La révolution
Malheureusement, ou faut-il dire heureusement pour les futurs Mariarnistes l’avènement de la Révolution française 1789) a changé tout cela. Poursuivi par le gouvernement anticlérical qui cherchait à assujettir l’Eglise, il se rendit en 1792 dans la grande ville portuaire de Bordeaux, d’une part pour se trouver davantage en sécurité dans cette ville aux rues sinueuses, très passantes, mais aussi pour y aider les chrétiens à persévérer et à grandir en des circonstances particulièrement difficiles. Pendant cinq années, il n’a pas ménagé sa peine, tantôt ouvertement, tantôt en cachette selon la politique gouvernementale du moment. Ce faisant, il était un des maillons d’un réseau étendu de prêtres et laïcs orphelins d’évêque, qui tous, en continuant à pratiquer leur foi, le faisaient bien souvent au risque de leur vie.
A cette époque il était en contact avec un nombre de jeunes gens et jeunes filles sur lesquels l’Eglise persécutée comptait pour les œuvres de miséricorde et pour l’instruction cathéchistique des enfants. Contacts qui, quelques années plus tard, devaient s’avérer des plus précieux. En 1797, Chaminade se vit forcé d’aller finalement en exil. Il porta son choix sur Saragosse en Espagne, où il devait passer bien des heures en prière en méditant devant la célèbre statue de Notre-Dame del. Pilar. C’est là qu’il élabora ses projets en vue de la rechristianisation de la France une fois que la tourmente de la période révolutionnaire aurait vécu, ce dont il ne doutait pas un instant.