Les congrégations

Chaminade a pu rentrer dans sa chère patrie combien éprouvée en novembre 1800 et dès le 8 décembre il avait réuni dans son petit oratoire quelques –uns de ces mêmes jeunes gens ainsi que quelques nouveaux. On posa les fondations d’une Congrégation de jeunes gens sous le patronage de l’Immaculée Conception, Marie, la Mère de la jeunesse. Les 2 février et 25 mars de l’année 1801 sont regardés comme les dates de fondation officielles de la Congrégation pour jeunes gens et jeunes filles

Au long des années, cette œuvre des jeunes gens prospérait, déclinerait, se verrait supprimée par Napoléon, renaîtrait, et reprendrait de l’extension pour se retrouver finalement dans quelques 50 localités en France, ce qui plus est, elle donnerait naissance à deux instituts religieux sans oublier que des membres sont allés rejoindre d’autres ordres religieux ou des séminaires diocésains.

La première congrégation de Bordeaux, appelée aussi «  de la Madeleine », d’après le nom de l’église que l’évêque, en 1804 avait mis à sa disposition, était réellement d’un très grand dynamisme. Comme Chaminade l’avait espéré, elle présentait au monde « le spectacle merveilleux d’un peuple de saints » et comptait pour finir bien au-delà de 700 membres. Les écrits de Chaminade de la période 1800-1815 indiquent clairement que son souci primordial était la jeunesse. Les groupes d’hommes et de femmes mariées existaient principalement, pour soutenir, encourager, édifier les groupements de jeunes gens et de jeunes filles et pour coopérer avec ceux-ci. Chaminade lui-même se tenait à leur disposition à peu près à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, pour les conseiller, les encourager, les confesser, prêcher des récollections, les attirer par son charme personnel tout en les amenant, souvent comme insensiblement, à une générosité plus grande, a des progrès plus substantiels

L’avenir de l’église et de la France se trouvait entre leurs mains. Il voulait qu’ils vivent leur vie de chrétienne de manière radicale dans le nouveau climat culturel de l’époque, en faisant toutes les adaptions possibles sans compromettre le message du Seigneur.

Aidés et soutenus ainsi par des groupes adultes, les jeunes congréganistes s’efforçaient de mener une vie profondément chrétienne, en développant leur relation personnelle avec Dieu et en répandant la Bonne Nouvelle de l’évangile de Jésus-Christ à tout leur entourage. Sans ostentation, mais sans peur aussi, ils tâchaient d’être ce qu’ils proclamaient : des croyants en Jésus-Christ, des fils et filles dévouées de Marie, sa Mère et des messagers du salut pour le monde.

La Congrégation se recrutait dans tous les milieux, dans tous les groupes d’âge, dans toutes les classes sociales. Aussi, la congrégation était-elle à même d’atteindre chaque famille, chaque magasin, chaque entreprise, chaque centre industriel, chaque manoir, chaque presbytère, jusques et y compris le palais épiscopal. Elle acceptait en ses rangs toute personne désireuse de progresser dans une vie chrétienne authentique et dans l’esprit d’apostolat. En recevant de l’aide et en s’aidant l’un l’autre, chacun se fortifiait dans la foi, s’impliquait davantage dans la diffusion du message chrétien. Ces membres faisaient des pas vers des membres plus marginalisés de la société de leur temps, les pauvres, les nécessiteux, les analphabètes, les prisonniers, les malades. La Congrégation était une véritable « Eglise en miniature » qui, au niveau local, réalisait la mission de la grande Eglise, dont elle était le reflet...

retour