La congrégation de la Madeleine
Parmi ces nouvelles méthodes il faut citer en premier lieu la congrégation. Elle s’était constituée le 8 décembre 1800 avec deux jeunes gens. Le Père Chaminade leur avait demandé de venir la semaine suivante, chacun accompagné d’un ami. Il s’apprêtait à fonder des petites communautés où les chrétiens allaient recevoir une formation pour, à leur tour, devenir ferment dans leurs paroisses. Pour des raisons pratiques, les membres de la congrégation étaient habituellement groupés d’après leur situation sociale, mais, tous, ils étaient membres, au même degré de la congrégation de jeunes et de jeunes filles entre 16 et 35 ans. Chaque congréganiste se devait d’être un missionnaire permanent, chaque congrégation une mission permanente, en participation de la mission reçue du pape
Cette notion de mission permanente, pour autant, ne revenait pas à travailler uniquement avec un groupe élitaire de chrétiens fervents. Au contraire, de concert avec une telle élite, la congrégation accueillait tout un chacun désireux de s’adjoindre au groupe. Par une espèce de contagion chaque membre actif du groupe deviendrait chrétiens ou, l’étant déjà, gagnerait encore en ferveur. Ces groupes se réunissaient pour des offices liturgiques et pour des instructions organisées à leur intention, tantôt pour tel sous-groupe, tantôt pour toute la congrégation (elle portait le nom » de la Madeleine » à cause de l’église où les rencontres se faisaient) Il se tenait aussi une assemblée publique chaque dimanche après-midi, ouverte à tous ceux qui le souhaitaient. Encouragés par Chaminade, les membres de la congrégation s’adonnaient à nombre d’activités apostoliques : le catéchisme, l’éducation religieuse des jeunes, la préparation à la communion, des clubs de rencontre et de détente, la visite des malades et des prisonniers, une bibliothèque de « bons livres »
Progressivement, certains congréganistes souhaitaient développer davantage leur vie chrétienne et se mettaient à vivre une sorte de vie religieuse »dans le monde » Pour Chaminade, cet état de religieux vivant dans le monde était une participation à l’esprit apostolique, et son but n’était autre que la multiplication des chrétiens.