Fondations religieuses

C’est en 1808 que se situe le début d’une correspondance entre le Père Chaminade et Adèle de Batz de Trenquelléon (1789-1828) ; celle-ci, dès 1804, avait mis en route un groupe plutôt informel de jeunes femmes qui s’efforçaient de mener une vie chrétienne plus généreuse tout en s’adonnant à toutes les œuvres normales de charité au service des gens malheureux. En 1814, Adèle fit part au Père Chaminade de son désir, partagé par un certain nombres de compagnes, de fonder une congrégation religieuse. Chaminade répondit avec enthousiasme « Faites-moi savoir, ma chère fille, si votre désir d’être religieuse comprend aussi les intentions et les dispositions d’une « petite missionnaire » Adèle était plus qu’enchantée par ces paroles ; car elle faisait déjà beaucoup de choses pour faire mieux connaître et aimer Jésus-Christ et sa mère.

Quelques mois avant la fondation proprement dite, il a écrit les paroles que voici, plus explicites encore : »Vous savez que vous êtes à la recherche de l’état religieux. De véritables congréganistes doivent être aussi des missionnaires ; et ceci devrait s’appliquer davantage encore à des congrégations qui sont religieuses. Car l’auguste Marie est votre patronne et vous êtes ses filles » Le 25 mai 1816, voilà la date de la fondations des filles de Marie à Agen. L’année suivante, une branche masculine fut fondée à Bordeaux. Adèle appela cela « une petite communauté de notre Ordre » En fait, ce fut la Société de Marie,(Frères et Pères marianiste).

Pour ces deux instituts religieux, dont les membres émettaient les vœux traditionnels de pauvreté, chasteté et obéissance, le Père Chaminade a prévu un « vœu de l’enseignement de la foi et de la pratique chrétienne » Il entendait par la « instruire les jeunes gens et tous ceux qui en avaient besoin dans la doctrine et la pratique de l’Eglise catholique » En vue d’atteindre ce but, il accordait la priorité aux congrégations, aux leçons de catéchisme et aux retraites ; plus tard, au fur et à mesure des besoins qui se faisaient sentir.Il ajoutait des écoles libres pour les pauvres, des établissements secondaires pour les classes plus aisées et des écoles normales pour tous les niveaux d’instruction