que font les compagnes.\u00a0\u00bb (Constitutions F.M.I., art 400)<\/p>\n<p>Le 9 juillet 1947, le P. E. Neubert m\u2019\u00e9crivait\u00a0: \u00ab\u00a0Si vous avez des remarques \u00e0 faire sur ma mani\u00e8re d\u2019entendre le v\u0153u de stabilit\u00e9, je les recevrai volontiers. Il importe qu\u2019on arrive \u00e0 une notion nette de ce v\u0153u de stabilit\u00e9 et qu\u2019on ne continue pas de dire, comme l\u2019a fait derni\u00e8rement un de mes s\u00e9minaristes nouveaux\u00a0: \u00ab\u00a0Le v\u0153u de stabilit\u00e9, mais il para\u00eet qu\u2019on ne sait pas en quoi il consiste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des remarques, je lui en ai fait et il en a largement tenu compte, comme il est facile de le constater en comparant son \u00e9dition 1954 de \u00ab\u00a0Notre Don de Dieu\u00a0\u00bb avec celle de 1928.<\/p>\n<p>La these de Notre confrere Matthey F. KOHMESCHER, Additional vows of religion in general and in particular the vow of stability in the Society of Mary (Marianiste), I prim\u00e9e en 1957 Donne g\u00e9n\u00e9ralement la note juste. Il est regrettable cependant que certaines de ses affirmations exc\u00e8dent \u00e7\u00e0 et l\u00e0 son argumentation. Ainsi comment se pla\u00e7ant sur le plan juridique a-t-il pu \u00e9crire\u00a0: \u00ab\u00a0The latter (Society of Mary) has a vow of stability wich has \u00e0 very special, even unique, meaning, that of consecration to Mary.\u00a0\u00bb Indirectement, oui ; mais directement, non. Aurait-il \u00e9crit cette phrase et d\u2019autres semblables, en traitant du voeu de cl\u00f4ture \u00e9mis par les filles de Marie\u00a0? Et pourtant, dans la pens\u00e9e du P. Chaminade, le v\u0153u de cl\u00f4ture \u00e9tait pour les Filles de Marie ce que le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9tait pour les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 comme de l\u2019autre, aux termes m\u00eames des constitutions de 1839, ces deux v\u0153ux, pour le r\u00e9p\u00e9ter, \u00ab\u00a0se r\u00e9alisant par le fait, ne demandent que l\u2019attachement constant de la volont\u00e9 \u00e0 cette promesse. (Art. 233 pour la S.M., et 400 pour les FMI) L\u2019article 400, chez les F.M.I, continuait\u00a0:\u00a0\u00bbIl en est de m\u00eame pour le v\u0153u de stabilit\u00e9 que font les compagnes.\u00a0\u00bb\u00a0\u00a0 Il aurait pu ajouter et les religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie.<\/p>\n<p>De m\u00eame notre confr\u00e8re conclut son \u00e9tude par cette phrase\u00a0: \u00ab\u00a0The strict obligations of the vow (of stability) are to persevere in the Society and to cooperate.\u201d Distingue-t-il assez l\u2019obligation de pers\u00e9v\u00e9rer dans l\u2019\u00e9tat et celle qui est inh\u00e9rente aux devoirs de cet \u00e9tat\u00a0? Je l\u2019ai dit pr\u00e9c\u00e9demment\u00a0: vouer l\u2019\u00e9tat pas formellement vouer l\u2019accomplissement de chacun des devoirs de l\u2019\u00e9tat. Les devoirs d\u2019\u00e9tat sont la fin du v\u0153u qui voue l\u2019\u00e9tat, et la fin ne tombe pas sous l\u2019obligation du v\u0153u, \u00e0 moins qu\u2019elle ne conditionne essentiellement l\u2019engagement du v\u0153u.<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que le refus total de toute coop\u00e9ration aux \u0153uvres de la Soci\u00e9t\u00e9 serait un motif s\u00e9rieux d\u2019exclusion \u2013 l\u2019auteur le dit express\u00e9ment \u2013 et donc un manquement grave au v\u0153u de stabilit\u00e9 dans n\u2019importe quelle soci\u00e9t\u00e9 religieuse\u00a0; mais on ne peut pas soutenir que n\u2019importe quel refus de service, que n\u2019importe quelle n\u00e9gligence, apathie, nonchalance ou manque de z\u00e8le sont des manquements au v\u0153u de stabilit\u00e9 pour les religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie, et au v\u0153u de cl\u00f4ture pour les Filles de Marie. Nous sommes ici dans le domaine des devoirs c\u2019\u00e9tat et il nous faut appliquer ici le th\u00e9ologie morale des devoirs d\u2019\u00e9tat et non celle des v\u0153ux. Le chapitre g\u00e9n\u00e9ral de 1946 a eu raison dans le statut qu\u2019il a adopt\u00e9 \u00e0 ce sujet, bien que, soit dit en passant, de telles questions ne semblent pas \u00eatre de la comp\u00e9tence d\u2019un chapitre. Puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un v\u0153u public, c\u2019est \u00e0 l\u2019Eglise d\u2019en fixer la port\u00e9e et les obligations.<\/p>\n<p>Derni\u00e8re remarque au sujet de l\u2019\u00e9tude du P. Kohmescher. Sauf erreur de ma part, il ne mentionne m\u00eame pas le d\u00e9cret du 11 ao\u00fbt 1865 dans lequel Pie IX approuve la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie dont les membres, dit-il \u00ab\u00a0\u00e9mettent les trois v\u0153ux simples ordinaires de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9, d\u2019ob\u00e9issance, y ajoutant aussi un quatri\u00e8me v\u0153u par lequel ils s\u2019obligent \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans le pieux institut, et \u00e0 demeurer soumis \u00e0 la direction du Sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0\u00bb Dans une \u00e9tude qui se veut sp\u00e9cialement canonique, une pareille omission n\u2019est-elle pas surprenante\u00a0? Regrettable aussi l\u2019omission du t\u00e9moignage \u00e9manant du P. Caillet, dans sa circulaire n\u00b0 41, 3 novembre 1865, p. 3\u00a0: \u00ab\u00a0Les v\u0153ux obligent le religieux pour tout ce \u00e0 quoi il s\u2019est engag\u00e9 devant Dieu\u00a0; or, il a promis d\u2019\u00eatre chaste, d\u2019ob\u00e9ir au sup\u00e9rieur g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 ses d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s, d\u2019\u00eatre pauvre, d\u2019\u00eatre stable dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie (c(est moi qui souligne)\u00a0: le Saint p\u00e8re a-t-il ajout\u00e9 d\u2019autres obligation\u00a0?\u00a0\u00bb Le P. Caillet \u00e9tait profond\u00e9ment d\u00e9vot \u00e0 marie et ne m\u00e9connaissait en rien le caract\u00e8re sp\u00e9cifiquement marial de la profession religieuse et de le Fille de marie. Mais il a su distinguer l\u2019obligation propre et canonique des obligations subs\u00e9quentes et d\u00e9riv\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019obligation canonique du v\u0153u de stabilit\u00e9 et celle du v\u0153u de cl\u00f4ture sont ordonn\u00e9es aux obligations mariales qui sont inh\u00e9rentes aux devoirs d\u2019\u00e9tat de qui a prononc\u00e9 un de ces v\u0153ux\u00a0; mais il ne suffit pas qu\u2019une chose soit ordonn\u00e9e \u00e0 une autre pour que cette autre chose soit elle aussi mati\u00e8re ou objet du v\u0153u.<\/p>\n<p>Chaminade n\u2019\u00e9tait pas un canoniste. Quand il parle du v\u0153u de stabilit\u00e9 soit dans les Constitutions, soit dans ses lettres et sp\u00e9cialement dans sa lettre aux pr\u00e9dicateurs de retraites, 24 ao\u00fbt 1839, il vise au r\u00e9sultat pratique, \u00e0 l\u2019accomplissement g\u00e9n\u00e9reux des devoirs d\u2019\u00e9tat et ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la distinction du juridique, du moral ou de l\u2019asc\u00e9tique<\/p>\n<p>Manque la page 52.<\/p>\n<p>De nombreuses soci\u00e9t\u00e9s religieuses sont plac\u00e9es sous l\u2019invocation et le patronage de la Vierge Marie. elles honorent Marie et recourent \u00e0 elle en consid\u00e9ration de sa puissance d\u2019intercession et attendent d\u2019elle son concours pour atteindre la fin et les objectifs de leur institution, qui ne doivent rien aux v\u00e9rit\u00e9s dogmatiques touchant le r\u00f4le de marie dans la mission de l\u2019Eglise.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re marial de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et de l\u2019institut des Filles de Marie s\u2019explique diff\u00e9remment. Ce qui a conduit Chaminade \u00e0 fonder deux nouvelles Familles religieuses \u00ab\u00a0missionnaires\u00a0\u00bb, c\u2019est la conviction acquise dans l\u2019oraison qu\u2019associ\u00e9e \u00e7 son Fils d\u2019une mani\u00e8re unique dans l\u2019\u0153uvre de la R\u00e9demption et de la R\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du genre humain Marie \u00e9tait l\u2019antagoniste n\u00e9e de Satan, et qu\u2019\u00e0 ce titre elle avait besoin d\u2019auxiliaires, de collaborateurs et collaboratrices, de missionnaires d\u00e9vou\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 extinction.<\/p>\n<p>Par suite, l\u2019institut des Filles de Marie d\u2019abord, la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie ensuite furent con\u00e7us et organis\u00e9s pour fournir \u00e0 la Vierge ces auxiliaires, ces missionnaires. Ils ont \u00e9t\u00e9 reconnus et approuv\u00e9s comme tels par l\u2019Eglise, et dans la mesure o\u00f9 ils restent fid\u00e8les \u00e0 l\u2019intention de leur fondateur comme \u00e0 leur mission, ils sont consacr\u00e9s l\u2019un et l\u2019autre \u00e0 la Vierge Marie par l\u2019Eglise elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Du temps du p\u00e8re Chaminade, le v\u0153u de stabilit\u00e9 chez les membres de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et le v\u0153u de cl\u00f4ture chez les Filles de marie \u00e9taient pour leur cons\u00e9cration \u00e0 Marie, ce que les arcs-boutants sont \u00e0 une cath\u00e9drale gothique, les contre-fortd \u00e0 un mur, les ancres \u00e0 un navire Ils assuraient la stabilit\u00e9 de la cons\u00e9cration, parce que, comme Anne de Xainctonge, Chaminade les consid\u00e9raient et les faisaient consid\u00e9rer comme des v\u0153ux faits \u00e0 son profit et lui conf\u00e9rant de ce fait un droit de justice sur les services des prof\u00e8s, dans ces v\u0153ux, la cons\u00e9cration aurait exister aussi compl\u00e8te, aussi totale, mais elle aurait \u00e9t\u00e9 moins ferme, moins solide juridiquement et devant la conscience de chacun.<\/p>\n<p>De 1865 \u00e0 1947, les Filles de Marie n\u2019\u00e9mirent que les v\u0153ux simples de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9\u00a0et d\u2019ob\u00e9issance. Elles firent approuver de nouvelles constitutions. Furent-elles encore pendant ce temps consacr\u00e9es \u00e0 Marie\u00a0? La question n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e jusqu\u2019ici. La r\u00e9ponse d\u00e9pend de la nature de l\u2019institut tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 pendant ce temps par les Constitutions. Si les religieuses sont rest\u00e9es constitutionnellement les missionnaires de Marie telles que les a voulues le P. Chaminade, leur profession a continu\u00e9 \u00e0 les rendre consacr\u00e9es \u00e0 marie par le minist\u00e8re de l\u2019Eglise. L\u2019absence du v\u0153u de cl\u00f4ture n\u2019a eu d\u2019autre cons\u00e9quence que de rendre cette cons\u00e9cration moins stable, cet amoindrissement de stabilit\u00e9 \u00e9tant d\u2019ailleurs compens\u00e9 par un affermissement de la profession religieuse elle-m\u00eame en raison d\u2019une \u00e9volution du droit canon.<\/p>\n<p>Au cours du XIX \u00e8 si\u00e8cle, en effet, la l\u00e9gislation de l\u2019Eglise a \u00e9volu\u00e9 au sujet des congr\u00e9gations \u00e0 v\u0153ux simples. Aujourd\u2019hui la profession des v\u0153ux simples de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance a d\u2019elle-m\u00eame la stabilit\u00e9 qu\u2019au temps du P. Chaminade elle n\u2019avait que moyennant le v\u0153u explicite de stabilit\u00e9 dans la congr\u00e9gation agr\u00e9ant le prof\u00e8s. En d\u2019autres termes, l\u2019Eglise a elle-m\u00eame fait pour toutes les professions de v\u0153ux simples de ce que Chaminade, apr\u00e8s et avec d\u2019autres fondateurs, avait fait pour la profession de ses religieux et de ses religieuses, en d\u00e9cidant pratiquement que le v\u0153u de stabilit\u00e9 \u00e9tait implicitement contenu dans toute profession religieuse. Elle admet que ce v\u0153u soit explicitement exprim\u00e9 comme elle admet qu\u2019un pr\u00eatre ayant implicitement fait v\u0153u de chastet\u00e9 en recevant le diaconat \u00e9mette explicitement ce\u00a0m\u00eame v\u0153u, s\u2019il vient \u00e0 entrer en religion.<\/p>\n<p>L\u2019explicitation n\u2019ajoute rien aux obligations\u00a0; elle a pourtant sa valeur propre\u00a0: elle attire l\u2019attention plus que la seule \u00ab\u00a0implicitation\u00a0\u00bb, c\u2019est pourquoi on peut regretter que dans la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie le v\u0153u de stabilit\u00e9 ne soit pas explicitement prononc\u00e9 lors de la profession temporaire comme dans l\u2019Institut des filles de marie Immacul\u00e9e. Les prof\u00e8s temporaires ne sont-ils pas ceux qui ont le plus besoin d\u2019avoir leur attention attir\u00e9e sur le devoir d\u2019assurer leur pers\u00e9v\u00e9rance\u00a0?<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, aujourd\u2019hui, comme au temps du V\u00e9n. G.-J. Chaminade, les religieux de la Soci\u00e9t\u00e9 de Marie et les religieuses de l\u2019Institut des filles de marie Immacul\u00e9e sont consacr\u00e9s par l\u2019Eglise \u00e0 la vierge Marie par leur profession religieuse en m\u00eame temps qu\u2019ils sont consacr\u00e9s \u00e0 Dieu, et le propre du v\u0153u de stabilit\u00e9, qu\u2019il soit implicite ou explicite, c\u2019est de consolider tout \u00e0 la fois et la cons\u00e9cration \u00e0 Dieu et la cons\u00e9cration \u00e0 Marie.<\/p>\n<p>A mettre la cons\u00e9cration dans le v\u0153u de stabilit\u00e9 au lieu de la mettre essentiellement dans la profession religieuse, on fait comme le chien de la fable qui l\u00e2cha sa proie pour l\u2019ombre.<\/p>\n","protected":false},"author":136,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"ht_kb_category":[116],"ht_kb_tag":[],"class_list":["post-1026","ht_kb","type-ht_kb","status-publish","format-standard","hentry","ht_kb_category-alliance-missionnaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1026"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/types\/ht_kb"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/users\/136"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1026"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1026\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1349,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb\/1026\/revisions\/1349"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"ht_kb_category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_category?post=1026"},{"taxonomy":"ht_kb_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.marianistes.com\/documentation\/wp-json\/wp\/v2\/ht_kb_tag?post=1026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}